Contre l'homophobie et la transphobie à l'École

Le 17 mai est la Journée de lutte contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie. Le ministère est engagé dans la lutte contre toutes les formes de discriminations et de violences. Élèves ou personnels des établissements scolaires, retrouvez des services et ressources adaptés pour prévenir, comprendre, écouter et accompagner.

Lutter contre l’homophobie et la transphobie

L’école a pour mission de faire réussir tous les élèves, en enseignant le respect d’autrui. Elle assure un cadre protecteur et propice aux apprentissages en luttant contre les discriminations, en premier lieu celles dont sont victimes les personnes lesbiennes, gays, bi(sexuelles) et transgenre (LGBT). L’apprentissage de l’égalité permet à chaque élève de s’épanouir dans sa scolarité et de se construire comme citoyen.

L’homophobie n'a pas sa place à l’école

Au cours de leur scolarité, des élèves peuvent être confrontés, directement ou indirectement, à des propos ou des actes homophobes. Les jeunes gays, lesbiennes et bisexuels ou encore les enfants grandissant dans des familles homoparentales sont les premières victimes de ces violences. Mais l’homophobie, est susceptible de toucher tous les élèves – filles et garçons – qui s’écartent des normes du masculin et du féminin (un garçon jugé trop "effacé", une fille jugée trop "sportive", etc.).

Homosexualité, homophobie : de quoi parle-t-on ?

  • L’homosexualité est l’orientation sexuelle d’un garçon ou d’une fille qui est principalement ou exclusivement attiré (amoureusement et/ou sexuellement) par des personnes du même sexe.
  • L’homophobie désigne l’ensemble des manifestations de mépris, de rejet et de haine envers des personnes homosexuelles, ou supposées l'être : moqueries, harcèlement, injures, agressions. Maltraiter une personne en raison de son orientation sexuelle (réelle ou supposée) constitue un délit. Depuis 2004, les actes homophobes (injures, agressions) sont punis par la loi au même titre que le racisme et les autres discriminations.

L’homophobie peut se manifester par des violences physiques ou du harcèlement, mais le plus souvent elle prend la forme plus insidieuse de moqueries et d’injures. Au collège et au lycée, les insultes homophobes sont parmi les plus fréquentes dans les cours de récréation.

Il est essentiel de ne pas banaliser, sous prétexte de jeu ou d’humour, ces comportements. En effet, l’homophobie peut avoir des conséquences très lourdes (psychologiques, sociales et scolaires), notamment sur les plus jeunes : honte, culpabilité et angoisse, qui peuvent conduire à une mauvaise estime de soi, un isolement, une baisse des résultats scolaires ou de l’absentéisme.

Assurer l’épanouissement scolaire des adolescents transgenres

Un jeune trans est un garçon ou une fille dont l’identité de genre (se sentir homme,  se sentir femme) n’est pas en accord avec son sexe biologique de naissance. Né dans un corps qui ne lui correspond pas, il ou elle peut s’engager, parfois au cours de sa scolarité au collège ou au lycée, dans un parcours de transition. L’adolescent va alors souhaiter que l’on s’adresse à lui par le prénom correspondant à son identité de genre et que l’on utilise les pronoms adaptés (il/elle). Cette étape – assumer son identité et être accepté – est cruciale pour les adolescents ; elle est essentielle à leur épanouissement et à la réussite de leur parcours scolaire.

Dans leur établissement scolaire, ces jeunes sont susceptibles d’être victimes de transphobie, c’est-à-dire de manifestations de rejet, de haine, ou bien des attitudes niant ou contestant leur identité. Or, le non-respect de l’identité de genre, prénom et civilité que chacun ou chacune assume dans sa vie quotidienne, est défini par la loi comme une discrimination et ne peut en aucune manière être justifié.

Le rôle de l’école : protéger les élèves et former des citoyens

La lutte contre l’homophobie et contre la transphobie fait partie des missions de l’école. L’équipe pédagogique veille à ce que chaque élève trouve sa place, poursuive sa scolarité dans les meilleures conditions d’apprentissage et soit pleinement respecté et accepté par toutes et tous.

La prévention des violences

Au sein de chaque établissement, des personnels sont formés pour identifier les situations de violence ou de harcèlement et être à l’écoute des élèves. Les conseillers principaux d’éducation (CPE), infirmiers, assistants sociaux et l’équipe de direction peuvent être des interlocuteurs privilégiés des élèves et de leurs familles. Ils disposent de ressources pour prévenir et gérer les comportements homophobes et transphobes.

