Les effets à long terme de la réduction de la taille de classe en éducation prioritaire sur les performances des élèves - Analyse sur les trois premières cohortes bénéficiaires

DEPP

Dans le cadre d’une thèse, la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) a prolongé l’étude initiale sur les effets à long terme de la réduction de la taille des classes en CP‑CE1 dans les établissements d’éducation prioritaire, afin d’évaluer l’impact sur les acquis des élèves à l’entrée en 6ᵉ.

Dans le cadre d'un travail de thèse, la DEPP a prolongé la première analyse des effets à long terme de la réduction de la taille de classe en CP/CE1 en éducation prioritaire sur les acquis des élèves à l'entrée en 6e. Cette première analyse portait sur la première cohorte bénéficiaire et avait montré que les effets observés à court terme en fin de CP, et maintenus en fin de CE1, s'estompent à l'entrée au collège. La présente étude porte sur les cohortes suivantes d'élèves bénéficiaires, la littérature soulignant l'importance d'examiner plusieurs cohortes pour tenir compte d'effets potentiellement différés dans le temps.

Les principaux résultats de l'étude 

  • Les résultats font apparaître, dès la deuxième cohorte, un effet positif et croissant de la réduction de la taille de classe en REP+ sur les scores en mathématiques à l'entrée en 6e : de 0,036 écart-type pour la deuxième cohorte (6e en 2023) à 0,070 écart-type pour la troisième (6e en 2024). Du fait de la mobilité documentée des élèves entre le CP et le CM2, qui dilue les groupes comparés, cette estimation constitue une borne inférieure de l'effet réel. Un effet plus modeste, mais également statistiquement significatif, apparaît à partir de la deuxième cohorte sur l'indicateur de confiance des élèves dans leur réussite en 6e. En revanche, aucun effet significatif et durable n’est détecté sur les scores en français à l’entrée en 6e, quelle que soit la cohorte considérée. 
     
  • L'apparition d'effets à partir de la deuxième cohorte pourrait s'expliquer par le temps nécessaire à l'appropriation de la réforme par les équipes pédagogiques, la première année de mise en œuvre ayant été marquée par des contraintes matérielles et un faible ajustement des pratiques enseignantes.
     
  • Ces résultats contrastent avec une partie de la littérature, qui documente plutôt un estompement des effets de la réduction de la taille de classe sur les performances des élèves à moyen et long terme. Ce contraste pourrait s'expliquer par le ciblage de la politique sur l'éducation prioritaire : la littérature souligne en effet qu'une réduction de la taille de classe est d'autant plus efficace, et ses effets plus durables, lorsqu'elle cible les élèves qui en bénéficient le plus. 
     
  • L'absence d'effet en français pourrait quant à elle s'expliquer par la nature des apprentissages propres à cette discipline : les compétences en mathématiques se construisent davantage pendant le temps scolaire, tandis que celles en lecture se développent aussi en dehors de l'école, dans l'environnement familial. Une mesure centrée sur l'école dispose ainsi d'un plus grand levier sur les mathématiques. 
Titre

Pour citer la publication

Fr. El Bah F., 2026, « Les effets à long terme de la réduction de la taille de classe en éducation prioritaire sur les performances des élèves - Analyse sur les trois premières cohortes bénéficiaires », Document de travail – série études n° 2026-E18, DEPP. 

En. El Bah F., 2026, “Long-term effects of class size reduction in priority education on student performance: Analysis of the first three beneficiary cohorts”, Working Paper n°2026-E18, DEPP.

Analyse sur la première cohorte d’élèves bénéficiaires

En février 2026, la DEPP a publié une première étude sur les effets d’une politique nationale de réduction de la taille des classes, mise en œuvre à grande échelle et ciblant spécifiquement les premières années de l’école élémentaire.

Consulter la première analyse

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