Lycéennes, lycéens : vous avez la parole
Le ministère de l’Éducation nationale ouvre, jusqu'au vendredi 23 octobre 2026, une consultation nationale sur la plateforme Agora. Lycéennes, lycéens : vous êtes invités à faire connaître vos difficultés, vos attentes et vos idées pour améliorer votre scolarité.
Une consultation ouverte à tous les lycéens
Cette consultation est ouverte à tous les lycéens, quels que soient leur établissement, leur territoire ou leur engagement dans les instances de la vie lycéenne. Elle doit permettre à chacun de s’exprimer directement, y compris à celles et ceux dont la parole est moins entendue. Les contributions sont anonymes.
L’objectif est de recueillir une parole aussi large que possible pour mieux comprendre ce que vivent les lycéens au quotidien, les difficultés qu’ils rencontrent et les améliorations qu’ils souhaitent.
Deux questions pour mieux comprendre le quotidien au lycée
Lycéens, vous êtes invités à répondre librement à deux questions ouvertes :
- Quelles sont aujourd’hui les principales difficultés que vous rencontrez au lycée ?
- Qu’est-ce qui devrait, selon vous, changer ou être amélioré pour mieux apprendre et mieux vivre votre scolarité ?
« Il est essentiel pour nous d’entendre tous les lycéens et de prendre en compte la diversité de leurs expériences de scolarité. Cette consultation doit nous permettre de mieux comprendre leur quotidien, d’écouter leurs propositions et de construire avec eux des réponses concrètes. »
Un appui au dialogue engagé avec les lycéens et leurs représentants
Cette consultation vient en appui du dialogue engagé avec les lycéens et leurs représentants, qui se tient :
- dans les établissements, avec les conseils de la vie lycéenne et les conseils d’administration
- dans les académies, avec les élus lycéens
- au niveau national, avec les associations lycéennes et les élus du conseil national de la vie lycéenne
Les contributions recueillies feront l’objet d’une restitution nationale fin octobre. Elles nourriront les chantiers engagés dans les académies et les établissements.
Cinq chantiers identifiés : la lettre du Premier ministre au Gouvernement
Dans une lettre du 4 octobre 2026, le Premier ministre confie aux ministres une feuille de route avec cinq chantiers et de premières décisions attendues avant la fin du mois pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels éducatifs. Le ministre de l’Éducation nationale animera l’ensemble de ces travaux.
Il indique que "Ces chantiers viennent des sujets remontés des conseils académiques de la vie lycéenne, réunis ces derniers jours dans toutes les académies : ils sont le fruit des échanges avec celles et ceux qui acceptent le dialogue et le travail. Cet engagement doit avoir des suites concrètes.
Le travail portera sur les problèmes de fond : assurer les cours, améliorer les locaux avec les conseils régionaux qui en ont la responsabilité, mieux organiser les journées, rendre Parcoursup plus transparent et donner des suites à la parole des lycéens.
Les progrès accomplis doivent être poursuivis : le projet de budget 2027 prévoit encore 1,2 milliard d’euros supplémentaires pour l’Éducation nationale. Mais nous devons aussi corriger avec humilité ce qui reste insuffisant. Le débat parlementaire budgétaire le permettra.
Avant fin octobre, les premières décisions seront présentées avec leur financement et leur calendrier. Le dialogue doit produire des changements visibles dans les lycées".
Monsieur le ministre de l’Éducation nationale,
Mesdames et Messieurs les ministres,
Je vous demande d’engager, sous la coordination du ministre de l’Éducation nationale, cinq chantiers pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels. Ils prolongeront le dialogue engagé avec les représentants lycéens, les organisations syndicales et les parents, dans les établissements et les académies.
Les remontées des échanges établis dans le cadre des conseils académiques de la vie lycéenne (CAVL) décrivent des réalités très disparates selon les territoires : cours non-assurés, locaux dégradés, longues journées, angoisse de l’orientation, sentiment général, qui va au-delà de l’école, de ne pas être entendu. Beaucoup de personnels partagent aussi ces préoccupations. Nous demandons aux lycées de travailler et de préparer leur avenir ; ils doivent pouvoir compter sur nous pour leur en donner les moyens, quels que soient leur milieu social, leur territoire ou leur voie de formation.
L’effort engagé doit être reconnu. Le projet de budget pour 2027 porte les crédits de l’Éducation nationale à 64 milliards d’euros, contre 48,8 milliards en 2017, hors pensions. Il prévoit une nouvelle hausse de 1,2 milliard par rapport à 2026 à périmètre constant. Réforme du recrutement et de la formation, attractivité, notamment des débuts de carrière, école plus inclusive, transformation de la voie professionnelle : beaucoup a été engagé. Chaque rentrée fait cependant apparaître de nouveaux besoins. Nous devons prolonger les progrès accomplis et corriger avec humilité ce qui demeure insatisfaisant.
