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[archive] Remise des prix aux lauréats du concours général 2004
Discours - François Fillon - 01/07/2004

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Mesdemoiselles et Messieurs les lauréats,

Mesdames, Messieurs,

Il est dans les obligations du ministre de l'éducation nationale des moments plus agréables que d'autres¿ La remise des prix du concours général est assurément l'un de ceux-là.
Plus qu'une habitude, le concours général est certainement l'une des plus belles traditions françaises. Une de celles qui forge la réputation d'excellence de notre pays.
Comme toutes les grandes et belles choses, le concours général a traversé les âges, les modes¿ et même les régimes politiques !

Car c'est à la monarchie que l'on en doit l'origine. Signe d'excellence intellectuelle, il était peut-être l'un des rares moments « d'égalité » de l'époque. Bien que réservé aux garçons des lycées parisiens, il honorait, malgré tout, ceux qui avaient su faire preuve d'effort et de travail. La distribution des prix s'imposait alors comme le moment où l'excellence intellectuelle se proclamait devant une société qui subissait au contraire la distinction par la naissance.

La République succède à l'Ancien régime mais la tradition d'excellence du concours général se perpétue. La reconnaissance du talent et du mérite n'est pas incompatible avec l'exigence de l'égalité des chances ; c'est au contraire la base même du pacte républicain dans l'éducation !

Aujourd'hui encore, le concours général demeure l'expression de cette méritocratie républicaine. Tout élève inscrit dans notre système scolaire, quelles que soient ses origines culturelles, sociales ou philosophiques, peut aspirer, à force de travail et d'effort, à être primé au concours général.

C'est en cela, qu'il est certainement l'une des plus belles distinctions de l'éducation nationale. Une de celles dont la charge historique et symbolique doit inspirer le regard que nous portons sur l'École.

Trop souvent, on parle de ce qui ne va pas¿ Certes, des difficultés existent mais j'ai néanmoins la conviction que « tout n'est pas noir » ; l'École sait faire preuve aussi - et chaque jour - de sa capacité d'adaptation et de sa force de permanence.

Et, précisément, si le concours général a traversé les siècles, c'est sans doute parce qu'il a su être à jour des évolutions de son époque tout en restant fidèle à la tradition d'excellence qui est la sienne : celle de la perfection, celle de la confrontation réfléchie d'idées, celle de l'élaboration d'une argumentation ou d'une méthode de travail...

Cet héritage est aussi celui des qualités humaines les plus nobles : puiser en soi toutes les ressources intellectuelles nécessaires à la réflexion, se faire comprendre dans une quête de la vérité ou encore mobiliser dans son intérieur toute l'énergie indispensable à la création.

L'importance de la tradition ne saurait pour autant faire du concours général une distinction héritée d'un autre âge¿ Il est au contraire d'une grande modernité par les valeurs de courage et de travail auxquelles il oblige. Parfois moqués et considérés comme passéistes, ces repères collectifs demeurent d'une extrême actualité si notre société veut faire face aux nouveaux rythmes du 21 e siècle.

Mais le concours général trouve aussi sa modernité par son ouverture sur des matières contemporaines... Au fil du temps, il est devenu une « université de tous les savoirs » qui réunit un éventail de disciplines¿ À cet égard, l'ouverture aux lycées techniques puis la création du concours général des métiers ont permis de donner au concours général une nouvelle dimension tout en préservant sa nature et son ambition initiale : une leçon d'excellence¿ qui se révèle désormais dans tous les domaines.

La plasturgie, le génie mécanique, l'artisanat et les métiers d'art côtoient désormais le français, le grec, les mathématiques au rang de l'excellence ; des approches multiples mais avec une même exigence de qualité et de rigueur.

Et je voudrais adresser un mot plus particulier à l'attention de celles et ceux qui sont primés aujourd'hui dans cette catégorie professionnelle.

Je voudrais vous dire combien vous êtes un encouragement pour nombre de vos camarades qui s'engagent dans la voie de l'apprentissage et de l'enseignement professionnel. Ces filières ont toute leur place dans notre système éducatif, une place qui doit être reconnue et respectée à l'égale de toutes les autres¿ Et c'est précisément ce à quoi nous invite le concours général !

Mesdemoiselles et Messieurs, tous ici, avez brillé, dans le domaine de la pensée ou du geste¿ Mais quelles que soient vos filières ou votre spécialité, vous avez fourni le même effort sur vous-même pour exceller.

Mesdemoiselles et Messieurs les lauréats,

Par votre succès au concours général, vous vous inscrivez dans une longue tradition, vieille de plus de deux siècles. Je vous félicite de prendre la relève des meilleurs¿ et sous les yeux de certains d'entre eux !

Soyez fiers de votre réussite au concours général, comme nous sommes fiers de vous : le ministre, certes¿ Mais aussi vos parents qui vous ont encouragés et soutenus ; et vos professeurs qui vous ont transmis les outils de la connaissance et qui, par votre réussite, tirent aujourd'hui la plus belle des récompenses.

Ce succès vous permet de prendre confiance tant dans vos capacités personnelles que dans l'avenir¿ Il vous engage aussi à donner toujours le meilleur de vous-même !


voir aussi :
le communiqué de presse
le dossier de presse

Palmarès complet 2004 sur le site Eduscol http://www.eduscol.education.fr/index.php?./D0073/palmares.htm

Mise à jour : août 2006

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