Démographie scolaire : le ministère publie pour la première fois des projections d'effectifs d'élèves à dix ans, département par département

Communiqué de presse

La direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l'Éducation nationale publie ce jour un travail inédit : des projections d'effectifs d'élèves à l'horizon 2035, déclinées pour chaque département. Ces projections confirment l'ampleur de la baisse démographique qui touche l'École française : près de 1,7 million d'élèves en moins en dix ans.

Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, entend faire de cette publication un outil de transparence et d'anticipation au service des territoires.

Une baisse de 1,7 million d'élèves d'ici 2035

D'après le scénario de référence retenu par la DEPP, la France compterait 1 676 800 élèves de moins en 2035 qu'aujourd'hui dans les écoles et établissements publics et privés sous contrat, soit une baisse de 14,2 % de la population scolaire.

Cette diminution s'explique par la baisse continue des naissances, amorcée en 2010 et accélérée ces dernières années. En 2025, la France enregistre 645 000 naissances, soit 24 % de moins qu'en 2010.

Le premier degré serait le plus touché, avec 933 000 élèves en moins (- 15,2 %). Le second degré perdrait 743 800 élèves (- 13,2 %). La baisse toucherait tous les niveaux successivement : d'abord la maternelle et l'élémentaire, puis le collège, puis le lycée.

Plus de 160 000 élèves en moins dès la rentrée 2026

Dès la rentrée prochaine, les effets de cette baisse seront sensibles. Le premier degré perdrait 125 400 élèves et le second degré 36 200 élèves, soit plus de 160 000 élèves en moins au total. La baisse serait principalement portée par la maternelle, où l'arrivée des enfants nés en 2023 - génération nettement moins nombreuse - entraînerait à elle seule un recul de 46 500 élèves en petite section.

Des disparités fortes entre territoires

L'un des apports majeurs de cette étude est sa déclinaison territoriale : tous les départements ne seront pas touchés avec la même intensité.

Dans le premier degré, les baisses à dix ans s'échelonneraient de - 29,3 % pour l'académie de Paris à - 4,5 % pour Mayotte. L'académie de Lille perdrait 20,7 % de ses effectifs, l’académie de Nancy-Metz 22,1 %. À l'inverse, les académies de Nice et Nantes connaîtraient des baisses plus limitées, autour de 12 %.

Les écarts sont aussi marqués au sein d'une même académie : dans celle de Limoges, la Creuse perdrait 20 % de ses élèves contre 7,4 % pour la Corrèze. Dans l'académie de Rennes, les Côtes-d'Armor reculeraient de 20,7 % contre 8,2 % pour l'Ille-et-Vilaine.

Dans le second degré, les baisses les plus fortes concerneraient le Nord et l'Est (Lille - 19,6 %, Reims - 18,3 %, Nancy-Metz - 17,6 %). Seules les académies de Guyane (+ 5,3 %) et Mayotte (+ 6,2 %) verraient leurs effectifs augmenter.

Un outil au service de l'anticipation et du dialogue territorial

En publiant ces projections pour la première fois à cette échelle, le ministère donne à chaque territoire les moyens de se projeter et d'anticiper les évolutions de son offre scolaire.

Ces données alimenteront directement les Observatoires des dynamiques rurales et territoriales (ODRT), généralisés à tous les départements, qui permettent de partager un diagnostic entre l'État et les élus locaux et de construire ensemble une vision prospective de l'organisation scolaire.

Le ministre rappelle que la règle selon laquelle aucune école ne ferme sans l'accord du maire sera reconduite pour la rentrée 2026.

La synthèse des travaux de projections d'effectifs d'élèves réalisés par la DEPP est publiée dans une Note d'Information. Les résultats détaillés, notamment les déclinaisons académiques et départementales, sont disponibles dans un Document de travail.

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