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[archive] Prix des droits de l'homme René Cassin 2010

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Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, et Yves Repiquet, président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, ont remis le Prix des droits de l’homme - René Cassin 2010 aux établissements lauréats, mercredi 15 décembre au ministère.


 

L'édition 2010 du prix des droits de l’homme René Cassin

Créé en 1988, à l’occasion du 40e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, ce prix est organisé par le ministère chargé de l’éducation nationale et la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH). Il récompense les meilleurs projets d’éducation à la citoyenneté et aux droits de l’homme réalisés dans les établissements. Il rend hommage à René Cassin, vice-président de la commission des droits de l'homme des Nations Unies, dont le combat et l'engagement en faveur des droits de l'homme furent exceptionnels et exemplaires. En effet, René Cassin apporta une contribution essentielle à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948.

Le prix comporte trois catégories de participation : collège, lycée général et technologique et lycée professionnel. Le choix des thèmes traités est en relation avec les droits de l’homme.

Après une sélection académique, puis nationale, les lauréats nationaux ont été choisis parmi les 74 candidatures présentées, issues de 17 académies différentes, soit 29 collèges, 18 lycées généraux et technologiques et 27 lycées professionnels. L’année 2010 ayant connu une participation de qualité, un prix et une mention sont décernés dans chacune des catégories. Un prix spécial hors catégorie a également été décerné par le jury national pour récompenser un projet d’une exceptionnelle qualité. Six établissements sont représentés lors de la cérémonie du 15 décembre.

Certains lauréats pouvant difficilement se rendre à Paris, un aménagement spécifique a été mis en place cette année : ainsi, les élèves du lycée français de Phnom Penh recevront leurs prix à l’ambassade de France au Cambodge, en janvier 2011. De même, les élèves du Centre de soins, de rééducation et d’adaptation de Lamalou-les-Bains seront distingués lors d’une cérémonie organisée dans l’académie de Montpellier.

Palmarès de l’édition 2009-2010 du Prix René Cassin

Pour les collèges

Le prix est décerné au collège Lucie-Aubrac de Villetaneuse (académie de Créteil) pour son travail intitulé "La semaine citoyenne sur l’identité (18 - 22 janvier 2010)"

Une mention est décernée au collège René-Guy-Cadou de Malansac (académie de Rennes) pour son travail intitulé "Les moissonneurs de sens"

Pour les lycées d’enseignement général et technologique

Le prix est décerné au lycée français René-Descartes de Phnom Penh (Cambodge) pour son travail intitulé "Le Cambodge et les Khmers rouges"

Une mention est décernée au Centre de soins, de rééducation et d’éducation de Lamalou-les Bains (académie de Montpellier) pour son travail intitulé : "Élèves citoyens : lutte contre les discriminations"

Pour les lycées professionnels

Le prix est décerné au lycée professionnel Saint-Joseph-La Salle de Lorient (académie de Rennes) pour son travail intitulé  "Des voies, des voix... pour dire, lire, voir, entendre ensemble les droits de  l’homme"

Une mention est décernée au lycée professionnel René-Cassin de Metz (académie de Nancy-Metz) pour son travail intitulé "Le calendrier humanitaire"

Prix spécial du jury "hors catégorie"

Un prix est décerné au collège André-Malraux de Paron (académie de Dijon) pour son travail intitulé "Écrasons l’infâme : les droits humains en Europe"

Présentation des travaux récompensés

Collège Lucie-Aubrac de Villetaneuse (académie de Créteil)

"La semaine citoyenne sur l’identité (18 au 22 janvier 2010)"
Ce collège "ambition réussite" organise, depuis 2006, des "semaines citoyennes". En 2009-2010, près de 500 élèves, aidés d’une vingtaine d’enseignants, ont construit un projet pluridisciplinaire autour du thème de l’identité, présenté sous toutes ses formes, afin de sensibiliser les élèves aux rapports à soi-même et aux autres.

