Panorama statistique des personnels de l'enseignement scolaire 2025-2026
DEPP
Édité par la DEPP, le "Panorama statistique des personnels de l’enseignement scolaire" est un ouvrage annuel de référence fournissant une vision à la fois globale et détaillée de la situation des personnels du ministère de l’Éducation nationale.
À propos de l'ouvrage
Avec 1,2 million d’agents, le ministère de l’Éducation nationale représente un cinquième de l’emploi public en France. La connaissance de ses personnels est indispensable pour mieux comprendre le système éducatif et rendre compte des moyens humains mis au service des élèves.
C’est pourquoi la DEPP, service statistique ministériel de l’éducation, a regroupé dans le Panorama statistique des personnels de l'enseignement scolaire toute l’information disponible sur les personnels enseignants et non enseignants : effectifs, missions et lieux d’exercice, carrières des agents fonctionnaires, concours de recrutement, rémunérations, formation continue, congés pour raison de santé, perception de leur condition de travail, départs à la retraite, départs volontaires, etc.
Sommaire
Les effectifs totaux des agents de l’éducation nationale ont augmenté de 12 % depuis la rentrée 2015, mais sont globalement stables depuis la rentrée 2021. Le nombre d'enseignants du premier degré est en diminution depuis quatre ans, dans le public comme dans le privé sous contrat. Dans le second degré, les effectifs sont stables. Ce sont les effectifs des personnels non enseignants qui ont le plus augmenté (+ 57 % entre 2015 et 2025), en lien avec la hausse du nombre d’accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH). La part des contractuels et maîtres délégués augmente elle aussi : de 11 points en dix ans.
Les enseignants constituent les trois quarts des effectifs du ministère chargé de l’éducation nationale. Il s’agit en majorité de femmes (71 %), en particulier dans le premier degré (86 %). Dans le second degré, la part des femmes est moins élevée dans les disciplines scientifiques (mathématiques et physique-chimie). Le temps partiel concerne 9 % des enseignants, dans le public comme dans le privé. Depuis 2020, le recours au temps partiel pour motif thérapeutique a fortement augmenté (+ 10 points dans le secteur public et 5 points dans le secteur privé).
Les personnels non enseignants constituent un quart des effectifs de l’éducation nationale. Les personnels d’encadrement sont presque tous fonctionnaires. Dans les autres corps la part des contractuels augmente depuis 10 ans, elle double notamment parmi les ITRF et les personnels d’éducation pour atteindre deux personnels sur dix. Les ITRF comptent proportionnellement le moins de femmes (53 %), à l’inverse des personnels ASS de la filière santé et sociale dont 95 % sont des femmes. La part des femmes est également plus faible chez les personnels d’encadrement (55 %) mais progresse depuis 10 ans : davantage dans les corps d’inspection que dans ceux d’encadrement supérieur.
À la rentrée 2025, un quart des enseignants du secteur public, affectés dans une école du premier degré ou dans un collège, ont une affectation en éducation prioritaire. Ces enseignants sont plus jeunes notamment en REP. Par ailleurs, 13 % des enseignants du premier degré public exercent des fonctions de direction. Les femmes sont moins souvent directrices d’école que les hommes. Dans le second degré public, les femmes sont sous représentées parmi les proviseurs et principaux d’établissements de 4e catégorie exceptionnelle (les mieux rémunérés).
À la session 2025, 31 800 postes et contrats sont offerts aux concours externes et internes organisés par l’éducation nationale. Avec 121 000 présents, le taux de candidature moyen est de quatre présents pour un poste. Pour les concours enseignants du premier degré public, le taux de candidature se maintient à hauteur de deux présents pour un poste en 2025. Les académies de Créteil et de Versailles ont la plus faible attractivité avec un présent pour un poste. Pour les concours enseignants du second degré public, le taux de candidature est de quatre présents pour un poste depuis 2022. Les difficultés de recrutement persistent pour les concours enseignants de mathématiques : 83 % des postes sont pourvus à l’agrégation externe et 71 % au Capes externe. En revanche, le taux de couverture s’améliore en lettres modernes tout comme en physique-chimie.
À la rentrée 2025, l’ancienneté moyenne des fonctionnaires au sein du ministère varie de 18 ans pour les enseignants jusqu’à 27 ans pour les personnels d’inspection. Parmi les enseignants, le rythme de progression dans la carrière est plus rapide pour les hommes que pour les femmes. Les hommes passent plus rapidement à la hors classe puis à la classe exceptionnelle. Par ailleurs, 17 % des enseignants fonctionnaires du premier degré et 8 % de ceux du second degré ont changé d’établissement scolaire. Ces mobilités sont majoritairement locales : moins de 2 % ont changé de département ou d’académie.
