Projet de socle commun de connaissances, de compétences et de culture

CSP

Par lettre de saisine en date du 13 mars 2024, la ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a demandé au Conseil supérieur des programmes de revoir le socle commun de connaissances, de compétences et de culture.

Le projet de socle commun de connaissances, de compétences et de culture a été publié le 10 avril 2025 par le Conseil supérieur des programmes.

Le projet de Socle commun de connaissances, de compétences et de culture a été élaboré par un groupe de travail placé sous la direction de Frank Burbage, François Vandenbrouck et Jean Aristide Cavaillès, inspecteurs généraux de l’éducation nationale, du sport et de la recherche (IGÉSR). Ce groupe réunissait douze autres IGÉSR, une maîtresse de conférences et un membre de l’Académie des sciences.

Ce projet de socle constitue une refonte du socle commun actuellement en vigueur, issu de la loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République. Il s’agit de la troisième version du socle, la première ayant été introduite par la loi du 23 avril 2005 n° 2005-380 d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école. À l’instar de ses prédécesseurs de 2005 et 2015, le projet de socle de 2025 définit le cadre de référence de la scolarité obligatoire en France, de l’entrée à l’école maternelle jusqu’à l’âge de seize ans révolus. Il vise à assurer la cohérence de l’ensemble des enseignements et à garantir à chaque élève l’acquisition d’une culture commune et partagée.

La refonte engagée en 2025 a pour objectif fondamental de rendre ce cadre de référence plus lisible pour la communauté éducative et plus opérationnel pour les enseignants. À cette fin, la lettre de saisine du 13 mars 2024 fixe les principales orientations ayant guidé la rédaction du projet. Quatre exigences majeures y sont précisées. La première est de réorganiser les contenus autour de connaissances et de compétences disciplinaires et non plus, comme dans le socle de 2015, autour de domaines transversaux non disciplinaires, jugés trop généraux pour décrire précisément les apprentissages fondamentaux et leur progression au fil de la scolarité. La deuxième exigence consiste à renforcer les acquis de tous les élèves en français et en mathématiques. La troisième porte sur l’intégration des compétences psychosociales au socle commun. La quatrième ambitionne de définir de manière explicite les éléments constitutifs d’une culture générale, partagée par tous les élèves. 

En prenant en compte ces exigences, les contenus du projet de socle commun sont organisés en sept grandes parties : 

  1. Principes, valeurs et finalités 
  2. Éléments de culture commune 
  3. Apprentissages éthiques et aptitudes de civilité – compétences d’ordre corporel, sensible, psychologique et social ; compétences d’ordre moral et civique 
  4. Apprentissages fondamentaux de français et de mathématiques 
  5. Apprentissages fondamentaux dans les autres champs disciplinaires, dans les disciplines et dans les éducations transversales 
  6. Contributions des disciplines à la culture commune 
  7. Contributions des différents champs disciplinaires aux apprentissages fondamentaux de français et de mathématiques

Les parties I à V, rédigées dans un langage accessible à tous, s’adressent aux familles et à l’ensemble de la communauté éducative. Les parties VI et VII prennent la forme de tableaux conçus comme des outils de travail pour les enseignants et les autres professionnels de l’éducation.

La partie I synthétise les finalités de la scolarité obligatoire. L’École républicaine y est présentée comme un lieu où l’éducation et l’instruction s’articulent étroitement. La transmission des savoirs s’y conjugue avec le développement de la raison, de l’esprit critique et de la capacité à vivre en bonne intelligence avec soi et avec les autres. Le texte insiste sur le plaisir et la fierté d’apprendre, ainsi que sur l’importance de cultiver la curiosité, la créativité, l’expressivité, le discernement et la responsabilité. La prise en compte de l’erreur est soulignée comme levier d’apprentissage et de confiance en soi, notamment à travers l’expérimentation et le jeu.

Dans la partie II sont présentés les éléments constitutifs d’une culture commune, partagée par tous les élèves. Cette culture n’est pas considérée comme un objet d’enseignement supplémentaire mais comme un ensemble d’éléments structurants qui découlent des apprentissages disciplinaires, en se situant à leur croisement. C’est pourquoi l’expression « culture commune» (aux disciplines, aux élèves, etc.) a été préférée à celle de « culture générale ».

Sans prétendre à l’exhaustivité, le projet de socle identifie douze éléments constitutifs de cette culture :

  1. acquérir et mobiliser les démarches et les gestes fondamentaux de l’apprentissage ;
  2. raisonner, définir, argumenter, démontrer, prouver, avoir le sens de la vérité ;
  3. faire preuve d’esprit critique ;
  4. se situer dans l’espace et dans le temps naturel ou historique ;
  5. être curieux de la pluralité des langages et des langues et s’ouvrir aux richesses des autres ;
  6. acquérir des savoir-faire artistiques et développer une sensibilité ; 
  7. imaginer, fabriquer, créer, expérimenter avec habileté ;
  8. découvrir, observer, questionner et décrire le monde ;
  9. connaître le corps humain dans ses différentes dimensions : anatomiques, physiologiques, culturelles et sociales ;
  10. comprendre et interroger rationnellement les transformations environnementale, climatique, énergétique et leurs conséquences ;
  11. disposer d’une culture du numérique, en maîtriser les usages et en apprécier les enjeux ;
  12. savoir jouer.

Ces éléments visent à soutenir une pluridisciplinarité maîtrisée par les enseignants et à offrir aux élèves des repères concrets pour construire une culture à la fois personnelle et partagée.

