Ajustements proposés pour le baccalauréat général et technologique à compter de la session 2022

Jean-Michel BLANQUER, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports, propose de procéder à des ajustements sur les modalités d’évaluation du baccalauréat général et technologique à compter de la session 2022.

Afin de disposer de la plus large consultation et de l’analyse des différents acteurs et partenaires, il a demandé au comité de suivi de la réforme du lycée général et technologique de se réunir afin d’examiner quels ajustements mériteraient d’être mis en œuvre.
 
Trois objectifs ont guidé les échanges lors de cette réunion du mardi 22 juin 2021 :

  • La définition de la meilleure répartition possible des coefficients entre contrôle continu et contrôle terminal au regard des finalités de la réforme : simplification, élévation du niveau général, meilleure préparation des élèves aux exigences de l’enseignement supérieur;
  • La nécessité de consolider le contrôle continu afin d’en garantir la validité, tant pour le baccalauréat que pour la procédure Parcoursup; 
  • L’importance de mieux valoriser l’ensemble des enseignements optionnels, afin d’enrichir le parcours de formation des élèves.

La synthèse de ces échanges a été présentée par les deux copilotes du comité de suivi, Jean-Charles RINGARD et Pierre MATHIOT, au ministre qui, après une analyse approfondie des différentes propositions, envisage les évolutions suivantes qui seront discutées et enrichies au sein des instances consultatives réunies le vendredi 2 juillet et le jeudi 8 juillet.

Cadre général

L’équilibre général entre contrôle continu (40 des 100 coefficients) et contrôle terminal (60 des 100 coefficients) au sein du baccalauréat général et technologique serait maintenu. L’évaluation de chacun des enseignements et des disciplines serait cependant clarifiée : désormais aucun d’entre eux ne serait évalué de manière cumulative par le contrôle continu et par le contrôle terminal. L’esprit du nouveau baccalauréat serait ainsi renforcé, qui inciterait chaque élève à s’impliquer toute l’année dans ses apprentissages et préserverait la dimension nationale et symbolique de l’examen.
  
60 de ces 100 coefficients seraient obtenus dans le cadre d’épreuves anticipées ou d’épreuves terminales seules : 

  • Les épreuves anticipées de français en fin de classe de première (écrit, coefficient 5 ; oral, coefficient 5) ;
  • Les deux épreuves pour les enseignements de spécialité suivis par l’élève en terminale (coefficient 16 pour chacune d’elle) ; 
  • La philosophie (coefficient 8 en voie générale, 4 en voie technologique) ;
  • Le Grand oral (coefficient 10 en voie générale, 14 en voie technologique).

40 de ces coefficients seraient obtenus par le biais du contrôle continu établi sur la base de la seule moyenne générale issue des moyennes annuelles des bulletins scolaires du cycle terminal pour les candidats scolarisés dans l’enseignement public et dans l’enseignement privé sous contrat d’association avec l’État. 
 
Les évaluations communes seraient supprimées au profit d’un contrôle continu plus souple, accompagnant les apprentissages et conduit dans le cadre de la classe. Des repères nationaux seraient diffusés aux équipes pédagogiques afin que soit préservée l’égalité de traitement des élèves. 
 
Ces 40 coefficients de contrôle continu seraient répartis comme suit : 

  • Toutes les disciplines du tronc commun qui ne font pas l’objet d’épreuves terminales (langues vivantes A et B, histoire-géographie, éducation physique et sportive, enseignement scientifique pour la voie générale, mathématiques pour la voie technologique) se verraient attribuer chacune un coefficient 6 (3 en 1ère, 3 en terminale) ;
  • L’enseignement de spécialité abandonné en fin de classe de première serait crédité d’un coefficient 8 (soit la moitié des enseignements de spécialité conservés par le candidat en classe terminale) ; 
  • Enfin, l’enseignement moral et civique recevrait un coefficient 2 (1 en première, 1 en terminale).

La répartition des disciplines évaluées serait ainsi clarifiée et les modalités de calcul général, simplifiées.
L’enseignement moral et civique, qui contribue tout particulièrement à l’acquisition des valeurs de la République et de la laïcité, serait ainsi distingué dans l’évaluation.

Les modalités d’évaluation du contrôle continu pour les candidats individuels et pour les candidats inscrits dans un établissement privé hors contrat d’association avec l’État feraient l’objet de précisions ultérieures.

Contrôle continu

La suppression des évaluations communes ferait reposer le contrôle continu sur les moyennes annuelles des résultats obtenus au cours du cycle terminal par les candidats scolarisés dans l’enseignement public et dans l’enseignement privé sous contrat. Ce contrôle continu, à la fois pris en compte dans le cadre de la procédure Parcoursup et au baccalauréat, devrait voir sa validité et son objectivité assurées : les professeurs gagneraient ainsi à intégrer leurs modalités d’évaluation au fil de l’année dans une réflexion concertée et à les inscrire dans un cadre national, garant d’une qualité reconnue et partagée. 
 