La fermeté face aux violences et aux tentatives d’instrumentalisation doit aller de pair avec l’écoute des inquiétudes légitimes. Notre soutien va aux élèves et personnels agressés, aux policiers et gendarmes blessés. Avec le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux, nous allons accélérer l’examen du projet de loi "casseur-payeur", pour mieux faire supporter aux auteurs de dégradations le coût des dommages causés. Le contribuable n'a pas à supporter cela, d'autant plus dans le contexte difficile que connaissent nos finances publiques.
À partir de ce lundi 5 octobre, le principe est que les cours devront reprendre partout où la sécurité et l’état des locaux le permettent, en tenant compte au cas par cas de la situation locale. Cette reprise pourra être progressive, en priorité pour les terminaux et les autres classes à examen. Il appartiendra aux chefs d’établissements d’organiser, avec les équipes pédagogiques, les modalités exactes de la reprise et des échanges avec les élèves, notamment dans les établissements qui ont été concernés par des actes de violence ou de destructions. Les recteurs et les préfets, en lien avec les élus régionaux et les maires, soutiendront les proviseurs dans l’exercice de leurs responsabilités et de leurs pouvoirs ; chaque lycée dont les cours en présentiel sont suspendus devra disposer d’une perspective de reprise, et les familles informées. Le soutien psychologique, administratif et juridique mis en place pour les personnels éprouvés doit être prolongé autant que nécessaire.
1. Assurer les cours et donner aux équipes les moyens de faire réussir les élèves
Depuis 2023, le "Pacte enseignant" rémunère l’engagement de professeurs volontaires pour assurer des remplacements de courte durée ; les établissements disposent de plans pour mieux les organiser. Le bilan ministériel publié fin 2025 fait état d’un taux national de remplacement de courte durée triplé depuis 2022-2023 dans le second degré. Ce progrès doit beaucoup à la mobilisation des équipes, il reste à le consolider et à répondre aux absences longues non remplacées.
Dès cette semaine, vous lancerez dans chaque académie un traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus, notamment dans les classes à examen, les spécialités et les enseignements professionnels. Vous réduirez les délais d’affectation des remplaçants, poursuivrez l’amélioration des remplacements courts et mettrez en place des modalités de rattrapage des cours manqués sur une longue période, notamment dans le cadre de stages de réussite sur les petites vacances. Les familles seront informées des démarches et des délais connus et un premier bilan me sera transmis pour le 16 octobre.
2. Garantir des conditions d’enseignement dignes, et préparer les lycées aux fortes chaleurs
Les bâtiments, les équipements, la restauration et les internats des lycées publics relèvent de la compétence exclusive des conseils régionaux. Cette responsabilité, issue de la loi du 22 juillet 1983, est ancienne et clairement établie. L’État pourra accompagner les régions qui en expriment le besoin, dans le respect de leurs compétences. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit entre autres de leur rendre le bénéfice de la dynamique de TVA, pour soutenir l’exercice de leurs responsabilités.
Une réunion en visioconférence aura lieu le 6 octobre avec les présidents des conseils régionaux, autour de plusieurs ministres pour fixer une méthode commune : identifier les urgences, préciser qui agit, et établir un calendrier. Ni l’État ni les régions ne doivent se renvoyer la responsabilité des difficultés. Les élèves et les personnels attendent de chacun qu’il exerce la sienne.
Les priorités seront établies avec eux : salles de classe équipées, sanitaires propres et équipés, chauffage, matériel indispensable, restauration et internats. Étudier dans des locaux dégradés constitue un obstacle à la scolarité.
Avec les ministres chargées de la transition écologique et des collectivités territoriales, vous proposerez aux régions, avant fin octobre, les priorités d’adaptation aux fortes chaleurs, en mobilisant les diagnostics et les financements existants, dans le respect de la libre administration des collectivités territoriales. Protection solaire, isolation, ventilation, végétalisation et, lorsque cela est nécessaire, rafraîchissement ou climatisation seront étudiés selon les bâtiments. L’objectif est d’engager les interventions réalisables avant l’été 2027 et de donner un calendrier aux travaux plus lourds.
3. Organiser des journées qui permettent de travailler et de vivre au lycée
Les journées de 8 heures à 18 heures, les heures creuses, les pauses déjeuner trop courtes et les longs trajets reviennent dans les échanges au sein des CAVL. Vous ferez examiner avec les personnels et les élus lycéens les améliorations possibles des emplois du temps, de la répartition des évaluations et des conditions de travail personnel, en associant les autorités locales responsables des transports. Vous pourrez vous appuyer sur la direction interministérielle du numérique pour améliorer, grâce à l’intelligence artificielle, les logiciels destinés à la réalisation des emplois du temps en vue de la rentrée prochaine.
