Projets de programmes des enseignements généraux de la classe terminale du lycée professionnel
CSP
Par lettre de saisine en date du 12 septembre 2018, le ministre de l’Éducation nationale a demandé au Conseil supérieur des programmes d’élaborer de nouveaux projets de programme pour les enseignements généraux de la voie professionnelle.
Les projets de programmes des enseignements généraux pour la classe de seconde du lycée professionnel ont été publiés en octobre 2019 par le Conseil supérieur des programmes.
Enseignements généraux
Au cycle terminal, l’enseignement moral et civique dispensé dans la voie professionnelle poursuit les objectifs fixés pour la classe de seconde : consolider la culture civique des élèves en faisant vivre et partager les valeurs de la République française. Les projets de programme favorisent la pratique et la maîtrise progressive du débat réglé ; ils encouragent les activités de recherche documentaire, le travail des élèves en autonomie et la participation active à un projet collectif. L’éducation aux médias et à l’information est abordée dans chacun des thèmes traités au cours des deux années.
En classe terminale, un seul thème annuel est proposé : « S’engager et débattre en démocratie autour des défis de société ».
L’enseignement de français au cycle terminal de la voie professionnelle poursuit les objectifs définis pour la classe de seconde : renforcer la maîtrise de l’expression orale et écrite, donner le goût de la lecture et développer les capacités d’analyse et d’interprétation. Les projets de programme pour le cycle terminal veillent à nourrir l’imagination et la sensibilité de l’élève tout en développant sa capacité à s’adapter à des contextes professionnels variés. En classe terminale, l’unique objet d’étude « L’humanité, le monde, les sciences et la technique » est complété par un programme limitatif, renouvelé de manière régulière, qui détermine un thème précis et permet d’aborder les enjeux du monde contemporain par la lecture de textes relevant de la littérature d’idées (essais, contes, fables, etc.).
L’enseignement d’histoire-géographie au cycle terminal de la voie professionnelle poursuit les objectifs définis pour la classe de seconde : approfondir les connaissances historiques et géographiques, fournir les notions nécessaires pour se repérer dans le temps et dans l’espace, à différentes échelles, comprendre les évolutions de la société et de l’économie. En classe terminale, les thèmes portent, en histoire, sur les rapports entre les grandes puissances à l’échelle du monde, et sur la société et la vie politique en France depuis 1945. En géographie, le projet de programme aborde les enjeux liés aux ressources et les rivalités entre États qui en découlent ainsi que les réactions des États et des populations face aux risques naturels, industriels et sanitaires.
Au cycle terminal, l’enseignement de mathématiques dispensé vise à développer l’apprentissage de savoirs et de raisonnements mathématiques, notamment à travers : la démarche de résolution de problèmes ; les outils et techniques mathématiques nécessaires aux autres disciplines ou à la poursuite d’études ; l’autonomie, la persévérance dans la recherche d’une solution, l’esprit critique, le souci d’argumenter sa pensée par un raisonnement logique ; la qualité et la rigueur de l’expression écrite et orale ; l’esprit de collaboration dans un travail d’équipe. Les projets de programme des classes de première et terminale professionnelles s’articulent autour de trois domaines de connaissance : statistique et probabilités ; algèbre ; analyse et géométrie. Trois modules complètent ces domaines : automatismes ; algorithmique et programmation ; vocabulaire ensembliste et logique.
Au cycle terminal, les différentes spécialités de baccalauréat professionnel qui exigent une formation en physique-chimie ont été rassemblées en six groupements qui renvoient à des contenus de programmes de physiquechimie. Bien que différents, ces contenus partagent les mêmes objectifs généraux de formation ainsi que la même organisation. Les projets de programme proposent donc des modules regroupés en sept domaines de connaissances : mesures et incertitudes ; sécurité ; électricité ; thermique ; mécanique ; chimie ; signaux. Ces modules ont été conçus pour s’adapter à chaque spécialité de baccalauréat professionnel où la formation en physique-chimie est exigée. Ils permettent aussi d’acquérir des notions générales nécessaires à une poursuite d’études.
En classe terminale, l’enseignement de prévention-santé-environnement est structuré de manière identique à celui des classes de seconde et de première. Cette approche dite spiralaire favorise la consolidation des acquis et leur approfondissement sans lesquels il ne saurait y avoir d’insertion professionnelle réussie. Ainsi, la thématique « L’individu acteur de prévention dans son milieu professionnel » occupe une place centrale en classe terminale : y sont traités notamment la santé au travail, les accidents et maladies professionnels, les risques psycho‑sociaux, l’égalité de traitement au travail. Les deux premières thématiques complètent la formation. La formation sur les thèmes de la santé et de l’environnement, commencée en classe de seconde, est ainsi complétée par l’introduction de notions liées à la sécurité alimentaire et au développement durable.
