La Réserve citoyenne de l’Éducation nationale
La réserve citoyenne de l’éducation nationale offre à tous les citoyens la possibilité de s’engager bénévolement pour transmettre et faire vivre, aux côtés des enseignants, les valeurs de la République. Elle est une opportunité pour l’École de bénéficier de l’engagement des acteurs de la société civile.
Qu'est-ce que la Réserve citoyenne ?
La réserve citoyenne de l’éducation nationale permet à toute personne qui le souhaite d’apporter bénévolement son concours à l’École pour la transmission des valeurs de la République.
À partir de témoignages fondés sur leurs expériences professionnelle et personnelle, les réservistes de l’éducation nationale ont pour mission d’illustrer les enseignements et les activités éducatives autour de thématiques variées telles que les valeurs de la République, l’éducation à la laïcité et à la citoyenneté, la lutte contre le harcèlement, l’éducation à l’actualité, aux médias et aux réseaux sociaux.
Comment rejoindre la Réserve citoyenne ?
Pour rejoindre la réserve citoyenne de l’éducation nationale, il suffit de candidater en ligne. En remplissant votre profil le plus précisément possible, vous augmentez vos chances d’intervenir en établissements scolaires.
Votre candidature est ensuite examinée par le référent académique "réserve citoyenne". La liste des réservistes est constituée par le recteur d’académie.
Chaque réserviste de l’éducation nationale s’engage, lors de son inscription, à respecter la charte du réserviste de l’éducation nationale.
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Une interrogation concernant ma candidature en ligne ? Je consulte la foire aux questions dédiée
Comment suis-je sollicité en tant que réserviste ?
Une fois que votre candidature est validée, vous recevez un courriel vous informant que vous faites désormais partie de la réserve citoyenne de l’éducation nationale.
Vous êtes contacté directement par les enseignants ou tout autre membre d’un établissement scolaire ayant un projet d’activité correspondant au champ de compétence et à la proposition d’intervention que vous avez indiqués dans votre fiche.
Vous pouvez par ailleurs être contacté par le représentant d'une collectivité territoriale si, à l’occasion du dépôt de votre candidature, vous avez manifesté le souhait d'intervenir également sur le temps périscolaire.
Comment se déroule mon intervention ?
L’intervention fait l’objet d’une préparation en amont avec l’enseignant permettant d’engager une réflexion commune concernant les modalités d’organisation, la nature, le contenu et les éventuels supports de votre intervention.
L’intervention se déroule toujours en présence et sous la responsabilité pédagogique de l’enseignant à l’initiative du projet.
Comment bénéficier de droits à formation dans le cadre de ce dispositif ?
Tout réserviste ayant effectué au moins vingt-cinq interventions pendant une durée d’engagement continue d’un an bénéficie de droits à formation dans le cadre du compte d’engagement citoyen.
Réservistes de l'Éducation nationale, ils témoignent
Comment se prépare une intervention ? De quelle manière se déroule-t-elle ? Comment choisir sa ou ses thématiques de prédilection ? Retour d'expérience d'Anne-Claude Dunan, réserviste de l'Éducation nationale (2016).
Maître Anne-Claude Dunan est avocate depuis 2002, ou depuis 2003, elle ne se souvient plus très bien. Les diverses activités qu'elle occupe expliquent qu'elle perd parfois la mémoire.
En effet, en plus de son activité au barreau de Toulon, Anne-Claude Dunan est présidente du Grade, groupe de réflexion autour du droit de l'Enfant.
Ses activités associatives l'ont toujours amenée à travailler avec ou pour des enfants. Volontaire et motivée, Anne-Claude Dunan souhaitait multiplier ses interventions. Son objectif premier : transmettre des acquis juridiques aux plus jeunes. Naturellement, elle s'est alors inscrite à la Réserve citoyenne au lendemain des attentats de janvier 2015.
La Réserve citoyenne, un devoir civique
Pour cette avocate, la Réserve citoyenne est "primordiale" dans la construction de l'éducation civique : "les enfants sont l'avenir de la République, il est de notre responsabilité, de notre devoir, de leur apprendre à être citoyens".
Anne-Claude Dunan utilise ses compétences professionnelles pour structurer ses interventions, le plus souvent portées sur la liberté d'expression.
Au cours de ces rencontres, elle discute avec les élèves. Elle insiste sur le principe de débat : "je ne suis pas prof, je ne leur fournis pas un cours magistral, je préfère discuter avec eux, c'est plus cohérent et enrichissant, autant pour eux que pour moi".