La ministre chargée de la jeunesse et des sports travaillera avec les équipes, les collectivités et les associations pour faciliter l’accès au sport, à la culture et aux espaces de vie collective. Les lieux et les horaires devront convenir aussi aux internes et aux élèves dépendant des transports scolaires.
Avec la ministre chargée de la santé, vous organiserez des réponses de proximité là où l’accès à une infirmière, à un psychologue ou à un accompagnement social est le plus difficile. Vous veillerez au repérage de la souffrance des élèves et aux ruptures d’accompagnement liées au handicap, en poursuivant les efforts engagés pour l’école inclusive.
Des premières améliorations devront être proposées pour la rentrée des classes après les vacances de la Toussaint.
4. Rendre les choix d’orientation compréhensibles et réellement accessibles
Les échanges sur Parcoursup expriment l’angoisse des lycéens d’engager leur avenir sans toujours comprendre les règles, puis de voir se fermer des possibilités que l’on croyait ouvertes. Les progrès déjà réalisés dans la publication des critères et des résultats d’admission doivent déboucher sur une transparence réellement utile aux familles.
Les ministres chargés de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur proposeront, avant fin octobre, des améliorations réelles pour la campagne 2027. Chaque candidat doit comprendre les critères retenus par les formations, leur importance respective, la place des notes et des spécialités, ainsi que le rôle des outils utilisés pour examiner et classer les dossiers. La transparence doit aussi permettre de comprendre la réponse reçue et les possibilités qui restent ouvertes.
L’accompagnement commencera suffisamment tôt au lycée, avec un interlocuteur identifié, notamment pour les familles peu au fait de l’enseignement supérieur.
5. Donner des suites visibles à la parole des lycéens
Ce dernier point est sans doute le plus important.
Les conseils de la vie lycéenne devront être réunis, consultés à temps et exercer leurs attributions sur le temps scolaire, le règlement intérieur et les conditions de vie. Chaque proposition recevra une réponse motivée, avec une échéance lorsqu’elle sera retenue. Vous proposerez une meilleure représentation des lycéens professionnels dans les instances académiques et nationales et étudierez, avec les conseils régionaux et les établissements volontaires, une part de choix laissée aux élèves sur des projets de vie lycéenne, dans un cadre financier défini.
Cette méthode s’appliquera au téléphone portable. L’objectif de protection de l’attention et de la vie collective sera expliqué ; les modalités pratiques seront discutées avec les élèves et les personnels, dans le cadre des règles en vigueur votées par le Parlement.
Les échanges font également apparaître une inquiétude face à la campagne présidentielle de 2027. Certains lycéens ont le sentiment que quelque chose d’important et de grave se joue pour leur avenir, alors qu’ils ne pourront pas encore voter. En préservant la neutralité du service public de l’éducation, nous devons entendre ce sentiment et leur donner des occasions de comprendre les débats publics, de s’exprimer et d’agir. Le lycée doit y contribuer dans le respect du pluralisme, de la laïcité et du bon fonctionnement des enseignements.
La consultation via la plateforme en ligne ouverte le 5 octobre et les échanges dans les établissements et les académies jusqu’au 16 octobre nourriront ces chantiers. Ces échanges devront notamment accorder une importance particulière aux élèves et familles éloignées des instances, ainsi qu’aux personnels dans la diversité de leurs métiers.
Avant fin octobre, vous me présenterez les premières décisions, leur coût, leur financement et leur calendrier, en distinguant les améliorations immédiates, celles de la rentrée 2027 et les évolutions de plus long terme. Les efforts déjà consentis et les contraintes de nos finances publiques nous obligent à des engagements tenables. Je procéderai aux arbitrages nécessaires.
Les bilans académiques et la restitution nationale de fin octobre rendront compte des demandes et des réponses, y compris des propositions non retenues. Un premier point d’exécution me sera remis avant la fin de l’année.
Je vous demande de conduire ce travail avec la même considération pour les élèves et pour ceux qui les instruisent et les accompagnent. La confiance se rétablira lorsque chacun pourra constater ce qui change dans son lycée.
Je vous prie de croire, Mesdames et Messieurs les Ministres, à l’assurance de ma considération distinguée.
Sébastien Lecornu
Premier ministre
Lycéennes, lycéens : vous avez la parole !
Jusqu'au vendredi 23 octobre 2026, faites connaître vos difficultés, vos attentes et vos propositions pour améliorer votre scolarité.
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