Plan Filles et maths : pour que les jeunes filles prennent toute leur place dans les métiers de l'ingénieur et du numérique

Expérimenté en 2025 et généralisé en 2026, le plan Filles et maths mobilise la communauté éducative et les familles pour encourager les jeunes filles à se former aux métiers de l'ingénierie et du numérique. Découvrez les trois piliers sur lesquels repose ce plan d'actions.

Le constat du rapport des filles avec les maths à l'école

  • 42 % des filles seulement suivent l’enseignement de spécialité mathématiques en terminale.
  • Elles ne représentent que 25 % des étudiants qui intègrent des formations d’ingénieurs et du numérique. Cette proportion stagne depuis plus de vingt ans.
  • Ces choix sont pénalisants pour les filles qui s’orientent vers des métiers moins rémunérateurs.
  • Chaque année, il manque en France plus de 20 000 ingénieurs et 60 000 techniciens.
  • Les stéréotypes de genre se maintiennent, voire s’accentuent.
  • Cela génère un manque de confiance et de projection de la part des jeunes filles dans les métiers d’ingénieurs et du numérique.

Pour répondre à ces enjeux, le plan Filles et Maths repose sur trois piliers :

  1. Former et sensibiliser l’ensemble des personnels.
  2. Rapprocher les filles des mathématiques et des sciences.
  3. Ouvrir leurs horizons et susciter des vocations.

Pour encourager davantage de jeunes filles à s'orienter vers les filières scientifiques, le ministère a tourné une série de vidéos intitulée "Toutes dans l'équation".

Transcription

Tout d'un coup, j'ai réalisé que ma force était d'être moi-même.

Moi, j’ai commencé avec l'idée "la tête dans les étoiles", et il y avait un prof au lycée qui m'a dit  "je pense que quelque chose de microbien, les bactéries, je pense que ça c'est plus pour toi".

Et là, je suis tombée amoureuse des microbes.

Au lycée, je me suis spécialisée dans les différentes sciences, toutes disciplines confondues, et après
pour le bachelor, on commence deux ans d’études larges, dans les différentes disciplines : mathématiques, scientifiques.

J'ai toujours parlé de la NASA !

Je disais : "un jour je vais le faire", et après les quatre ans de bachelor, j'ai postulé pour un stage, l’équivalent
d’un stage de M2, à la NASA en Floride.

Je me suis dit :"ils vont jamais me prendre", mais voilà, je vais oser, je vais postuler, au pire ils vont me dire non, rien de perdu".

Et dis donc, ils m’ont pris !

Alors j'étais juste bluffée, totalement.

Et après j’ai été recrutée ici au Muséum d'histoire naturelle, en poste de maîtresse de conférences.

Les obstacles pour la science, surtout pour des filles, commencent très jeune.

Mon expérience, ça a commencé quand j'étais déjà au lycée.

Il y avait un prof de physique qui m'a dit : "alors la physique, c'est pas fait pour des filles".

Pour être en position de leadership, pour diriger une instance, il faut quelqu'un de fort et décisif : ça sous-entend qu’on n’a pas notre place en égalité avec les autres.

Alors, le meilleur conseil que je peux  donner aux autres, c'est de suivre, d’être fidèle à eux-mêmes et à leurs rêves.

Transcription

J'ai fait mon premier stage de math à la fin de la première et c'est là que je me suis rendue compte que j'étais capable vraiment de faire des mathématiques toute la journée et d'aimer ça.

Je m'appelle Elsa, je suis en 3e année à l'École polytechnique dans un parcours d'approfondissement mathématique informatique et j'aimerais bien faire de la recherche à l'intersection entre ces domaines. J'étudie la logique et les fondements des mathématiques. C'est vraiment passionnant parce que il y a un sens presque philosophique à la démarche. essayer de comprendre qu'est-ce que c'est le fait même de faire de mathématiques, qu'est-ce qu'on s'autorise à utiliser.

J'ai découvert un club de math qui était juste à côté de mon lycée. Ça m'a fait envie de rencontrer d'autres personnes qui étaient passionnées. Là vraiment, je me suis rendu compte que j'avais un coup de cœur pour la matière. Il y a toute une partie des mathématiques qui est vraiment assez créative ou biblique et qu'on met pas forcément en avant.