Le plus souvent, elle travaille sur des exemples qui ont fait l'actualité, les Unes de Charlie Hebdo, par exemple : "je tente de leur expliquer en quoi les caricatures de cet hebdomadaire ne sont pas condamnables juridiquement".
Ces discussions débouchent fréquemment sur des questions que l'avocate juge "censées et naturelles" : les condamnations de Dieudonné, la déontologie des journalistes, etc. Des questions relativement "sensibles" auxquelles elle tente d'apporter des réponses les plus juridiques possibles.
Anne-Claude Dunan essaie d'inscrire ses interventions dans la durée, d'organiser un suivi avec les élèves qu'elle rencontre. Par exemple, lors des vacances de printemps de 2016, elle a mis en place une sortie au tribunal de Toulon avec des élèves de 14 ans. Leur donner quelques éléments juridiques pour comprendre le monde dans lequel ils grandissent, tel est le but premier de cette réserviste.
Comment se prépare une intervention ? De quelle manière se déroule-t-elle ? Comment choisir sa ou ses thématiques de prédilection ? Retour d'expérience d'Evelyne Degand, réserviste de l'Éducation nationale (2016).
Evelyne Degand prépare le concours de recrutement de professeur des écoles (CRPE). En se documentant à ce sujet, elle a découvert la Réserve citoyenne : "j’ai tout de suite été séduite par l’idée" raconte-t-elle. C’est en tant que parent, future enseignante et citoyenne que cette trentenaire a posé sa candidature.
D’après elle, son engagement au sein de la Réserve citoyenne l’aide dans sa préparation au concours de professeur des écoles : "j’estime que la Réserve est une chance de pouvoir mettre un pied dans l’école avant l’heure".
Passionnée par le secteur artistique, elle propose des initiations aux œuvres majeures et une découverte des différents domaines des arts : "j’espère contribuer au développement de la personnalité des jeunes enfants dans un esprit critique, de tolérance et de partage".
Toutes les interventions de cette réserviste ont été effectuées en écoles maternelles et élémentaires. Sensibiliser un public jeune au domaine artistique nécessite une grande préparation raconte Evelyne Degand : "la préparation de l’intervention est primordiale, le projet est le fruit d’une réflexion collective avec les enseignants".
Appréhender artistiquement les valeurs de la République
En accord avec l’équipe éducative de l’école dans laquelle cette réserviste a l’habitude d’intervenir, Evelyne Degand a fait le choix d’évoquer les valeurs de la République à travers des productions artistiques : "il faut évidemment amener la chose de manière très ludique, il faut adapter ses activités en fonction du niveau des classes".
Par exemple, elle aborde les principes d’égalité et de fraternité à partir du portrait : "avec la série de portraits, les enfants ont pu prendre conscience de leur singularité et de leur place auprès de leurs camarade : « je suis moi parmi ET avec les autres" ".
Avec des élèves plus grands, elle a travaillé sur la charte de la laïcité, toujours à partir du prisme artistique, cette fois avec "le symbolisme de la main".
Evelyne Degand a effectué une trentaine d’interventions au sein de la Réserve citoyenne et espère continuer.
Comment se prépare une intervention ? De quelle manière se déroule-t-elle ? Comment choisir sa ou ses thématiques de prédilection ? Retour d'expérience de 2016 de Thierry Noël-Guitelman, réserviste de l'Éducation nationale.
"Décoder l'actualité, ce n'est pas inné, ça s'apprend" considère Thierry Noël-Guitelman. Retraité depuis quelques années, ce journaliste est aujourd'hui réserviste de l'Éducation nationale. En raison de son expérience professionnelle, il intervient particulièrement dans les domaines de l'actualité, des médias et des réseaux sociaux.
Thierry Noël-Guitelman n'en est pas à sa première expérience d'intervention en milieu scolaire. Pendant dix ans, il a effectivement été délégué académique de l'Arpej (Association région presse enseignement jeunesse). Parallèlement à cet engagement associatif, Thierry Noël-Guitelman était donc journaliste, dans le domaine de la presse régionale, de 1976 à 2010.
