Projet de programmes de langues vivantes étrangères et régionales (LVER) pour le cycle 2

CSP

Par lettre de saisine en date du 13 mars 2024, la ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a demandé au Conseil supérieur des programmes de revoir le programme de langues vivantes étrangères et régionales (LVER) pour le cycle 2.

Le projet de programmes de langues vivantes étrangères et régionales (LVER) de cycle 2 a été élaboré par un groupe de travail piloté par Bénédicte Abraham et Isabelle Leguy, inspectrices générales de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR). Il était composé de huit autres membres : une professeure des écoles maître formateur, une conseillère pédagogique départementale, trois inspecteurs de l’éducation nationale, une inspectrice d’académie-inspectrice pédagogique régionale et deux autres IGÉSR.

Le projet de programmes définit un parcours structuré et progressif d’apprentissage linguistique et culturel. Il prolonge, au cycle 2, l’éveil à la diversité linguistique initié à l’école maternelle. Il vise à développer chez les élèves les premières compétences de communication dans les cinq activités langagières qui caractérisent l’apprentissage des langues vivantes : compréhension et expression orales, compréhension et expression écrites, et médiation. Du CP jusqu’au CE2, les élèves passent progressivement du niveau pré-A1 au niveau A1 du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) dans quelques activités langagières. Les activités linguistiques proposées sont centrées sur l’oral, le jeu, la compréhension de messages simples et la production d’énoncés courts, dans un cadre régulier et bienveillant favorisant la confiance en soi et la progression de tous les élèves. Elles se fondent sur une démarche pédagogique dite « approche actionnelle », d’après laquelle les élèves apprennent en agissant, seuls ou en groupe, dans des situations concrètes qui donnent sens à l’usage de la langue.

À la différence des programmes de LVER en vigueur et conformément aux nouvelles orientations de la lettre de saisine, ce projet de programmes définit les objectifs d’enseignement et les apprentissages par niveau de classe (CP, CE1 et CE2) afin de mieux expliciter la progressivité des apprentissages au sein du cycle.

Le texte s’organise autour de grandes compétences, en cohérence avec la présentation des programmes des autres disciplines du cycle 2. Pour les LVER, ces compétences sont les cinq précitées : la compréhension orale, l’expression orale, la compréhension écrite, l’expression écrite et la médiation. Chacune d’elles est désormais déclinée par niveau de classe et non plus à l’échelle du cycle. Les contenus sont présentés sous la forme d’un tableau à deux colonnes : la colonne de gauche précise les objectifs d’apprentissage, tandis que la colonne de droite propose des exemples de réussite illustrant une activité langagière et une situation de communication.

L’enseignement repose sur une approche culturelle forte, où la langue est enseignée à travers des objets, récits et pratiques issus des pays où elle est parlée, afin de nourrir la motivation et le plaisir d’apprendre. Au cycle 2, l’accent est mis sur l’enfant et son univers quotidien : l’école, la famille, les activités de loisirs, les différents temps et lieux de sa vie quotidienne. Les séances d’enseignement s’enrichissent par l’utilisation régulière d’albums jeunesse, de photographies, de courtes vidéos, de spécialités culinaires, autour d’exemples proposés dans le projet de programmes.

Si les situations de communication proposées sont systématiquement illustrées par des exemples en anglais – langue étrangère la plus enseignée à l’école élémentaire –, les actions qu’elles induisent (associer, désigner, suivre des consignes) ainsi que les actes de langage qu’elles permettent de travailler (nommer, décrire, présenter, compter, raconter) sont transposables à l’ensemble des langues vivantes étrangères et régionales enseignées au premier degré. Les contenus culturels sont pensés selon une progression tout au long de l’école élémentaire. 

Au niveau linguistique, une attention particulière est portée à la phonologie et à la prosodie, le projet de programmes précisant des repères de progressivité dans ces deux domaines. Les éléments grammaticaux et le lexique sont également explicités afin d’aider les enseignants à construire un continuum dans les apprentissages. 

Enfin, dans ce projet de programmes, les compétences psychosociales sont intégrées à l’enseignement. La formulation récurrente « l’élève sait qu’il est capable de » renvoie à l’une des compétences psychosociales que les élèves gagnent à développer dès le plus jeune âge, à savoir la confiance en soi, nourrie d’un premier sentiment de compétence.   

Le Conseil supérieur des programmes (CSP)

Le Conseil supérieur des programmes (CSP), sur saisine du ministre de l’Éducation nationale ou sur auto-saisine, émet des avis et formule des propositions notamment sur la conception générale des enseignements dispensés aux élèves des écoles, des collèges et des lycées, et l’introduction du numérique dans les méthodes pédagogiques et la construction des savoirs, le contenu du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, et des programmes scolaires, la nature et le contenu des épreuves des examens conduisant aux diplômes nationaux de l’enseignement du second degré et du baccalauréat, et la nature et le contenu des épreuves des concours de recrutement d’enseignants des premier et second degrés.

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