Au lycée, souvent on me disait que je travaillais beaucoup et que peut-être que j'étais un peu au maximum de mes capacités et que en prépa, il fallait travailler encore plus. C'est bien sûr quelque chose d'indirect qui est pas toujours dit de façon aussi évidente, mais souvent les garçons qui réussissent et en math, on disait que c'était parce qu'ils étaient forts et intelligents et qu'il pourraient faire encore mieux s'ils travaillaient. Les filles, c'était juste parce que elles travaillent bien. D'un côté, on a vraiment un plafond de verre qu'il faut briser et c'est important parfois d'avoir des pratiques qu'on peut appeler discrimination positive. Mais d'un autre côté, c'est vrai que parfois on va dire à une fille qu'elle a été prise parce que c'était une fille. Je pense que il faut passer un peu outre dans la pratique. On est quand même jugé sur notre valeur intrinsèque.

Les mathématiques, ça ouvre beaucoup de portes. On peut toujours changer de parcours plus tard. Je conseille à chacune de s'écouter, se faire confiance, pas hésiter à essayer d'aller jusqu'au bout de ses rêves. C'est pas toujours simple mais ça vaut le coup.

Transcription

Un de mes souvenirs que j'ai eu quand je passais les concours CNRS et qui m'a pas mal découragé, c'est qu'un des membres du jury me disait justement qu'il fallait que je sois plus vendeuse et que je me mette plus en avant comme des collègues masculins si je voulais en fait réussir ces concours. Je m'appelle Céline Bellard. J'ai été recrutée en 2018 au sein de l'université Paris Saclay au laboratoire d'écologie systématique et évolution et je travaille sur l'impact des changements climatiques et des invasions biologiques sur la biodiversité.

Dès le lycée, je me suis intéressée à la biologie en général et du coup, je suis partie vers un bac S avec option SVT et ensuite je suis partie à la fac de bio pour suivre une licence en biologie des organismes et des populations. Une des anecdotes qui m'a marqué également à l'époque du lycée, c'est que quand tout le monde était en train de préparer des dossiers de prépa et les deux garçons avec qui j'étais ont les poussé en fait pour faire des dossiers de prépa et moi, on m'a dit que c'était plutôt mieux de me diriger vers la fac et de pas m'embêter en fait à faire un dossier de prépa parce que ça passerait probablement pas.

Ce que j'ai pu ressentir au fur et à mesure des années, c'est que on doit se mettre dans un certain moule avec des critères qui sont plutôt des critères en fait masculins. Et du coup, ça demande parfois d'avoir dû se déformer pour plus se vendre, pour plus se mettre en avant pour pouvoir répondre à ces standards là. Au départ, on a 35 % de femmes qui sont recrutées chercheuses au CNRS. Plus on monte dans son sa carrière scientifique, moins on retrouve finalement de femmes à des postes au placés.

Ce que je dirais aux jeunes filles qui hésitent de se lancer dans des carrières scientifiques, c'est de croire en soi déjà ce qu'on a envie de faire, de se rendre compte effectivement qu'on vit dans un monde où en fait il y a des biais de genre et que il faut en avoir conscience aussi pour être capable d'y répondre et d'y faire face et que plus on aura conscience de ces biais, plus on sera aussi armé finalement pour les combattre et pour poursuivre une carrière scientifique.

Transcription

Quand on demande aux gens de penser à un chercheur, qu'est-ce qu'ils vont visualiser souvent ? Un vieil homme blanc en blouse ? Et donc moi, mon cheval de bataille, c'est vraiment d'essayer de contribuer à rendre le milieu de la recherche le plus inclusif possible. Et donc en fait, il y a plein de façons de faire.

Je suis Nathalie, maîtresse de conférence en mathématiques à Sorbonne Université. maîtresse de conférence, c'est-à-dire enseignante chercheuse.

