Projet de programmes de langues et cultures de l'Antiquité (LCA) pour le cycle 4

CSP

Par lettre de saisine en date du 13 mars 2024, la ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a demandé au Conseil supérieur des programmes de revoir le programme de langues et cultures de l'Antiquité (LCA) pour le cycle 4.

Le projet de programmes de langues et cultures de l'Antiquité (LCA) pour le cycle 4 a été publié le 22 mai 2025 par le Conseil supérieur des programmes.

Le projet de programmes de langues et culture de l’Antiquité pour le cycle 4 a été élaboré par un groupe de travail piloté par deux inspectrices générales de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR), Christine Darnault et Marie-Laure Lepetit, et composé de trois inspecteurs académiques-inspecteurs pédagogiques régionaux (IA-IPR), d’une professeure formatrice en Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (Inspé), d’un professeur formateur et de deux professeures du secondaire.

L’enseignement de langues et cultures de l’Antiquité, facultatif, a vocation à éveiller l’intérêt de l’élève, à susciter son plaisir d’apprendre et à l’engager dans un dialogue avec l’Antiquité. Il permet d'acquérir et de développer des connaissances et des compétences transversales car il est au croisement de nombreux champs de savoirs – histoire, littérature, philosophie, sciences, étude de la langue, etc. La découverte de l’Antiquité favorise l’acquisition d’une culture générale et le tissage de liens entre les disciplines.

Ce projet accorde une place centrale à la lecture des textes d’auteurs, faisant ainsi écho à la réforme des programmes de français. La pratique de la lecture-compréhension est au cœur de l’enseignement ; en lien avec les cours de français et de langues vivantes, elle amène l’élève à formuler des hypothèses de lecture, à les confirmer ou les infirmer, à déduire, à inférer, etc. Le travail de traduction, en réception et en production, ainsi que l’étude de la langue sont également au service de la lecture et de la compréhension des textes.

Cette révision est adossée au projet de Socle commun de connaissances, de compétences et de culture, qui intègre explicitement l’acquisition des compétences psychosociales et la construction d’une culture commune par l’élève. Elle prend également en compte les enjeux contemporains liés au numérique et à l’intelligence artificielle, lorsqu’ils éclairent ou enrichissent l’enseignement de la discipline. Par ce dialogue entre héritage et modernité, le projet s’inscrit dans une continuité vivante entre passé, présent et avenir.

Le texte est conçu en lien avec ceux de français des cycles 3 et 4 pour proposer aux professeurs de lettres des repères organisationnels et intellectuels communs. Dans cette perspective, les contenus d’enseignement sont désormais présentés à partir de ce que l’élève doit apprendre et savoir ; chaque compétence est déclinée en objectifs d’apprentissage et en exemples de situations d’apprentissage et de réussite associés. Le texte est rédigé par année d’enseignement mais préserve la cohérence du cycle. L’enseignement est organisé en trois grands ensembles de compétences, déclinés sur les trois années pour le latin et structurant la classe de 3e pour le grec :

  • Lire, comprendre, traduire, interpréter

  • Acquérir des éléments de culture littéraire, historique et artistique

  • Comprendre le fonctionnement de la langue

Lire, comprendre, traduire et interpréter forment un continuum de compétences interdépendantes qui se développent conjointement chaque année du cycle. Une attention renouvelée est portée à la réception authentique des textes par l’élève, à la formulation de ses questionnements et à sa compréhension progressive. Cette démarche favorise l’engagement actif et développe l’autonomie et l’esprit critique.

Le deuxième axe est organisé par entrée, chacune accompagnée d’exemples d’œuvres littéraires, artistiques et culturelles de l’Antiquité jusqu’à nos jours. En latin, quatre entrées sont proposées chaque année pour découvrir l’histoire romaine, la vie quotidienne, sociale, culturelle, intellectuelle et affective dans l’Antiquité. En grec, trois entrées invitent à travailler sur des concepts-clés du monde hellénique : le mythe et l’épopée, la vie sociale et politique, le pouvoir de la parole. Dans les deux disciplines, une entrée supplémentaire intitulée « Héritages, dialogues et écarts : un temps de projet pour penser l’Antiquité d’hier à aujourd’hui » offre un cadre pour mener un projet articulant Antiquité et monde contemporain.

Enfin, le dernier volet présente les notions nécessaires à la lecture des textes. Le latin et le grec ne se superposant pas, ces notions ne sont pas obligatoirement les mêmes d’une langue à l’autre. L’enseignement de la langue est dispensé de manière à faire comprendre la langue comme un système. Aussi est-il désormais structuré selon ses grands principes de fonctionnement : l’élève découvre et comprend le fonctionnement d’une langue à flexion puis, par palier, celui de la phrase simple et de la phrase complexe. En écho aux programmes de français, une place particulière est accordée au lexique.

Le Conseil supérieur des programmes (CSP)

Le Conseil supérieur des programmes (CSP), sur saisine du ministre de l’Éducation nationale ou sur auto-saisine, émet des avis et formule des propositions notamment sur la conception générale des enseignements dispensés aux élèves des écoles, des collèges et des lycées, et l’introduction du numérique dans les méthodes pédagogiques et la construction des savoirs, le contenu du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, et des programmes scolaires, la nature et le contenu des épreuves des examens conduisant aux diplômes nationaux de l’enseignement du second degré et du baccalauréat, et la nature et le contenu des épreuves des concours de recrutement d’enseignants des premier et second degrés.

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