L’enseignement d’arts appliqués et cultures artistiques s’appuie sur des connaissances se rapportant au Design et culture appliqués au métier, et complétées par une ouverture artistique, culturelle et civique. Pour les trois années de lycée préparant au baccalauréat professionnel, un programme unique d’arts appliqués et culture artistiques est proposé. Le projet de programme permet à l’élève de s’approprier une démarche de conception et d’apprendre à communiquer son analyse ou ses intentions. Il organise un enseignement adossé à quatre domaines professionnels : le design d’objet, le design graphique, le design d’espace et l’artisanat d’art. Les contenus retenus accordent une large part à la pratique et prennent toute leur dimension au travers de projets et de partenariats culturels ou professionnels. Les domaines qui structurent
le programme sont étudiés de manière plus approfondie tout au long de la scolarité de l’élève, de la classe de seconde à la classe terminale. La progressivité des apprentissages est assurée, à chaque niveau, par le degré de maîtrise des compétences et connaissances liées à chaque domaine d’étude.
L’enseignement d’économie-droit en lycée professionnel est un enseignement général qui s’adresse aux élèves ayant choisi de travailler dans des filières du secteur tertiaire relevant de l’économie-gestion (par exemple ARCU, accueil et relation clients et usagers), de la vente,
du commerce, de la gestion-administration ou encore des métiers de la logistique ou de la sécurité et du transport. La science économique et le droit constituent deux champs disciplinaires indispensables à la formation des élèves de ces secteurs professionnels, pour comprendre à la fois l’environnement dans lequel évoluent les agents économiques et les choix qu’ils opèrent. L’enseignement de l’économie et du droit vise trois objectifs : fournir des clés de compréhension et d’analyse du monde professionnel, des mutations de l’économie et des métiers ; expliciter les cadres juridiques et économiques dans lesquels le bachelier professionnel sera amené à agir, en sa qualité de consommateur et de citoyen au sein de la société française et européenne ; favoriser l’autonomie de l’élève pour qu’il devienne acteur de son avenir professionnel et de son parcours de formation tout au long de la vie. Le projet de programme répond aux besoins d’une insertion professionnelle réussie et à ceux d’une poursuite d’études. De la classe de seconde à la classe terminale, il s’organise autour de cinq modules composés, chacun, de plusieurs questions relevant d’un champ disciplinaire unique, soit la science économique soit le droit. Le premier module, par lequel les professeurs doivent commencer leur enseignement, a été conçu pour établir les cadres économiques et juridiques nécessaires à l’approche des questions figurant dans les autres modules. Ceux-ci étudient les questions économiques et juridiques liées à la consommation, la production, au travail,
aux prérogatives de l’État, etc. Le programme d’économie-droit proposé offre des possibilités d’articulation avec d’autres enseignements, notamment l’histoire-géographie, la prévention-santé-environnement (PSE) et l’enseignement moral et civique (EMC). Les liens qu’il convient
d’établir avec les enseignements professionnels de la filière professionnelle choisie sont indiqués.
La science économique et les sciences de gestion permettent d’éclairer la compréhension de l’environnement professionnel du futur bachelier professionnel. L’enseignement de l’économie-gestion est dispensé dans l’ensemble des filières du secteur de la production. Il a trois objectifs : développer chez l’élève la capacité de comprendre les notions fondamentales qui lui permettront d’appréhender les conséquences
des mutations économiques contemporaines ; l’accompagner dans son parcours de citoyen responsable, en explicitant le cadre juridique
et organisationnel dans lequel il évolue tant dans sa vie professionnelle que personnelle, en le sensibilisant aux conséquences de ses
actions pour lui-même et pour les organisations dans lesquelles il est engagé au sein de la société française et européenne ; favoriser
l’autonomie et l’apprentissage personnel de l’élève pour le rendre acteur de son avenir en lui permettant d’identifier des ressources crédibles et pertinentes en science économique, en sciences de gestion et en droit, et de les actualiser pour éclairer ses choix. Le programme s’organise autour de quatre modules composés de plusieurs questions, chacune relevant d’un champ disciplinaire unique, soit la science économique, soit les sciences de gestion, soit le droit. L’élève découvre la réalité de l’entreprise, ses choix en matière de production, la création de valeur
et sa répartition ainsi que les mutations du travail. Il apprend à exploiter des données économiques et des outils de gestion pour : comprendre les différents choix opérés par les entreprises ; connaître les différentes formes d’organisation du travail et les évolutions liées aux environnements numériques ; cerner le cadre juridique et réglementaire de la relation de travail ; acquérir des outils méthodologiques qui développent son autonomie ; construire une réponse argumentée à une question posée tant à l’écrit qu’à l’oral. Le programme d’économie-gestion offre
également des possibilités d’articulation avec d’autres enseignements, notamment l’histoire-géographie, les mathématiques et la prévention-santé-environnement (PSE).
