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[archive] Discours de Luc Chatel à l'occasion du Colloque national organisé par le CIDJ et Communication publique
Discours - Luc Chatel - 18/11/2010

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Luc Chatel a prononcé un discours pour ouvrir le Colloque national "Communication et information des jeunes : Quels codes, quels langages ?" jeudi 18 novembre. Le ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative a fait part de son souhait de renforcer l'action auprès des jeunes en matière d'information, dans toutes ses dimensions et sur l'orientation notamment, à travers un partenariat renforcé entre l'Onisep et le CIDJ. Cette journée a rassemblé des professionnels en charge de l'information des jeunes pour échanger sur les codes, les signes de reconnaissance et les approches qui parlent aujourd'hui aux jeunes.

Siège de La Poste, grand auditorium.

Seul le prononcé fait foi,

Madame le Ministre,
Monsieur le Député-Maire,
Monsieur l’Adjoint au Maire de Paris,
Monsieur le Directeur de la Jeunesse, de l'Éducation populaire et de la Vie associative,
Messieurs les Présidents,
Messieurs les Directeurs généraux,
Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureux d’être des vôtres aujourd’hui. Deux jours en effet après que mes fonctions ont été étendues à la Jeunesse et à la Vie associative, je vois en ce jour une occasion idéale : celle de renforcer notre action auprès des jeunes, en nouant plus fermement encore des liens avec des partenaires incontournables en matière d’information des jeunes.

Incontournables d’abord par leur expérience, leur professionnalisme et leur polyvalence.  Le Centre d'information et de documentation jeunesse (CIDJ), que j’ai eu l’occasion de visiter dès ma prise de fonction en compagnie de Jeannette Bougrab, est en effet aujourd’hui le premier centre d’accueil de jeunes en Europe. Il est au cœur d’un vaste réseau qui accueille chaque année sur tout le territoire plus de 6 millions de visiteurs et met à la disposition permanente des jeunes une information gratuite, objective, multi-supports et actualisée sur tous les domaines qui constituent leurs principaux sujets de préoccupation quotidienne : emploi et formation professionnelle dans une large majorité, mais aussi logement, santé ou encore loisirs.

Le Centre d'information et de documentation jeunesse et le réseau Information Jeunesse, ce sont ainsi des professionnels qui fondent leur action sur un partage : celui d’une même formation, d’une même déontologie et d’une documentation commune et adaptée aux jeunes. Ce partage, c’est la première  garantie de la cohérence et de la qualité du réseau.

Des partenaires incontournables également au sein des territoires.

L’Information Jeunesse, ce sont en effet aujourd’hui 1 535 structures en France qui assurent un maillage étroit du territoire, y compris en zone rurale, grâce aux bus Information Jeunesse, et en Outremer. J’ai d’ailleurs appris à ce sujet que vous disposiez même d’une pirogue en Guyane ! Ce maillage fin, gage d’égalité des chances, ce réseau de proximité, capable de toucher les publics les plus isolés, les jeunes les plus en difficulté, est également garanti par l’ouverture à de nombreux partenaires, aussi bien au niveau national qu’au niveau local, avec les collectivités, les missions locales, les CIO, les Cités des Métiers. Je suis moi-même élu local : je connais l’énergie que déploient sur le terrain tous ces personnels pour venir en aide à notre jeunesse.

Des partenaires incontournables, enfin, par le dynamisme qu’ils montrent à rechercher les solutions les plus adaptées aux questions des jeunes. C’est tout l’enjeu de ce colloque, et je félicite les organisateurs – le CIDJ et Communication publique - pour la pertinence de ce choix, que de développer la qualité de nos communications, de dynamiser les supports que nous proposons aux jeunes.

On sait en effet quelle défiance les jeunes peuvent montrer à l’égard des institutions et des médias traditionnels. Nous vivons du reste un véritable paradoxe aujourd’hui : jamais les jeunes n’ont eu autant accès à l’information, jamais pourtant ils n’ont eu le sentiment d’être aussi peu, aussi mal informés. Pourquoi ? Parce qu’ils ne trouvent pas d’espace d’expression qui leur corresponde pleinement.

