La scolarisation des élèves à besoins éducatifs particuliers

Le droit à l'éducation pour tous les enfants, quels que soient leurs besoins, est un droit fondamental. L'École inclusive vise à assurer une scolarisation de qualité pour tous les élèves de la maternelle au lycée par la prise en compte de leurs besoins partagés pour apprendre et des besoins spécifiques de certains d’entre eux.

L'École pour tous aujourd'hui

Une ambition réaffirmée

L’École a pour ambition de garantir à tous les élèves des parcours scolaires continus et réussis. Ainsi, l’École pour tous repose sur la conviction profonde que tous les élèves sont capables d’apprendre et de progresser, si tant est qu’ils bénéficient des conditions d’accessibilité aux apprentissages.

Dans un enjeu fondamental d’équité, l’École de la République doit prendre en compte l’ensemble des besoins partagés par les élèves, qu’ils soient reconnus ou non en situation de handicap, et les besoins plus spécifiques de certains d’entre eux. Les professeurs sont les premiers acteurs de cette mission, en rendant les apprentissages accessibles

La Conférence nationale du handicap (CNH) : de nouvelles mesures effectives

Le 26 avril 2023, s’est tenue la dernière Conférence nationale du handicap (CNH), au cours de laquelle a été présenté par le président de la République le bilan des politiques engagées et dressé de nouvelles perspectives pour les trois prochaines années. Il s’agit d’améliorer la qualité des conditions de scolarisation des élèves en situation de handicap, leur suivi, l’accueil des familles, l’articulation entre l’École et le médico-social, comme la formation des professionnels.

Certaines mesures annoncées sont d’ores et déjà opérationnelles :

  • 7 000 ordinateurs ont été livrés aux départements au printemps 2024 pour raccourcir les délais de délivrance de matériel pédagogique adapté ;
  • Des équipes mobiles d’appui médico-social à la scolarisation (EMAS) ont été déployées sur tous les départements ;
  • De nouveaux dispositifs intégrés médico-sociaux peuvent aujourd’hui intervenir directement au sein des établissements scolaires ;
  • L’État prend désormais en charge l’accompagnement sur la pause méridienne des élèves en situation de handicap nécessitant la présence d’un AESH pour répondre à des besoins soutenus et continus ;
  • Un programme national de formation en lien avec les Écoles académiques de formation continue de chaque rectorat, à destination de l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, a été déployé.

D’autres sont en cours de mise en œuvre :

  • Un numéro d’identifiant national élève (INE) est progressivement attribué à tous les enfants, notamment scolarisés dans les établissements médico-sociaux ;
  • Les pôles d’appui à la scolarité (PAS), expérimentés dans quatre départements à la rentrée 2024, sont déployés dans toutes les académies en 2025 et généralisés dans cinq nouveaux départements. Chaque PAS est animé par un binôme composé d’un enseignant coordonnateur et d’un éducateur du secteur médico-social.
  • Un plan métier pour les AESH est en cours d’élaboration, qui s’ajoute à la possibilité de passer en CDI après trois ans ;
  • De nouvelles conditions de coopération avec les plateaux de services médico-sociaux sont en cours d’expérimentation.

La stratégie pour les troubles du neurodéveloppement (TND) : un élan national renouvelé

Le 14 novembre 2023, le président de la République a annoncé de nouveaux engagements pris dans le cadre de la Stratégie nationale 2023-2027 pour les TND réunissant les élèves avec :

  • Trouble dys
  • Trouble du développement intellectuel (TDI)
  • Trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH)
  • Trouble du spectre de l’autisme (TSA)

Concrètement, la stratégie nationale pour les TND se traduit à la rentrée 2025 par le déploiement de 75 nouveaux dispositifs pour les troubles du neurodéveloppement (TND) et 25 professeurs ressources TND supplémentaires.

Les professeurs ressources sont des enseignants spécialisés qui ont pour mission d’accompagner et de conseiller les professeurs qui enseignent à des élèves présentant des troubles du neurodéveloppement. Leur intervention vient compéter et soutenir les actions déjà engagées.

L’autorégulation au collège : rencontre avec Ethan et Thiméo, deux élèves avec un TND

Transcription

Pour la classe de 5e 1 du collège Maurice Genevoix à Couzeix, il est temps d'aller en cours d'anglais.

Celui qui s'amuse à faire des oreilles de lapin à son camarade, c'est Ethan, un enfant joyeux de 12 ans.

