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[archive] Clôture du colloque de l'association "Jeunesse et Entreprises"
Discours - Xavier Darcos - 16/10/2007

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Clôturant en Sorbonne le colloque 2007 de l'Association "Jeunesse et entreprises", Xavier Darcos a notamment déclaré que "la refonte de notre système d'orientation, la plus grande attention au monde économique, mais également la valorisation de la voie professionnelle ne peuvent se faire sans une mobilisation des entreprises".

Clôture du colloque de l'Association "Jeunesse et Entreprises"


Monsieur le président, cher Yvon Gattaz,

Mesdames et Messieurs,

Au moment où je m'apprête à clôturer le colloque "entreprise - enseignants parents : ensemble pour la réussite des jeunes", je souhaite rendre un hommage sincère à celui qui en a été l'âme. Je veux bien entendu parler du très dynamique Yvon Gattaz qui, dans l'histoire des liens entre l'école et l'entreprise, fait figure de pionnier.

Dans l'un de ses ouvrages au titre évocateur, Mes vies d'entrepreneur, Yvon Gattaz exalte le dynamisme et la volonté d'action de sa jeunesse. Nombre d'entre vous ont lu ce livre et se souviennent que l'auteur y souligne également que la vie professionnelle constitue une part importante de l'existence et qu'il est donc crucial de la réussir. Pour cela, elle doit être préparée et, de ce point de vue, les parcours scolaires et les choix d'orientation sont décisifs. Si les familles, les enseignants mais aussi les élèves eux-mêmes ont un rôle crucial à jouer, il en va de même pour les entreprises.

En s'ouvrant à l'école, elles peuvent aider nos jeunes concitoyens à construire des parcours réussis qui leur permettent d'exprimer leurs goûts et leurs talents.

C'est en 1986, au moment où il achevait son mandat de président du C.N.P.F., qu'Yvon Gattaz eut l'idée de faire partager son expérience et ses convictions aux jeunes générations. Il eut alors l'idée de lancer une initiative destinée à promouvoir les échanges entre la sphère économique et le milieu scolaire. L'Association Jeunesse et Entreprises qu'il fonda alors connut un tel succès qu'elle fut le point de départ de nombreuses initiatives parallèles sinon concurrentes. Aujourd'hui, le panorama des structures visant à développer les liens entre l'école et l'entreprise est si riche qu'il est parfois difficile de s'y orienter.

Plus de vingt ans après la naissance de l'A.J.E., l'enquête d'opinion réalisée en vue de ce colloque a permis de mettre en évidence l'écho rencontré par les thèmes qu'elle promeut.

Quelques points m'ont particulièrement frappé. L'idée d'une formation obligatoire sur la vie économique au collège est très largement acceptée et l'attachement à l'option de découverte professionnelle en classe de troisième est réel. Pour ce qui est du lycée, je retiens surtout la nécessaire valorisation de l'image de la voie professionnelle ainsi que l'aspiration à une plus grande personnalisation du suivi des élèves.

Les résultats de cette enquête me semblent très instructifs et constituent, pour l'éducation nationale, une invitation supplémentaire à agir et à repenser les dispositifs d'orientation existant afin de multiplier les chances de réussite des élèves.

En effet, j'entends souvent dire que le dispositif français d'orientation fonctionne mal. Cette affirmation doit bien entendu être nuancée, mais je dois reconnaître que le système d'orientation est si complexe que les élèves, les familles et les enseignants ne sont pas réellement informés de l'ensemble des possibilités de formation et d'emploi.

L'une des conséquences les plus inquiétantes de cet état de fait est sans nul doute le nombre très important des jeunes Français qui quittent le système scolaire sans aucune qualification. En effet, chaque année ce sont près de 160 000 élèves qui sortent du système sans qualification. C'est un chiffre beaucoup trop élevé et je veux tout mettre en œuvre pour le réduire.

La multiplication des partenariats avec le monde professionnel est l'une des pistes qui doit être explorée de manière privilégiée pour faire découvrir à nos jeunes concitoyens les différents métiers et les professions. Pourtant, en dépit des nombreuses initiatives originales qui ont été prises depuis une vingtaine d'années, vous savez comme moi qu'il reste encore bien des réticences à désarmer pour instaurer des relations de travail durables entre le monde de l'entreprise et l'éducation nationale.

Ces constats liminaires doivent constituer, de part et d'autre, une invitation à agir. Du côté de l'éducation nationale, nous devons faire face à une triple exigence dont découlent autant d'axes de travail à explorer.