La partie III est consacrée à la définition des compétences non disciplinaires à acquérir au cours de la scolarité obligatoire. Ce choix s’inscrit dans le principe, réaffirmé dans le projet de socle, selon lequel l’École, fidèle à sa mission républicaine et au principe de laïcité, a vocation à assurer la formation globale de la personne, au-delà des seuls apprentissages disciplinaires. 

Il a été décidé de ne pas se limiter aux seules compétences psychosociales mentionnées dans la lettre de saisine, mais d’élargir le périmètre à d’autres compétences, regroupées en trois ensembles :

  • compétences d’ordre corporel et sensible ; 
  • compétences d’ordre psychologique et social ; 
  • compétences d’ordre moral et civique.

Le premier groupe de compétences permet aux élèves d’acquérir une intelligence sensible de leur propre corps. Il s’agit notamment, pour les élèves, d’apprendre à « connaître leur propre corps et à en prendre soin » ; « être attentifs à leurs sensations et perceptions et à bien user de leurs propres forces et des capacités dont ils disposent » ; « mobiliser leurs connaissances scolaires pour appréhender les situations de bonne santé comme de maladie ».

Les compétences psychosociales sont classées en compétences cognitives, sociales et émotionnelles, en cohérence avec d’autres référentiels de compétences existants, comme celui de Santé publique France. Toutefois, le projet de socle retient uniquement celles qui, au sein de ces référentiels, prennent un sens spécifiquement scolaire. Il s’agit, par exemple, de la compétence « affronter et chercher à résoudre des problèmes de manière ingénieuse et efficace » (compétence cognitive) ; « relativiser l’enjeu d’une situation et les émotions qu’elle génère » (compétence émotionnelle) ; « tisser avec les autres des relations respectueuses des libertés » (compétence sociale).

Enfin, les compétences d’ordre moral et civique définies dans le projet de socle visent à préparer les élèves à l’exercice actif de la citoyenneté et leur permettre de comprendre ce que signifie, en termes de principes, de valeurs, et d’engagement, l’appartenance à la République française et, plus généralement, à l’humanité. Il s’agit pour les élèves d’apprendre, de s’approprier et de partager, entre autres : « les principes et les droits humains fondamentaux » ; « les principes et les valeurs propres à la République française et dotées d’une portée constitutionnelle » ; « la capacité à s’engager et à se mobiliser pour des causes dont ils mesurent l’intérêt et le sens ».

La partie IV présente les apprentissages fondamentaux en français et en mathématiques. Ceux-ci sont définis en lien avec les grandes compétences décrites dans les programmes du cycle 1 au cycle 4 de ces disciplines respectives. Il s’agit de quatre compétences en français (écouter et comprendre ; prendre la parole, communiquer, dialoguer ; écrire ; lire, comprendre, interpréter, apprécier) et de cinq compétences en mathématiques (utiliser les nombres, calculer ; mesurer et utiliser des grandeurs ; se repérer dans l’espace et dans le temps ; représenter, traiter et interpréter des données ; construire un raisonnement logique, résoudre des problèmes). 

Les apprentissages fondamentaux sont listés par grande compétence à travers la formule « l’élève est capable de ». Conformément aux indications de la lettre de saisine, ils sont rapportés à deux paliers de la scolarisation – la fin de l’école primaire et la fin du collège – afin de rendre leur progression plus lisible pour les professeurs et pour les familles.

Il a été décidé de décrire également la contribution des autres disciplines au développement de chaque grande compétence. Ainsi, le projet de socle explicite, par exemple, la manière dont les sciences ou les arts contribuent au développement de l’écriture ou de la compréhension des grandeurs.

La partie V présente les apprentissages fondamentaux dans les autres disciplines, champs disciplinaires et éducations transversales enseignées pendant la scolarité obligatoire, à la fin de l’école primaire et à la fin du collège. 

Cette partie présente l’avantage supplémentaire d’offrir aux enseignants comme aux familles, une vue d’ensemble synthétique des enjeux, visées et contenus essentiels des enseignements relevant de la scolarité obligatoire.

Les parties VI et VII regroupent, sous la forme de tableaux détaillés, les connaissances et compétences disciplinaires qui contribuent à l’acquisition des éléments de culture commune (partie VI) et des compétences fondamentales de français et de mathématiques (partie VII).

Ces tableaux, sans prétention d’exhaustivité, mettent en lumière des rapprochements interdisciplinaires parfois inattendus, susceptibles d’éclairer les professeurs et les équipes éducatives sur les objectifs partagés entre disciplines, sans pour autant en effacer les spécificités.

Le projet de socle commun propose ainsi une vision globale et cohérente de la formation des élèves, articulant les apprentissages fondamentaux en français et en mathématiques avec la richesse des autres disciplines, ainsi que des champs disciplinaires et des éducations transversales. Le projet se veut porteur d’une culture humaniste et ouverte, formant des élèves capables de réflexion critique, dotés d’un sens éthique et préparés à exercer leurs responsabilités avec discernement et conscience.

Le Conseil supérieur des programmes (CSP)

Le Conseil supérieur des programmes (CSP), sur saisine du ministre de l’Éducation nationale ou sur auto-saisine, émet des avis et formule des propositions notamment sur la conception générale des enseignements dispensés aux élèves des écoles, des collèges et des lycées, et l’introduction du numérique dans les méthodes pédagogiques et la construction des savoirs, le contenu du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, et des programmes scolaires, la nature et le contenu des épreuves des examens conduisant aux diplômes nationaux de l’enseignement du second degré et du baccalauréat, et la nature et le contenu des épreuves des concours de recrutement d’enseignants des premier et second degrés.

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