Dans sa classe, il y a aussi Thiméo, même âge, passionné par les rapaces, dont il ne rate pas une seule occasion de parler.

Et pendant ce cours, Mme Stéphanie Kremeur-Garcia, professeure d'anglais, utilise pour eux des magnets, une minuterie et dessine aussi des carrés. On appelle cela de la pédagogie explicite.

Des repères très utiles pour Thiméo, porteur d'un trouble du spectre de l'autisme et Ethan, également avec un TSA et un trouble déficit de l'attention. 

Thiméo : "Les pictogrammes, ça sert à se repérer, savoir dans quel cahier il faut le faire et d'ailleurs même... ça peut servir à à d'autres personnes pour les mêmes raisons".

Il y a 3 ans, l'ensemble de l'équipe éducative de ce collège a débuté une petite révolution. Il s'est adapté aux besoins des enfants avec un trouble du neurodéveloppement grâce à l'autorégulation de l'établissement.

Mme Cécile de la Fournière, enseignante de français et d'autorégulation : "Ce qui change par rapport à tous les dispositifs qui pouvaient exister jusqu'à présent, c'est
vraiment la présence du médico-social dans l'école. C'est-à-dire que les enfants qui ont une notification autorégulation sont accompagnés par des professionnels du médico-social au collège : ergothérapeute, psychologue et éducateur spécialisé. Et en fait, cet accompagnement se poursuit à la maison. Donc c'est un une prise en charge globale de l'enfant, et ça c'est une nouveauté."

Dans cet établissement huit élèves bénéficient de l'autorégulation.

Aude fait partie des aidants. En tant qu'éducatrice spécialisée, elle accompagne ces élèves en classe.

Aude Mazaud, éducatrice spécialisée : "l'enfant peut nous voir comme une personne ressource, que ce soit dans l'accompagnement au sein des cours : sur l'organisation des cours, comprendre un petit peu son environnement, et aussi voilà pour les aider sur la concentration, sur l'attention."

Mais le travail d'Aude continue en dehors des temps de classe. Elle intervient également en salle dédiée à l'autorégulation. Une salle essentielle du
dispositif.

Thiméo : "ce qu'on y fait c'est des exercices sur les émotions, pour apprendre à connaître les émotions, mieux savoir se gérer...ça m'aide vraiment. J'ai beaucoup progressé depuis la 6e . Avant j'étais... quand on m'embêtait, ça m'arrivait de taper celui qui m'énervait, mais maintenant j'arrive mieux à me contrôler, et parfois
je vais voir des adultes."

Apprendre et gérer les émotions est un exemple de travail qui a pour but de favoriser l'autonomie en développant les capacités cognitives et motrices.

Doriane Jacquet, ergothérapeute, travaille également dans l'établissement auprès des huit élèves avec un trouble du neurodéveloppement.

Doriane Jacquet : "vu que je suis sur place, mon travail est quand même facilité, et ça c'est un plus et une chance, je trouve, de pouvoir suivre  l'enfant à ce moment-là, directement en contexte."

Ce lien permanent entre enseignants, équipes médico-sociales et éducatrices a aujourd'hui radicalement changé la vie de Thiméo et Ethan.

Mme Cécile de la Fournière : "sans ce ce dispositif d'autorégulation, je pense que Thiméo et Ethan seraient soit déscolarisés, soit peut-être scolarisés dans une institution médico-sociale, à condition qu'ils aient trouvé une place, alors même que ce sont des élèves avec des compétences cognitives tout à fait normales. Ethan quand il est arrivé chez nous l'année dernière nous disait "moi je n'ai pas d'avenir, je n'arrive pas à être en classe", alors qu'aujourd'hui il se projette beaucoup plus dans la 
poursuite de ses études".

Ethan : "j'étais stressé, j'avais un peu peur et j'avais pas trop envie d'aller au cours au départ. J'avais du mal à me concentrer et j'avais tout le temps mal au ventre. Maintenant j'arrive à canaliser mes émotions et à gérer mes ressentis. Maintenant je suis moins stressé et j'arrive mieux à me concentrer".

Mais les progrès attendus ont même dépassé les espérances. L'autorégulation a bénéficié aux élèves qui ont un TND, mais aussi à l'ensemble des élèves neurotypiques et également des élèves neurotypiques, et également aux enseignants.

