Bulletin officiel n° 33 du 4 septembre 2025
Dispositif Sesame
Déploiement du dispositif Sesame en 2025
NOR : SPOV2520071J
Instruction : du 10-7-2025
Emetteur : MSJVA – DJEPVA – SD3 B
Texte adressé aux préfètes et préfets de région ; aux recteurs et rectrices de région académique ; aux recteurs et rectrices d’académie ; aux secrétaires générales et généraux de région académique et les secrétaires générales et généraux d’académie ; aux préfètes et préfets de département ; aux directeurs et directrices académiques des services de l’éducation nationale ; aux déléguées et délégués régionaux académiques à la jeunesse, à l’engagement et aux sports ; à la directrice générale de la cohésion et des populations de Guyane
La présente instruction décrit les modalités de mise en œuvre du dispositif Sesame pour l’année 2025, l’objectif étant d’accompagner 1 579 nouveaux jeunes de 16 à 25 ans résidant notamment au sein de territoires prioritaires (quartier politique de la ville [QPV] ou zone de revitalisation rurale [ZRR]) et rencontrant des difficultés d’insertion sociale et/ou professionnelle.
Dans le cadre d’un parcours individualisé, ce dispositif vise à favoriser l’accès des jeunes à un emploi dans le sport ou l’animation par l’obtention d’une qualification professionnelle. Depuis son lancement en 2015, ce dispositif de soutien à la qualification a permis d’accompagner plus de 18 000 jeunes dans un parcours de formation et d’insertion.
Ainsi, en partenariat avec les différentes administrations compétentes, la mobilisation des réseaux associatifs, l’implication des services de l’État chargés des politiques relatives à la jeunesse et aux sports et, en leur sein, des conseillers techniques sportifs, des centres de ressources, d'expertise et de performance sportive (Creps), des écoles et instituts sous tutelle du ministère chargé des sports, permettront le déploiement de ce dispositif qui mobilisera plus de 3,15 millions d’euros en 2025 (BOP 219 = crédits Drice : 2 268 000 euros ; BOP 163 = 889 490 euros).
Il convient de rappeler les principes à appliquer à ce dispositif :
- 72 % des crédits notifiés seront issus du programme 219 et financeront les actions de formations du champ sport ; 28 % des crédits notifiés seront issus du programme 163 et financeront les actions de formations du champ de l’animation ;
- recensement précis des jeunes entrés dans le dispositif et non pas simplement des jeunes identifiés. L'enregistrement du jeune dans la base de données Plat'forme Sesame doit permettre sans aucune ambigüité de dénombrer les jeunes entrés et sortis du dispositif. Une attestation d'entrée dans le dispositif, signée par le/la délégué(e) régional(e) académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes) ou son représentant pourra formaliser l'intégration du jeune dans le dispositif, validant ainsi un accompagnement et la mobilisation, si nécessaire, de moyens financiers associés ;
- reporting statistique permettant la caractérisation des jeunes et le suivi mensuel de la consommation des crédits régionaux.
1. Les orientations en 2025
Dans le cadre des grandes orientations fixées par la circulaire du 22 juin 2015 et par l’instruction interministérielle du 4 mars 2021 (notamment les objectifs et méthodes d’accompagnement personnalisé et multipartenarial, et d’approche globale des besoins du jeune bénéficiaire), il sera mis l’accent sur les sujets suivants dans la perspective du déploiement du dispositif Sesame en 2025 :
a. Objectifs d’entrée relatifs à certains publics
À travers les initiatives interministérielles telles que la feuille de route Développement de l’emploi et de l’insertion par et dans le sport du 7 novembre 2022 et le Grenelle de l’emploi et des métiers du sport du 5 juin 2023, il a été fixé des objectifs ambitieux en matière de professionnalisation du secteur sportif et d’insertion professionnelle de certains publics. Sesame apparaît comme un outil important pour contribuer à cette dynamique.
