Semaine d'éducation et d'actions contre le racisme et l'antisémitisme : l'École mobilisée

La lutte contre le racisme et l'antisémitisme est une priorité de l'École. Elle s'inscrit pleinement dans la dynamique de l'action gouvernementale présentée dans le Plan national de lutte contre le racisme et l'antisémitisme (2018-2020) piloté par la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH).

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Du 21 au 28 mars 2020, la Semaine d'éducation et d'actions contre le racisme et l'antisémitisme, associe l'ensemble de la communauté éducative et pédagogique : élèves, personnels des établissements scolaires, parents d'élèves, organisations étudiantes et lycéennes, ainsi que les associations partenaires de l'Éducation. Elle permet à l'ensemble des établissements de se mobiliser pour prévenir toute forme de discrimination ou de violence fondée sur l'origine ou l'appartenance religieuse, de valoriser les projets menés tout au long de l'année et de porter haut les valeurs d'égalité, de dignité et de respect.

De nombreuses actions éducatives et pédagogiques sont organisées sur l'ensemble du territoire : témoignages de rescapés de la Shoah, débats, expositions, créations de vidéo, interventions d'associations, spectacles, projections de film ou de documentaire, visites de site commémoratif et musée, etc. Un répertoire interactif recense l'ensemble des actions proposées par les associations, les établissements scolaires, les clubs sportifs et autres établissements culturel.

L'inscription dans les contenus d'enseignement

La sensibilisation aux phénomènes de racisme et d'antisémitisme est inscrite dans les contenus disciplinaires d'enseignement, par le biais des programmes officiels, notamment ceux d'enseignement moral et civique (EMC), de la classe de CP à la terminale. Au-delà de toutes les actions menées durant cette semaine, moment fort de la mobilisation, les équipes pédagogiques mènent un travail tout au long de l'année sur ces thématiques, pour faire acquérir à tous les élèves le respect de l'égale dignité des êtres humains, de la liberté de conscience et de la laïcité. La problématique des discriminations, des préjugés et des stéréotypes est placée au cœur de tous les enseignements, dans le but de développer chez les élèves l'acceptation des différences et le respect d'autrui.

La sensibilisation des élèves à l'histoire de la Shoah et ses aspects mémoriels

Chaque année, la communauté éducative est encouragée à se mobiliser à l'occasion de la Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l'humanité, avec la mise à disposition de nombreuses ressources pour les élèves du CM2 à la terminale et la tenue de projets très variés dans les écoles et les établissements (rencontres, conférences, débats autour d'un film, d'une exposition ou d'une représentation théâtrale, etc.).

Le ministère organise chaque année, avec ses partenaires (dont les principales fondations mémorielles), le Concours national de la Résistance et de la Déportation, concours scolaire le plus fédérateur (47 300 collégiens et lycéens en 2018) qui suscite depuis près de 60 ans l'intervention dans les classes d'anciens résistants et d'anciens déportés ainsi que d'associations mémorielles.

Enfin, un partenariat très étroit entre le ministère et des acteurs mémoriels tels que le Mémorial de la Shoah à Paris, ou le Camp des Milles à Aix-en-Provence, permet la visite de plus de 100 000 élèves par an sur ces lieux de mémoire, ainsi que l'organisation de voyages scolaires vers les anciens camps d'extermination nazis réunissant plus de 5 000 participants par an.

Le ministère s'appuie également sur de nombreux partenaires, notamment associatifs, comme la Ligue des droits de l'homme, la LICRA, le MRAP, SOS Racisme ou encore le collectif Coexist, qui fournissent des ressources et proposent des actions dans les classes pour lutter contre les préjugés.

Le renforcement de l'accompagnement des personnels

À la formation initiale des personnels, dispensée dans les Éspé, s'ajoute la formation continue proposée notamment dans le cadre des plans académiques de formation (PAF), le plus souvent au titre de la transmission des valeurs de la République.

Depuis un an et demi, le ministère s'est doté, dans chaque académie, d'une équipe pluridisciplinaire : "Valeurs de la République" qui vient en soutien de prévention, mais aussi d'intervention sur le terrain, pour épauler les équipes éducatives.. Aucun membre de l'Éducation nationale ne doit rester seul, sans réponse si il est victime d'un acte raciste ou antisémite. À cette fin, une plateforme nationale a été créée en décembre 2018. Elle permet désormais à tous les personnels de l'Éducation nationale de signaler tout fait de racisme et d'antisémitisme dont il estime être témoin ou victime. Chaque signalement est suivi d'un rappel dans les 24 heures par l'équipe qui s'assure qu'une réponse appropriée a été apportée et qui, le cas échéant, se déplace dans les établissements.

Pour prévenir les faits de racisme et d'antisémitisme, un mémento "Lutte contre le racisme et l'antisémitisme à l'école - des pistes pour agir" et des ressources pédagogiques "Éduquer contre le racisme et l'antisémitisme" sont à la disposition des enseignants sur le site du Réseau-Canopé et sur le portail Éduscol.

Au printemps 2019, un Vademecum "Lutte contre le racisme et l'antisémitisme" complètera cette première publication. Sur le modèle du Vademecum consacré à la laïcité, il proposera des pistes concrètes d'actions pour répondre à différentes situations de racisme et d'antisémitisme vécues par les élèves, les personnes et les parents d'élèves dans les établissements scolaires.

Lancement de la plateforme de recherche "Racisme et Antisémitisme"

Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal ont lancé la plateforme de recherche "Racisme et antisémitisme" le mercredi 20 mars 2019, en présence de Michel Wieviorka, président de la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme (FMSH).

Créée par la FMSH en partenariat avec l’académie de Besançon, cette plateforme internationale sur le racisme et l’antisémitisme (PIRA) doit réunir un large partenariat entre institutions publiques françaises et internationales, des ONG et les milieux académiques et éducatifs.

Internationale, et par définition européenne, PIRA est ouverte à des chercheurs et des acteurs du monde entier, tout en veillant tout particulièrement à mobiliser la recherche scientifique française, en région parisienne, comme en régions et dans l’outre-mer. Elle est pluridisciplinaire dans un sens large, associant toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, mais aussi d’autres disciplines scientifiques comme la médecine ou les sciences de la vie.
 

Mis à jour le 09 mars 2020