Mme Cécile de la Fournière : "dans la manière dont j'aborde mon métier, ça a changé beaucoup de choses, ça a changé mes relations aux élèves, ça a changé mon rapport à l'école. Nous, on a connu la pédagogie de l'erreur, beaucoup. Aujourd'hui on est dans quelque chose de beaucoup plus positif, c'est-à-dire qu'on reconnaît les qualités des élèves avant de reprendre leurs erreurs. Ce qui change évidemment toute la relation et tout le rapport à l'école."

Mme Kremeur-Garcia : professeur d'anglais : "ce qui a changé, c'est que donc non seulement mes élèves, je trouve qu'effectivement se repèrent mieux, mais quelque part moi aussi je m'y retrouve aussi. Ce qui fait qu'en fait, au début, si je faisais que dans les classes spécifiques d'autoréugulation, maintenant je l'ai fait pour toutes mes classes. C'est vrai que ben j'ai moins de questions "on en est où ?" "qu'est-ce qu'il faut prendre comme comme cahier ?" etc., donc c'est vrai que c'est c'est
beaucoup plus agréable. Le cours avance de manière un peu plus fluide sans ces questions qui nous dérangeraient en fait"

Mme Kremeur-Garcia : "Finalement, les très bons élèves sont restés très bons, voir ont continué à progresser, et ceux qui pouvaient être en difficulté ont progressé aussi. L'avantage c'est que tout le monde y gagne et personne n'y perd."

À leur entrée au collège, Ethan et Thiméot avaient des difficultés à pouvoir rester en classe à temps plein, des difficultés à a contrôler leurs émotions. À force de travail et d'accompagnement, les résultats sont aujourd'hui spectaculaires. Une récompense immense pour toutes les équipes accompagnant ces enfants.

Thiméo : "ben je pense je me rends compte que sans eux, j'y serais jamais arrivé. En fait je serais même pas là. J'en serais même pas au niveau où j'en suis. Je me sens mieux dans ma peau, oui, et je m'ouvre à beaucoup plus de personnes qu'avant".

Le collège Maurice Genevoix a lancé ce dispositif en 2021, mais aujourd'hui il ne parle plus de dispositif d'autorégulation. Désormais, cet établissement déclare avec fierté être devenu un collège d'autorégulation.

Des réponses différenciées pour une école inclusive

Les réponses de droit commun

Différents programmes et plans peuvent être mis en place pour répondre aux besoins des élèves :

  • le Programme personnalisé de réussite éducative (PPRE), permet de coordonner des actions pour apporter une réponse efficace à la prise en charge de difficultés rencontrées par les élèves dans l'acquisition des connaissances et des compétences du socle commun ;
  • le Plan d’accompagnement personnalisé (PAP), permet de répondre aux besoins des élèves qui connaissent des difficultés scolaires durables ayant pour origine un ou plusieurs troubles spécifiques du langage et des apprentissages ;
  • le Projet d’accueil individualisé (PAI), vise à garantir un accueil et un accompagnement individualisés des enfants et des adolescents atteints de troubles de la santé évoluant sur une longue période nécessitant des aménagements.

L’accompagnement pédagogique à domicile à l’hôpital ou à l’école

L'accompagnement pédagogique à domicile, à l'hôpital ou à l'école (Apadhe) est mis en place lorsque l'élève, compte tenu de son état de santé, ne peut se rendre dans son établissement scolaire ou ne peut s'y rendre que partiellement. Le projet d’Apadhe, élaboré avec l’élève et sa famille a pour objectif d’éviter une rupture de parcours scolaire. La mise en œuvre de l'Apadhe prend en compte les exigences du traitement médical, la fatigabilité de l'élève ou, le cas échéant, le refus scolaire anxieux. 

Durant l’année 2024, ce sont plus de 12 000 élèves qui ont pu bénéficier de l’accompagnement de l’Apadhe.

Le déploiement des dispositifs de télé présence complète l’offre d’accompagnement proposé.

L’accompagnement des pôles d’appui à la scolarité (PAS)

À la rentrée 2025, près de 500 pôles d’appui à la scolarité (PAS) seront déployés dans toutes les académies et généralisés dans 5 nouveaux départements : la Meuse, le Vaucluse, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Réunion en plus de l’Aisne, la Côte d’Or, l’Eure et Loire et le Var.

