Bulletin officiel spécial n° 4 du 17 septembre 2026

Bulletin officiel spécial n° 4 du 17 septembre 2026

Exigences en matière de maîtrise de la langue à tous les examens à compter de la session 2027

NOR : MENE2623195N

Note de service : du 11-9-2026

Emetteur : MEN – DGESCO A

Texte adressé aux recteurs et rectrices d’académie ; aux vice-recteurs et à la vice-rectrice ; à la directrice du Siec d’Île-de-France ; aux directeurs et directrices académiques des services de l’éducation nationale ; aux inspecteurs et inspectrices d’académie-inspecteurs et inspectrices pédagogiques régionaux ; aux inspecteurs et inspectrices de l’éducation nationale, enseignement technique et général ; aux inspecteurs et inspectrices de l’éducation nationale ; aux cheffes et chefs d'établissement ; aux professeures et professeurs ; aux formateurs et formatrices

La présente note de service a pour objet de clarifier le niveau d'exigence attendu en matière de maîtrise de la langue pour tous les examens, exigence à laquelle tous les élèves et futurs candidats doivent être préparés au cours de leur formation. Dans la continuité de la note de service du 27 mars 2026 relative à la préparation des élèves aux exigences du diplôme national du brevet (DNB) et des baccalauréats général et technologique à compter de la session 2026, la présente note de service entre en vigueur pour tous les examens à compter de la rentrée scolaire 2026.

La qualité d’un service public d’éducation se mesure à la réussite des élèves et à la reconnaissance des diplômes qu’il délivre. L’assurance de la valeur des diplômes du ministère de l’Éducation nationale est la condition de la confiance des familles, d’une entrée réussie dans les études supérieures ou dans la vie professionnelle. Ainsi, afin de veiller à la maîtrise des savoirs fondamentaux et d’évaluer les candidats, scolaires ou à titre individuel, à un niveau d’exigence juste, le niveau d'attente rédactionnelle est renforcé aux épreuves écrites des examens, tant au DNB qu'au baccalauréat, ainsi qu’aux diplômes professionnels.

I. Une exigence dans les attentes rédactionnelles des candidats pour toutes les disciplines

Compétence indispensable pour formuler ses connaissances et construire sa réflexion, la maîtrise de la langue est évaluée dans l’ensemble des enseignements et des disciplines. À ce titre, elle doit faire l’objet d’une attention particulière dans la mise en œuvre et dans l’appropriation des programmes tout au long du parcours de l’élève, futur candidat.

Aussi, à partir de la session 2027, la part accordée aux qualités rédactionnelles dans les définitions des épreuves est-elle mieux identifiée afin de mieux mesurer la capacité des candidats à s'exprimer avec clarté et rigueur à l'écrit, et à construire un raisonnement argumenté. Cette exigence accrue suppose de faire davantage rédiger les candidats en limitant le recours à des exercices de type QCM ou à des consignes de type « réponse courte : un mot, une expression ou une citation de texte ».

Pour rappel, dans toutes les disciplines, la maîtrise de la langue inclut :

  • la capacité à respecter des normes orthographiques et syntaxiques ;
  • la capacité à formuler un raisonnement, à organiser une argumentation ou une réflexion, et à utiliser un vocabulaire précis et adapté.

Les quatre dimensions de la maîtrise de la langue présentées dans le tableau ci-dessous sont donc prises en compte dans l’évaluation de toutes les épreuves du DNB, du baccalauréat et des diplômes professionnels. Les paliers descriptifs d’appréciation de la maîtrise de la langue formulés dans ce tableau sont les mêmes quels que soient les enseignements et les disciplines.

Pour le DNB et le baccalauréat, et dans la continuité des dispositions fixées depuis la session 2026, les modalités de prise en compte de ces compétences sont précisées, pour chaque épreuve, dans la note de service qui en définit les modalités d’évaluation. Elles tiennent compte de la nature de l’épreuve, des exercices et de la spécificité du sujet. Un minimum de deux points est accordé à la maîtrise de la langue dans chacune des épreuves. Ils sont dédiés à la maîtrise des normes orthographiques et syntaxiques ainsi qu’à la capacité à formuler clairement un raisonnement et à utiliser un vocabulaire juste et adapté.

