L'enseignement moral et civique (EMC)

Les programmes d’enseignement moral et civique (EMC) portent une même ambition pour tous les élèves : leur permettre d’exercer leur compréhension critique du monde, les former à l’exercice de leur citoyenneté dans un État de droit, et les former à une conscience claire de leurs obligations et de leurs responsabilités individuelles et collectives.

Éduquer à la citoyenneté

Le programme d'enseignement moral et civique vise à former les élèves à une citoyenneté éclairée, en les aidant à comprendre et à valoriser le bien public au-delà des intérêts individuels. Il enrichit leur parcours citoyen en abordant toutes les dimensions éthiques et politiques de la citoyenneté, des interactions interpersonnelles à l'école jusqu'à leur participation active dans la société, que ce soit au niveau local, national ou mondial.

Le programme inclut également l'éducation aux médias, au développement durable, et met en avant l'importance des relations humaines tout en développant l'empathie et les compétences nécessaires pour résoudre les problèmes collectifs futurs.

Conçu pour assurer une progression cohérente tout au long de la scolarité, ce programme définit chaque année les notions essentielles à acquérir et propose des méthodes d'apprentissage adaptées.

Il encourage également des collaborations avec des collectivités locales, des associations et s'intègre dans divers projets pédagogiques. L'objectif est d'ouvrir cet enseignement sur le monde extérieur, que ce soit à l'échelle locale ou globale, tout en prenant en compte les enjeux du numérique qui influence de plus en plus notre quotidien.

L’EMC vise aussi à développer des compétences et encourage des démarches pédagogiques actives (débats, projets, engagements concrets, visites et rencontres) de nature à former les élèves à user d’esprit critique pour regarder les questions qui occupent un citoyen, y compris dans la sphère numérique. 

De nombreux projets peuvent engager les élèves dans l’éducation à la citoyenneté :

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L'enseignement moral et civique à l'école élémentaire

Le cours préparatoire (CP) constitue le moment charnière entre l’école maternelle et l’école élémentaire. Tout au long du cycle 1, l’école s’est attachée à garantir la sécurité affective et à développer la confiance en eux-mêmes des enfants pour leur permettre de prendre plaisir à apprendre, à progresser et à vivre ensemble. Tout au long du cycle 2, et tout particulièrement au CP, l’école renforce une première acquisition des exigences du respect d’autrui et de la vie en société, en permettant à l’enfant de trouver sa place comme personne singulière et comme élève au sein d’un groupe. Au CP, l’enseignement moral et civique ouvre à une première approche des notions de liberté et d’égalité. Chaque enfant apprend ainsi à se comporter comme un élève en développant son identité dans le respect de soi, des autres et des règles collectives.

L’enseignement moral et civique au CE1 engage les élèves à se tourner davantage vers les autres pour développer des compétences en lien avec les principes d’égale dignité de tous et de respect de chacun. Les élèves sont amenés à accepter l’altérité. Par le développement de compétences sociales, ils apprennent à vivre ensemble dans le respect des règles collectives.

À la fin du CE1, les élèves ont compris et acquis les principes du respect de soi et des autres. Au cours de l’année de CE2, il s’agit de développer le sentiment d’appartenance à la communauté scolaire. La notion de fraternité est dès lors reprise dans le contexte de l’engagement des élèves dans cette communauté et d’une réflexion plus approfondie sur l’idée d’intérêt général.

Dans la continuité des apprentissages du cycle 2, les élèves de CM1 trouvent progressivement leur place dans la collectivité scolaire et apprennent à y jouer un rôle croissant dans le respect de l’intérêt général. Ils acquièrent les premières connaissances du cadre général d’une société démocratique. Les apprentissages convergent désormais vers certains aspects du civisme dans les différents temps et espaces de socialisation, dont les espaces numériques. Ils s’ouvrent ainsi à la compréhension des notions de fraternité et d’égalité.

Par la compréhension des notions de droit, de devoir, de règle et de liberté, les élèves ont commencé à appréhender la citoyenneté française. En CM2, ils sont amenés à comprendre les fondements de la vie en république. Ils découvrent ainsi le fonctionnement des institutions au moyen de cas pratiques en lien avec leur quotidien. Par la sensibilisation aux préjugés et aux stéréotypes, ils identifient les atteintes à autrui et apprennent le respect de la dignité de la personne humaine et l’égalité des droits.

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L'enseignement moral et civique au collège

Au collège, l’élève arrive dans un nouvel espace réglé auquel il a été préparé pendant les deux premières années du cycle 3. Il y poursuit l’apprentissage de la citoyenneté et affine sa compréhension de l’articulation entre l’individuel et le collectif en abordant des aspects fondamentaux de la vie dans une société démocratique : élire ses représentants et représenter les autres, respecter des règles collectives et comprendre pourquoi on les respecte – notamment sous l’angle de la laïcité scolaire –, protéger sa vie privée et celle des autres tout en participant à la vie publique. Prenant conscience de ses responsabilités, l’élève se familiarise avec certains principes fondamentaux : celui de la liberté de conscience, que garantit la laïcité ; celui de la dignité de la personne humaine, qui garantit à son tour le respect de sa vie privée et constitue une clef pour comprendre la raison d’être des règles et des lois de la démocratie.

