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[archive] Présentation du manuel d'histoire franco-allemand à Péronne
Discours - 04/05/2006

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Gilles de Robien a célébré le jeudi 4 mai à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne, dans la Somme, la parution du premier volume du manuel d'Histoire franco-allemand. Opération inédite, cet ouvrage contribue à donner une dimension européenne à l'enseignement de l'Histoire.
Soulignant que l'amitié entre les peuples « ne vit pas seulement de paroles » ni de « solidarités matérielles », le ministre a déclaré que l'amitié entre la France et l'Allemagne se fondait « sur une communauté intellectuelle et spirituelle » et se renforçait « d'une connaissance mutuelle ». En ce sens, a-t-il observé, le manuel franco-allemand, destiné dans un premier temps aux élèves de terminale, permettra « de fonder notre vision de l'avenir sur une conscience lucide de notre passé ».

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Ministre plénipotentiaire, Cher Peter Müller,
Monsieur le Préfet,
Madame le Recteur,
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Professeurs,
Mesdames et Messieurs,

C'est avec une certaine émotion que je prends la parole, ici, à Péronne, -haut lieu de mémoire de la Première Guerre Mondiale-.

Là où la France et l'Allemagne se sont déchirées, là où nos deux peuples ont entrepris de se détruire l'un l'autre, là où le déchaînement de la guerre a tué des milliers et des milliers d'hommes, à cet endroit même, il est bon de célébrer aujourd'hui, et de refonder, de retremper chaque jour notre amitié retrouvée !

Mais l'amitié ne vit pas seulement de paroles, elle se renforce par des actes ; elle ne se fonde pas seulement sur des solidarités matérielles, mais sur une communauté intellectuelle et spirituelle ; elle se nourrit et se renforce d'une connaissance mutuelle.

C'est pourquoi, en 2003, lors du quarantième anniversaire du traité de l'Elysée, nos deux gouvernements ont décidé d'élaborer, pour les lycéens allemands et français un manuel d'histoire commun.

Un manuel franco-allemand, qui permette de fonder notre vision de l'avenir sur une conscience lucide de notre passé !

Aujourd'hui, c'est chose faite ! Nous célébrons la parution du premier tome. En France, à la rentrée prochaine, les professeurs d'histoire et leurs élèves de terminale pourront, s'ils le désirent, utiliser ce livre en classe pour présenter l'histoire de temps présent.
En ce jour, je veux saluer tous ceux qui ont mené à bien ce travail, dont nous devons à la fois mesurer l'importance et la difficulté.

D'abord le comité scientifique qui a conçu cet ouvrage et qui a surmonté toutes les difficultés liées à de fortes traditions ; je pense en particulier à Stephan Krawielicki et Christine Klos, ici présents, qui ont conduit la partie allemande de ce comité avec beaucoup de détermination. Je pense aussi au professeur Von Thadden qui a tenu à me faire part de son regret de n'avoir pu se joindre à nous.

Je voudrais aussi, bien entendu, remercier Peter M üller pour l'engagement et la conviction qui ont été les siens et sans lesquels ce projet, qui devait être franco-allemand ou rien, n'aurait pas pu voir le jour. Je le remercie d'ailleurs d'avoir bien voulu m'inviter à participer à ses côtés, le 10 juillet à Sarrebrück, au lancement de la version allemande du manuel.

Je remercie enfin les éditions Nathan et Klett qui, avec leurs équipes d'auteurs, sous la direction de Peter Geiss et Guillaume Le Quintrec, ont accompli ensemble un travail remarquable, s'engageant sur des chemins éditoriaux inconnus ; je salue leur courage et leur volonté d'aboutir. Grâce à eux, ce livre est là, disponible à la date fixée. A travers vous, Madame Lucet, c'est cette équipe éditoriale que je remercie ! Et je n'oublie pas, naturellement, Jean-Louis Nembrini, coordinateur scientifique côté français, qui est aussi mon éminent conseiller pédagogique.