Des associations engagées et agréées par l’Education nationale

Plusieurs associations (à retrouver dans l'encadré ci-dessous), agréées par l’Education nationale, prolongent cet effort de prévention en intervenant dans les classes de collège et de lycée. Assurés par des intervenants formés et sous la responsabilité du chef d’établissement, ces temps de débat entre élèves ont pour but de les sensibiliser aux mécanismes et aux conséquences de l’homophobie.

Des campagnes de prévention

Enfin, des campagnes de prévention sont diffusées dans les établissements du second degré. Les élèves peuvent être accompagnés par les enseignants dans la compréhension du sens et des enjeux de la lutte contre l’homophobie, dans le cadre d’une démarche pédagogique.

Le respect des différences, ça s’apprend !

Le respect d’autrui s’acquiert tout au long de la scolarité. Le respect de l’autre et de la diversité des familles, la déconstruction des stéréotypes sexistes et la lutte contre les comportements homophobes sont des enjeux qui peuvent être abordés dès l’enseignement primaire.

La lutte contre l’homophobie est notamment au programme de l’enseignement moral et civique (EMC), qui est un enseignement obligatoire pour tous les élèves, de l’école au lycée. Le sujet est traité sous différents aspects : le respect des pairs et l’acceptation des différences, l’analyse des préjugés et des stéréotypes, l’apprentissage de l’égalité des droits.

Comme pour les autres formes de discriminations, la lutte contre l’homophobie et la transphobie peut également trouver sa place dans l’enseignement de plusieurs disciplines (histoire, langues vivantes, lettres, SVT, EPS, etc.) à tous les niveaux de la scolarité.

Ces enseignements participent à la construction d’une culture commune de l’égalité et d’un socle de valeurs partagées, qui sont celles de la République.

Focus sur l'académie de Rennes

Découvrez en vidéo le témoignage de l'engagement de deux lycéennes du lycée la Fontaine des Eaux à Dinan (22) dans le Collectif égalité du lycée.

Transcription

Bonjour, je suis Léana et je suis en terminale professionnelle au lycée de la Fontaine des EOS et je vais vous présenter le collectif égalité. En 2021, un groupe d'élèves de terminale s'est mobilisé pour euh faire du collège contre la précarité menstruelle, contre le sexisme et pour lutter pour l'égalité homme-femme.

Suite à ce mouvement, le collectif a été créé à l'initiative des lycéennes et lycéens de du lycée, ce qui a permis plusieurs plusieurs actions, notamment la première marge des fierté de Dinan en 2024 qui a été réérée en 2025. la première comprenant 600 personnes à marcher dans les rues pour cette journée qui montre que l'engagement l'engagement des élèves permet aussi de mobiliser l'extérieur.

Donc là cette année dans le lycée, il y a environ une dizaine d'élèves qui sont membres du collectif, donc des secondes, des termes et des premières, donc pro et général mélangé. L'objectif principal, ça a été sensibiliser les lycéens à la vie affective et sexuelle. Donc cette année, on avait fait deux fois des des sensibilisations au violentomètre mais cette fois c'était personnalisable.

Donc c'est-à-dire que il y avait trois catégories dont ce qu'on considérait qui était OK, moyennement OK et pas du tout OK dans un couple. Et on mettait des cas de figure et chaque personne qui voulait participer peut placer ses ses cas de figures dans les catégories. Donc la première fois qu'on a fait l'animation sur le violentomè, on a ressenti plutôt un enthousiasme général de la part de la part des autres élèves.

On a eu beaucoup de monde à vouloir participer. L'objectif principal de ce collectif égalité, c'est d'inclure les minorités de genre et de lutter contre les discriminations, d'offrir un espace sécurisant pour euh pour les lycéennes et lycéens de la fontaine. Je me suis engagé dans ce collectif pour lutter tout d'abord contre toutes les discriminations faites aux minorités.

Dans le lycée, je trouve ça important de soutenir toutes les lycéennes et tous les lycéens. Aujourd'hui, on se construit et on a besoin de se construire avec des idées et avec un collectif qui nous accompagne. Personnellement, j'ai choisi de m'engager dans le collectif pour lutter contre les discriminations par rapport à la différence, pas que dans le lycée en général.
 

