Plan Filles et maths : pour que les jeunes filles prennent toute leur place dans les métiers de l'ingénieur et du numérique
Expérimenté en 2025 et généralisé en 2026, le plan Filles et maths mobilise la communauté éducative et les familles pour encourager les jeunes filles à se former aux métiers de l'ingénierie et du numérique. Découvrez les trois piliers sur lesquels repose ce plan d'actions.
Le constat du rapport des filles avec les maths à l'école
- 42 % des filles seulement suivent l’enseignement de spécialité mathématiques en terminale.
- Elles ne représentent que 25 % des étudiants qui intègrent des formations d’ingénieurs et du numérique. Cette proportion stagne depuis plus de vingt ans.
- Ces choix sont pénalisants pour les filles qui s’orientent vers des métiers moins rémunérateurs.
- Chaque année, il manque en France plus de 20 000 ingénieurs et 60 000 techniciens.
- Les stéréotypes de genre se maintiennent, voire s’accentuent.
- Cela génère un manque de confiance et de projection de la part des jeunes filles dans les métiers d’ingénieurs et du numérique.
Pour répondre à ces enjeux, le plan Filles et Maths repose sur trois piliers :
- Former et sensibiliser l’ensemble des personnels.
- Rapprocher les filles des mathématiques et des sciences.
- Ouvrir leurs horizons et susciter des vocations.
Pour encourager davantage de jeunes filles à s'orienter vers les filières scientifiques, le ministère a tourné une série de vidéos intitulée "Toutes dans l'équation".
Former et sensibiliser tous les personnels
À partir de la rentrée 2025, tous les personnels ont suivi une formation obligatoire de 2 heures sur les biais de genre, animée par le directeur d'école, le chef d'établissement ou le référent égalité filles-garçons (eux-mêmes préalablement formés), afin de renforcer la confiance des filles en mathématiques et de développer des méthodes pédagogiques plus favorables à leur réussite.
Un plan de formation pluriannuel à la prévention des biais de genre et des stéréotypes dans l'apprentissage des mathématiques a été mis en place.
Les 370 000 professeurs des écoles, les 24 000 professeurs de mathématiques du collège et les 12 000 professeurs de mathématiques du lycée général et technologique ont bénéficié d'une formation d'au moins une journée, destinée à analyser les gestes professionnels et à faire prendre conscience des risques de reproduction involontaire des stéréotypes, qui apparaissaient par exemple dans la gestion des prises de parole en classe ou dans les appréciations portées sur les bulletins scolaires.
Enfin, une charte de lutte contre les stéréotypes a été affichée dans les salles des maîtres et des professeurs, rappelant les points de vigilance permettant de mieux prévenir la reproduction des stéréotypes.
Rapprocher les filles des mathématiques et des sciences
Des objectifs ont été mis en place dès le lycée, 30 000 filles supplémentaires doivent choisir la spécialité mathématiques et la conserver en terminale d'ici 2030, soit 5 000 filles de plus par an dès la rentrée 2025 (environ 2 filles par lycée), cette cible ayant été intégrée dans les objectifs des chefs d'établissement.
Des classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences ont été créées en 4e et 3e, avec des effectifs constitués d'au moins 50 % de filles. Une expérimentation a été lancée à partir de la rentrée 2025 dans neuf académies (Amiens, Bordeaux, Créteil, Lyon, Martinique, Nancy-Metz, Normandie, Poitiers et Rennes), tandis que l'académie de Grenoble a expérimenté une préfiguration à grande échelle dans 29 collèges, avant une généralisation à la rentrée 2026 avec au moins une classe par département.
Des cibles de filles à l'entrée en CPGE scientifique ont été mises en place. Chaque classe préparatoire scientifique devait compter au moins 20 % de filles dès la rentrée 2026, puis au moins 30 % en 2030, dans le but d'avoir une représentation équilibrée dans les formations technologiques, des sciences de l'ingénieur et du numérique, et dans leur développement pour répondre aux besoins de l'économie.
Une représentation équilibrée entre les professeurs en classe préparatoire scientifique est désormais recherchée. L'objectif est d'augmenter le nombre de femmes enseignantes en classe préparatoire aux grandes écoles, avec un objectif de 30 % de femmes parmi les nouvelles nominations en classes préparatoires scientifiques.
Ouvrir les horizons des jeunes filles et susciter des vocations
Des rencontres systématiques avec des rôles modèles sont organisées de la 3e à la terminale. Le programme d'éducation à l'orientation prévoit que chaque année, un réseau d'associations, d'étudiants ou de branches professionnelles soit mobilisé par les chefs d'établissement, en lien avec les régions, afin que des femmes puissent présenter leur parcours à des jeunes filles.
Peut également vous intéresser
Le goût des sciences : le prix du livre scientifique jeunesse
Le prix du livre scientifique jeunesse récompense un ouvrage littéraire destiné à un public de 9-13 ans, permettant de se familiariser avec les questions scientifiques. Le prix Le goût des sciences jeunesse 2026 a été décerné à "Comment sympathiser avec un ours", de Camille Gautier, Stéphanie Vernet et Clémence Sauvage (La Martinière Jeunesse), le mardi 9 juin.
Olympiades nationales et internationales de la chimie
Les Olympiades nationales de la chimie sont un duo de concours ouverts à tous les élèves des classes de première et de terminales. Ces olympiades ont la particularité de se décliner en deux volets indépendants : le "concours scientifique" et le "concours de communication". Le thème national de l'édition 2025-2026 était "Chimie Verte". La cérémonie de remise des prix s'est tenue à Paris le 7 mai.
CGénial : un concours scientifique pour collégiens et lycéens
Le concours CGénial, créé en partenariat avec le dispositif Science à l'École, récompense des projets scientifiques innovants, toutes disciplines confondues, élaborés au cours de l'année scolaire par des élèves du second degré. Rendez-vous en septembre 2026 pour la prochaine édition.