Le dispositif des ambassadeurs "non au harcèlement"

Outre la lutte contre le harcèlement, ce dispositif permet de valoriser le rôle des élèves et de leur donner des responsabilités au sein de leur établissement.

Dispositif des ambassadeurs collégiens

Historique de l’initiative

Depuis 2015, le ministère a généralisé la formation des ambassadeurs lycéens contre le harcèlement et le cyberharcèlement. À leur tour, ils deviennent acteurs de la prévention en contribuant à former leurs camarades dans leur lycée et les établissements environnants. Cette démarche connaît des résultats significatifs en terme d’impact sur la prise en compte des phénomènes, notamment en raison du rôle moteur joué par les élèves.

Les ambassadeurs sont au nombre de 5 000 actuellement. Ce dispositif permet de donner un rôle social aux élèves et de les rendre citoyens responsables afin de contribuer à prévenir les situations de harcèlement.

Des ambassadeurs au collège pourquoi ?

Associer les élèves à la cause du harcèlement entre pairs est déterminant. Les élèves sont les premiers spectateurs de ces situations, ils jouent alors un rôle central. Selon leur position et leur adhésion à ces violences répétées, les conséquences du harcèlement sur la cible des attaques seront plus ou moins dramatiques.

La sensibilisation aux phénomènes de harcèlement, par la transmission des valeurs de respect et de tolérance, va permettre aux élèves d’adopter les bonnes postures consistant à se positionner aux côtés de l’élève-victime, à alerter les adultes pour se mettre sous leur protection. Cette sensibilisation par les élèves a vocation à engager une démarche réflexive avec les potentiels témoins et écarter les risques de rejet de certains camarades.

Être témoin de harcèlement est fréquent, et il n’est pas toujours facile de trouver les gestes, les mots, les postures qu’il faut lorsque l’on a connaissance d’une situation : ce sont des choses qui s’apprennent.

Il convient d’agir sur l’attitude des spectateurs, en développant, chez les élèves, un certain nombre de compétences, qui rejoignent des compétences psychosociales telles qu’elles sont définies par l’Organisation mondiale de la santé, et que l’on retrouve dans le domaine « formation de la personne et du citoyen » du socle commun afin rendre les élèves capables :

  • de veiller à la qualité des relations interpersonnelles ;
  • d’être responsables du groupe ;
  • de prendre les initiatives qu’il faut pour soutenir, aider,
  • consoler ceux de leurs pairs qui sont victimes ;
  • de raisonner ceux qui sont auteurs de harcèlement.

Qu’est-ce que le harcèlement ?

C’est une violence multiforme : insultes, rumeurs, intimidations physiques ou morales, etc., qui peut toucher tous les milieux sociaux et tous les types d’établissement.

Le harcèlement peut se manifester au sein de l’école ou de l’établissement, à ses abords, sur le trajet ou dans les transports. Il peut aussi se manifester dans la sphère privée, par des appels ou des messages téléphoniques, des SMS ou d’autres messageries, des réseaux sociaux. On parle alors de cyberharcèlement.

Les victimes sont souvent seules face à cette menace diffuse.

On peut considérer qu’il y a harcèlement quand :

  • un rapport de force et de domination s’installe entre un ou plusieurs élèves et une ou plusieurs victimes ;
  • il y a répétitivité ; différentes formes d’agressions se répètent régulièrement durant une longue période ;
  • il y a volonté délibérée de nuire à la victime avec une absence d’empathie de la part des auteurs.

Quelques chiffres

  • 5,6 % des collégiens déclarent un nombre d’atteintes pouvant s’apparenter à du harcèlement.
  • 7 % sont régulièrement concernés par des agressions en ligne ; les filles sont davantage touchées par cette forme de violence.

Que dit la loi ?

Le harcèlement constitue un délit, quel que soit le cadre dans lequel il s’exerce (article 222-33-2-2 du Code pénal).

Depuis 2016, l’article 226 -1-2 du Code pénal prévoit une reconnaissance des faits simplifiée et des sanctions plus importantes à l'encontre des internautes diffusant des images intimes, et ce, avec ou sans consentement.

Fiches action

Dispositif des ambassadeurs lycéens

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Cette fiche a été réalisée conjointement par les élus du Conseil national de la vie lycéenne (CNVL), réunis le 7 octobre 2015, et par la mission ministérielle pour la prévention et la lutte contre les violences en milieu scolaire. Le CNVL a demandé la généralisation de ce dispositif à toutes les académies

Pourquoi des ambassadeurs lycéens contre le harcèlement ?