J'ai fait un bac S scientifique option mathématique. Ensuite, je me suis dirigée vers les classes préparatoires. J'ai pas intégré des écoles d'ingénieur. Je me suis plutôt dirigée vers l'ENS, l'école normale supérieure. Et puis ensuite, j'ai fait 2 ans de master, j'ai passé l'agrégation, j'ai continué avec un doctorat, ce qui a été mon premier contact avec la recherche. J'aimais la rigueur des mathématiques, le côté carré. J'aimais le la justice que j'y associais parce que j'avais l'impression que si on démontrait quelque chose et que la preuve était correcte, tout le monde serait d'accord. On a une très grande liberté. Ça c'est quelque chose que j'apprécie énormément dans mon métier, c'est que on a la liberté de choisir ces sujets de recherche et la liberté de choisir les gens avec qui on travaille. C'est un milieu qui est très peu féminisé. On est que 20 % de de femmes actuellement. Du coup, quand on essaie de partager des tâches équitablement entre les hommes et les femmes, vu qu'on est moins, on est forcément surs sollicité. Donc déjà la première chose c'est tout simplement d'aller à la rencontre des jeunes. Ce que je fais beaucoup. Je me suis rendu compte pour avoir été à leur place hein que quand on n' aucune idée de ce qu'est ce métier effectivement on va pas se projeter dedans. En parlant de mon parcours, en parlant des difficultés que j'ai rencontré, souvent je vois bien que ça ouvre des portes pour certains.

Le conseil que je donnerai à jeune fille qui nous regarde, c'est si vous avez envie de faire quelque chose, ne vous posez pas de questions. Quel que soit le domaine, foncez. C'est pas à vous de vous dire "Ah, je sais pas, peut-être je suis pas assez douée, peut-être je suis pas capable". Non. On vit tous dans la même société, vous avez tous été baignés des mêmes stéréotypes. Donc probablement que c'est ces choses qui vous font penser ça. Donc oubliez tout ça. Foncez.

Transcription

Les femmes se sont battues pour avoir accès aux universités, avoir accès à ces études, au même métier que les hommes, pouvoir euh révolutionner le monde. Je suis donc la 3e génération de femmes dans ma famille à faire des études scientifiques. Ma grand-mère maternelle a fait ses études en République tchèque. Elle était la seule femme de son université et elle a vraiment dû se battre pour pouvoir être reconnue dans ce qu'elle faisait. Pour elle, c'était pas une question, c'était presque un devoir en fait.

Je m'appelle Aline Cahuzac. Je travaille à la direction générale de l'armement à mi-temps et la deuxième moitié de mon temps, je la passe en thèse de physique au CA.

J'ai fait mes deux dernières années de lycée au lycée Louis L Grand dans une classe de mathématiques renforcé. Après, j'ai fait ma prépa à Louis Land et ensuite je suis rentrée à l'école polytechnique où j'ai fait surtout de la physique mais aussi des maths. Au corps de l'armement, on peut faire beaucoup de choses différentes essentiellement travailler sur les grands programmes d'armement. Moi, je me suis orientée vers le naval parce que j'ai toujours une passion pour la mer. aussi vers là parce que ça me permettait euh de trouver un petit coin où faire de la physique. J'ai fait ma thèse en physique nucléaire et en parallèle, je suis dans un département d'ingénierie. C'est vraiment super pour moi parce que je peux à la fois voir le côté euh recherche très amis de tout ce qui a été fait en recherche. Ce que j'aime beaucoup en math, c'est le plaisir que ça procure quand on aperçoit quelque chose de nouveau, qu'on le comprend. J'ai une vraie chance d'avoir des professeurs formidables qui m'encouragent à aller au bout de mes capacités, qui m'ont poussé à m'intéresser au math un peu plus que comme une façon d'avoir de bonnes notes. Surtout, j'ai souvent été mise en avant. On me souvent dit "Ah ben, on aimerait bien avoir plus de filles comme vous qui qui soient motivé comme ça."

J'aimerais vraiment motiver, inspirer, encourager les jeunes filles à croire en elles aussi et à se dire que tout est possible. Si on se fait confiance, si on si on travaille, il faut pas se mentir. Si on se laisse pas marcher dessus aussi, je souhaite vraiment que un jour ce soit une normalité de voir des filles dans les sciences et qu'on se n'en soit plus à mesurer les pourcentages et à se demander si ça monte ou si ça baisse juste que ce soit complètement normal.

Transcription

Quand j'étais au collège et au lycée, je me voyais devenir Indiana Jones. Quoi ?

