PISA 2025 : une baisse des résultats commune à l’OCDE, un relèvement à poursuivre

Les résultats appellent une réponse lucide et déterminée : comprendre les difficultés, s’appuyer sur les forces de notre École et poursuivre les efforts engagés pour les générations plus jeunes.

Une baisse des résultats dans l’OCDE qui n’épargne pas la France

PISA, le programme international pour le suivi des acquis des élèves, est la plus grande étude internationale auprès d'élèves dans le domaine de l'éducation. Pilotée par l'OCDE, PISA mesure l'efficacité des systèmes éducatifs. L'objectif est de comparer les performances des élèves issus de différents environnements d'apprentissage pour comprendre ce qui les prépare le mieux à leur vie d'adulte.

PISA 2025 confirme une fragilisation ancienne des apprentissages dans les pays de l’OCDE. La France connaît, elle aussi, un nouveau recul en compréhension de l’écrit et en mathématiques, tandis que ses résultats restent quasi stables en sciences. Ce constat appelle à agir sur les difficultés identifiées, en s’appuyant sur les forces que conservent les élèves français.

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Plusieurs facteurs négatifs expliquent la baisse de performance en France comme dans l’OCDE

La baisse des performances observée dans l’OCDE, particulièrement en Europe, s’explique notamment par des facteurs extérieurs aux systèmes éducatifs nationaux : l’exposition croissante aux écrans et aux réseaux sociaux, l'utilisation du téléphone portable à des fins de loisirs dans les établissements et le recul du suivi de la scolarité par les parents. Ces transformations communes ont un poids considérable sur les conditions d’apprentissage.

Un diagnostic qui conforte les priorités déjà engagées pour les élèves plus jeunes

PISA ne dicte pas, à lui seul, une politique éducative. Ses résultats confortent toutefois les priorités des mesures adoptées au cours des dernières années et des derniers mois, dont bénéficient déjà les générations plus jeunes.

Ces mesures apportent des réponses aux fragilités mises en évidence par l’enquête :

Engager le redressement dans la durée pour revenir dans le groupe de tête des pays de l’OCDE

Face aux résultats de PISA 2025, le ministère engage une nouvelle étape pour élever durablement le niveau des élèves. Les mesures déjà mises en œuvre constituent des points d’appui. Il faut désormais aller plus loin : fixer une ambition nationale mesurable, rendre les objectifs d’apprentissage clairs pour tous, renforcer les moyens d’action des équipes et mieux accompagner les élèves. Cette stratégie associe des décisions immédiates et des transformations à conduire dans la durée.

La France doit se doter d’un objectif clair : revenir parmi les premiers pays d’Europe et de l’OCDE d’ici le cycle PISA 2033, en dépassant la moyenne dès 2029. L’objectif est de progresser de 20 points d’ici 2029, soit l’équivalent d’une année d’apprentissage. Cette ambition suppose à la fois de réduire fortement la part des élèves en difficulté et d’augmenter celle des élèves très performants. Elle doit être partagée par l’ensemble de la communauté éducative et poursuivie dans la durée.

Les progrès seront suivis à partir d’indicateurs simples et publics : résultats aux évaluations nationales et internationales, part des élèves
maîtrisant les compétences attendues, part des élèves très performants et écarts liés à l’origine sociale. Leur publication régulière permettra de conforter, de corriger ou d’amplifier les politiques engagées selon leurs résultats.

Des objectifs d’apprentissage clairs pour chaque élève et chaque famille

Les programmes comportent désormais des objectifs annuels, mais ces objectifs d’apprentissage restent flous ou peu connus pour les élèves et les familles.

Au retour des vacances de la Toussaint 2026, chaque famille recevra un document d’une page présentant, dans un langage simple, les principaux objectifs d’apprentissage de l’année de son enfant. À partir de septembre 2027, ce document sera remis chaque année dès la rentrée scolaire.

Il indiquera concrètement ce que l’élève doit connaître et savoir faire à la fin de l’année. Élèves, parents et professeurs disposeront ainsi de
repères communs pour comprendre les attentes, suivre les progrès et repérer les difficultés.

Des repères concrets : deux exemples au CP
  • En français : lire seul un texte court et pouvoir expliquer ce qu’il raconte. Les parents pourront, par exemple, demander à leur enfant de raconter avec ses mots ce qu’il vient de lire. 
  • En mathématiques : comprendre comment un nombre se compose et se décompose. Par exemple, savoir que 14, c’est une
    dizaine et quatre unités, ou encore 10 + 4, et pouvoir le montrer avec des objets ou un dessin.

Des exigences explicites jusqu’aux examens

Dès la mi-septembre 2026, les règles de notation de chaque discipline au diplôme national du brevet et au baccalauréat seront publiées et
accessibles à tous, notamment pour préciser le niveau de langue attendu. Cette clarification met en oeuvre les décisions prises par le ministre cet été. De nouveaux exemples de sujets du brevet, les « sujets zéro », rendront également le degré d’exigence des épreuves plus concret et permettront aux élèves de s’y préparer tout au long de l’année.