Parce qu’ils rencontrent des adultes dont ils ont l’impression, bien souvent fausse, qu’ils ne les écoutent pas. Il est absolument indispensable que nous rétablissions une relation de confiance, et cette confiance, j’en suis convaincu, passe par une réflexion approfondie sur nos modes d’expression. Par un travail sur une communication, un dialogue adaptés à leurs codes, à leurs langages, à leurs médias. Par une expression qui, tout en leur parlant spécifiquement, ne les enferme pas dans un rôle, dans un groupe, dans des a priori. Par une parole qui, au contraire, reconnaît toute la diversité de leurs goûts et de leurs aspirations.

Ce travail doit aller plus loin : il doit être constamment évolutif. À une époque, en effet, où la nécessité de communiquer et de s’informer devient de plus en plus prégnante dans le développement de notre société de la connaissance, à une époque où le progrès technique fait évoluer de plus en plus vite les pratiques numériques, qui touchent désormais l’ensemble des activités des jeunes, nous devons nous interroger profondément sur la manière d’informer et de communiquer avec les jeunes. Nous devons suivre l’évolution des pratiques et des attentes des jeunes, avec un double objectif : développer des actions, le plus possible en partenariat avec les collectivités territoriales et le monde associatif, afin de garantir au mieux l’équité territoriale, mais aussi éviter les fractures générationnelles. Car la permanence du lien entre les générations entre également dans les missions du Ministère chargé de la Jeunesse. Car on ne construira pas de politique efficace d’information, d’orientation et d’insertion des jeunes sans travailler constamment à rapprocher les âges.

Ce travail d’adaptation, je le pense absolument nécessaire, notamment pour construire une orientation véritablement efficace.
Nous disposons désormais d’une chance nouvelle : ce rattachement de l’Information Jeunesse à l’Éducation nationale. Car nous partageons le même public : la jeunesse. Car nos missions sont plus que complémentaires : elles s’entrelacent. Car nos partenariats existent déjà : je pense notamment à l’Onisep  et aux CIO.

Ensemble, nous pouvons créer une nouvelle donne en matière d’orientation, et l’on sait combien ce sujet est absolument fondamental pour ces jeunes mais aussi plus largement pour toute notre société. Nous ne pouvons en effet admettre qu’aujourd’hui encore des dizaines de milliers de jeunes subissent leur orientation, au risque par la suite de ne jamais trouver leur place dans notre société. Nous ne pouvons tolérer que l’orientation se fasse encore par défaut, par manque d’information, d’échange, de conseil.

Notre objectif est commun : former et accompagner les jeunes vers leur autonomie, en faire des citoyens responsables de leur vie et épanouis. Travailler à ce que l’orientation se fasse plus fréquemment en fonction des goûts et des capacités de chacun des jeunes plutôt qu’en fonction de l’image que peut avoir tel ou tel métier.

Pour cela, que faut-il ? Un accompagnement constant et personnalisé, un système éducatif riche, souple et ouvert, une information multiforme et adaptée aux attentes des jeunes.

Tous ces chantiers, nous les avons d’ores et déjà engagés à l’Éducation nationale.

La personnalisation est en effet la clé de voûte de tous les dispositifs que nous avons mis en place depuis trois ans. Elle suit chaque élève, depuis la maternelle jusqu’au lycée : aide personnalisée en maternelle et primaire ; accompagnement éducatif au collège, pour aider les élèves qui après 16 h ne bénéficient pas chez eux de l’encadrement et du soutien propices à la réussite ; accompagnement personnalisé enfin au lycée, puisque nous avons placé au cœur de la réforme du lycée entrée en vigueur cette année en classe de seconde, deux heures hebdomadaires qui lui sont dévolues. Avec cette mesure, nous entendons répondre précisément à un défi : celui que constitue aujourd’hui la diversité des jeunes. Comment ? en leur assurant écoute et dialogue, ces deux fondamentaux dont nous savons tous qu’ils conditionnent l’efficacité de toute communication.

