Bulletin officiel spécial n° 2 du 25 août 2026
Former l’ensemble des personnels pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles dans le cadre de la mise en œuvre du programme EVAR-S
NOR : MENE2622631C
Circulaire : du 24-8-2026
Emetteur : MEN – DGESCO C1
Texte adressé aux recteurs et rectrices de région académique ; aux recteurs et rectrices d’académie ; aux vice-recteurs et à la vice-rectrice ; aux secrétaires générales et généraux de région académique ; aux secrétaires générales et généraux d’académie ; aux directeurs et directrices académiques des services de l’éducation nationale ; aux directeurs et directrices d’écoles académiques de la formation continue ; aux inspecteurs et inspectrices d’académie-inspecteurs et inspectrices pédagogiques régionaux ; aux inspecteurs et inspectrices de l’éducation nationale enseignement technique et enseignement général ; aux inspecteurs et inspectrices de l’éducation nationale du premier degré ; aux cheffes et chefs d’établissement ; aux directeurs et directrices des écoles ; aux professionnels santé-psycho-sociaux ; aux personnels de vie scolaire ; aux professeures et professeurs
Garantie par l'article 19 de la Convention internationale des droits de l'enfant, la protection des enfants contre toute forme de violence est une obligation qui s'impose à toutes et tous et fait partie intégrante des missions de l’École : instruire et protéger. Ces deux priorités indissociables et interdépendantes permettent à la fois l’identification des élèves victimes de violences, notamment de violences sexistes et sexuelles (VSS), afin d’assurer leur protection, et l’instauration de conditions optimales d’apprentissage. Ainsi, la mobilisation de l’ensemble des personnels implique d’une part, une bonne connaissance des procédures en vigueur et du rôle de chacun et d’autre part, la mise en œuvre d’actions de prévention dans le cadre des enseignements et des parcours éducatifs, au premier rang desquels l’éducation à la vie affective et relationnelle (EVAR), dans le premier degré, et l’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité (EVARS), dans le second degré.
1. Déploiement de l’EVAR-S
Le programme d’EVAR-S et la circulaire du 4 février 2025 répondent à l’obligation prévue par l’article L. 312-16 du Code de l’éducation et jouent un rôle clé dans la protection de l’enfance, notamment en prévenant les violences sexistes et sexuelles. En transmettant les principes et valeurs de la République, la mise en œuvre du programme contribue au développement d’une culture de l’égalité et participe au développement de relations de qualité, à la maîtrise de la notion de consentement et à la compréhension des règles concernant l’intégrité physique et l’intimité. Les séances d’EVAR-S constituent également des espaces privilégiés de libération de la parole : elles peuvent permettre aux élèves de mettre des mots sur des situations qu’ils vivent ou observent, en ligne ou hors ligne, et aux professionnels de repérer des élèves victimes. Elles ont également pour objectif de faire connaître aux élèves les adultes ressources et les numéros d’urgence auxquels ils peuvent s’adresser lorsqu’ils sont confrontés à une situation de violence ou lorsqu’ils en sont témoins.
À chaque rentrée, l’institution s’assure que 100 % des élèves bénéficient des trois séances au cours de l’année scolaire. La programmation annuelle des trois séances d’EVAR-S est présentée en conseil d’école dans le premier degré et en comité d’éducation à la santé, à la citoyenneté et à l’environnement (CESCE) dans le second degré. La mise en œuvre de l’EVAR-S est inscrite dans le projet d’école ou le projet d’établissement et fait l’objet d’un temps de travail annuel dans les instances concernées. Cette remontée est complétée en fin d’année scolaire par une enquête nationale.
Afin d’accompagner les personnels dans la mise en œuvre de l’EVAR-S et la protection des enfants, en particulier la lutte contre les VSS, le site Éduscol met à disposition un ensemble de ressources : livrets pédagogiques, flyers à destination des familles, foire aux questions, protocole d’action en cas de VSS, lien vers la plateforme Magistère, etc.