Le projet de programme d’éducation physique et sportive pour les classes préparant au Baccalauréat Professionnel est identique à celui qui est proposé pour les classes préparatoires au Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP). Il s’inscrit dans la continuité du programme de collège tout en étant en cohérence avec celui du lycée général et technologique. L’objectif de l’enseignement d’éducation physique et sportive est de former des adultes soucieux de leur accomplissement personnel, des futurs professionnels compétents, acteurs de leur formation et capables de s’investir dans les métiers de demain, des citoyens lucides, cultivés et solidaires. Dans le cadre de la transformation de la voie professionnelle, le programme de cet enseignement vise à préparer les élèves à la poursuite d’études. Il propose différentes formes scolaires d’Activités Physiques, Sportives, Artistiques (APSA) pour permettre à tous les élèves, filles et garçons, de s’épanouir et d’éprouver
du plaisir. Les objectifs visés, s’ils rejoignent ceux de l’enseignement de l’éducation physique et sportive pour le lycée général et technologique, sont pensés pour que l’élève de la voie professionnelle développe son esprit d’analyse, son autonomie et sa persévérance, de manière à l’aider à mener à bien un projet personnel de performance ou d’entretien de soi. L’élève enrichit ainsi sa motricité, ce qui favorise la confiance en soi et le sentiment d’être compétent, tous deux sources d’un épanouissement personnel et professionnel, quels que soient le niveau d’expertise, le genre, la condition physique, le degré d’inaptitude ou le handicap. De la classe de seconde à la classe terminale,
l’élève apprend progressivement à s’entraîner et développe ses capacités à analyser les données pour réguler les ressources qu’il met en œuvre et stabiliser ses apprentissages. Pour chaque activité physique sportive et artistique (APSA), différentes modalités de pratique sont proposées pour aborder, selon plusieurs voies d’entrée, les cinq champs d’apprentissage. Ces champs s’adaptent à la diversité des élèves
de la voie professionnelle. Sur la base du projet de classe, les apprentissages doivent conduire à l’acquisition de compétences clairement identifiées.
Le projet de programme de langues vivantes établi par le Conseil supérieur des programmes est commun à l’ensemble des langues vivantes enseignées dans la voie professionnelle et aux deux parcours de formation, celui conduisant au Certificat d’aptitude professionnelle et celui
conduisant au baccalauréat professionnel. Cette approche globale garantit la fluidité et la progressivité des parcours, quelles que soient les formations suivies, successivement, par les élèves. L’acquisition d’un niveau de langue permettant de communiquer avec des collègues, des partenaires ou des clients étrangers, constitue le premier objectif de cet enseignement. Il est, par ailleurs, recommandé de ne pas négliger
la pratique de l’écriture considérée comme un complément essentiel de la pratique de l’oral. Le programme souligne également l’importance de la dimension culturelle de l’apprentissage des langues, qui contribue ainsi à la construction d’une citoyenneté éclairée et à l’acquisition de compétences transversales utiles à la réussite des mobilités professionnelles. Des thèmes d’étude portant sur des repères culturels et sur les savoirs lexicaux qui leur sont associés sont définis afin d’ancrer l’étude de la langue sur celle des cultures des aires concernées.
En savoir plus
Le Conseil supérieur des programmes (CSP)
Le Conseil supérieur des programmes (CSP), sur saisine du ministre de l’Éducation nationale ou sur auto-saisine, émet des avis et formule des propositions notamment sur la conception générale des enseignements dispensés aux élèves des écoles, des collèges et des lycées, et l’introduction du numérique dans les méthodes pédagogiques et la construction des savoirs, le contenu du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, et des programmes scolaires, la nature et le contenu des épreuves des examens conduisant aux diplômes nationaux de l’enseignement du second degré et du baccalauréat, et la nature et le contenu des épreuves des concours de recrutement d’enseignants des premier et second degrés.
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