Je m'appelle Camille Berthelot. Je suis directrice de recherche à l'INCERN et depuis 2021, je dirige une équipe de h personnes à l'Institut Pasteur. J'ai eu une prof de bio géniale en première qui m'a vraiment donné envie de de faire de la biologie et qui m'a fait me poser plein de questions en fait sur le vivant, comment ça fonctionne, comment ça évolue et cetera. Je m'intéressais beaucoup à l'archéologie, à la paléontologie dans cette dimension historique en fait des sciences et du coup à partir de là bah mon projet a commencé à devenir de devenir chercheuse en biologie.

J'ai fait une prépa et ensuite je suis rentrée à l'École normale supérieure [musique] de Lyon pour faire des études de biologie moléculaire. J'avais en fait la possibilité assez facilement d'être financé pour faire ma thèse. [musique] Je me suis beaucoup épanouie dans cet environnement qui est un environnement très stimulant. Ça a consolidé le fait que c'était vraiment une opportunité à saisir et que je voulais voir si j'étais capable de la faire cette thèse. Mon équipe de recherche travaille sur l'évolution de l'utérus qui est très très important pour la reproduction du côté féminin [musique] évidemment puisque c'est lui qui va soutenir en fait l'implantation de l'embryon et puis le développement du placenta.

À l'époque, j'hésitais encore à entre partir dans une prépa bio ou partir dans une prépa mat ou une prépa physique puisque bon, physique et math étaient considéré quand même un petit peu plus prestigieux que biologie. Et euh j'avais reçu un avis comme quoi euh il fallait pas que je parte en physique ou en math parce que c'était trop dur pour les filles. J'en parle encore aujourd'hui donc clairement ça m'avait [rires] j'avais trouvé ça incroyable. C'est fou quoi que bon c'était il y a 20 ans certes mais qu'on disait encore que les filles étaient pas capables de tenir dans une prépa mat ou physique.

On a besoin des filles et des femmes en recherche absolument pour toutes celles que ça intéresse. Je les encourage à s'accrocher et à pas se laisser arrêter par les stéréotypes en fait de pas se laisser arrêter par les les idées préconçues qu'on a que ça va être trop difficile que c'est des domaines qui sont pas pour elle parce que c'est des domaines qui sont pour elle. C'est des domaines qui sont pour tout le monde et on a vraiment besoin de tous les points de vue.

Transcription

Il est possible aujourd'hui d'avoir une carrière scientifique, épanouie, stimulante avec aussi des obligation familiale.

Je suis Eleni Diamanti, directrice de recherche au CNRS. Travaille dans une équipe d'une formation quantique avec d'autres collègues du même niveau, un peu plus âgé, un peu moins âgé aussi. On a beaucoup de doctorants et des post-doctorants donc des une équipe assez équilibrée et très international aussi pour mon équipe en particulier de recherche on travaille sur ce qu'on appelle la communication et la cryptographie quantique ou comment utiliser les propriétés de la physique quantique euh pour sécuriser les communications. ce qu'on appelle la cryptographie une garantie de sécurité plus élevée que ce que avec des méthodes mathématiques qui sont utilisées actuellement.

Je suis née à Athènes en Grèce dans une famille des scientifiques et on était trois filles dans la famille. Donc la science était très présente à l'école, j'étais en général attirée par les maths et les sciences au sens large. J'ai su assez assez vite dès le début du lycée que j'allais suivre sans doute une filière scientifique. J'avais déjà décidé que j'allais poursuivre les dans la voie de des recherches et donc du coup il fallait faire une thèse pour ça. Donc, j'ai décidé d'aller aux États-Unis et donc j'ai été prise à l'université de Stanford et c'est là où j'ai été j'ai pris connaissance du domaine de technologie quantique qui est devenu ensuite mon domaine de recherche.

Je considère que j'ai été beaucoup soutenue, toujours eu l'impression que les filles peuvent évidemment faire de la de la science mais je vois autour de moi qu'il y a ces sentiments. Est-ce qu'on est vraiment légitime ? Je vois même parmi nos doctorats très souvent ces sentiments de légitimité.

Euh je pense que que que le monde des sciences a vraiment besoin des des filles aujourd'hui dans les sciences. Donc si vous aimez ça, essayez de venir vers le monde des sciences. Vraiment c'est je vois qu'un environnement inclusif sans tout dans notre environnement de travail ça devient beaucoup plus intéressant, beaucoup plus stimulant. On a profite comme ça de toute l'intelligence et pas de la moitié d'intelligence du du monde.