Le collège français a trop longtemps associé des objectifs d’apprentissage insuffisamment précis à une organisation pédagogique très contrainte. Il est nécessaire d’inverser cette logique : les objectifs à atteindre sont fixés au niveau national, mais il appartient aux équipes de choisir, au plus près des élèves, les organisations et les formes d’accompagnement les plus efficaces pour y parvenir.

Au collège, les équipes disposent d’une marge de trois heures par division pour adapter l’organisation des enseignements aux besoins
des élèves, contre douze heures au lycée. Ces moyens d’autonomie doivent être augmentés fortement, en mobilisant une partie des marges
dégagées par la baisse du nombre d’élèves du fait de la chute démographique. Pour être pleinement efficace, cette hausse devrait être de l’ordre de 50 % sur les cinq prochaines années, les ressources ainsi attribuées ayant vocation à consolider les dispositifs de soutien et les options.

La recherche et l’expérience dans les classes montrent l’efficacité de pratiques pédagogiques éprouvées : expliquer la règle et le raisonnement, montrer comment faire, faire pratiquer les élèves, vérifier régulièrement leur compréhension et reprendre sans attendre ce qui n’est pas
acquis. La pédagogie explicite doit occuper une place centrale dans la formation et dans l’accompagnement des professeurs.

Le ministre rencontrera prochainement les directeurs des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation (Inspé) pour que
la formation des professeurs stagiaires s’appuie pleinement sur les pratiques dont l’efficacité est étayée par la recherche. Cette orientation
guidera aussi la formation continue, les ressources pédagogiques et l’accompagnement par les corps d’inspection.

Dans le premier degré, dans le cadre des « 108 heures », les professeurs disposent d’un volume obligatoire de 18 heures annuelles de
formation continue. Ce volume est le même quel que soit le niveau d’ancienneté des professeurs, leur expérience ou leurs conditions
d’enseignement. L’objectif est de permettre d’adapter ce volume aux besoins, jusqu’à 36 heures annuelles, au sein des 108 heures.

La formation continue des professeurs, notamment du second degré, doit également mieux répondre aux besoins exprimés par le
terrain. Les formations d’initiative locale ont ainsi vocation à devenir majoritaire. Dans ce cadre, les demandes de formation des 800 Collèges
en progrès seront systématiquement priorisées. Les formations partiront des besoins observés dans les classes et des résultats des évaluations pour aider les professeurs à faire progresser chaque élève, notamment en français et en mathématiques.

Faire vivre la lecture au-delà du temps de classe

Les progrès dans l’apprentissage de la lecture à l’école primaire doivent se prolonger dans la pratique personnelle, qui recule souvent à l’entrée au collège avec l’exposition croissante aux écrans. Beaucoup de familles souhaitent faire lire leurs enfants et ont besoin de conseils pour choisir des ouvrages adaptés.

À compter des vacances de la Toussaint 2026, puis avant chaque période de vacances scolaires, des listes de lectures recommandées seront mises à disposition par niveau. Elles proposeront des ouvrages variés et accessibles pour donner ou redonner le goût de lire, tout en faisant découvrir des œuvres qui contribuent à construire une culture commune.

Éxpérimenter la labellisation des manuels

La labellisation des manuels, mesure issue du Choc des savoirs dont la mise en œuvre avait été interrompue en 2024, sera expérimentée pour les livres de lecture et de mathématiques en CP et en CE1. Elle donnera aux professeurs des repères sur la conformité des ouvrages aux programmes et aux connaissances établies sur les apprentissages.

Achever la déconnexion numérique en dehors des cours

Après l’extension de l’interdiction du téléphone portable au lycée, la protection de l’attention doit se poursuivre en dehors du temps scolaire.
La suspension des mises à jour des espaces numériques de travail (ENT) et des logiciels de vie scolaire entre 20 h et 7 h, ainsi que le week-end, sera généralisée à tous les collèges et lycées. Cet objectif sera atteint d’ici la fin de l’année scolaire 2026-2027, selon des modalités à discuter avec les représentants des chefs d’établissement.
 

Le redressement se construit dans les classes et dans la durée. Il repose sur des objectifs explicites, des professeurs mieux formés, des
équipes responsabilisées, des parents pleinement associés et une attention protégée. Ces leviers doivent avancer ensemble, avec une exigence constante de résultats.

Les résultats de PISA 2025 sont une alerte, mais ils ne sont pas une fatalité. Les points d’appui existent et les premières décisions sont engagées. La responsabilité collective est désormais de poursuivre et d’amplifier cet effort pour permettre à chaque élève de progresser et à la
France de retrouver sa place parmi les systèmes éducatifs les plus performants.

En savoir plus sur l'enquête PISA

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