Ce premier tome, destiné aux classes terminales, traite de l'histoire contemporaine, depuis 1945.
Autant dire qu'il fait une large place à la réconciliation de la France et de l'Allemagne, et à son prolongement dans la construction européenne !

On y trouvera les images inoubliables du Général de Gaulle et de Konrad Adenauer à la cathédrale de Reims ; celles du Président Mitterrand et du Chancelier Kohl, main dans la main, à Verdun ; celle enfin du Président Chirac et du chancelier Schröder à Caen pour le cinquantième anniversaire du débarquement...

Car la grande leçon de cette période de l'Histoire, c'est qu'il n'existe pas de fatalité ; c'est que les antagonismes que l'on croyait inscrits dans le marbre ne sont pas éternels, et qu'il est possible d'écrire de nouvelles pages dans le livre des peuples.

La grande leçon, c'est qu'il ne faut pas faire la politique de ses souvenirs, mais la politique de ses ambitions !

Car enfin, souvenons-nous ! En 1950, certains considéraient -ils avaient tort, même si on peut les comprendre- que l'Allemagne et la France demeureraient toujours des ennemis héréditaires ; que la France avait pour fonction dans l'histoire d'empêcher l'essor et l'unification de l'Allemagne, tandis que l'Allemagne était nécessairement menaçante et belliciste !

Ils se trompaient, car l'histoire n'est pas seulement une affaire d'héritage, mais aussi une affaire de volonté. Pour être amis, il ne suffit pas de se demander passivement si on l'a été jusqu'ici, il faut le vouloir pour aujourd'hui, comme pour demain.

C'est alors que l'on peut relire sereinement son histoire et en faire une source d'énergie ! Ce qui nous rassemble devient une force, et ce qui nous différencie devient une source d'inspiration réciproque !
Mais aujourd'hui, nous devons faire face à une sorte de paradoxe ; ce paradoxe serait que la paix et l'amitié entre nos peuples tournent à l'indifférence ! Il ne le faut pas !

Pour cela, nous devons enrichir constamment notre coopération éducative et culturelle ! Car, je le disais il y a un instant, l'amitié n'est pas faite seulement d'échanges industriels et commerciaux !

Or, la meilleure manière de fréquenter une culture, c'est d'en connaître la langue !
Sur ce terrain nous agissons :
Depuis 15 ans les chiffres de l'apprentissage de l'allemand en France étaient en recul continu.

Face à ce constat, nous avons voulu redresser la barre. C'est le but du plan stratégique en faveur de la langue du partenaire, qui a été décidé lors du conseil des ministres franco-allemand d'octobre 2004.

Je suis très heureux de constater que, 18 mois après, la situation s'est déjà améliorée.

On observe en effet en France une double progression extrêmement encourageante :
- dès la rentrée 2004, le nombre d'élèves apprenant l'allemand à l'école primaire a augmenté de 25 % par rapport à la rentrée 2002,
- et à la dernière rentrée scolaire, la rentrée 2005, ce sont 9 % d'élèves de plus qui ont choisi l'allemand en classe de 6ème.

Le manuel d'histoire franco-allemand que nous dévoilons aujourd'hui s'inscrit pleinement dans cette action de renforcement de nos liens culturels !
Ce faisant, nous retrouvons finalement les origines lointaines du « couple franco-allemand », qui remontent au partage de l'Empire de Charlemagne entre ses petits-fils, Louis le Germanique et Charles le Chauve.
Rappelons-nous que l'un et l'autre se jurèrent mutuelle assistance -lors du serment de Strasbourg en 842- chacun utilisant pour l'occasion la langue de l'autre, en signe d'amitié !

Aussi est-ce en allemand que je souhaiterai plein succès à ce manuel d'histoire qui unit nos deux pays :
Wir haben zusammen ein Geschichtsbuch geschrieben ; wir haben also eine gemeinsame Zukunft !
(Ensemble, nous avons écrit un livre d'Histoire, nous avons donc un avenir commun !)

Je vous remercie.

Voir aussi :
le dossier de presse
le communiqué de presse

Mise à jour : octobre 2006

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