Le dispositif poursuivra son concours à cette politique d’emploi et de qualification, notamment sur les deux axes suivants : la féminisation des métiers du sport et le renforcement de la politique sociale du gouvernement.
Sur ces sujets, il avait été demandé en 2024 un effort afin d’augmenter la part des femmes et celle des résidents des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) ou des zones de revitalisation rurale (ZRR) parmi les bénéficiaires du dispositif.
Les résultats sont encourageants, il a en effet pu être observé qu’en 2024 :
- 37,26 % des bénéficiaires du dispositif étaient des femmes contre 34,52 % en 2023 ;
- 57,19 % des bénéficiaires du dispositif étaient résidents QPV ou ZRR contre 51,03 % en 2023.
Il conviendra de poursuivre l’effort engagé et d’élever la part des femmes à 40 % et celle des résidents QPV et ZRR à 65 %.
b. Réduction de la part d’échecs, de décrochages et d’abandons de parcours
Il est rappelé que l’objectif est de conduire les jeunes bénéficiaires à une qualification donnant accès à un métier du champ du sport ou de l’animation.
Le dispositif s’adresse aux jeunes les plus en difficulté, confrontés à des freins de tous ordres, rendant peu aisée leur insertion socio-économique. Ce type de public, susceptible d’être ou d’avoir été en échec scolaire, est particulièrement exposé à des risques de non réussite à l’examen ou de décrochage et d’abandon de parcours. Les chiffres toujours élevés en la matière en témoignent. Il convient de rappeler l’importance de réduire autant que faire se peut ce phénomène en mobilisant, si besoin, les actions de pré-qualification, de remobilisation ou de préformation à disposition.
c. Métiers en tension
Comme en 2024, une attention particulière doit être portée à l’orientation et l’accompagnement des jeunes vers des projets de formation et de qualification préparant in fine à un métier identifié comme étant territorialement en tension. Les différentes initiatives allant en ce sens seront soutenues prioritairement, en premier lieu les parcours de formation (brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA), brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport (BPJEPS) activités aquatiques et de la natation, etc.) amenant aux métiers de l’encadrement et de la surveillance dans la filière aquatique pour ce qui concerne les métiers de l’encadrement des activités physiques et sportives. La filière de l’animation étant en forte tension, les parcours de formation (certificat professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport [CPJEPS], BPJEPS animation) amenant aux fonctions d’animateur en accueils collectifs de mineurs doivent également être priorisés.
2. Dynamique territoriale/Reporting
a. Dynamique territoriale
Sesame s’intègre à la fois dans les politiques publiques du champ du sport et de celui de la jeunesse. À ce titre, les Drajes ont en charge l’animation territoriale et la coordination de ce dispositif, chaque Drajes devant nommer un correspondant régional Sesame.
Parce qu’il s’articule à la fois avec les dispositifs de formation, mais aussi de l’emploi, Sesame doit être intégré comme un outil complémentaire à la disposition des services de l’État pour accompagner des jeunes dans leur qualification et leur insertion professionnelle.
Divers moyens pourront être mobilisés pour atteindre un déploiement équilibré sur l’ensemble des départements :
- harmonisation des pratiques à l’échelle régionale ;
- appui des référents départementaux dans les service départementaux à la jeunesse, à l'engagement et aux sports (SDJES) ;
- élaboration d’outils spécifiques adaptés ;
- construction de partenariats à l’échelon régional pour le déploiement du dispositif au niveau départemental (échelon de proximité) ;
- valorisation de bonnes pratiques et essaimage.
Il vous est demandé de veiller à ce que Sesame soit déployé de façon homogène dans l’ensemble des départements de votre région. Pour ce faire, vous pourrez fixer des objectifs départementaux et/ou mettre en place une coordination qui permette d’atteindre vos objectifs régionaux en impliquant l’échelon départemental.
Les régions comptant des Creps sur leur territoire sont invitées à mettre en place une dynamique spécifique avec ces établissements publics de formation, afin de structurer des partenariats pertinents, avec notamment les conseils régionaux et les différents prescripteurs.