À cette fin, les équipes enseignantes et les personnels de direction bénéficieraient respectivement de formations spécifiques qui les aideraient à mettre en œuvre, chacun dans son domaine de compétences, un contrôle continu robuste et équitable. Les corps d’inspection seraient particulièrement mobilisés pour les accompagner. 
 
Le guide pour l’évaluation, élaboré par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche, serait étendu à la classe de première et mis à la disposition des professeurs dès la rentrée scolaire 2021. 
La banque nationale de sujets (BNS) demeurerait pleinement accessible : les professeurs pourraient y puiser des supports d’évaluation qu’ils pourraient exploiter pour les devoirs en temps limité qu’ils proposeront à leurs élèves dans le cadre du contrôle continu. Des outils académiques d’analyse des résultats antérieurs des élèves de chaque lycée complèteraient ces ressources.  
 
Les équipes disciplinaires et les conseils pédagogiques des établissements feraient des pratiques d’évaluation dans le cadre du contrôle continu un sujet majeur de leurs échanges : cette dynamique collective aboutirait à l’élaboration d’un projet sur les pratiques d’évaluation de chaque établissement, connu et partagé par les membres de la communauté éducative.

Évaluation des enseignements optionnels

Les enseignements optionnels constituent pour les élèves autant de chances d’enrichir leur parcours de formation, d’approfondir des apprentissages qui répondent à leurs goûts et à leur envie d’apprendre. C’est pourquoi le ministre Jean-Michel BLANQUER propose de reconsidérer leur évaluation au sein du baccalauréat. 
 
Tous les enseignements optionnels seraient évalués selon les mêmes modalités dans le cadre du contrôle continu établi à partir des moyennes annuelles des moyennes apposées sur les bulletins scolaires

  • Un enseignement optionnel suivi sur l’ensemble du cycle terminal serait considéré à hauteur de 4 coefficients, qui viendront s’ajouter aux 100 coefficients communs du baccalauréat; 
  • Un enseignement optionnel suivi sur la seule année de terminale (notamment droit et grands enjeux du monde contemporain, mathématiques expertes et mathématiques complémentaires) serait apprécié à hauteur de 2 coefficients.

L’ensemble de ces enseignements optionnels ne pourrait donner lieu à une évaluation excédant 14 coefficients (6 en première, soit 3 enseignements optionnels ; 8 en terminale, soit 4 enseignements optionnels).
Par exemple, un candidat ayant ainsi suivi un enseignement optionnel sur les deux années du cycle terminal serait évalué sur la base élargie de 104 coefficients. Les notes qu’il aurait obtenues dans cet enseignement optionnel seraient considérées dans leur intégralité.

Définition des programmes pour l’épreuve terminale des enseignements de spécialité

Les multiples retours d’expérience permettent à l’institution de disposer, tout en tenant compte des conditions toutes particulières de cette année scolaire, d’une vision claire de la mise en œuvre des programmes. Aussi le ministre propose-t-il que les contenus des programmes évalués pour les épreuves terminales des enseignements de spécialité soient recalibrés pour mieux s’adapter à la progression des apprentissages des élèves

Calendrier des épreuves

Le calendrier général des épreuves demeurerait inchangé : 

  • Les épreuves anticipées de français se tiendront en fin d’année de première ; 
  • Les épreuves des enseignements de spécialité auront lieu au printemps de l’année de terminale ; 
  • Les épreuves terminales de philosophie et du Grand oral se tiendront en fin d’année de terminale.

Phase transitoire pour la session 2022

Ces ajustements concernant l’ensemble du cycle terminal seraient pleinement mis en œuvre pour la session 2023 des baccalauréats général et technologique.
 
Pour la session 2022, une partie de ces modifications serait cependant engagée : 

  • Les enseignements optionnels suivis en classe terminale bénéficieraient des nouvelles modalités d’évaluation : ils seraient donc pris en compte à hauteur de 2 coefficients ; 
  • L’enseignement moral et civique suivi en classe terminale serait évalué à hauteur de 1% ;
  • Les enseignements étant évalués selon le contrôle terminal (philosophie et enseignements de spécialité) ne seraient pas pris en compte dans le cadre du contrôle continu.

Les résultats obtenus par les élèves pendant leur classe de première ne seraient pas remis en cause.
 
Ainsi ajusté, le nouveau baccalauréat gagnerait en lisibilité, en simplicité et en robustesse. Il reconnaîtrait davantage l’implication des élèves dans leurs apprentissages, que ce soit par un contrôle continu consolidé ou par la plus grande considération des enseignements optionnels qu’ils auraient suivis. Exigeant et attentif à la progression de chacun, il pourrait ainsi davantage et mieux encore préparer les élèves aux exigences de l’enseignement supérieur.

Mise à jour : juin 2021