Rapport d'activité 2024-2025 du Conseil supérieur des programmes (CSP)
CSP
Le Conseil supérieur des programmes remet aux ministres chargés de l'éducation nationale et de l'agriculture un rapport sur ses travaux et les suites qui leur ont été données. Ce rapport est transmis au Parlement et au Conseil économique, social et environnemental.
© Philippe Devernay - MEN
Le mot du président
Le Conseil supérieur des programmes a connu en 2024 et en 2025 une période d’activité intense. Suite aux lettres de saisine des ministres chargés de l’éducation nationale en date du 8 janvier 2024, du 13 mars 2024 et du 27 janvier 2025, 93 projets de programmes ont été publiés par le Conseil supérieur des programmes sur le site du ministère de l’éducation nationale entre avril 2024 et juillet 2025. Ces projets de programmes concernent l’ensemble des disciplines de la petite section de l’école maternelle jusqu’à la classe de troisième, la définition d’un nouveau socle commun de connaissances, de compétences et de culture, les langues vivantes
étrangères et régionales pour les classes de lycée et les aménagements des programmes de mathématiques du lycée suite à la création de l’épreuve anticipée de mathématiques en fin de classe de première.
Le travail d’élaboration ou de révision de ces projets de programmes a nécessité la constitution de 47 groupes d’experts ayant mobilisé 437 personnes, pour un total de 512 réunions sur une période de dix-huit mois. Les groupes d’experts du Conseil supérieur des programmes ont été pilotés par des inspecteurs généraux et ont réuni des professeurs des niveaux et disciplines concernés, des inspecteurs de l’éducation nationale et des inspecteurs d’académie-inspecteurs pédagogiques régionaux ainsi que des universitaires. Ces groupes ont travaillé en toute indépendance et dans la confidentialité jusqu’à la publication des projets de programmes.
Dans le cadre du Conseil supérieur des programmes, ce sont donc toujours des professeurs, car les inspecteurs et les universitaires ont été ou sont aussi des professeurs, qui conçoivent les projets de programmes à destination des professeurs des premier et second degrés.
Je souhaite ici rendre hommage à tous ceux qui ont participé à l’élaboration de ces nouveaux projets de programmes en 2024 et en 2025 : pilotes et membres des groupes d’élaboration ou de révision des projets de programmes, personnalités qualifiées, secrétaire général, chargés de mission et gestionnaire administratif et financier du secrétariat général du Conseil supérieur des programmes. Dans un contexte politique parfois singulier, ce dernier a pu maintenir le cap et répondre à la commande des ministres chargés de l’éducation nationale dans les délais impartis.
Conformément aux lettres de saisine, les principes qui ont guidé son travail tout au long de ces deux années dans la conception des nouveaux projets de programmes sont au nombre de trois. Tout d’abord, l’annualisation des objectifs et des activités pour chaque discipline à l’intérieur des cycles, ce qui permet aux professeurs de savoir précisément ce qui est attendu des élèves à chaque niveau de la scolarité. Ensuite, la présentation des objectifs et des exemples de réussite associés à ces objectifs dans un ensemble unique et complet qui sert de référence à tous et ne nécessite plus le renvoi à des documents externes d’accompagnement au statut incertain.
Les "exemples de réussite", comme leur nom l’indique, sont à la fois précis et donnés à titre indicatif de façon à faciliter le travail des professeurs sans limiter pour autant leur liberté pédagogique. Enfin, la présence dans tous ces projets de programmes de contenus culturels explicites et de références développées vise à édifier chez les élèves une culture générale partagée.
Comme on peut le constater, l’activité du Conseil supérieur des programmes dépend, pour une part essentielle, des lettres de saisine qui sont à l’initiative exclusive du ministre chargé de l’éducation nationale. Mais il peut aussi s’autosaisir de tout sujet en lien avec l’enseignement scolaire et la formation initiale ou continue des enseignants. Il a ainsi publié en juin 2022 un avis sur la contribution du numérique à la transmission des savoirs et à l’amélioration des pratiques pédagogiques, en mars 2023 un avis sur la formation initiale et le recrutement des professeurs des premiers et second degrés et, enfin, en janvier 2024 un avis sur l’organisation des enseignements au collège. Dans ce dernier avis, le Conseil supérieur des programmes a préconisé un ensemble de mesures visant à accroître les marges d’initiatives des établissements et reposant, dans tous les cas, sur le volontariat des équipes pédagogiques en fonction de la prise en compte des situations locales forcément différentes selon les collèges. Comme l’avait suggéré le président de la République dans son discours aux recteurs en Sorbonne en août 2022, il s’agit pour le ministère de l’éducation nationale d’opérer sa "révolution copernicienne" en passant réellement d’une chaîne hiérarchique des décisions descendant du haut vers le bas ("top/down") à une d namique d’initiatives remontant du bas vers le haut ("bottom/up"), avec naturellement le maintien d’objectifs, de programmes et d’une évaluation à l’échelle nationale.
En 2024 s’est encore posée la question de la labellisation des manuels scolaires par le Conseil supérieur des programmes en commençant par les manuels de français et de mathématiques du cycle 2. L’objectif de ce projet de labellisation était double : d’une part, aboutir à une expertise des manuels scolaires par un organisme qui "travaille en toute indépendance", selon les termes de la loi, de façon à conseiller les éditeurs scolaires pour les aider à renforcer la qualité de leurs manuels, et d’autre part, à apporter un soutien financier de l’État aux communes dans l’achat des manuels de français et de mathématiques du cycle 2 de l’école élémentaire, années déterminantes où se jouent le succès ou l’échec trop souvent définitif des apprentissages fondamentaux et d’une poursuite ultérieure de la scolarité dans de bonnes conditions. Or, on sait que l’efficacité des nouveaux programmes dépend pour une part significative de la présence dans les classes de manuels scolaires actualisés et de qualité, dont l’achat se révèle malheureusement souvent trop onéreux pour un nombre important de communes petites et moyennes.
Pour l’année 2026, le Conseil supérieur des programmes est, comme toujours, prêt à répondre à toute saisine du ministre chargé de l’éducation nationale concernant les programmes scolaires et à toute demande d’avis relevant de son champ de compétences.
Mark Sherringham
Président du Conseil supérieur des programmes (2022-2025)
Télécharger le rapport d'activité 2024-2025 du Conseil supérieur des programmes (CSP)
- Projets de programmes d'enseignement
- Auto-saisine du Conseil supérieur des programmes au titre de ses missions permanentes
- Présentation du Conseil supérieur des programmes aux délégations étrangères
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