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[archive] Baccalauréat : présentation du rapport "Propositions pour une évolution du baccalauréat"
Information - Luc Chatel - 12/03/2012

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Présentation par Luc Chatel des rapports sur la sécurisation et les évolutions du baccalauréat

Communiqué de presse du 12 mars 2012

Le baccalauréat

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Le baccalauréat

Le ministre de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative et les Inspections générales ont présenté le rapport "Propositions pour une évolution du baccalauréat", lundi 12 mars. Le ministre a annoncé des mesures de sécurisation du baccalauréat qui seront mises en œuvre pour la session 2012. Des rapports avaient été demandés aux inspections générales (IGEN, IGAENR, CGIET, IGF) suite aux incidents survenus lors de la session 2011 : l'un sur la sécurisation du baccalauréat, l'autre sur les évolutions possibles de l'examen.

Propositions pour une évolution de baccalauréat
Rapport des inspections générales (IGAENR - IGEN - IGF - CGIET)

Le baccalauréat, dont on a célébré il y a peu les 200 ans d'existence, loin de souffrir d'immobilisme, a au contraire considérablement changé de visage. En moins d'un demi-siècle, la création du baccalauréat technologique, puis du baccalauréat professionnel, a facilité l'élargissement de la réussite au baccalauréat d'une classe d'âge, de 19,6% en 1968 à 65,7% en 2010.

Cette politique constante de démocratisation du baccalauréat, encore insatisfaisante, continue à se traduire par un rythme soutenu d'ajustements qui tendent à adapter l'examen à la diversité des candidats, en leur proposant une plus grande variété de choix et en évaluant des connaissances plus diversifiées.

En réalité, les critiques que l'on peut adresser au baccalauréat tiennent moins à une prise en considération insuffisante des évolutions de la société qu'aux fragilités induites par ces ajustements. Dans un contexte de triplement du nombre des candidats, ils se traduisent en effet par une complexité croissante de l'organisation des épreuves et peuvent susciter des doutes sur la constance de la qualité certificative du baccalauréat :

  • le nombre des épreuves organisées à chaque session du baccalauréat - qui a donné lieu en 2010 à l'élaboration de 4880 sujets - représente un coût croissant et mal évalué ;
  • une organisation à ce point complexe constitue un facteur de risques propre à perturber gravement une session de l'examen et à lui faire connaître un fort retentissement médiatique ;
  • en une quinzaine d'années, le nombre de candidats ajournés a diminué de moitié, tandis que le nombre de mentions "très bien" attribuées dans la série S était multiplié par cinq.

Par ailleurs, l'orientation des lycéens dans l'enseignement supérieur est désormais assurée, dans une large mesure, en amont du baccalauréat. La réussite à l'examen ne constitue dès lors plus qu'une condition suspensive de l'inscription définitive du lycéen dans une filière sélective ou à l'université.

Il est par conséquent permis de craindre un divorce croissant entre les attentes dont le baccalauréat est investi, en tant que rite républicain et repère social de premier ordre, et la réalité d’une institution qui se déliterait progressivement. D’ores et déjà, il est difficile
d’étayer la dimension de premier grade de l’enseignement supérieur, traditionnellement attachée au baccalauréat mais démentie par l’insuccès de nombreux bacheliers professionnels à poursuivre une formation universitaire.

Il y a donc matière à réformer le baccalauréat en visant à atteindre trois objectifs : une simplification dans l’organisation de l’examen, une amélioration de sa qualité certificative et un renforcement de son articulation avec l’enseignement supérieur, sans porter atteinte à son caractère de "rite initiatique" dans les valeurs sociales françaises.

Un rééquilibrage des modalités d’évaluation diminuant le nombre d’épreuves terminales écrites au profit de l’évaluation continue paraît une voie à privilégier. Le remplacement des épreuves du second groupe, à la valeur certificative contestable, par l’examen du
livret scolaire serait également de nature à simplifier l’organisation tout en augmentant sa qualité certificative.

Une meilleure prise en considération de l’évaluation continue suscite toujours d’importantes réticences, alors même qu’elle fonde l’orientation des lycéens, en particulier pour l’admission dans les filières les plus sélectives. Il est indispensable pour
surmonter ces réticences, d’une part, d’instituer des mécanismes adéquats de régulation académique, d’autre part, d’objectiver par des études statistiques l’effet des écarts entre évaluation continue et évaluation terminale, telle qu’elle est aujourd’hui mise en œuvre
au baccalauréat.

Des évolutions paraissent nécessaires dans les règles même d’octroi du baccalauréat : le principe du calcul d’une moyenne et la compensation que ce calcul induit entre l’évaluation de différentes disciplines constitue une originalité française contestable.
Une manière d’en atténuer les effets pernicieux consisterait à introduire des seuils éliminatoires dans les disciplines les plus importantes de chaque série du baccalauréat.

De même, le principe d’octroi de points de majoration afférant aux épreuves facultatives, dont l’effet est de surcroît amplifié par la mise en oeuvre de coefficients multiplicateurs, constitue une anomalie qui devrait être remise en cause : 25% à 40% des mentions
"très bien" dans les séries générales du baccalauréat s’expliquent par les épreuves facultatives.

La diminution du nombre des épreuves terminales suppose, d’une part, l’élaboration de référentiels plus précis des acquis à évaluer ; d’autre part, une réflexion sur la nature des épreuves qui pourrait s’inspirer d’exemples étrangers (tels que celui de l’épreuve
italienne du colloquio ; Le colloquio est une épreuve orale interdisciplinaire dont les modalités sont exposées dans le 2.3.1 du rapport de synthèse). Une diversification des modalités d’évaluation, notamment en faveur de l’oral, paraît souhaitable. La création d’épreuves interdisciplinaires, dans le prolongement de la voie instituée par les travaux personnels encadrés, serait également
bénéfique. Ces évolutions seraient en phase avec celles qui sont à l’œuvre dans l’enseignement supérieur, et participeraient à améliorer la lisibilité du baccalauréat et à davantage l’intégrer dans la poursuite d’études.

Une telle refondation du baccalauréat susciterait à l’évidence des réticences, voire des contestations vigoureuses. Elle devrait donc faire l’objet au préalable de travaux de recherche et s’appuyer sur des évaluations quantitatives. Ce travail de connaissance aiderait à ce que puisse être engagée une phase de réflexion partagée avec tous les acteurs concernés, visant à une appropriation aussi large que possible des constats et des enjeux du débat par les enseignants, les élèves et l’opinion publique. C'est dire la nécessité d’y procéder sans délai, pour se donner le temps nécessaire à un travail approfondi de pensée et de concertation.

Mise à jour : mars 2012

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