Politique de lutte contre le harcèlement à l'Ecole

La prévention et la lutte contre le harcèlement entre élèves est l'une des priorités du ministère.

Le harcèlement, un délit

Le harcèlement se définit comme une violence répétée qui peut être verbale, physique ou psychologique. Cette violence se retrouve aussi au sein de l’école : elle est le fait d’un ou de plusieurs élèves à l’encontre d’une victime qui ne peut se défendre. Lorsqu’un enfant ou un adolescent est insulté, menacé, battu, bousculé ou reçoit des messages injurieux à répétition, on parle donc de harcèlement. Depuis la loi du 2 mars 2022 visant à combattre le harcèlement scolaire, ce phénomène est reconnu comme un délit.

Avec l’utilisation permanente des nouvelles technologies de communication (téléphones, réseaux sociaux numériques), le harcèlement entre élèves se poursuit en dehors de l’enceinte des établissements scolaires. On parle alors de cyber-harcèlement.

Le cyber-harcèlement est défini comme "un acte agressif, intentionnel perpétré par un individu ou un groupe d’individus au moyen de formes de communication électroniques, de façon répétée à l’encontre d’une victime qui ne peut facilement se défendre seule".

Le cyber-harcèlement se pratique via les téléphones portables, messageries instantanées, forums, chats, jeux en ligne, courriers électroniques, réseaux sociaux, site de partage de photographies, etc.

Les mesures mises en place contre le harcèlement à l'École

Détecter et agir rapidement

En 2025 :

  • Les écoles, collèges et lycées publics ont constitué une équipe ressource de 5 personnels formés au traitement des situations ;
  • 115 133 collégiens et lycéens se sont portés volontaires pour être ambassadeurs de la lutte contre le harcèlement ;
  • 5 591 941 élèves ont participé à la journée nationale Non au harcèlement.

Une plateforme numérique permet d’accompagner le plan de prévention de chaque école et de chaque établissement. 

Depuis la rentrée 2025, des documents ressources sont mis à disposition des équipes éducatives des premier et second degrés. Ces ressources leur permettent d’appliquer un processus commun de prise en charge des situations : formalisation du protocole de prise en charge d’une situation d’intimidation ou de harcèlement en école, en collège ou en lycée, suivi des situations, lien avec les familles. L’objectif est d’assurer une réponse cohérente, rapide et systématique.

Phare, pour prendre en charge les situations de harcèlement à l'École

Lancé en 2021, le dispositif Phare combine plusieurs actions et dispositifs pour prévenir le harcèlement et le cyberharcèlement dans les écoles, collèges et lycées, et pour intervenir lorsqu’il se produit. Il s’adresse à tous les membres de la communauté éducative.

Il repose sur 5 piliers :

  1. Éduquer pour prévenir les phénomènes de harcèlement.
  2. Former une communauté protectrice autour des élèves.
  3. Intervenir efficacement sur les situations de harcèlement.
  4. Associer les parents et les partenaires de l’école au déploiement du programme.
  5. Mobiliser les instances de démocratie scolaire (CVC, CVL) et le comité d’éducation à la santé, à la citoyenneté et à l’environnement.

En pratique des actions sont mises en place tout au long de l’année scolaire comme :

Un usage raisonné du numérique à l'école

Le dispositif Portable en pause est généralisé dès la rentrée 2025. Il s'agit de mettre à l'écart le téléphone portable - ils sont déposés dans des boîtes collectives, pochettes individuelles, casiers. Cela améliore le climat scolaire, la concentration des élèves et le bien-être général dans les établissements l’ayant mise en place. Une diminution des signalements de cyberharcèlement et d’incidents liés aux réseaux sociaux a également été constatée.

Un questionnaire d’auto-évaluation sur le harcèlement à l’école

Tous les élèves des écoles, du CE2 au CM2, des collèges et des lycées sont invités à remplir un questionnaire d’auto-évaluation sur le harcèlement à l’école. Son objectif est de mieux détecter les situations de harcèlement au sein des établissements, d'éviter l’installation de situations de harcèlement entre élèves et favoriser l'engagement de tous dans la lutte contre le harcèlement.

Encadrés par des adultes, prioritairement leur professeur des écoles ou leur professeur principal, les élèves seront invités à remplir le questionnaire de manière nominative, sauf s’ils préfèrent rester anonymes (les réponses des élèves sont strictement confidentielles) au cours d’une séquence dédiée de deux heures en classe, entre le jeudi 6 et le vendredi 14 novembre.

Les professeurs vont ramasser les questionnaires et les analyser pour :

  • évaluer s’il existe un phénomène de harcèlement dans la classe, l’école, le collège ou le lycée et agir en conséquence ;
  • évaluer la qualité de vie à l’école, au collège ou au lycée et mettre en place des actions pour l’améliorer ;
  • détecter et prendre en charge une situation individuelle de harcèlement.

Les résultats seront communiqués aux chefs d’établissements. Ils permettront de réaliser une analyse statistique sur le harcèlement à l’échelle nationale.

Un plan interministériel de lutte contre le harcèlement à l'École : 100 % prévention, 100 % détection, 100 % solutions

Depuis octobre 2023, le plan interministériel de lutte contre le harcèlement, ambitieux et sans précédent, est mis en place. L’objectif est d’améliorer et de coordonner la réponse des services du ministère de l’Éducation nationale face à ce fléau.

