Journée internationale en mémoire des victimes de la Shoah (Strasbourg, conseil de l'Europe) : du devoir impérieux d'enseigner l'histoire de la Shoah

Dans le cadre de la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de la Shoah (27 janvier), Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports a participé à une cérémonie solennelle dans l’hémicycle de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à Strasbourg pour réaffirmer, comme l’avait fait Simone Veil dans la même enceinte il y a 20 ans, l’importance du rôle de l’École dans la transmission de l’histoire de la Shoah.

En octobre 2002, lors d’un séminaire ouvert par Simone Veil et consacré au rôle du Conseil de l’Europe dans la transmission de la mémoire de la Shoah et l’élaboration de mesures éducatives permettant de prévenir la répétition de telles atrocités, les ministres de l'Éducation des États membres du Conseil de l'Europe ont pris l’initiative de mettre en place dans leurs pays respectifs une journée en mémoire des victimes de la Shoah.

Décidés à célébrer les 20 ans de cette initiative qui affirme le rôle déterminant de l’éducation dans la transmission de l’histoire de la Shoah, et à mettre en valeur l’importance de la coopération internationale pour garder vivante cette mémoire, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et le gouvernement français ont souhaité s’associer pour organiser, avec la participation de l’association  « Les familles et amis des déportés du Convoi 77 » une cérémonie solennelle : « Témoignage, mémoire, enseignement, histoire : transmettre la Shoah aux générations futures ».

Ouvert par des extraits du discours engagé de Simone Veil de 2002, la cérémonie a donné la parole à deux rescapées de la Shoah : Liliana Segre, Sénatrice à vie italienne, et Eva Clarke, citoyenne tchéquo-britannique née dans le camp de concentration de Mauthausen. Mais devant la disparition inéluctable des derniers témoins de la Shoah, les participants ont rappelé la nécessité impérieuse pour les systèmes éducatifs européens d’organiser la transmission de l’histoire de la Shoah, d’entretenir la mémoire des victimes en s’appuyant sur la société civile et de permettre aux élèves et jeunes citoyens européens de tirer un plein enseignement de l’éclairage que ce génocide pose sur la conduite de nos actes.

Pour répondre à cet enjeu, le ministère français de l’Éducation a fait le choix d’inscrire, dans ses programmes d’enseignement, l’étude de l’histoire du génocide des Juifs pendant la 2nde Guerre mondiale, à chacune des trois grandes étapes de la scolarité de l’élève : à l’école élémentaire (CM2), au collège (3e) et enfin au lycée (Terminale). Conscient par ailleurs des bénéfices que représentent les partenariats avec la société civile, il consacre plus de 500 000 € chaque année au soutien de l’action mémorielle d’un réseau de partenaires aussi dense que vivant : Fondation pour la mémoire de la Shoah, Mémorial de la Shoah, Camp des Milles, Mémorial des enfants juifs exterminés, Camp du Struthof ou encore l’association « Les familles et amis des déportés du Convoi 77 » dont le projet européen Convoi 77 réussit à fédérer des élèves de toute l’Europe (Allemagne, Autriche, Danemark, France, Lituanie, Pologne, Suisse…) autour de la rédaction de la biographie des déportés du Convoi 77, l’un des derniers convois partis pour les camps de la mort (153 biographies rédigées à ce jour).

La cérémonie a souligné également le rôle essentiel du Conseil de l’Europe qui, grâce notamment à la création de l’Observatoire de l’enseignement de l’histoire en Europe, facilite une coopération plus étroite des systèmes éducatifs européens dans le but d’augmenter la pertinence de leur action, en particulier sur les enjeux de la transmission de l’histoire de la Shoah.

Mise à jour : janvier 2022