Ce nouveau service rendu aux élèves a pour vocation à apporter, de manière souple et réactive, aide et soutien à tout élève qui rencontre une difficulté dans les apprentissages ou son parcours scolaire. Le PAS peut être saisi par les responsables légaux de l’élève, par l’élève majeur, par un professeur, un directeur d’école ou un chef d’établissement scolaire.

Le PAS est coordonné par un personnel de l’éducation nationale, bénéficie d’un éducateur spécialisé à temps plein et d’un plateau technique médico-social

La réponse apportée peut être pédagogique, définie et mise en œuvre par le professeur dans sa classe. Elle peut aussi être de l’ordre d’un premier accompagnement humain, exercé par un professionnel (éducateur spécialisé, assistant d’éducation (AED), professeur ressource, réseau d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased), professionnels médico-sociaux, etc.) identifié par le pôle d’appui à la scolarité. Un soutien ou un accompagnement spécifique par des professionnels de l’éducation nationale et/ou du secteur médico-social peut ainsi être mobilisé.

Transcription

Pôle d'appui à la scolarité (PAS) : le point d'entrée des demandes d'accompagnement des parents pour répondre aux besoins pédagogiques et éducatifs des élèves.

Qui peut en bénéficier ?

  • Les élèves avec des besoins éducatifs particuliers
  • Les élèves dans une situation pouvant évoluer vers le handicap
  • Les élèves en situation de handicap

avec ou sans notification de la MDPH

Objectifs et missions

3 objectifs :

  1. Apporter des réponses rapides et adaptées aux élèves et à leurs familles
  2. Coordonner les ressources
  3. Soutenir les enseignants et les établissements
  • Qui coordonne le PAS ?

Un binôme composé :

  • d'un coordonnateur, personnel de l'éducation nationale
  • d'un éducateur spécialisé du secteur médico-social

Les missions du PAS

Ce binôme : 

  • reçoit les familles
  • expertise le besoin des élèves, en s'appuyant notamment sur le livret de parcours inclusif (LPI)
  • préconise des solutions
  • mobilise divers professionnels auprès de l'enfant, dont ceux du secteur médico-social

Solutions et ressources

Apporter des solutions :

  • Mise en place d'aménagements et d'adaptations au sein de la classe :
    • accompagnement pédagogique
    • matériel pédagogique adapté
    • accompagnement éducatif et médico-social
    • accompagnement humain

Mobiliser des ressources

  • Au sein de l'éducation nationale :
    • professeurs ressources (numérique, TND, Rased, etc.)
    • enseignants référents (ERSEH)
    • psychologues et personnels de santé
    • équipes pédagogiques et accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) référents
  • Dans le  secteur médico-social :
    • éducateurs spécialisés dédiés
    • équipes médico-sociales d'appui à la scolarisation (Emas)
  • Dans le secteur sanitaire et paradémical :
    • professionnels libéraux mobilisés via l'Emas (orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes, infirmiers, éducateurs ,etc.)

Les réponses nécessitant de recourir à la Maison Départementale des personnes handicapées (MDPH)

Le projet personnalisé de scolarisation (PPS) concerne tout élève reconnu en situation de handicap dont la situation nécessite une compensation et des aménagements relevant d’une décision de la Commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH).

La procédure de saisine de la MDPH

C'est la famille (ou le représentant légal de l'élève) qui saisit la maison départementale des personnes handicapées (MDPH).
Cette saisine permet à la famille de faire part de ses demandes et souhaits relatifs au parcours de formation de son enfant. Ce formulaire de demande est complété par un certificat médical récent, de moins de 6 mois, le GEVA-Sco ainsi que tout document jugé utile.

Une fois le dossier transmis, une équipe pluridisciplinaire est chargée de l’évaluation des besoins et de l’élaboration du projet personnalisé de scolarisation (PPS) de l’élève, en tenant compte de ses souhaits ou de ceux de ses parents. C’est sur la base de ce projet que la CDAPH décide de :

  • l’orientation et des modalités de scolarisation ;
  • l’attribution ou non d’une aide humaine ;
  • le maintien éventuel à l’école maternelle ;
  • les mesures de compensation susceptibles de favoriser la scolarité de l’élève, dont l’attribution de matériel pédagogique adapté.
    La MDPH facilite les démarches des personnes en situation de handicap : elle offre un accès unifié aux droits et prestations prévus.