  • Lorsqu’un élève harceleur est repéré, les équipes académiques d’interventions pourront intervenir sur le terrain auprès des personnels dans les établissements scolaires. En cas de harcèlement grave, le harceleur sera écarté de l’établissement scolaire.
  • Toutes les situations de harcèlement seront systématiquement recensées au sein des écoles et établissements et transmises au procureur de la République le cas échéant.
  • Le dispositif Phare est obligatoire pour toutes les écoles, tous les collèges et lycées depuis la rentrée 2023 avec comme objectif 100% de labellisation au niveau 1 de Phare.
  • Dans chaque établissement scolaire, des coordinateurs harcèlement sont désignés, via le dispositif Phare.
    Le déploiement de la formation de l’ensemble des personnels de l’éducation nationale se poursuit, l'objectif étant que 100 % des personnels soient formés d’ici 2027.
  • La sensibilisation des élèves et des parents au harcèlement est systématisée.
    • Le numéro d’alerte 3018, opéré par l'association e-Enfance, est le numéro national unique pour alerter en cas de situation de harcèlement et de cyberharcèlement.
  • Lors de la journée nationale de lutte contre le harcèlement, deux heures sont banalisées pour sensibiliser tous les élèves du CE2 à la terminale et leur faire passer un questionnaire d’autoévaluation afin de recueillir la parole de manière systématique.
  • 150 emplois ont été créés et 100 % dédiés à cette politique. Avec 30 emplois affectés en académies et 120 en départements, chaque échelon dispose désormais au moins d’un effectif dédié, avec une formation spécialisée pour mieux structurer l’action au niveau départemental et sa coordination et son pilotage au niveau académique.

Poursuite de l'application de nouvelles mesures contre le harcèlement à l’École

Depuis la rentrée 2023, de nouvelles mesures ont été mises en place afin de prévenir ou traiter plus efficacement et rapidement les situations les plus complexes, dans le premier degré.

Certaines situations ne peuvent se résoudre qu’en séparant les élèves harcelés de leurs harceleurs. Avant 2024, Il n’était pas possible, contrairement au second degré où existent des procédures disciplinaires, de scolariser dans une autre école un élève du premier degré sans l’accord de ses parents. C’est pourquoi, deux réponses éducatives supplémentaires (2e et 3e niveaux) ont été mises en place, en fonction de la gravité de la situation afin d’assurer la protection des élèves victimes :

  • Premier niveau : la situation est prise en charge et l’équipe éducative est à même de résoudre la situation. Les élèves et les parents adhèrent à la méthode : la situation est résolue.
  • Deuxième niveau : malgré la tentative de conciliation, la situation de harcèlement perdure. Dans ce cas, une équipe départementale d’intervention se rendra sur place pour concourir à la résolution de la situation de harcèlement et de son suivi. Les psychologues de l’éducation nationale ainsi que les personnels de santé pourront être associés à la réflexion.
  • Troisième niveau : lorsque, malgré les actions engagées, le comportement intentionnel et répété d’un élève auteur de harcèlement fait peser une menace grave sur la sécurité ou la santé d’autres élèves, une mesure exceptionnelle peut être prise : l’enfant peut être scolarisé dans une autre école, sans que l’accord de ses représentants légaux soit requis. Cette décision doit toutefois être validée par le maire de la commune d’accueil. Ce dispositif est encadré par l’article R. 411‑11‑1 du Code de l’éducation.

Toutes et tous mobilisés !

Trois temps forts annuels

  • La Journée nationale de lutte contre le harcèlement. Instaurée en 2015, cette journée est l’occasion d’organiser diverses manifestations au sein des écoles, des collèges et des lycées ou plus largement à l’échelle locale : conférences, séances de sensibilisation, expositions, jeux de rôles, ateliers de coopération, présentations d’ouvrages dans les CDI. Les établissements mettent en place des actions variées.
  • Le Prix Non au harcèlement. Il donne la parole aux jeunes en les invitant à créer une affiche ou une vidéo pour sensibiliser au harcèlement.
  • Le Safer Internet Day  C'est le rendez-vous annuel de sensibilisation aux usages du numérique à destination des jeunes, des familles et de la communauté éducative. L’objectif est d'encourager les comportements responsables et positifs en ligne.
     

Rendre les élèves acteurs de la lutte contre le harcèlement

La lutte contre le harcèlement s’appuie également sur l’engagement des élèves et leur responsabilisation.

En 2025, on compte près de 115 133 élèves ambassadeurs dans les collèges et lycées, contre 10 000 en 2020. Formés à repérer les situations de harcèlement et à jouer un rôle de lanceurs d’alerte, ces élèves contribuent à rompre l’isolement des victimes et à renforcer la vigilance collective.

Tous ambassadeurs contre le harcèlement

Transcription

Tous ambassadeurs contre le harcèlement à l'école

Pour rompre la loi du silence

  • Sensibiliser les élèves
  • Repérer les signes du harcèlement
  • Convaincre les victimes d’en parler

Pour agir en équipe

  • Se former à la question du harcèlement entre élèves
  • Coopérer avec les élèves élus au CVC ou CVL
  • Associer les adultes

Pour susciter la mobilisation de tous

  • Organiser des actions de prévention
  • Participer au concours Non au harcèlement (NAH)
  • Créer une affiche, un slogan, un hashtag, etc.

Qui contacter pour devenir ambassadeur ?

  • Professeur principal
  • CPE
  • Chef d’établissement

Signaler une situation de harcèlement à l'École

150 responsables harcèlement académiques et départementaux sont répartis sur tout le territoire pour traiter les situations de harcèlement.

Accompagnés de leur équipe, les responsables académiques et départementaux harcèlement sont des interlocuteurs privilégiés des familles qu’ils accompagnent jusqu’à la résolution des situations.

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