Une école des territoires

Garantir un service public d’éducation de qualité, quel que soit le lieu de vie, est une priorité. Offrir les mêmes opportunités à chaque jeune suppose de tenir compte des réalités démographiques et géographiques, et de construire avec chaque territoire des réponses adaptées à ses besoins et à ses spécificités.

Réduire les inégalités sociales et territoriales est au cœur de l’action menée par le ministère de l'Éducation nationale. De l’école maternelle au lycée, partout sur le territoire, l’École s’engage ainsi à proposer un service public d’éducation de qualité, accessible à tous et porteur des mêmes opportunités pour chaque jeune.

Il s'agit donc de :

  • corriger l’impact des inégalités sociales et économiques sur la réussite scolaire par un renforcement de l’action pédagogique et éducative dans les écoles et établissements des territoires qui rencontrent les plus grandes difficultés sociales, notamment par la politique d'éducation prioritaire
  • prendre en compte les spécificités démographiques et territoriales de chaque territoire, en réunissant l'ensemble des acteurs : préfets, Dasen, élus locaux, etc.

Tenir compte des réalités démographiques et géographiques

En 2025, la baisse de la natalité touche la France, comme de nombreux autres pays. Ce phénomène affecte logiquement l’École : 120 900 élèves de moins ont été scolarisés à la rentrée 2025 par rapport à la rentrée 2024, une baisse qui va s’amplifier dans les dix prochaines années. La majorité des académies et des départements verraient leurs effectifs diminuer, avec une intensité variable selon les territoires.

La baisse démographique implique des réponses concertées localement afin de préparer notre système éducatif à cette transition.

Dans ce contexte, le dialogue avec les collectivités territoriales est renforcé grâce aux observatoires des dynamiques rurales et territoriales (ODRT).

Co-présidée par le préfet et le directeur académique des services de l’éducation nationale (Dasen), cette instance est désormais installée dans tous les départements et se réunit plusieurs fois par an.

Elle réunit :

  • le préfet ;
  • le Dasen ; 
  • les élus locaux ; 
  • les partenaires de l’École.

Cette instance soit permettre d’objectiver les spécificités scolaires et définir des actions partagées.

Elle travaille à une approche prospective à un, trois et cinq ans, afin de partager un diagnostic commun et d’anticiper les évolutions, d’en mesurer les effets et de nourrir une réflexion pluriannuelle et partenariale sur l’organisation territoriale, l’offre scolaire et les services associés, notamment de transport.

Ce diagnostic peut-être décliné à un niveau infra-départemental, à l’échelle des communautés de communes, des bassins de vie ou des arrondissements de sous-préfectures selon les territoires.

Les territoires éducatifs ruraux

1 élève sur 5

réside dans un territoire rural

Développer l'ambition scolaire et la mobilité des jeunes des zones rurales et éloignées

Les élèves qui vivent et étudient en milieu rural obtiennent généralement de bons résultats scolaires, notamment jusqu’à la fin du collège.

Pourtant, leur ambition scolaire et leur projet d’orientation sont moindres que ceux des élèves vivant en ville. Cela s’explique notamment par l’éloignement des établissements scolaires et des formations ainsi que des lieux d'accès à l'information sur l'orientation qui leur permettraient de poursuivre leurs études. Les temps de trajet peuvent également rendre plus difficile l’accès aux activités culturelles, aux équipements sportifs et aux loisirs.

Des réponses élaborées au plus près des territoires

Trois leviers permettent de mieux accompagner les jeunes qui vivent dans les zones rurales et éloignées :

  • Mieux faire travailler ensemble l’École, les collectivités locales et les partenaires du territoire, afin de proposer des solutions adaptées aux besoins des élèves et des familles.
  • Aider les jeunes à construire leur avenir et à faire leurs choix d’orientation, grâce à un meilleur accompagnement et aux dispositifs favorisant l’égalité des chances.
  • Renforcer l’accompagnement des équipes éducatives dans les écoles et établissements ruraux ou isolés, notamment grâce à la formation des personnels.

Les territoires ruraux, de montagne ou les petites villes éloignées ont tous des réalités et des besoins différents. Les solutions doivent donc être adaptées à chaque territoire et construites au plus près des élèves et des familles, en lien avec les collectivités locales et les acteurs du territoire.

Pour ce faire, chaque Territoire éducatif rural s’appuie sur un territoire regroupant plusieurs communes (EPCI). Cela permet de mieux coordonner les actions déjà existantes et de faire travailler ensemble les différents partenaires locaux. Écoles, collectivités, associations, professionnels de santé et acteurs sociaux peuvent ainsi unir leurs efforts pour proposer aux enfants, aux jeunes et à leurs familles un accompagnement plus clair, plus cohérent et mieux adapté aux besoins du territoire.

Comment fonctionne concrètement un Territoire éducatif rural ?

Un TER se construit en plusieurs étapes.

1. Identifier les besoins du territoire

Écoles, collectivités, associations, acteurs de la santé, de la culture et de l’accompagnement des familles mettent en commun leurs données et leurs connaissances. Ensemble, ils explorent l’ensemble des dimensions éducatives, sociales, sanitaires, culturelles et économiques qui influencent les parcours des jeunes. L'objectif est de produire un diagnostic territorial partagé par tous.

2. Construire un plan d’action

À partir de ce diagnostic, les partenaires choisissent les actions à mettre en place pour répondre aux enjeux identifiés. Elles concernent en priorité l’orientation, la santé et le bien-être, et la culture, mais peuvent aussi répondre à d’autres besoins spécifiques du territoire.

Au-delà des actions strictement éducatives, le plan d’action peut intégrer des initiatives relevant de la mobilité, de l’accompagnement social, de la santé mentale ou de l’inclusion, dès lors qu’elles contribuent à améliorer les conditions de réussite des jeunes.

3. Coordonner les actions

Une coordination locale permet aux différents partenaires de travailler ensemble, de suivre les projets et de les adapter lorsque les besoins évoluent.

La lettre de mission formalisée, annexée à la convention, précise le cadre d’intervention, les attendus et les modalités de suivi de cette fonction stratégique. Elle permet de sécuriser l’engagement dans la durée et de professionnaliser le rôle de coordination, en l’inscrivant dans une logique de continuité, au-delà des personne 

4. Financer et faire vivre les projets

Chaque TER bénéficie d’un financement de 30 000 € par an pendant trois ans, qui peut être complété par d’autres partenaires locaux. Ces moyens servent à mettre en œuvre les actions prévues et à assurer leur coordination.

300 territoires éducatifs ruraux d'ici 2027

Lancés en janvier 2021, les territoires éducatifs ruraux ont d’abord été expérimentés dans 23 territoires des académies d’Amiens, de Normandie et de Nancy-Metz.

Depuis, le dispositif s’est progressivement étendu à travers plusieurs vagues de labellisation. En 2026, 59 nouveaux territoires ont rejoint la démarche, avec un objectif national fixé à 300 territoires éducatifs ruraux d’ici 2027.

Consultez les territoires labellisés :

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