La mise en œuvre et le suivi du PPS

Il appartient à l’équipe pédagogique de mettre en œuvre le PPS rédigé par la MDPH en déterminant dans chaque domaine ou discipline les mesures pédagogiques qui découlent du PPS. Un document ministériel de mise en œuvre du PPS (MOPPS) est à compléter selon le niveau de scolarisation : maternelle, élémentaire ou 2nd degré.

La mise en œuvre du PPS est évaluée tous les ans par l’équipe de suivi de la scolarisation (ESS) réunie par l’enseignant référent. Le PPS est révisé au moins à chaque changement de cycle ou, à la demande de la famille, à chaque fois que la situation de l’élève le nécessite.
L'ESS est composée de toutes les personnes qui concourent directement à la mise en œuvre du projet personnalisé de scolarisation de l'élève en situation de handicap.

La formalisation de ces plans : le livret de parcours inclusif (LPI)

Le LPI recense les réponses pédagogiques aux besoins éducatifs particuliers de tous les élèves, entre autres dans le cadre de la mise en œuvre d’un PPRE, d’un PAP ou d’un PPS. Pilier du suivi de l’élève, le LPI est aujourd’hui accessible à une pluralité de professionnels, sous le pilotage des directeurs d’écoles et des chefs d’établissements scolaires.

Il vise :

  • La dématérialisation et la formalisation de tous les documents et dispositifs ;
  • La mise en place rapide et effective des aménagements et adaptations, dès l’identification d’un besoin par l’enseignant ;
  • La simplification des procédures de renseignement et d’édition des plans et projets par l’équipe éducative ;
  • Une meilleure circulation de l’information entre l’école, la famille et la MDPH.

Le LPI est accessible aux familles via leur espace dédié "Portail Scolarité Services" (Educonnect).  Les parents d’élèves, dès lors qu’un aménagement ou un PPS, PAP, PPRE, GEVA-Sco a été mis en place dans le LPI par l’équipe pédagogique, peuvent accéder à une synthèse des informations saisies.

Tous les documents finalisés au sein de LPI sont téléchargeables au format PDF.

À la rentrée 2025, près de 480 000 livrets ont été ouverts dont 67 000 livrets pour des élèves en situation de handicap (avec PPS).

Le livret de parcours inclusif - LPI : un outil unique pour une école accessible.jpg

Ministère de l'Éducation nationale

Transcription

Le livret de parcours inclusif (LPI) constitue un outil unique pour une école accessible. Il permet de formaliser les adaptations et les aménagements pour tous les élèves, quand bien même ils ne disposent pas d’un programme, projet ou plan personnalisé.

Le livret simple

Le livret simple de parcours inclusif répond à un besoin d’aménagements et d’adaptations pédagogiques.

Il permet de formaliser les réponses à apporter aux besoins d’un élève dans le cadre de sa scolarité.

Il implique la famille et l’équipe pédagogique sous le pilotage du directeur ou du chef d’établissement.

Le programme personnalisé de réussite scolaire (PPRE)

Le programme personnalisé de réussite scolaire répond à une maîtrise insuffisante de connaissances ou de compétences confirmée par une évaluation pédagogique.

Il permet des aménagements et des adaptations ciblées sur une courte période.

Il implique la famille et l’équipe pédagogique sous le pilotage du directeur ou du chef d’établissement.

Le projet d’accueil individualisé (PAI)

Le projet d’accueil individualisé sera prochainement inclus dans le livret de parcours inclusif.

Le projet d’accueil individualisé répond à une pathologie chronique, maladie invalidante ou allergies confirmé par un avis médical.

Il permet des aménagements de la scolarité, un traitement médical ou encore un protocole d’urgence.

Il implique la famille, l’équipe pédagogique sous le pilotage du directeur ou du chef d’établissement, le médecin de l’éducation nationale et l’infirmier de l’éducation nationale.

Le projet personnalisé de scolarisation (PPS)

Le projet personnalisé de scolarisation répond à une situation de handicap reconnue par la maison départementale pour les personnes handicapées (MDPH) confirmée par une évaluation de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH).

Il permet des aménagements, des adaptations ou du matériel pédagogique adapté, un dispositif d’appui médico-social ou une aide humaine. Ces aménagements s’appliquent également aux examens.

Il implique la famille, l’équipe pédagogique sous le pilotage du directeur ou du chef d’établissement, le médecin de l’éducation nationale, l’infirmier de l’éducation nationale, l’enseignant référent de la scolarité des élèves en situation de handicap (ESREH).