Nous avons également voulu mettre en place un système éducatif riche, souple et ouvert.

Un système riche de toute une diversité de formations porteuses d’avenir. C’est pourquoi, l’année dernière, nous avons lancé la rénovation de la voie professionnelle, afin de réaffirmer l’égale dignité des filières de formation proposées au lycée et de reconnaître la diversité des voies de la réussite, ce qui constitue un changement de mentalité majeur dans notre pays. C’est aussi pourquoi, dans la réforme du lycée, nous avons voulu revaloriser les filières Littéraire et Sciences et technologies industrielles afin que toutes les compétences soient désormais reconnues et valorisées au sein du lycée général et technologique.

Nous avons aussi voulu proposer un système plus souple, qui donne le droit à l’erreur, qui intègre à la fois la possibilité de se tromper et celle de se réorienter, d’avoir une seconde chance. C’est pourquoi nous avons fait de l’orientation un autre enjeu fondamental de cette réforme du lycée : nous l’avons voulue progressive et réversible, afin de passer d’une orientation subie à une orientation choisie qui permette les corrections de trajectoire. Pour cela, nous avons mis en place des stages passerelles entre les différentes filières du lycée, et ce jusqu’en première.

Cette souplesse, nous l’avons encore injectée dans le parcours de découverte des métiers et des formations, dont l’enjeu est de développer chez tous les élèves les compétences et les aptitudes nécessaires à la construction de leur propre parcours de formation. Elle est enfin assurée par les nouveaux enseignements d’exploration, qui permettent la progressivité de l’orientation à l’entrée au lycée.

Pour personnaliser cette orientation, nous proposons aux lycéens qui en éprouvent le besoin un tutorat, lors duquel ils pourront envisager leur orientation avec des enseignants volontaires. Par cette mesure, nous avons voulu que le système éducatif apporte une réponse aux parents qui n’ont pas la chance de disposer de relais d’information. Nous avons voulu lutter contre ce qui existait jusqu’alors : un véritable délit d’initié dans l’orientation.

Ce système éducatif, nous avons également voulu l’ouvrir.
L’ouvrir d’abord à une vision plus large de la formation.
Pour aider chaque élève dans sa démarche, nous avons mis à sa disposition un "livret personnel de suivi". Ce livret confère au parcours sa dimension personnalisée : il constitue un véritable vade-mecum dans lequel chaque élève peut intégrer ses aspirations, ses initiatives, et prendre une distance suffisante pour construire sereinement son projet.

Afin de prendre en compte toutes les dimensions de la formation nous avons, dès le mois de février dernier avec les Ministères de la Jeunesse et de l’Agriculture, lancé une expérimentation : celle d’un livret de compétences destiné à permettre au jeune d’enregistrer l’ensemble des compétences acquises dans le cadre de l’éducation formelle, mais aussi celles acquises hors du cadre scolaire.

Ouvrir ensuite le système sur le monde avec un enseignement d’économie pour tous les lycéens de France et la découverte pour tous les élèves de leur environnement économique et ce très tôt dans leur scolarité. Ainsi, avec ce parcours, nous avons créé les conditions d’une véritable orientation active qui engage le jeune en lui permettant de tisser le lien entre son travail scolaire et le parcours de formation qu’il construit,  d’éclairer et préparer mieux et en amont ses choix en vue d’une poursuite d’études et à terme de son insertion professionnelle, d’ouvrir son horizon personnel au-delà des seules représentations des métiers et des formations rencontrées dans sa famille ou son quartier.

Enfin, pour assurer la meilleure orientation possible à nos élèves, il nous fallait leur proposer une information multiforme et adaptée à leurs attentes. Car toute orientation réussie repose également sur l’accès à une information de qualité, exhaustive et objective. Cette information, nous l’avons voulue dans le droit fil des missions de l’École et en lien avec notre action éducative : nous l’avons voulue accessible à tous, en tout point du territoire, et personnalisée.