En 2024, dans un contexte de ralentissement de l’inflation (2,0 % après 4,9 % en 2023 et 5,2 % en 2022), les salaires des personnels rémunérés par le ministère de l’Éducation nationale ont bénéficié de plusieurs mesures, notamment la revalorisation du point d’indice (+ 1,5 % au 1er juillet 2023) et le doublement des montants d’indemnités de suivi des élèves. Les fonctionnaires et assimilés de catégorie A sont ceux qui en ont le plus bénéficié et, en particulier, les professeurs des écoles (+ 6,1 % dans le public, + 4,9 % dans le privé sous contrat). À un niveau individuel, les trois-quarts des fonctionnaires et assimilés présents en 2023 et 2024 ont vu leur salaire net augmenter en euros constants. Néanmoins, près de la moitié des fonctionnaires de catégorie C et près d’un tiers des fonctionnaires de catégorie B ont enregistré une baisse de salaire.
Au cours de l’année scolaire 2024-2025, 84 % des enseignants du premier degré public ont participé à une formation ; 71 % des enseignants du second degré. Ce taux d’accès à la formation continue est supérieur à celui d’avant la crise sanitaire. C’est même le taux le plus élevé depuis dix ans dans le premier degré. Dans le second degré, il n’a été dépassé qu’une fois au cours de cette période. Les enseignants qui n’ont suivi aucune formation depuis cinq ans représentent 4 % des enseignants du premier degré et 5 % des enseignants du second degré.
La proportion d’agents ayant eu au moins un congé maladie ordinaire poursuit sa baisse pour la troisième année consécutive. En 2021-2022, année marquée par le Covid sans mesure de confinement, cette proportion avait atteint un pic de 46 % (hors AED et AESH). En 2024-2025, elle est de 40 %, proportion qui reste supérieure à celle de 2018-2019 (37 %), avant Covid, mais inférieure à 2017-2018 (41 %). La durée moyenne cumulée de ces congés est globalement stable depuis 2019-2020. Par ailleurs, la part des agents concernés par des congés pour accidents du travail et maladies professionnelles oscille autour de 1 % depuis 2016-2017, mais leur durée moyenne cumulée augmente continument pour s’élever à 72 jours par agent concerné en 2024-2025 (51 jours en 2016-2017).
Entre le 1er octobre 2024 et le 30 septembre 2025, 15 700 personnels enseignants et non enseignants fonctionnaires du secteur public et 2 800 enseignants assimilés titulaires du privé sous contrat ont pris leur retraite. Quel que soit le type de personnel, les départs à la retraite sont en légère hausse par rapport à 2023- 2024, mais restent à un niveau historiquement bas en comparaison du nombre de départs en retraite enregistrés depuis 2010. Cette évolution est à mettre en lien avec la réforme des retraites de 2023 qui a augmenté la durée de cotisation et a entraîné une forte baisse du nombre de fonctionnaires et assimilés atteignant l’âge d’ouverture des droits. Ces nouveaux retraités ont 63 ans en moyenne lors de leur départ.
Le taux de départs volontaires pour l’année scolaire 2024-2025 est en baisse par rapport à l’année scolaire précédente : 3,1 enseignants fonctionnaires sur 1 000 ont quitté l’éducation nationale, contre 3,5 sur 1 000 en 2023-2024. C’est la troisième année consécutive de baisse. Celle-ci concerne surtout les démissions (2,0 pour 1 000 contre 2,3 pour 1 000 en 2023-2024), le taux de ruptures conventionnelles restant stable. C’est dans les académies de Versailles, Paris, Grenoble et Rennes que les taux de départs volontaires sont les plus élevés (supérieurs à 4 pour 1 000).
À la rentrée 2025, les AESH sont de plus en plus nombreux même si la croissance de leurs effectifs est moindre passant de + 5 % en 2024 à + 2,5 % en 2025. Ils sont à présent 138 200 AESH en activité pour accompagner les élèves en situation de handicap scolarisés dans les écoles du premier degré ou les établissements du second degré. En 2024, compte tenu des mesures de revalorisation salariale mises en œuvre, le salaire net moyen des AESH a augmenté, en moyenne, en euros constants, de 4,2 %. Pour les AESH présents en 2023 et en 2024, cette augmentation est voisine (4,6 %). À titre de comparaison, au cours de la même période, le salaire net moyen des fonctionnaires et assimilés du MEN a augmenté de 3,1 % en euros constants (5,1 % pour les fonctionnaires et assimilés présents en 2023 et 2024 – voir chapitre 7).
Au printemps 2025, les personnels des écoles et établissements scolaires estiment que leur métier est peu valorisé dans la société (88 %), tout en se sentant utiles aux autres (71 %). Ils décrivent de bonnes relations au travail, notamment avec les élèves, par qui ils se sentent respectés (92 %), et avec leurs collègues, par qui ils se sentent soutenus en cas de problème (86 %). Leur travail est néanmoins marqué par des contraintes de moyens : des locaux trop peu adaptés en termes de température (54 %), un manque ou une inadéquation des espaces de travail (54 %) et des fournitures (41 %), trop peu de collègues (29 %) pour pouvoir exercer correctement les missions. Ce manque de collègues est plus largement exprimé en ce qui concerne l'accompagnement des élèves avec besoins éducatifs particuliers.
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Panorama des personnels 2025-2026
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