Le plan d’accompagnement personnalisé (PAP)

Le plan d’accompagnement personnalisé répond à un trouble spécifique du langage et des apprentissages confirmé par un avis médical.

Il permet des aménagements et des adaptations qui s’appliquent également aux examens.

Il implique la famille et l’équipe pédagogique sous le pilotage du directeur ou du chef d’établissement.

Un parcours de scolarisation adapté aux besoins de chaque élève

Les aménagements pédagogiques

Les adaptations pédagogiques dont peut bénéficier l’élève au cours de sa scolarité sont formalisées dans son PPRE, son PAI, son PAP ou son PPS et consignés dans le livret de parcours inclusif (LPI). Selon ses besoins, l’enfant peut bénéficier :

  • d’aménagements d’horaires ou d’un emploi du temps aménagé pour prendre en compte sa fatigabilité, ses périodes de soins et/ou de rééducation ;
  • de dispenses de certaines activités incompatibles avec son état de santé ;
  • d'activités de substitution ;
  • d’un allègement du travail scolaire dans certaines matières ;
  • de temps supplémentaire ;
  • d’aménagements spatiaux et matériels ;
  • d’adaptation des supports de cours (textes aérés, agrandis…) ;
  • de la mise en place de méthodes adaptées (repères visuels, moyens mnémotechniques…) ;
  • d’une adaptation des évaluations ;
  • etc.

Quels que soient les adaptations ou aménagements décidés, il revient au directeur d’école ou au chef d’établissement d’assurer leur continuité tout au long de la scolarité de l’élève.

Un soutien pédagogique et éducatif peut également être dispensé par des personnels de l’Éducation nationale, individuellement ou dans le cadre d’un dispositif d’aide personnalisée (activités pédagogiques complémentaires, devoirs faits, etc.).

Scolarisation individuelle en classe ordinaire

Transcription

Le droit à l'éducation pour tous les enfants, qu'ils soient ou non en situation de handicap, est un droit fondamental. Ce droit impose au système éducatif de s'adapter aux besoins éducatifs particuliers des élèves.

L'accueil et la scolarisation des élèves en situation de handicap contribuent à développer pour tous un regard positif sur les différences. L'ensemble des adultes veille à ce que tous les enfants bénéficient en toutes circonstances d'un traitement équitable.

Tout enfant, tout adolescent présentant un handicap ou un trouble invalidant de la santé est inscrit dans l'école ou dans l'un des établissements mentionnés à l'article L. 351-1 du code de l'éducation, le plus proche de son domicile, qui constitue son établissement de référence.

De plus, les enfants et les adolescents accueillis dans un établissement ou service médico-social peuvent être inscrits dans une école ou dans l'un des établissements mentionnés à l'article L. 351-1 du code de l'éducation autre que leur établissement de référence. Cette inscription n'exclut pas leur retour à l'établissement de référence.

L'élève en situation de handicap est un élève comme les autres. Avec les aménagements et adaptations nécessaires, il doit avoir accès aux mêmes savoirs et être soumis aux mêmes exigences.

La participation de ces élèves aux sorties et voyages scolaires et aux activités périscolaires est un droit.

Le rôle et l'avis de la famille est fondamental à chaque étape de la scolarisation de l'élève en situation de handicap. Afin de répondre à ses besoins, la collaboration et la formation de tous les acteurs sont la clé d'une scolarisation de qualité et d'un parcours de formation réussi.

Le matériel pédagogique adapté

La réussite du parcours scolaire d'un élève en situation de handicap peut être facilitée par le recours à du matériel pédagogique adapté.

Le matériel pédagogique adapté peut être attribué soit en compensation d’une situation de handicap, sur décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) relevant de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), soit comme un outil d’accessibilité proposé à la famille ou à l’élève majeur dans le cadre des pôles d’appui à la scolarité (PAS).

Conçu d’abord pour répondre aux besoins spécifiques des élèves en situation de handicap, il peut désormais également être attribué en réponse de premier niveau, sur proposition du pôle d’appui à la scolarité (PAS), à tout élève.

L’attribution d’un matériel pédagogique adapté à un élève requiert un accompagnement de l’élève et de l’équipe pédagogique.  Les professeurs responsables des élèves bénéficiant d’un matériel pédagogique adapté jouent un rôle essentiel dans leur accompagnement à la prise en main effective de ce matériel.