Les Drajes sont garantes du déploiement du dispositif sur l’ensemble de leur territoire, et du respect de l’esprit dans lequel Sesame a été construit (parcours individualisé, accompagnement vers une qualification professionnelle, etc.).
Différents outils complémentaires sont mis à la disposition des services déconcentrés par la direction des sports (DS) qui pilote le dispositif au niveau national :
- organisation de regroupements des correspondants régionaux et suivis réguliers pour accompagner le déploiement des nouvelles modalités.
- utilisation de la plateforme Resana pour partage de documents au sein du réseau des correspondants en Drajes et SDJES.
b. Reporting statistique
Le suivi s’effectuera à travers des indicateurs de réalisation (nombre d’entrées) et d’impact (taux de réussite aux diplômes, taux d’insertion six mois après la sortie de Sesame) ainsi que des données budgétaires (suivi mensuel du rythme de consommation des crédits).
Pour faciliter ce travail, il convient de s’appuyer sur Plat’form Sesame. Cet outil commun de gestion et de suivi dote l’ensemble des acteurs (services de l’État et opérateurs) d’un outil adapté. (Cette plateforme remplace les fichiers de reporting statistique et financier en vigueur avant la mise en place de l’application informatique).
Afin de pouvoir s’appuyer sur des données les plus complètes possibles à des fins de bilan et de statistiques, il appartiendra également aux services déconcentrés (régionaux ou départementaux) d’intégrer dans Plat’form Sesame les bénéficiaires entrés avant 2022 dans le dispositif Sesame (dont le parcours est terminé ou encore en cours). Cette intégration pourra se faire avec l’appui du niveau national, sur la base des fichiers transmis par les services déconcentrés.
En l’absence de complétude régulière de Plat’form Sesame, les actions menées par les services déconcentrés ne pourront être ni comptabilisées ni valorisées.
Pour la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, et par délégation,
Le directeur de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative,
Thibaut de Saint Pol
Pour la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, et par délégation,
La directrice des sports,
Fabienne Bourdais
Annexe 1 – Publics éligibles au dispositif Sesame
- Des critères obligatoires d’âge :
- 16-25 ans révolus sur l’ensemble du territoire métropolitain (avec une extension possible jusqu’à 30 ans non révolus en cas de difficultés d’insertion particulières, dans la limite de 5 % du nombre d’entrants – voir infra) ;
- 16-30 ans non révolus dans les départements et régions d’outre-mer mettant en œuvre le dispositif Sesame ;
- 16-30 ans non révolus pour les personnes reconnues en situation de handicap.
ET
- Des critères géographiques :
- quartiers de la politique de la ville (QPV) : décret n° 2015-1138 du 14 septembre 2015 rectifiant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville
https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/quartiers-prioritaires-de-la-politique-de-la-ville-qpv/ ; - zones de revitalisation rurale (ZRR)
https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/zones-de-revitalisation-rurale-zrr/ ; - bassins de vie comprenant au moins 50 % de la population en ZRR ;
- intercommunalités ayant signé un contrat de relance et de transition écologique (CRTE)
https://agence-cohesion-territoires.gouv.fr/crte-signes-840.
- quartiers de la politique de la ville (QPV) : décret n° 2015-1138 du 14 septembre 2015 rectifiant la liste des quartiers prioritaires de la politique de la ville
(Les différentes listes sont téléchargeables sur Osiris – Rubrique Mes documents).
OU
- Des critères sociaux :
- jeunes sans soutien familial (dont le foyer ne dispose pas de revenus ou de ressources suffisantes pour le soutenir dans son parcours vers l’insertion ou l’autonomie) ;
- bénéficiaires de la garantie jeunes ou du contrat d’engagement jeune (CEJ) ;
- résidents en foyer de jeunes travailleurs (FJT) ;
- jeunes mineurs bénéficiant d’un suivi protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ;
- bénéficiaires de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ou d’un contrat jeune majeur ;
- réfugiés.