2. Plan de formation aux VSS
Face à l’ampleur du phénomène des violences sexuelles, qui ont lieu à plus de 80 % dans le cercle familial et concernent en moyenne environ trois enfants par classe, et au rôle de premier plan de l’institution scolaire dans la prévention, le repérage et l’alerte, un dispositif national de formation exceptionnel est déployé dès la rentrée 2026. Il concernera progressivement l’ensemble des personnels, dans le prolongement des actions déployées les années précédentes – voir le schéma en annexe.
Cette formation poursuit trois objectifs :
- construire une culture commune pour mieux comprendre les violences sexistes et sexuelles, leurs mécanismes et leurs manifestations, et prendre conscience de la responsabilité collective de l’institution dans leur prévention et leur prise en charge ;
- apprendre à repérer et répondre aux situations de violences sexistes et sexuelles, en donnant aux personnels les clés pour identifier les situations préoccupantes et leurs signaux faibles, accueillir la parole de manière adaptée et connaître les procédures et circuits de signalement, qu’ils soient internes à l’institution ou qu’ils relèvent d’un signalement à l’autorité judiciaire ou d’une information préoccupante ;
- prévenir les violences sexistes et sexuelles en mobilisant les différents leviers éducatifs, notamment l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité.
Un premier module déployé à la rentrée 2026 s’adresse aux responsables académiques dans le cadre du programme national de formation (PNF) pour piloter le déploiement territorial du dispositif.
Un deuxième module se compose d’une formation à distance de trois heures, obligatoire pour tous les personnels. Elle sera dispensée d’ici la fin de l’année 2026 pour un public cible prioritaire : dans le premier degré, les inspectrices et les inspecteurs de l’éducation nationale, les conseillères et les conseillers pédagogiques de circonscription ainsi que les directrices et les directeurs d’école et, dans le second degré, les personnels de direction, les conseillères principales et les conseillers principaux d’éducation et les personnels des collèges et des lycées engagés dans la mise en œuvre des séances spécifiques d’EVAR-S. À compter de janvier 2027, cette formation sera progressivement étendue à l’ensemble des personnels, qui auront tous été formés d’ici la fin de l’année 2029.
Dans le premier degré, les directrices et les directeurs d’école ainsi que les professeures et professeurs des écoles bénéficieront de cette formation dans le cadre de la formation continue, selon des modalités définies par les autorités académiques et départementales. À l’issue de cette première année de déploiement, cette formation aura vocation à être intégrée à la formation initiale de l’ensemble des nouveaux directeurs d’école. Les professeures et professeurs des écoles seront formés dans le cadre des 24 heures consacrées aux thématiques autres que le français et les mathématiques, comme prévu dans la circulaire du 29 juillet 2026 relative aux orientations pédagogiques pour la formation continue des professeurs du premier degré.
Dans le second degré, les modalités de suivi de cette formation à distance sont définies au niveau académique et local.
Un troisième module, dans le cadre du PNF, s’adressera fin 2026 aux formateurs académiques afin de les accompagner dans la conception et l’animation des formations territorialisées du quatrième module, et de leur fournir des ressources nationales.
Un quatrième module, facultatif, inscrit dans les programmes académiques de formation (PrAF), prendra la forme d’une formation de proximité à l’échelle de l’établissement ou de la circonscription afin de mobiliser les équipes autour de thématiques complémentaires permettant d’approfondir la réflexion initiée au cours du deuxième module.
Les partenaires associatifs et institutionnels de l’École pourront également être mobilisés de manière complémentaire pour accompagner les équipes, soit dans l’organisation de formations, soit dans l’animation de séances, soit dans l’accompagnement à la prise en charge après le repérage de situations.
Le suivi du déploiement de cette formation dans les académies, assuré par les écoles académiques de la formation continue (EAFC), fera l’objet d’une transmission régulière à la direction générale de l'enseignement scolaire (Dgesco).
Pour le ministre de l’Éducation nationale, et par délégation,
La directrice générale de l’enseignement scolaire,
Caroline Pascal