Transcription

J'ai vraiment des souvenirs d'enfance à interroger mon père sur "mais comment ça marche le cerveau ? Comment est-ce qu'on arrive à réfléchir ? Pourquoi il y a des étoiles ?" Enfin, il a eu droit à tout. 

Je m'appelle Madeleine Kubasch, je suis chercheuse postural en mathématiques appliqué et je travaille sur des sujets à l'interface entre mathématiques et sciences du vivant. Depuis que je suis toute petite, j'ai toujours été attirée par les sciences. J'étais curieuse de ce monde qui nous entoure depuis depuis vraiment toujours et puis je pense pour mon attit pour la pour les sciences du vent, une étape qui a vraiment été clé, c'est que j'avais une enseignante enfin des SVT du coup science clavier de la terre au collège et puis au lycée qui était vraiment formidable et qui a réussi à me passionner, qui m'a fait beaucoup d'interventions aussi autour de chercheurs qui venaient en cours par exemple et ça m'a vraiment donné cette envie de comprendre comprendre ce qu'il y a de microscopique au niveau des des cellules. C'était vraiment ça qui m'avait accroché au départ.

Je suis d'origine allemande. Je suis arrivée en France à l'âge de 11 ans, donc au collège. J'ai fait un baccalauréat scientifique. J'ai commencé en licence avec des stages effectivement dans les laboratoires de biologie. D'abord avec l'interface avec l'informatique parce que j'ai découvert en arrivant en licence qu'en fait j'aime beaucoup le numérique et donc j'avais envie de voir un peu cette interface là. Après, j'ai fait donc un stage vraiment en laboratoire comme on se l'imagine avec euh les pipettes, les manipulations et cetera. Et après au cours du master, j'ai fait deux autres stages. Un stage en entreprise dans une start-up qui travaillait euh dans l'agritech, donc tout ce qui est euh développement de technologie pour l'agriculture et un stage en laboratoire de math en master 2 avec euh bah les gens avec qui j'allais poursuivre en thèse. Et là, actuellement, je en post-doctorat euh je travaille dans sur un projet qui est vraiment interdisciplinaire, l'interface entre écologie et mathématique puisqu'on cherche à comprendre l'impact de la gestion spatiale du paysage agricole sur la biodiversité. C'est vrai qu'en arrivant en master de math, c'est un environnement qui est beaucoup plus masculin, surtout le la différence par rapport à la licence de B où il y a au contraire plus de filles est vraiment frappant et ça m'a beaucoup interrogé pas forcément sur moi mais parce que à mon sens aucun de ces deux équilibres n'a lieu fondamentalement d'être et c'est a pas de raison qu'il y ait plus de filles en bio et qui a beaucoup plus de garçons en math. Mais par contre même s'il y a ce déséquilibre là, personnellement, je me suis toujours sentie bienvenue les moments où je peux avoir peut-être une petite phrase déplacée ou un comportement d'un camarade, on se dit "OK, j'ai bien compris que je suis une fille qu'il faut que je trouve un peu plus que même si je suis une fille, oui, je suis forte." Ils sont vraiment minoritaires.

Mais je pense qu'il faut y aller et qu'il faut y aller sans hésiter. Une idée qui est hyper importante, c'est qu'il n'y a pas un profit type, un parcours type pour faire de la science. Donc vraiment, il faut pas hésiter à se lancer. Si c'est ce que te plaît, il y aura une place pour toi.

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Tiens, j'ai un bocal, j'arrive pas à l'ouvrir. Et souvent, on va voir la personne la plus forte. En fait, il y a une façon beaucoup plus facile d'ouvrir le bocal, c'est tout simplement de le chauffer.

Je suis Imène Seghouani, je suis actuaire et ingénieur financier. Le métier d'actuaire ou d'ingénieur dans l'assurance, c'est [musique] d'estimer la probabilité de réalisation de ces risques là. Donc par exemple, la probabilité qu'il y ait une tempête [musique] euh qui se réalise et le coût que cette tempête va avoir sur nos assurées. Pour faire ça, on a besoin de concevoir des modèles mathématiques qui vont projeter ce risque là dans le futur et d'estimer la probabilité [musique] de réalisation de ces risques là.