L'éducation nationale doit tout d'abord consentir un effort important pour mieux accompagner les élèves. Elle doit en particulier leur proposer une meilleure information sur les différentes voies de formation et favoriser les passerelles entre les différentes formations.

Il est également nécessaire de responsabiliser les E.P.L.E. en soutenant les expérimentations qu'ils mènent pour lutter contre le décrochage scolaire dans le cadre de leur autonomie. Je souhaite que cela se traduise par l'introduction, dans le dialogue de gestion entre l'E.P.L.E. et les autorités académiques, d'un indicateur portant sur les sorties sans qualification.

Enfin, il m'apparaît indispensable d'adapter les diplômes pour simplifier et clarifier l'offre existante mais aussi proposer une formation plus modulaire qui permettra aux élèves d'acquérir progressivement leur certification.

Pour répondre à cette triple exigence d'accompagnement des élèves, de responsabilisation des E.P.L.E. et d'adaptation des diplômes, je compte ouvrir sans tarder plusieurs chantiers de réforme qui me semblent prioritaires et qui contribueront largement à assurer la réussite de tous les élèves.

Je souhaite tout d'abord favoriser la découverte des métiers dès le collège en introduisant, dès la classe de 5e, des parcours de découverte des métiers, qui seront complétés par une option de découverte professionnelle proposée à tous les élèves. Je veux également développer mais aussi mieux encadrer les stages que les élèves effectuent en entreprise. Pour cela, ils devront s'inscrire dans un projet pédagogique cohérent construit en partenariat entre les enseignants et le monde économique.

Afin que les jeunes gens choisissent leur orientation en toute connaissance de cause, nous pourrions par exemple offrir aux élèves de 4e la possibilité de passer une journée en lycée général ou technologique, en lycée professionnel ou en centre de formation des apprentis.

De même, les élèves inscrits en classe de 1 ère pourraient se rendre dans une université ou un I.U.T. afin de se familiariser avec les différentes formes de l'enseignement supérieur et de se préparer à choisir la voie qu'ils emprunteront après le baccalauréat.

Je souhaite également rénover le système d'information sur l'orientation afin qu'il offre aux familles une information complète. Je veux surtout qu'il soit plus largement ouvert sur le monde économique. C'est en effet la condition pour que les conseils prodigués aux élèves ne tiennent plus seulement compte de leurs goûts personnels mais également de leurs capacités et de leurs talents ainsi que des possibilités d'insertion professionnelle.

Pour rendre efficace le dispositif d'orientation et assurer la réussite de tous les élèves, il me semble particulièrement important que les enseignants soient en mesure de les informer sur les métiers et les formations existantes.

En effet, ce sont les professeurs qui connaissent le mieux les qualités et les capacités de chacun des adolescents et qui peuvent les aider à s'orienter vers les voies et les filières qui leur conviennent le mieux. Cela suppose d'améliorer la formation des enseignants et notamment de leur permettre d'effectuer des stages de découverte des entreprises au cours de leur formation mais également tout au long de leur carrière.

Enfin, au-delà de la seule question de l'orientation, je veux promouvoir et développer la culture économique au sein du système éducatif. Je suis convaincu que les enseignants peuvent jouer un rôle important pour faire connaître et apprécier l'entreprise. Par conséquent, je suis fermement décidé à soutenir les initiatives qui permettront de développer des liens durables entre le monde de l'école et la sphère économique.

J'aurais, dans les prochaines semaines, l'occasion de réaffirmer, de préciser et de développer ces propositions. Mais je veux, dès à présent, vous faire part d'une conviction sincère : la refonte de notre système d'orientation, la plus grande attention au monde économique, mais également la valorisation de la voie professionnelle ne peuvent se faire sans une mobilisation des entreprises. Les actions menées par l'Association Jeunesse et Entreprises sont remarquables mais il faut aussi parvenir à mobiliser l'ensemble des entrepreneurs qui, en dépit des initiatives existantes, ne voient pas toujours l'intérêt d'un dialogue étroit et constant avec l'éducation nationale.

L'avenir de nos enfants est un bien précieux qui appelle une attention constante de notre part. L'éducation nationale n'en est pas le dépositaire exclusif et jaloux. Je suis convaincu que l'ensemble des acteurs sociaux, intellectuels et économiques de la nation peuvent contribuer à ouvrir des perspectives et éveiller des destins. Ensemble nous devons donner à nos élèves l'envie de réussir et les aider concrètement à découvrir la voie dans laquelle ils sauront atteindre l'excellence.

Je vous remercie.

 

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Mise à jour : octobre 2007

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