La rencontre entre Thierry Noël-Guitelman et la Réserve citoyenne s'est effectuée lors d'une réunion organisée au sein de l'académie de Toulouse. À cette occasion, il raconte avoir été sollicité directement par un acteur culturel d'un lycée : "il organisait, au sein de son établissement, une journée sur le thème de la citoyenneté. J'ai été invité pour présenter la presse écrite au public lycéen".
"Il est essentiel de prendre conscience des limites de la liberté de la presse"
À partir du serveur de la Réserve citoyenne, il raconte avoir été approché par un professeur de français d'un lycée toulousain. Cette rencontre s'est concrétisée par la réalisation d'un journal avec les élèves de cette classe.
En quelques heures, il a transformé la salle de classe en véritable organe de presse. Une conférence de rédaction a été organisée, un chemin de fer a été établi. Les compétences professionnelles du réserviste ont permis le conseil éditorial, rédactionnel, l'explication des grands principes du journalisme : "rapidement il a fallu leur expliquer l'intérêt du titre, de l'accroche, quel ton adopter en fonction du support, de l'actualité afin qu'ils puissent passer à la pratique". Ces applications concrètes passent aussi par des analyses : "il est important de les pousser à décortiquer un journal, sa mise en page, comprendre la hiérarchie de l'information".
Ce journaliste raconte que, souvent, ces discussions glissent vers des débats concernant les limites de la presse. À ce propos, Thierry Noël-Guitelman considère que "pour comprendre comment est pensée l'information, il est essentiel de prendre conscience des limites de la liberté de la presse. C'est pour cette raison que je leur explique ce qu'un journaliste peut faire, ce qu'il ne peut au contraire pas faire".
Outre ces ateliers pratiques, Thierry Noël-Guitelman raconte entretenir également des débats avec ces élèves sur le rôle de la presse et des médias : "en les amenant à comparer, analyser les titres de journaux, à croiser les sources, je tente d'éveiller du mieux que je peux l'esprit critique" espère-t-il.
Comment se prépare une intervention ? De quelle manière se déroule-t-elle ? Comment choisir sa ou ses thématiques de prédilection ? Retour d'expérience de Sarah El Kahaz, réserviste de l'Éducation nationale.
À 36 ans, Sarah El Kahaz a déjà eu plusieurs vies professionnelles : "je suis la preuve concrète qu'il existe des passerelles entre les filières". Après l'obtention d'un diplôme en droit, elle décide de se lancer dans une carrière de psychanalyste.
Aujourd'hui, cette jeune femme cumule les rôles citoyens : vice-présidente du comité social départemental de l'Aude, conseillère municipale en charge de la sécurité, de la prévention, de la citoyenneté et du droit des femmes dans la commune de Castelnaudary (11), intervenante départementale sur la sécurité routière au sein de la préfecture de l'Aude.
En plus de tous ces engagements, Sarah El Kahaz a décidé d'intégrer la Réserve citoyenne. Au cours de ces interventions, elle propose une réflexion sur la citoyenneté : "j'aborde généralement des thématiques liées à la laïcité, aux discriminations. Je livre également quelques notions d'éducation civique, je leur explique le principe d'un élu local, des différents pouvoirs, etc.".
Partager son réseau professionnel
Elle se considère comme "membre actif de la Réserve citoyenne" : "être réserviste ce n'est pas seulement intervenir en classe, c'est aussi travailler avec l'équipe éducative pour organiser des rencontres, des sorties". Sarah El Kahaz conçoit donc son engagement au sein de la Réserve citoyenne comme une fonction sur le long terme.
Par exemple, cette année elle organise une visite de l'Assemblée nationale en fin d'année scolaire, mais aussi des projets avec les députés européens de Strasbourg et de Bruxelles.
"L'idée est de partager mon réseau professionnel. Que l'on soit personnel éducatif, réserviste, parent d'élèves, nous disposons tous d'un réseau différent, l'idée est de le partager, au service des élèves" résume-t-elle.
Sarah El Kahaz considère que sa participation à la Réserve citoyenne s'inscrit dans la continuité de son engagement citoyen. Pour elle, échanger avec un public jeune est essentiel : "le savoir est le pouvoir au sens noble du terme". Elle poursuit : "mon objectif, l'objectif des équipes avec lesquelles je travaille est de donner un maximum de clés aux jeunes citoyens pour qu'ils puissent s'ouvrir à la critique et ne pas se laisser influencer par une quelconque idéologie".
Comment se prépare une intervention ? De quelle manière se déroule-t-elle ? Comment choisir sa ou ses thématiques de prédilection ? Retour d'expérience de 2016 de Mustapha Adouane, réserviste de l'Éducation nationale.