Alors moi, j'ai fait un bac S et après mon bac S, je me suis orientée vers les classes préparatoires aux grandes écoles. Après les classes préparatoires, donc j'ai intégré l'école centrale Paris, donc pour avoir le diplôme d'ingénieur et en parallèle de ma formation, j'ai fait une autre formation pour devenir actuel. jusqu'à ce que je devienne mère, je n'ai pas forcément rencontré de difficultés parce que j'avais cette volonté d'aller de l'avant parce que j'estimais aussi que c'était ma seule façon de m'en sortir. Après, ça a changé au moment où j'ai eu la chance justement de devenir maman, où les choses se sont un peu compliquées parce qu'en fait, je voulais être parfaite partout et je pense que la solution, c'est tout simplement d'accepter que tout ne peut pas être parfait. Moi, j'estime que je suis beaucoup plus efficace depuis que je suis mère. tout simplement parce que euh j'ai un timing à respecter.

Alors moi je dirais qu'il faut y aller. Il faut y aller non pas parce que c'est possible pour tout le monde d'y arriver, mais il faut y aller aussi parce que c'est un devoir, parce que plus il y a de parité dans l'ensemble des activités, des domaines d'activité, mieux le monde se portera.

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Former et sensibiliser tous les personnels

À partir de la rentrée 2025, tous les personnels ont suivi une formation obligatoire de 2 heures sur les biais de genre, animée par le directeur d'école, le chef d'établissement ou le référent égalité filles-garçons (eux-mêmes préalablement formés), afin de renforcer la confiance des filles en mathématiques et de développer des méthodes pédagogiques plus favorables à leur réussite.

Un plan de formation pluriannuel à la prévention des biais de genre et des stéréotypes dans l'apprentissage des mathématiques a été mis en place. 

Les 370 000 professeurs des écoles, les 24 000 professeurs de mathématiques du collège et les 12 000 professeurs de mathématiques du lycée général et technologique ont bénéficié d'une formation d'au moins une journée, destinée à analyser les gestes professionnels et à faire prendre conscience des risques de reproduction involontaire des stéréotypes, qui apparaissaient par exemple dans la gestion des prises de parole en classe ou dans les appréciations portées sur les bulletins scolaires.

Enfin, une charte de lutte contre les stéréotypes a été affichée dans les salles des maîtres et des professeurs, rappelant les points de vigilance permettant de mieux prévenir la reproduction des stéréotypes.

Rapprocher les filles des mathématiques et des sciences

Des objectifs ont été mis en place dès le lycée, 30 000 filles supplémentaires doivent choisir la spécialité mathématiques et la conserver en terminale d'ici 2030, soit 5 000 filles de plus par an dès la rentrée 2025 (environ 2 filles par lycée), cette cible ayant été intégrée dans les objectifs des chefs d'établissement.

Des classes à horaires aménagés en mathématiques et en sciences ont été créées en 4e et 3e, avec des effectifs constitués d'au moins 50 % de filles. Une expérimentation a été lancée à partir de la rentrée 2025 dans neuf académies (Amiens, Bordeaux, Créteil, Lyon, Martinique, Nancy-Metz, Normandie, Poitiers et Rennes), tandis que l'académie de Grenoble a expérimenté une préfiguration à grande échelle dans 29 collèges, avant une généralisation à la rentrée 2026 avec au moins une classe par département.

Des cibles de filles à l'entrée en CPGE scientifique ont été mises en place. Chaque classe préparatoire scientifique devait compter au moins 20 % de filles dès la rentrée 2026, puis au moins 30 % en 2030, dans le but d'avoir une représentation équilibrée dans les formations technologiques, des sciences de l'ingénieur et du numérique, et dans leur développement pour répondre aux besoins de l'économie.

Une représentation équilibrée entre les professeurs en classe préparatoire scientifique est désormais recherchée. L'objectif est d'augmenter le nombre de femmes enseignantes en classe préparatoire aux grandes écoles, avec un objectif de 30 % de femmes parmi les nouvelles nominations en classes préparatoires scientifiques.

Ouvrir les horizons des jeunes filles et susciter des vocations

Des rencontres systématiques avec des rôles modèles sont organisées de la 3e à la terminale. Le programme d'éducation à l'orientation prévoit que chaque année, un réseau d'associations, d'étudiants ou de branches professionnelles soit mobilisé par les chefs d'établissement, en lien avec les régions, afin que des femmes puissent présenter leur parcours à des jeunes filles.

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