L'accompagnement des élèves

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) sont des personnels chargés de l’aide humaine. Ils ont pour mission de favoriser l’autonomie de l’élève en situation de handicap, qu’ils interviennent au titre de l’aide humaine individuelle, de l’aide humaine mutualisée ou de l’accompagnement collectif.

Ils sont des acteurs-clés qui contribuent à la mise en place d’une École pleinement inclusive, pour offrir à chaque élève, de la maternelle au lycée : plus de 60 % des élèves en situation de handicap bénéficient d’une notification d’accompagnement par un accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH).

Les AESH bénéficient d’une formation initiale de 60 heures et peuvent participer aux plans de formation proposés par les académies, ainsi qu’aux formations nationales.

Au total, plus de 140 000 AESH accompagnent les élèves pour leur permettre de gagner en autonomie dans leurs apprentissages (dont le recrutement de 2 000 AESH supplémentaires en 2025).

Les dispositifs et établissements de scolarisation

Des dispositifs d’appui et d'accueil permettent de mieux répondre aux besoins particuliers de certains élèves.

  • Les unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS), implantées à l’école élémentaire, au collège et au lycée, permettent aux élèves en situation de handicap de disposer de temps d’enseignement adapté au sein de regroupements. À la rentrée 2025, 312 dispositifs supplémentaires ont été implantés (85 dans le 1er degré, 227 dans le 2nd degré). Au total, le réseau ULIS compte 11 416 dispositifs, 5 567 dans le premier degré et 5 849 dans le second degré.
  • De la même manière, 75 nouveaux dispositifs pour les troubles du neuro-développement (TND) ont été déployés dont :
    • 19 unités d’enseignement maternelle autisme (UEMA) ;
    • 27 unités d’enseignement élémentaire autisme (UEEA) ;
    • 29 établissements formés à l'autorégulation dont 5 équipes d’autorégulation en école élémentaire, 20 en collège et 4 en lycée).
  • Le pôle d’enseignement des jeunes sourds (PEJS) est un dispositif inclusif et spécifique au service des jeunes sourds ou malentendants scolarisés de la maternelle au lycée. Il propose deux parcours linguistiques selon les préférences familiales et les besoins de l’élève : parcours bilingue langue des signes française (LSF)/ français écrit et parcours en langue française orale et écrite.
  • Les sections d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA) sont des structures au sein des collèges mettant en œuvre une pédagogie adaptée aux besoins des élèves en grande difficulté scolaire et préparant leur projet professionnel.
  • Les établissements régionaux d’enseignement adapté (EREA) et les lycées d’enseignement adapté (LEA) sont des établissements publics locaux d’enseignement (EPLE) accueillant des élèves en grande difficulté scolaire et/ou sociale à partir de la 6e.
  • Les unités d’enseignement (UE) constituent le dispositif de scolarisation des établissements médico-sociaux (EMS) pour les enfants ou adolescents qu’ils accueillent. Elle consistes en un ou plusieurs groupes d’élèves scolarisés dans un ou plusieurs lieux identifiés, à temps complet ou partagé avec une scolarisation en classe ordinaire.

En fonction des besoins des enfants ou adolescents qui y sont accueillis, l’unité d’enseignement peut être localisée pour tout ou partie au sein des établissements médico-sociaux ou des établissements scolaires (unité d’enseignement interne ou externe). L’unité d’enseignement bénéficie d’un ou plusieurs enseignants spécialisés.

L’externalisation des unités d’enseignement (UEE) dans les établissements scolaires se fait par transfert des unités localisées dans les établissements médico-sociaux vers l’école ordinaire. À chaque fois que cela est profitable aux élèves, les unités d’enseignement sont implantées dans les établissements scolaires plutôt que dans les établissements médicaux-sociaux. Les UEE permettent un partage des espaces de l’école, des temps de vie scolaire (récréation, cantine), des temps dans des classes et de participation aux projets de l’établissement.

Les unités d’enseignement externalisées sont plus nombreuses chaque année. En 2022, environ 20% des jeunes accompagnés dans les IME étaient scolarisés dans des unités d’enseignement externalisées, ainsi que 16% des jeunes de l’IEM. Depuis 2019, de nouvelles UEE ont également émergées avec le fonctionnement en dispositif intégré des établissements et services médico-sociaux.

De la même manière, en septembre 2025, 52 unités d’enseignement pour élèves polyhandicapées ont été déployées au sein des établissements scolaires avec l’objectif d’installation d’une UEE pour les élèves polyhandicapés par académie.