Collège René-Guy-Cadou de Malansac (académie de Rennes)

"Les moissonneurs de sens"
Dans le cadre d’un programme éducatif sur toute l’année scolaire, 70 élèves et 3 professeurs ont été amenés à réaliser des panneaux sur la vie de grands défenseurs des droits de l’homme. Ils ont rédigé des contes et récits sur des thèmes citoyens et présenté une pièce de théâtre intitulée "Socrate, le retour".

Lycée français René-Descartes de Phnom Penh (Cambodge)

"Le Cambodge et les Khmers rouges"
30 élèves et 2 enseignants ont traité, à partir d’un micro trottoir et de différents témoignages, l’histoire de la dictature des Khmers rouges à travers la vision qu’en ont les Cambodgiens d’aujourd’hui.

Centre de soins, de rééducation et d’éducation de Lamalou-les-Bains (académie de Montpellier)

"Élèves citoyens : lutte contre les discriminations"
11 élèves du secondaire et l’équipe éducative ont transcrit un discours citoyen visant à lutter contre toutes les formes de discrimination à travers 4 courts métrages : "Combattons le sexisme", "Racisme ordinaire",  "L’insoumise" et "Tu deviendras quelqu’un mon fils".

Lycée professionnel Saint-Joseph-La Salle de Lorient (académie de Rennes)

"Des voies, des voix... pour dire, lire, voir, entendre ensemble les Droits de l'Homme"
45 élèves de troisième découverte professionnelle et de 1ère professionnelle "services" et leurs professeurs ont mené un projet visant à faire connaître les droits exprimés dans la déclaration universelle des droits de l’homme. Les élèves ont réalisé sept affiches illustrant ces articles et des quiz s’y rapportant à travers deux thèmes de réflexion : "À la lecture d’hier, construire demain dans le respect des droits fondamentaux de l’homme" et "Accueillir, servir dans le respect des droits fondamentaux de l’homme".

Lycée professionnel René-Cassin de Metz (académie de Nancy-Metz)

"Le calendrier humanitaire"

23 élèves de première  professionnelle comptabilité et 2 professeurs ont élaboré un calendrier dont chaque mois est illustré par une photographie et un article de la déclaration universelle des droits de l’homme, en français et dans une langue étrangère (anglais, italien, japonais, urdu, turc, portugais, vietnamien, arabe, espagnol, polonais, luxembourgeois et allemand).

Collège André-Malraux de Paron (académie de Dijon)

"Écrasons l’infâme : les droits humains en Europe"
Réalisation d’un film documentaire sur les droits de l’homme par les élèves d’une classe de 3e, et l’équipe pédagogique. Partagés en 7 petits groupes, les élèves ont préparé les interviews, filmé les reportages, enregistré les commentaires et monté le film. Il s’inscrit dans un projet d’éducation aux médias de grande ampleur et long terme projeté dans plusieurs établissements lors de la journée de l’Europe et envoyé gratuitement dans les lycées bourguignons.

Historique du Prix des droits de l’homme - René Cassin

À l’occasion du 40e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, en 1988, le ministre de l’éducation nationale a pris l’initiative de créer un “Prix des droits de l’homme” sous la forme d’un concours portant le nom de René Cassin. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a été étroitement associée dès l’origine à l’organisation de ce prix qui est remis chaque année aux lauréats.

Depuis sa création, ce concours est l’un des vecteurs privilégiés de l’apprentissage de la citoyenneté et des droits de l’homme dans les établissements scolaires.

Lors de sa création, seuls les élèves de première des lycées d'enseignement public et d'enseignement privé sous contrat pouvaient exprimer au cours d'une dissertation d'une durée de quatre heures une réflexion personnelle sur un thème relatif aux droits de l'homme.

En 1992, le concours est ouvert à toutes les classes de lycée, de lycée professionnel et aux classes de 3e des collèges. Puis la participation à ce concours autorise les travaux collectifs.