La recherche montre que la prévention du harcèlement entre pairs nécessite une mobilisation globale au sein des établissements : tous les adultes doivent être sensibilisés et vigilants sur cette question, mais les élèves doivent également être impliqués, pour que la prévention soit efficace. Une approche systémique, reposant sur l’approche par le climat scolaire est nécessaire.

La mobilisation d’élèves volontaires, appelés « ambassadeurs lycéens contre le harcèlement », a des résultats significatifs, puisqu’ils forment leurs pairs et initient des actions de prévention de leurs camarades ou d’autres élèves des collèges et écoles alentours. Outre la lutte contre le harcèlement, ce dispositif permet de valoriser le rôle des élèves et de leur donner des responsabilités au sein de leur établissement.

Les conditions de la réussite du dispositif

Les ambassadeurs lycéens doivent être des élèves volontaires – pas uniquement des élus lycéens (CVL, CAVL) ou des délégués de classe.

Ils doivent être au nombre minimum de trois par établissement, afin de ne pas se retrouver seul pour mettre en place leur projet de prévention.

Un adulte ressource doit accompagner les ambassadeurs dans chaque établissement et veiller à ce que le projet de lutte contre le harcèlement des élèves s’intègre bien dans le plan de prévention des violences et du harcèlement de l’établissement.

Le rôle des ambassadeurs lycéens contre le harcèlement

Le rôle des ambassadeurs lycéens contre le harcèlement est de mettre en place un projet de sensibilisation sur la problématique du harcèlement entre pairs. Ce projet est libre. Il peut s’agir d’une action au sein de l’établissement d’origine des élèves, ce qui implique un accord et un engagement du chef d’établissement dans cette démarche. L’action peut aussi avoir lieu dans une école ou un établissement proche. Dans ce cas, l’accord de la direction de l’école/du chef d’établissement concerné doit également être sollicité et le projet doit être travaillé dans le cadre que constitue l’école ou l’établissement en bénéficiant.

S’ils le souhaitent, les ambassadeurs lycéens contre le harcèlement peuvent intervenir au quotidien en tant qu’élèves ressources dans leur établissement et être identifiés comme tels. Ils peuvent ainsi signaler les situations problématiques dont ils ont connaissance aux adultes de leur établissement, lesquels prendront en charge le règlement de la situation, en les associant le cas échéant, si cela est utile et opportun.

Mise en place du dispositif

Le dispositif des ambassadeurs lycéens contre le harcèlement peut se développer au niveau d’un EPLE, d’un bassin, d’une académie ou à l’initiative d’un inter-CVL. Dans tous les cas, sa mise en place doit s’effectuer avec l’accord et le soutien du chef d’établissement des élèves volontaires. A ce titre, lorsque le dispositif est initié au niveau académique, un courrier officiel devra être envoyé aux chefs d’établissement afin qu’ils soient informés du projet et puissent lui donner suite s’ils le souhaitent.

Les CAVL doivent être informés de la mise en place de ce dispositif et les élus doivent bénéficier de la formation, si cela est possible et s’ils le souhaitent. Les DAVL doivent également contribuer à l’information des personnels sur la mise en place du dispositif.

Les ambassadeurs lycéens contre le harcèlement doivent nécessairement recevoir une formation d’une journée, dispensée par une personne qualifiée – référent harcèlement académique ou départemental ou toute autre personne formée sur cette question et connaissant les outils de la politique ministérielle. Cette formation devra comprendre des apports théoriques sur la question du harcèlement, équivalant à ce qui peut être exposé à des adultes en formation. Une présentation des différents outils de sensibilisation mis à disposition par le ministère, en fonction du niveau des élèves auxquels on décide de s’adresser est également souhaitée par les lycéens, qui ont besoin d’un appui en matière d’animation de séances de sensibilisation. Enfin, un temps de travail collectif, permettant aux élèves de se regrouper par établissement d’origine doit être prévu, afin qu’ils puissent commencer à ébaucher leur projet de sensibilisation à partir des éléments reçus durant la formation.

Les adultes ressources des établissements peuvent être invités à cette journée de formation mais les élèves doivent rester au cœur de cette journée.

Les médias lycéens pourront être mobilisés pour couvrir la journée de formation et les projets initiés au plan local par les ambassadeurs. Les différents projets menés dans ce cadre, en fonction de leur orientation, pourront être valorisés, en lien avec la lutte contre les discriminations, contre le décrochage scolaire, etc.

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Mise à jour : novembre 2021