Les établissements et services médico-sociaux viennent en appui de la scolarisation des élèves en situation de handicap selon diverses modalités adaptées au parcours de l’élève.

En ce sens, le fonctionnement en dispositif intégré (DITEP, DIME et DAME) d’établissements sociaux et médico-sociaux accompagnant des enfants en situation de handicap apporte une réponse qualitative qui favorise un parcours scolaire fluide, adapté à l’évolution des besoins des enfants, en permettant de mobiliser différentes modalités d’accompagnement (ambulatoire, accueil de jour ou de nuit) de manière souple, sans nouvelle notification de la maison départementale pour les personnes handicapées (MDPH) en cas de changement.

Les adaptations et aménagements d'épreuves des examens et des concours

Des dispositions particulières sont prévues pour permettre aux élèves en situation de handicap de se présenter aux examens et concours organisés par l'Éducation nationale dans des conditions aménagées, garantissant l’égalité des chances.

Selon les besoins identifiés, des aménagements peuvent être mis en œuvre sur :

  • les conditions de déroulement des épreuves : utilisation de machine ou de matériel technique ou informatique, secrétariat ou assistance, adaptation dans la présentation des sujets (braille, gros caractère) ;
  • l’installation matérielle dans la salle d’examen ;
  • une majoration du temps imparti pour une ou plusieurs épreuves, qui ne peut excéder le tiers du temps normalement prévu ;
  • la prise en compte de temps de pause avec temps compensatoire ;
  • des adaptations ou des dispenses d’épreuves.

Les candidats peuvent également être autorisés à conserver les notes obtenues, à étaler leurs épreuves sur plusieurs sessions et, selon le règlement propre à chaque examen, peuvent prétendre à l'adaptation ou la dispense d'épreuves.

Des outils et ressources en ligne pour vous aider

L'apport du numérique pour mieux répondre aux besoins spécifiques des élèves

Les outils numériques proposent des réponses personnalisées et efficaces aux besoins éducatifs particuliers des élèves en situation de handicap, leur permettant de suivre une scolarité ordinaire.

Le développement des ressources pédagogiques accessibles aux élèves en situation de handicap est au cœur de la stratégie du ministère. Le dispositif Edu-Up soutient notamment la production de solutions numériques innovantes et adaptées. De nombreux outils, accessibles directement et gratuitement pour les professeurs, répondent aux exigences de l’école inclusive.

Les opérateurs de l’éducation nationale (Canopé, Cned, Onisep) se sont également engagés dans une démarche visant à mieux prendre en compte l’exigence d’accessibilité dans la production de leurs documents et de leurs applications numériques.

La loi encadrant l’utilisation du téléphone portable prévoit l'utilisation des outils numériques par les élèves en situation de handicap.

La plateforme Mon Parcours Handicap

Les parents d'élèves en situation de handicap bénéficient d’un point d’entrée dédié d’information et d’orientation sur la scolarité de leur enfant : monparcourshandicap.gouv.fr  

Cette plateforme numérique d'État propose des contenus pour répondre aux nombreuses questions que peuvent se poser les parents en matière de scolarisation et d’orientation scolaire de leur enfant en situation de handicap.

Elle s’adresse également aux élèves eux-mêmes, ainsi qu’à tous les relais d’information (MDPH, enseignants, associations, etc.).

Mon Parcours Handicap permet de gagner du temps dans la recherche d’informations et d’identifier rapidement les différents interlocuteurs. La plateforme fournit également des informations fiables et faciles à lire sur les aides, les accompagnements ou encore les démarches à effectuer.

Des ressources à destination des personnels éducatifs

Des plateformes numériques sont mises à disposition de tous les enseignants du premier ou du second degré notamment, la plateforme nationale CAP École Inclusive ainsi qu’un portail Éducation inclusive sur éduscol.

À votre écoute

0 805 805 110 : Information école inclusive

Un numéro vert unique pour vous accompagner dans la scolarisation de votre enfant en situation de handicap

Contactez, grâce à un serveur interactif et selon votre besoin, soit la cellule départementale, soit la cellule nationale Aide handicap École. Vous pouvez également contacter la cellule Aide handicap École par formulaire.

Vous êtes sourd ou malentendant ? Composez le 0 800 730 123 du lundi au vendredi de 9h à 17h.

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