L’objectif restant la participation toujours plus massive d’élèves de profils variés, le concours est ouvert en 1997 à tous les élèves de collège et de lycée. Ceux-ci sont ainsi appelés à concourir sous des formes les plus diverses possibles : lancement ou engagement vers une action forte et exemplaire, éventuellement inscrite dans un projet d'établissement ; présentation d'une action déjà mise en œuvre et se prolongeant ; constitution d'un dossier collectif (mémoire, cassette vidéo, cédérom, etc.).

Soucieux de donner un nouvel élan à cette action éducative relative aux droits de l’homme, le ministère de l’éducation nationale a transformé à partir de l’année 2004-2005 le "concours René Cassin" en "Prix des droits de l'homme - René Cassin". Ce nouvel intitulé vise à sortir du cadre formel d'un concours trop scolaire en lui substituant une formule de labellisation plus souple, susceptible de récompenser aussi bien une contribution d’élève, qu’une action concrète mise en œuvre par une classe, un projet d’établissement ou encore un programme académique dans le domaine des droits de l'homme.

En 2008, l'éducation nationale s’implique fortement dans la célébration du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Le ministère et la Commission nationale consultative des droits de l'homme attirent tout particulièrement  l'attention des élèves sur ce texte fondateur, et choisissent pour thème du Prix des droits de l'homme - René Cassin 2008-2009 : "1948-2008 : la Déclaration universelle des droits de l'homme aujourd'hui".

En 2009, la convention internationale des droits de l’enfant a vingt ans. Si le choix des thèmes traités au concours 2009-2010 est libre, l’éducation nationale et la Commission nationale consultative des droits de l’homme ont saisi cette occasion pour attirer l’attention de la jeune génération sur ce texte fondateur.

Pour le concours 2010-2011, le ministère et la Commission nationale consultative des droits de l'homme souhaitent inciter les candidats à travailler sur le thème de l’égalité filles-garçons.

Biographie de René Cassin

René Cassin est né à Bayonne. Après de brillantes études secondaires à Nice, il entreprend des études de droit et de lettres à la faculté d'Aix-en-Provence, puis à Paris. Licencié en droit et ès lettres (Histoire) en 1908, il s'inscrit au barreau de Paris en 1909. Il obtient en 1914 un doctorat en sciences juridiques, économiques et politiques.

Mobilisé, René Cassin se bat sur le front de la Meuse. Il est blessé grièvement le 12 octobre 1914 à Saint-Mihiel. Il reçoit la Croix de guerre avec une citation à l'Ordre de l'armée et la Médaille militaire.

Dès sa mobilisation en 1915, et parallèlement à sa carrière d'enseignant, il se préoccupe particulièrement des difficultés des victimes de guerre. En 1918, il est nommé président de la commission de contrôle qui travaille sur le droit aux réparations.

Chargé de cours à la faculté d'Aix-en-Provence, puis professeur agrégé à Lille et en 1929, professeur de droit civil à Paris, René Cassin conduit entre 1925 et 1939 des missions universitaires en Europe, au Moyen-Orient, en Extrême-Orient et en Afrique française.

Il devient, à partir de 1924, membre de la délégation française à l'Assemblée de la Société des nations.

René Cassin s'embarque pour l'Angleterre le 19 juin 1940. Il est reçu par le général de Gaulle qui lui confie la rédaction de la charte stipulant la reconnaissance par les Alliés des Forces françaises libres. Le 5 août, il assiste à l'entrevue Churchill-de Gaulle. Il devient le conseiller juridique et diplomatique du chef de la France libre.

En qualité de chef des services français de Londres, René Cassin contribue à doter la France libre de structures juridiques et administratives propres à assurer la continuité de l'État et de la République. Il assume également la responsabilité du Commissariat national à la justice et à l'instruction publique.

Dès 1943, à Alger, et plus tard en France, c'est à la préparation de nouvelles institutions républicaines et à la restauration d'un État de droit que René Cassin emploie son énergie.

