Projets de programmes de langues vivantes étrangères et régionales pour le collège

CSP

Par lettre de saisine en date du 13 mars 2024, la ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a demandé au Conseil supérieur des programmes de revoir le programme de langues vivantes étrangères et régionales (LVER) pour le collège.

Les projets de programmes de langues vivantes étrangères et régionales (LVER) pour le collège ont été publiés entre le 28 novembre 2024 et le 11 septembre 2025 par le Conseil supérieur des programmes.

Les projets de programmes de langues vivantes étrangères et régionales (LVER) de la classe de 6e à la classe de 3e ont été élaborés par vingt-trois groupes de travail dirigés et coordonnés par Fabienne Paulin-Moulard et Isabelle Leguy, inspectrices générales de l’éducation nationale, du sport et de la recherche (IGÉSR). Chaque groupe était placé sous la responsabilité d’un IGÉSR, d’un inspecteur d’académie-inspecteur pédagogique régional ou d’un professeur des universités. Chacun était composé d’inspecteurs territoriaux, de professeurs du second degré et d’enseignants-chercheurs.

Onze langues étrangères et quatorze langues régionales ont fait l’objet de nouveaux projets de programmes tandis qu’un « cadre commun de référence » a été élaboré pour les langues à faible diffusion. 

Conformément à la lettre de saisine, l’objectif principal de ces projets de programmes est d’élever le niveau de compétence des élèves en langue étrangère ou régionale pour répondre aux enjeux du monde contemporain. Deux grandes orientations structurent cette ambition et distinguent les nouveaux programmes des précédents. 

La première consiste à établir des repères annuels de progressivité dans les apprentissages, tant sur le plan culturel que linguistique. Ceci, d’une part, pour éviter la répétition des thématiques culturelles qui entraîne une lassitude de la part des élèves et, d’autre part, pour permettre à l’enseignant de mieux suivre l’acquisition du lexique, des règles grammaticales et d’une phonologie correcte. Ces repères annuels se substituent ainsi aux repères par cycle qui caractérisaient les anciens programmes.

La seconde orientation consiste à proposer des programmes différenciés pour chaque langue, et non plus – sauf pour les langues à faible diffusion – un cadre commun à l’ensemble des langues, comme auparavant. Cette différenciation doit permettre d’approfondir la dimension culturelle de chaque programme, dans une perspective d’élévation du niveau général de culture des élèves.

Par ailleurs, toujours en conformité avec la lettre de saisine, les compétences psychosociales sont pour la première fois explicitement mentionnées dans les projets de programmes.

La présentation des projets de programmes et leur structure interne découlent de ces exigences. Ainsi, un projet de programme par langue enseignée et par niveau de classe a été conçu, soit 4 projets de programmes par langue, au collège, pour un total de 44 projets de langues vivantes étrangères et 44 projets de langues vivantes régionales, auxquels s’ajoutent quatre projets de programmes relatifs aux langues à faible diffusion. 

Au sein de chaque projet, les contenus sont organisés en trois parties : un préambule commun à toutes les langues vivantes étrangères et régionales ; une partie consacrée aux repères culturels des aires géographiques concernées ; une partie définissant les repères linguistiques relatifs à chaque langue. 

La première partie – le préambule commun – présente les finalités et les principes de l’enseignement de LVER au collège et au lycée portés par ces projets de programmes. La participation de l’enseignement des LVER à la formation intellectuelle et citoyenne des élèves est réaffirmée. Cet apprentissage est présenté comme un levier essentiel pour développer la culture, l’esprit critique et les compétences psychosociales, en formant des citoyens capables d’appréhender la diversité du monde et d’y évoluer avec discernement. Le lien indissociable entre langue et culture est renforcé : la langue y est envisagée à la fois comme moyen de communication, objet d’étude et vecteur de culture. Le texte recommande que l’étude des dimensions culturelles, artistiques et historiques soit conduite avec nuance, en évitant toute approche stéréotypée, tout en favorisant la créativité et le dialogue entre disciplines. Sur le plan linguistique, il est précisé que les projets de programmes visent une progression vers l’autonomie langagière, en articulant les dimensions pragmatique, phonologique, lexicale et grammaticale dans une approche dite « actionnelle », centrée sur la mise en activité des élèves. L’évaluation continue et la diversification des pratiques pédagogiques sont présentées comme des moyens de consolider la motivation et la confiance en soi. Enfin, le préambule met en avant l’importance d’une approche plurilingue et d’un usage raisonné des outils numériques, perçus comme des instruments de réflexion critique et de compréhension interculturelle.

La deuxième partie, consacrée aux repères culturels, définit six axes thématiques, à l’exception de la classe de 6ᵉ qui n’en compte que cinq, dans une logique de continuité et de progressivité avec les projets de programmes de cycle 3. Les cinq premiers axes sont communs à toutes les langues étrangères et régionales, tandis que le sixième axe, introduit à partir de la 5ᵉ, est propre à chacune d’elles afin de renforcer leur ancrage culturel au sein des nouveaux programmes. 

Les projets de programmes déclinent chaque axe en plusieurs objets d’études (généralement entre deux et quatre) propres aux aires linguistiques concernées. Ceux-ci sont proposés aux enseignants à titre d’exemple, afin d’illustrer les thèmes pouvant être associés aux différents axes.

La troisième et dernière partie, consacrée aux repères linguistiques, occupe un espace équivalent à celui dédié aux repères culturels, ce qui distingue ces projets de programmes des programmes précédents. Elle propose des indications sur les stratégies à mettre en œuvre à chaque niveau de classe afin d’atteindre les compétences visées dans les différentes activités langagières : compréhension et expression orales et écrites, interaction orale et écrite et médiation. Pour la première fois, des repères annuels détaillés concernant la phonologie et la prosodie, le lexique en lien avec les axes culturels, ainsi que la grammaire sont introduits.

Au collège, la progression des niveaux linguistiques pour la première langue vivante étudiée (LVA) est révisée par rapport aux programmes précédents : le niveau attendu en fin de classe de 3e passe du niveau A2 au niveau B1 du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL). Dans le cas des sections bilingues – fréquentes pour certaines langues régionales – le niveau visé est le B2. Les niveaux linguistiques pour les deuxième et troisième langues vivantes étudiées (LVB et LVC) sont également définis dans les projets de programmes, en cohérence avec les niveaux attendus en LVA.

Le Conseil supérieur des programmes (CSP)

Le Conseil supérieur des programmes (CSP), sur saisine du ministre de l’Éducation nationale ou sur auto-saisine, émet des avis et formule des propositions notamment sur la conception générale des enseignements dispensés aux élèves des écoles, des collèges et des lycées, et l’introduction du numérique dans les méthodes pédagogiques et la construction des savoirs, le contenu du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, et des programmes scolaires, la nature et le contenu des épreuves des examens conduisant aux diplômes nationaux de l’enseignement du second degré et du baccalauréat, et la nature et le contenu des épreuves des concours de recrutement d’enseignants des premier et second degrés.

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