"C'est à l'École républicaine que je dois ma formation intellectuelle et critique" constate Maître Mustapha Adouane. Cet avocat s'apprête effectivement à souffler sa vingtième bougie au barreau de Paris.
Il raconte avoir grandi dans un milieu modeste, populaire : son père est ouvrier, sa mère est assistante maternelle. Déterminé à contredire le principe de reproduction sociale, il perçoit l'École comme un levier. Après l'obtention de son bac à la fin des années 80 il effectue des études d'histoire, puis de droit. En 1997, il prête serment au barreau de Paris, un an après avoir obtenu son diplôme d'avocat.
Parallèlement à ses études, il a occupé un emploi de surveillant d'externat dans des établissements ZEP, aujourd'hui REP+, du Val-de-Marne. Dans ce même département, il donne par la suite des cours de droit commercial à l'Upec (Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne).
Comme plus de 5 000 citoyens français, Mustapha Adouane participe à l'action de la Réserve citoyenne : "je ne voulais pas être spectateur alors que mon parcours me permettait d'être acteur".
"Identité (nom commun féminin) : caractère permanent et fondamental de quelqu'un, d'un groupe, qui fait son individualité" (Larousse)
Lors de ses interventions en classe, Mustapha Adouane évoque principalement des thématiques liées à l'identité. Des raisons personnelles et son expérience en établissements scolaires expliquent, d'après lui, ce choix thématique.
Porteur d'origines algériennes, il explique : "la question de la double-culture travaille intérieurement toutes les personnes concernées de manière directe ou indirecte". Son expérience dans le domaine éducatif le conforte dans son choix thématique : "dans les établissements dans lesquels j'ai travaillé, je sentais déjà une difficulté identitaire".
C'est pour cette raison qu'il pose automatiquement les mêmes questions pour lancer le débat : "qui se sent Français ?", puis "qui est Français ?". Les réponses varient à chaque fois. Il raconte qu'aucune intervention ne se ressemble : "chaque intervention est une expérience autant pour les élèves que pour le réserviste".
Les enseignants qui l'accueillent régulièrement dans leurs classes sont unanimes : "il favorise l'ambition auprès de nos élèves et renforce l'esprit critique". Au lendemain des attentats du 13 novembre, Mustapha est intervenu d'urgence à la demande du chef d'établissement d'un collège de Fresnes pour "aider à recueillir la parole des élèves".
Avant d'entamer chaque intervention, cet avocat clarifie son rôle : "lorsque je me présente aux élèves, je précise toujours que je suis là en mon nom. Étant avocat, je suis indépendant par nature, que je ne suis donc pas face à eux pour porter la parole de qui que ce soit, ni pour imposer un discours. Il ne s'agit pas d'une présentation magistrale mais bien d'un échange avec les élèves que j'ai en face de moi". Il poursuit : "J'estime que mon rôle est de leur faire prendre conscience des possibilités qui s'offrent à eux. Pour les encourager, je leur dis souvent que je suis la preuve que le déterminisme social n'est pas absolu".
Comment se prépare une intervention ? De quelle manière se déroule-t-elle ? Comment choisir sa ou ses thématiques de prédilection ? Retour d'expérience de 2016 de Jean-Pierre Weisselberg, réserviste de l'Éducation nationale.
Jean-Pierre Weisselberg se définit lui-même comme un "militant de la laïcité". Depuis une trentaine d'années, cette cause l'habite. Président historique de l'association "Agora 21", ce retraité a toujours considéré la laïcité comme une valeur essentielle de la République. Dans le cadre de ses actions associatives, il est souvent sollicité pour intervenir dans des classes.
Lors des attentats à Charlie Hebdo en janvier 2015, Jean-Pierre Weisselberg perd un ami, le journaliste Bernard Maris : "j'ai immédiatement pensé qu'il fallait agir, regarder vers l'avenir, donc vers les plus jeunes".
Très investi dans ce rôle de réserviste, Jean-Pierre Weisselberg espère être appelé de nouveau à la rentrée. Pour lui, le dialogue avec les plus jeunes est essentiel : "les enfants attendent du monde adulte beaucoup plus de justice sociale, et c'est pour cette raison que la Réserve citoyenne est essentielle".
Mon compte "réserve citoyenne" : les réponses à vos questions
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