Il est successivement président du comité juridique du gouvernement provisoire et président de la commission à l'Assemblée consultative. Il participe ainsi à l'élaboration des grandes ordonnances de 1944-1945 et à la création de l'École nationale d'administration en 1945, qu'il préside pendant seize ans. Il joue également un rôle essentiel à la tête du Conseil d'État de 1944 à 1960, dont il assume la vice-présidence.

Plus tard, le général de Gaulle revenu au pouvoir, il contribue à la création des institutions de la Ve République. Il concourt à l'élaboration du projet aboutissant à la constitution de 1958. Il joue parallèlement un rôle déterminant dans la mise en place du Conseil constitutionnel, dont il est membre de 1960 à 1971.

René Cassin considère l'éducation comme fondamentale, et le titre d'enseignant est celui auquel il attache le plus d'importance. Il veut à la fois lutter contre l'injustice et contre l'ignorance, sans avoir la prétention de changer les hommes. Au-delà de ces préoccupations, il entend lutter pour les droits de l'homme.

Dès 1945, sont posés les premiers jalons qui conduiront aux actions entreprises en faveur de ces droits. Il place alors leur respect "comme un but essentiel des sacrifices consentis", convaincu de "la nécessité d'établir toute paix future" sur leurs bases.

Refusant plusieurs portefeuilles au sein des gouvernements d'après-guerre, René Cassin préfère compter sur "l'efficacité des organisations non gouvernementales".

C'est au sein de l'Organisation des nations unies, fondée en 1945, qu'il se consacre au combat animant désormais sa vie. Il y crée la commission des droits de l'homme en 1946, qu'il préside lui-même entre 1954 et 1956. Il devient le principal artisan du projet de Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Complétant celle de 1789, elle incorpore de nouveaux droits tels que ceux du travail, mais aussi des droits économiques, sociaux et culturels. Désormais universelle, "elle s'applique à tous les êtres humains sans discrimination aucune... et à tous les territoires".

L'une des applications pratiques de cette déclaration est la création, en 1959, d'une cour européenne des droits de l'homme, dont René Cassin assume la présidence jusqu'en 1968.

À cette date, il constate malgré tout que les hésitations et les retards apportés à sa ratification portent un grand préjudice aux progrès des droits de l'homme dans le monde, et en appelle aux pays européens pour montrer l'exemple aux jeunes nations. Pour remplir cette mission, il fonde en 1969 l'Institut international des droits de l'homme à Strasbourg.

Dans son combat, René Cassin n'a jamais accepté l'existence de discriminations raciales ou religieuses. À la demande personnelle du général de Gaulle, il devient Président de l'Alliance israélite universelle en 1943 et le reste jusqu'à la fin de sa vie.

Son action internationale en faveur de la dignité humaine est couronnée par le Prix Nobel de la paix, décerné le 10 octobre 1968. Conscient des progrès humanitaires à réaliser, il s'intéresse particulièrement aux problèmes de la faim et de la torture, et continue de penser que l'éducation est une des armes de la lutte contre ces fléaux.

Son dernier geste est un appel en faveur de la paix au Liban.

Il meurt le 20 février 1976.

À l'occasion du centenaire de sa naissance -le 5 octobre 1887- les cendres de René Cassin ont été transférées au Panthéon.

Tout au long de sa vie, cet "idéaliste pratique" a mené un combat sans trêve pour la paix, pour la justice, pour les droits et les libertés de l'homme. La croyance en l'homme a guidé toute son action et donné à son œuvre une cohérence exemplaire. Il était convaincu de la nécessité de lutter pour la dignité de l'être humain, et contre ce qu'il nommait "l'insidieuse injustice".
Le vœu qu'il exprima de pouvoir "dormir à côté de Félix Éboué et Jean Moulin, non par orgueil, mais pour éduquer la jeunesse de tous les pays" est désormais satisfait.

 

En savoir plus
Page à consulter

Le prix des droits de l'Homme - René Cassin

  • présentation du prix René Cassin
  • calendrier 2010-2011

le prix des droits de l'Homme - René Cassin

Dossier de presse - Luc Chatel - 15/12/2010
Mise à jour : décembre 2010
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