"Ici on peut être soi" : la campagne nationale de prévention et de sensibilisation contre les LGBT+ phobies

Malgré un engagement constant depuis plus de dix ans pour faire reculer les préjugés et comportements délétères, il reste encore du chemin à parcourir pour que tous les élèves se sentent pleinement accueillis dans les établissements scolaires.

C’est pourquoi, le message de la campagne "Ici on peut être soi" donne toute leur place aux élèves LGBT+ dans le collectif et rappelle aussi à l’ensemble de la communauté éducative que l’école est un lieu de sécurité et de bien-être, autant qu’elle est un lieu d’apprentissage.

Dans tous les collèges et lycées, la campagne lancée à l’occasion de la journée du 17 mai, constitue un moment fort de mobilisation, de solidarité, de visibilité et de réflexion autour des questions relatives à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre.

Affiche à télécharger

Deux exemplaires de l’affiche ont été diffusés dans tous les établissements du second degré. L'affiche est disponible au téléchargement au format pdf, vous permettant de la reproduire et la diffuser largement.

Un guide d'accompagnement pour les personnels éducatifs

Le guide d'accompagnement à l'usage de l'ensemble des personnels des établissements scolaires propose des pistes éducatives et pédagogiques pour déployer la campagne "Ici on peut être soi" et la faire vivre tout au long de l'année en mobilisant un ensemble d'acteurs contre les LGBT+phobies en milieu scolaire.

Cap sur l’académie de Strasbourg, où des élus lycéens ont décidé d’agir.

Leur idée : créer une mallette éducative pour sensibiliser leurs camarades aux discriminations encore trop présentes dans les établissements scolaires.

Ils racontent leur engagement, la genèse du projet, et leur envie de faire bouger les choses : parce que le respect et l’inclusion doivent se vivre au quotidien.

Transcription

En tant que lycéen, on doit s'engager, on doit lutter pour mener le combat pour l'acceptation de tous. 

Ça fait 3 ans environ que le conseil académique de la ville lycéenne est très actif en ce qui concerne la lutte contre les discriminations. Et cette année donc, il a été décidé de capitaliser sur les expériences du passé et de travailler sur des nouvelles ressources, d'où l'idée de créer cette mallette éducative.

Les objectifs de la mallette éducative sont d'une part de sensibiliser les lycéens et les lycéennes et d'autre part de lutter contre les discriminations qui sont faites envers les personnes LGBT. Dans cette mallette, nous avons plusieurs choses. Nous avons des affiches, des vidéos ainsi qu'un escape game et aussi un kahoot.

Dans cette manette éducative, on retrouve notamment un glossaire. Un glossaire, c'est une petite fiche qui récapitule toutes les définitions qui sont liées aux LGBT.

Alors, il est sûr que travailler sur ces thématiques, ça peut paraître compliqué. Il faut un accompagnement qui soit à la hauteur, parce que ce sont des sujets malheureusement, on peut le déplorer, qui sont de plus en plus clivants, déjà au sein de la société, mais aussi au sein des établissements scolaires.

C'est pour ça qu'on ne peut pas laisser des élus lycéens s'emparer de ces sujets sans être accompagnés. Nous avons pu construire cette mallette grâce à des journées de travail où nous nous sommes réunis entre élus lycéens, et notamment avec l'aide d'organisations comme SOS homophobie ou Hêtre qui ont pu nous aiguiller dans l'élaboration de cette mallette.

Souvent les les lycéens qui s'engagent dans le cadre des instances de la vie lycéenne sont déjà très sensibles à ces problématiques. En participant à cette mallette éducative, ça m'a donné l'impression d'aider à la lutte contre ces discriminations, notamment contre les LGBTphobies. Donc ce que j'en retiens, c'est qu'aujourd'hui les LGBTphobies, c'est un sujet de société, malheureusement, et que nous à notre échelle, en tant que lycéen, on doit s'engager on doit lutter pour mener le combat pour l'acceptation de tous.

Pour moi, c'était important de s'engager, car les actes haineux envers les minorités ont énormément augmenté dans mon académie, mais aussi en France de manière générale. J'espère profondément que cette mallette va être généralisée à tous les collèges et tous les lycées de France, notamment les collèges, car c'est dès le plus âge que nous devons déconstruire nos stéréotypes.

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