Projet de programmes de mathématiques pour le cycle 3

CSP

Par lettre de saisine en date du 13 mars 2024, la ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a demandé au Conseil supérieur des programmes de revoir le programme de mathématiques pour le cycle 3.

Enseignement des mathématiques

Le projet de programmes de mathématiques pour le cycle 3 a été publié le 12 décembre 2024 par le Conseil supérieur des programmes.

Le projet de programmes de mathématiques pour le cycle 3 a été élaboré par cinq inspecteurs généraux de l’éducation, du sport et de la recherche, deux inspecteurs de l’éducation nationale, trois inspecteurs d’académie-inspecteurs pédagogiques régionaux, une professeure des universités, une professeure enseignant à l’Institut national supérieur du professorat et de l'éducation (Inspé), deux professeurs des écoles, et trois professeurs du secondaire. Ces groupes ont été pilotés par des inspecteurs généraux de l’éducation du sport et de la recherche : d’une part, Ollivier Hunault et Armelle Poutrel et, d’autre part, Marie-Odile Bouquet, Françoise Fliche, et Johan Yebbou.

Ce projet de programmes a pour objectifs :

  • d’améliorer l’efficacité des apprentissages des élèves en mathématiques ;
  • de doter les élèves de solides connaissances, concepts et méthodes ;
  • de stabiliser les acquis du cours élémentaire et de préparer au cycle 4 ;
  • de permettre à chacun de progresser et de pratiquer les mathématiques avec confiance et plaisir ;
  • de développer les compétences psychosociales ;
  • de lutter contre les stéréotypes de genre et le déterminisme social.

Conformément à la lettre de saisine, le projet de programmes de mathématiques pour le cycle 3 est organisé par année scolaire avec, pour certains apprentissages clés, des repères de progression par période. Le projet est présenté en deux colonnes : la première indique les objectifs d’apprentissage en termes de savoirs et de savoir-faire et la seconde décline et illustre ces objectifs de façon explicite. Elle contient également des exemples de tâches que l’élève doit savoir effectuer.

Le projet de programmes est organisé en plusieurs domaines : nombres et calculs, algèbre, organisation et gestion des données, probabilités, géométrie, grandeurs et mesures, proportionnalité. L’initiation à la pensée informatique est intégrée à certains de ces domaines au cours moyen, tandis qu’elle constitue un domaine spécifique en 6e

Dans le domaine des nombres entiers et décimaux, les élèves passent de la maîtrise des nombres entiers jusqu’aux centaines de millions, étudiés en cours moyen, à l’introduction du milliard en 6e. Les nombres décimaux, dont les différentes écritures ont été travaillées au cours moyen, sont approfondis en 6e avec l’ajout de l’écriture sous forme de pourcentage. Par ailleurs, les opérations sur ces nombres se complexifient : la multiplication entre deux nombres décimaux est introduite, nécessitant une compréhension plus fine des propriétés des opérations.

L’étude des fractions évolue également. Si le cours moyen se concentre sur la notion de fraction comme « partie d’un tout » et sur des manipulations concrètes, la 6e introduit un nouveau sens : la fraction comme quotient. Cette approche, en lien avec la division, permet aux élèves de comprendre qu’une fraction peut également représenter le partage d’un tout. En 6e, la fraction prend aussi un rôle opératoire, notamment dans des contextes de pourcentages ou de produits avec des nombres.

En algèbre, la 6e prolonge l’initiation amorcée au cours moyen, où les élèves manipulent des équations simples et des programmes de calcul. Les outils visuels, tels que les schémas en barres ou les balances, aident à modéliser des situations algébriques. Bien que la notation littérale ne soit pas encore systématique, elle commence à être introduite progressivement.

Dans le domaine grandeurs et mesures, les apprentissages du cours moyen, axés sur les conversions et les calculs simples, se consolident et s’enrichissent. Les élèves de 6e calculent des périmètres, des aires et des volumes. De nouvelles unités, comme le centimètre cube, sont introduites, et le travail sur les angles, déjà amorcé, se poursuit en lien avec la géométrie.

La géométrie en 6e s’appuie sur les bases acquises en cours moyen, telles que la reproduction et la description de figures, pour introduire des notions plus abstraites. Les élèves apprennent à utiliser des définitions et des propriétés pour construire des preuves, développant ainsi leur raisonnement logique et leur pensée déductive.

Dans le cadre de l’étude de la proportionnalité, le cours moyen permet aux élèves d’identifier des situations proportionnelles et de raisonner à l’aide de la linéarité ou du retour à l’unité. En 6e, cette notion est formalisée et appliquée à des contextes plus variés.

Les probabilités, abordées au cours moyen par des situations simples d’équiprobabilité et de dénombrements, sont approfondies en 6e. Les élèves apprennent à exprimer les probabilités sous forme de fractions, de nombres décimaux ou de pourcentages, et découvrent une approche fréquentiste, qui leur permet d’interpréter des résultats sur la base d’expériences répétées.

Enfin, la pensée informatique, amorcée au cours moyen par des algorithmes simples et des suites évolutives, s’enrichit en 6e par l’introduction des notions d’instructions, de séquences, et de répétitions. Ces activités peuvent être réalisées avec ou sans machine, initiant progressivement les élèves à la programmation.

Le Conseil supérieur des programmes (CSP)

Le Conseil supérieur des programmes (CSP), sur saisine du ministre de l’Éducation nationale ou sur auto-saisine, émet des avis et formule des propositions notamment sur la conception générale des enseignements dispensés aux élèves des écoles, des collèges et des lycées, et l’introduction du numérique dans les méthodes pédagogiques et la construction des savoirs, le contenu du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, et des programmes scolaires, la nature et le contenu des épreuves des examens conduisant aux diplômes nationaux de l’enseignement du second degré et du baccalauréat, et la nature et le contenu des épreuves des concours de recrutement d’enseignants des premier et second degrés.

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