En classe de cinquième, il s’agit de faire comprendre le projet social de la République qui se fonde sur les valeurs et principes d’égalité et de fraternité. On élargit à sa dimension citoyenne le travail que mènent les élèves sur leur rapport à autrui et sur leur place dans la collectivité, en exposant les mécanismes visant à réduire, compenser, voire supprimer les inégalités. L’étude d’exemples de l’action de la puissance publiques en matière de protection et de solidarité permet d’illustrer la mise en œuvre de l’idéal de la fraternité républicaine. On souligne ainsi le rôle des différents acteurs et intervenants, ainsi que leur complémentarité, qu’ils soient locaux, régionaux ou nationaux, associatifs ou étatiques. La fraternité suppose de considérer l’autre comme son égal et d’estimer qu’il est du devoir de chacun de venir en aide aux autres en cas de nécessité.

La classe de quatrième s’attache à approfondir le sens du premier principe de la devise de la République : la liberté. Il s’agit de faire comprendre aux élèves comment la liberté se décline dans les libertés et comment celles-ci s’inscrivent dans un cadre légal qui les sauvegarde tout en les limitant au nom de l’intérêt général. La loi et l’organisation de la justice sont abordées comme des instruments en vue de la protection des individus, en tant qu’elles permettent de pallier les atteintes à leurs libertés et de maintenir l’ordre public garanti par l’État au nom de l’intérêt général de la Nation.

Attendus et objectifs La troisième, dernière année du cycle 4, offre une vue synthétique de la vie démocratique, dans une approche permettant de montrer comment les institutions de la République sont vivifiées par les débats qu’elles rendent possibles et qu’elles encadrent. Elle permet en outre de souligner que la vie démocratique repose essentiellement sur l’engagement effectif des citoyennes et des citoyens dans la vie économique, sociale et politique. La démocratie est ainsi envisagée comme un idéal à atteindre et non comme une réalité figée et immuable. Il en résulte que chaque citoyen peut agir et participer à la vie de la démocratie.

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L'enseignement moral et civique au lycée

En classe de seconde, les acquis de la scolarité obligatoire sont mobilisés pour engager une réflexion renouvelée sur l’État de droit, sur son origine et son évolution. Il s’agit de souligner que l’État de droit garantit nos libertés, en même temps qu’un authentique pluralisme démocratique. Ainsi se poursuit la réflexion sur la laïcité, d’une part, et, d’autre part, sur le potentiel de création de nouveaux droits au sein d’une société démocratique. L’exercice des libertés appelle à la responsabilité, autant pour les sauvegarder ou les étendre que pour répondre aux considérables défis de la société contemporaine : la montée d’une information pléthorique et inégale, les risques environnementaux ou la transition écologique.

La classe de première aborde la question de la cohésion des sociétés démocratiques, dans lesquelles les diverses conceptions du monde et les cultures les plus diverses peuvent s’exprimer librement. La réflexion conduite met en regard les valeurs et les principes de la République française et, plus largement, le projet démocratique, avec la complexité de la réalité sociale. Comment ces valeurs et ces principes peuvent-ils être source de cohésion sociale ? Sous quelle forme de cohésion se traduisent-ils concrètement ? Comment forme-t-on une nation démocratique et comment la France se définit-elle comme une communauté nationale ? Par-delà la prise en compte des diversités, ces questions problématisent la nature et la dynamique du lien social en tant que tel.

La classe terminale parachève l’éducation à la citoyenneté active en approfondissant la question du débat démocratique. Il s’agit de s’interroger sur la manière dont, dans une société de communication et à l’ère numérique, les citoyens s’informent et échangent, pour préserver une véritable éthique de la discussion. La délibération dans les institutions à différentes échelles fonde les démocraties, dans lesquelles la légitimité et l’efficacité des décisions reposent sur des échanges, controverses, négociations et consensus. Le programme permet également d’aborder les enjeux spécifiques du débat dans les institutions internationales, notamment dans l’Union européenne ou au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU).

Au cours de la formation menant au CAP, les acquis de la scolarité obligatoire sont mobilisés pour engager une réflexion renouvelée sur l’État de droit, sur son origine et son évolution. Il s’agit de souligner que l’État de droit garantit nos libertés, en même temps qu’un authentique pluralisme démocratique. Ainsi se poursuit la réflexion sur la laïcité, d’une part, et, d’autre part, sur le potentiel de création de nouveaux droits au sein d’une société démocratique. Car l’exercice des libertés appelle à la responsabilité, autant pour les sauvegarder ou les étendre que pour répondre aux considérables défis de la société contemporaine : la montée d’une information pléthorique et inégale, les risques environnementaux ou la transition écologique. Cet enjeu essentiel est l’occasion d’aborder le fonctionnement de la démocratie délibérative à différentes échelles. Il permet de souligner un fondement des démocraties, garantissant la légitimité et l’efficacité des décisions.

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