À cette fin, l’Onisep a développé un ensemble de nouveaux services. "Mon orientation en ligne" en est le premier. Cette plateforme, accessible par téléphone et par internet à tous les élèves et parents de France, propose toute une série de services (foire aux questions, chat, service de questions personnalisées, etc.) et un accueil personnalisé. À cette plateforme, nous avons ajouté un service de géolocalisation cartographique qui offre à chacun la possibilité de prévoir son parcours selon les structures en place. Nous avons ouvert de nouveaux espaces web spécifiques, comme l’espace Handicap.

C’est ainsi toute une palette nouvelle de services que nous proposons aux élèves, afin qu’ils mettent toutes les chances de leur côté dans ce moment important que constitue leur orientation. Bien évidemment, cette palette ne peut que s’enrichir de la complémentarité et de la diversité de nos deux réseaux, et je tiens particulièrement à ce que se renforcent les partenariats entre le CIDJ et l’Onisep, à ce que se créent aussi de nouvelles synergies entre les CIO et le réseau Information Jeunesse.

Pour que chaque élève de France dispose à tout moment, en quelque endroit que ce soit, de toutes les ressources nécessaires à la préparation de son parcours de réussite. Pour que soit garantie l’égalité des chances sur laquelle sont fondées notre École et notre République. Pour que nous construisions ainsi ensemble, sur une base solide et innovante, dans la solidarité et l’échange, la France de demain.

Dans cet enjeu fondamental, nous avons besoin de vous. Besoin de l’expertise du réseau Information Jeunesse pour appuyer et étoffer notre action. Besoin de sa proximité avec les jeunes partout sur le territoire. Besoin de la créativité de ses personnels pour donner de nouvelles perspectives au dialogue de confiance que nous voulons restaurer avec notre jeunesse. Pour toutes ces raisons, votre réseau a donc toute sa place dans le service public d’orientation tout au long de la vie, qui va désormais se construire.


Mesdames et Messieurs,

L’École a une mission fondamentale : celle d’assurer la réussite de chaque élève, de préparer l’avenir de chacun de nos enfants. Mais ce projet, elle ne saurait le mener à bien seule. Bien au contraire, pour être pleinement efficace, elle doit s’ouvrir à toutes les forces, à toutes les richesses de notre société : intellectuels bien sûr, mais aussi responsables économiques et sociaux grâce auxquels elle peut démultiplier son action, éveiller des curiosités et des appétences, élargir les horizons, susciter des aspirations. Parce qu’elle forme les citoyens de demain mais aussi les acteurs de notre future société de la connaissance, notre École doit coopérer avec des partenaires compétents et visionnaires. Le CIDJ et Communication publique, par les réseaux et l’ingénierie dont ils disposent, par le creuset d’idées et d’initiatives qu’ils constituent, sont assurément de ceux-là. Je suis sûr qu’ensemble, nous allons donner une nouvelle dimension à l’information et à l’orientation, et ce dans un seul but, le plus noble qui soit sans doute : aider chaque élève et plus largement chaque jeune à trouver sa voie, à construire sa réussite, à élaborer notre futur.

Je vous remercie.

En savoir plus
Pages à consulter

Luc Chatel a ouvert le Colloque national "Communication et information des jeunes : Quels codes, quels langages ?"
Communiqué de presse du 18 novembre 2010

Visite du centre d'information et de documentation jeunesse
Actu en images du 15 novembre 2010

Luc Chatel s'est rendu ce jour au Centre d'information et de documentation jeunesse avec Jeannette Bougrab
Communiqué de presse du 15 novembre 2010

Sites à consulter

Centre d'information et de documentation jeunesse (CIDJ)

Initiatives, projets, études, métiers, formation en alternance, orientation, emploi, formation continue, stages en entreprise, jobs d'été, séjours linguistiques, bourses, logement étudiant, mobilité internationale, etc.
www.cidj.com

Office national d'information sur les enseignements et les professions (Onisep)

Toutes les formations en France, découverte des métiers, etc.
www.onisep.fr

Mise à jour : novembre 2010

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