OU
- Des critères de niveau de formation :
- jeunes en situation de décrochage scolaire ;
- jeunes bénéficiant du programme Promo 16 -18 piloté par l’agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) ;
- jeunes sortis du système scolaire sans diplôme qualifiant ou professionnel ;
- jeunes en cours ou fin d’accompagnement dans une école de la 2e chance ou un centre de l’établissement pour l'insertion dans l'emploi (Epide).
OU
- Des critères de difficultés d’insertion particulières (dans la limite de 5 % du nombre d’entrants) :
Jeunes n’entrant pas dans les critères d’éligibilité fixés ci-dessus, dont le projet professionnel est avéré, et dont le parcours ne pourrait être concrétisé sans le concours du dispositif Sesame.
Annexe 2 – Répartition budgétaire et cibles par région – Sesame 2025
| Région | Part régionale 2025 | Crédits Drice 2025 Sesame BOP 219 | Crédits Drice 2025 Sesame BOP 163 | Total général crédit 2025 | Cible Nouvelles entrées 2025 | Cible bénéficiaires femmes 2025 | Cible bénéficiaires QPV ou ZRR 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Auvergne-Rhône-Alpes | 9,37 % | 212 512 € | 83 345 € | 295 857 € | 148 | 59 | 96 |
| Bourgogne-Franche-Comté | 4,89 % | 110 905 € | 43 496 € | 154 401 € | 77 | 31 | 50 |
| Bretagne | 3,03 % | 68 720 € | 26 952 € | 95 672 € | 48 | 19 | 31 |
| Centre-Val de Loire | 4,26 % | 96 617 € | 37 892 € | 134 509 € | 67 | 27 | 44 |
| Corse | 1,18 % | 26 762 € | 10 496 € | 37 258 € | 19 | 8 | 12 |
| Grand Est | 7,90 % | 179 172 € | 70 270 € | 249 442 € | 125 | 50 | 81 |
| Hauts-de-France | 9,28 % | 210 470 € | 82 545 € | 293 015 € | 147 | 59 | 96 |
| Île-de-France | 15,32 % | 347 458 € | 136 270 € | 483 728 € | 242 | 97 | 157 |
| Normandie | 4,67 % | 105 916 € | 41 539 € | 147 455 € | 74 | 30 | 48 |
| Nouvelle-Aquitaine | 9,91 % | 224 759 € | 88 148 € | 312 907 € | 156 | 62 | 101 |
| Occitanie | 10,12 % | 229 522 € | 90 016 € | 319 538 € | 160 | 64 | 104 |
| Pays de la Loire | 4,48 % | 101 606 € | 39 849 € | 141 455 € | 71 | 28 | 46 |
| Provence-Alpes-Côte d’Azur | 6,77 % | 153 544 € | 60 219 € | 213 763 € | 107 | 43 | 70 |
| Total métropole | 91,18 % | 2 067 963 € | 811 037 € | 2 879 000 € | 1441 | 577 | 936 |
| Guadeloupe | 1,04 % | 23 587 € | 9 251 € | 32 838 € | 16 | 6 | 10 |
| Guyane | 2,35 % | 53 298 € | 20 903 € | 74 201 € | 37 | 15 | 24 |
| Martinique | 0,83 % | 18 824 € | 7 383 € | 26 207 € | 13 | 5 | 8 |
| Mayotte | 2,30 % | 52 164 € | 20 458 € | 72 622 € | 36 | 14 | 23 |
| Réunion | 2,30% | 52 164 € | 20 458 € | 72 622 € | 36 | 14 | 23 |
| Total Drom | 8,82 % | 200 037 € | 78 453 € | 278 490 € | 138 | 54 | 88 |
| Total général | 100 % | 2 268 000 € | 889 490 € | 3 157 490 € | 1579 | 631 | 1024 |