En plus de ces deux points, un poids supérieur est attribué à la maîtrise de la langue selon les enseignements, les épreuves, les exercices et les sujets, en considération de l’importance accordée à la compétence rédactionnelle dans la production attendue. Dans le cas des épreuves dont la dimension rédactionnelle est majeure, une copie défaillante sur la plupart des aspects relatifs à la maîtrise de la langue ne peut avoir la moyenne.

La situation particulière des candidats bénéficiant d’un aménagement ou d’adaptations en lien avec les normes orthographiques et syntaxiques est prise en compte dans l’évaluation.

Pour les diplômes professionnels, la clarté de l'expression et l’intelligibilité des productions écrites constituent des attendus importants, en cohérence avec les exigences de communication professionnelle propres à chaque métier. Les barèmes de notation, construits à partir des compétences et savoirs associés définis par chaque référentiel et programme, doivent valoriser la correction de la langue (orthographe, syntaxe) ainsi que la qualité de l’expression (précision du lexique, organisation de la réflexion).

Paliers descriptifs d’appréciation de la maîtrise de la langue 
 Très insuffisantInsuffisantSatisfaisantTrès satisfaisant
OrthographeErreurs très fréquentes, notamment sur des règles simples (accords sujet-verbe, accords dans le groupe nominal, etc.).Erreurs fréquentes et/ou répétées (accords, conjugaison, homophones, etc.).Erreurs ponctuelles, lexicales ou grammaticales (accords, homophones grammaticaux, etc.), mais qui ne se répètent pas de façon systématique.Orthographe lexicale et grammaticale maîtrisée ; erreurs rares, isolées, sans caractère systématique.
Syntaxe/ construction des phrasesSyntaxe très défaillante : nombreuses phrases mal construites, incorrectes, incompréhensibles ou à la ponctuation inopérante.Construction de phrases fragile : maladresses récurrentes, phrases parfois mal structurées.Phrases globalement bien construites malgré quelques maladresses syntaxiques ponctuelles.Phrases correctement construites, syntaxe maîtrisée voire riche (subordination, coordination, etc.).
LexiqueLe lexique, notamment celui de la discipline, est employé à mauvais escient ou très pauvre.Le lexique, notamment celui de la discipline, est pauvre et parfois employé à mauvais escient.Le lexique, notamment celui de la discipline, est globalement correct.Le lexique, notamment celui de la discipline, est riche et correctement utilisé.
Mise en forme et organisation de la réflexionLe propos n’est pas organisé.Le propos est organisé de manière peu pertinente.Le propos est organisé de manière globalement cohérente.Le propos est organisé de manière cohérente. Il suit un fil conducteur perceptible et pertinent.

II. Accompagner les équipes pédagogiques : pilotage partagé de cette politique par les inspecteurs pédagogiques territoriaux et les chefs d’établissement

De manière complémentaire, les chefs d’établissement comme les corps d’inspection sont pleinement mobilisés pour porter cette ambition.

C’est en tant que présidents du conseil pédagogique que les chefs d’établissement installent la concertation nécessaire et partagée avec toutes les disciplines pour une préparation des élèves aux exigences de la maîtrise de la langue aux examens. Tout au long de l’année, ils engagent des actions visant à prévenir et à réduire les difficultés des élèves en lecture, en écriture et en expression orale, en mobilisant pleinement les moyens et les ressources disponibles.

Dans le même esprit, les inspecteurs d’académie-inspecteurs pédagogiques régionaux (IA-IPR) et les inspecteurs de l’éducation nationale, enseignement technologique-enseignement général (IEN ET-EG) jouent un rôle clé dans l’accompagnement des enseignants pour renforcer la maîtrise de la langue chez les élèves, à l’écrit comme à l’oral, dans toutes les disciplines. À ce titre, ils assurent des missions de formation, de conseil et d’accompagnement dans l’évolution des pratiques pédagogiques.

Lors des corrections des épreuves nationales, ils veillent à ce que chaque correcteur prenne en compte, conformément aux définitions d’épreuve, tant les compétences et connaissances disciplinaires que les différentes dimensions de la maîtrise de la langue : respect des normes orthographiques et syntaxiques, organisation de la réflexion, formulation du raisonnement, structuration de la pensée et utilisation précise et adaptée du vocabulaire.

Pour le ministre de l’Éducation nationale, et par délégation,
La directrice générale de l’enseignement scolaire,
Caroline Pascal