Toute l'actualité

[archive] Rapport de mission sur l'acquisition du vocabulaire à l'école élémentaire
Discours - Gilles de Robien - 14/03/2007

Partager cet article
  • Envoyer à un ami

< >

En savoir plus
Lire aussi

rapport de mission sur l'acquisition du vocabulaire à l'école élémentaire

Le professeur Alain Bentolila a remis le 14 mars à Gilles de Robien son rapport sur l'acquisition du vocabulaire à l'école élémentaire.
À cette occasion, le ministre a affirmé que « l'École a le devoir de donner à chaque enfant les moyens de parler et de penser en utilisant toute la gamme de sens dont notre langue est riche ».
Il a également annoncé que, fidèle à l'esprit et aux préconisations du rapport, une circulaire sur l'acquisition du vocabulaire à l'école primaire sera signée et publiée dans les prochains jours. De plus, Gilles de Robien a l'intention « d'adapter rapidement les programmes de l'école primaire à ces nouvelles orientations ». « Le résultat de ce travail », a-t-il précisé, « sera présenté le 2 avril ».

Seul le prononcé fait foi,

Mesdames et Messieurs,

Merci d'être venus.

Je voudrais aujourd'hui évoquer la place du vocabulaire dans l'apprentissage de la langue française.

Ces jours-ci, comme vous le savez, la langue française est à l'honneur.

C'est la 12ème semaine de la langue française, qui se déroule du 10 au 20 mars 2007, en partenariat avec le ministère de la Culture.

Et c'est vraiment pour nous une bonne occasion de parler du vocabulaire, puisqu'un concours a justement été organisé autour des mots.

On a proposé aux élèves de créer des textes d'aventures ou de poésies, à partir de dix mots communs ou plus exotiques, comme le fameux bachi-bouzouk du capitaine Haddock, que je laisse au professeur Bentolila le soin d'analyser !

La remise des prix se tient ce jeudi 15 mars, à l'Institut de France. Et je suis sûr qu'elle montrera que les élèves aiment travailler avec les mots, jouer avec eux. Car le maniement de notre belle langue n'est pas seulement une obligation : c'est aussi un plaisir et une source d'émerveillement.

Oui, notre langue est belle, elle est riche d'un vocabulaire précis, nuancé.

Bien maîtriser le vocabulaire de notre langue, ce n'est pas seulement utile pour « faire joli » ou pour « faire distingué ».

Non, et vous le rappelez bien, M. le professeur, dans le rapport que vous m'avez remis : maîtriser le vocabulaire, ses nuances, c'est aussi enrichir sa propre pensée, l'affiner.

Inversement, le manque de mots est source d'impuissance et de frustration.

Vous l'écrivez très bien : « lorsque les mots précis manquent aux élèves, c'est le sens qu'ils tentent de donner au monde qui s'obscurcit ».

L'Éducation nationale ne peut condamner les élèves à cette pauvreté lexicale.

Car c'est les condamner à une parole limitée, maladroite, à l'enfermement dans le cercle très étroit de la communication utilitaire.

Par ailleurs, en ouvrant l'esprit des enfants à un monde de mots plus vaste que celui de leur sphère sociale, l'Education nationale peut lutter contre les barrières sociales et culturelles qui fragilisent le lien social. Elle promeut ainsi l'égalité des chances, dont j'ai fait ma priorité.

Voilà pourquoi j'ai demandé au professeur Bentolila de me remettre un rapport sur l'acquisition du vocabulaire à l'école élémentaire : parce que je suis convaincu que l'école a le devoir de donner à chaque enfant les moyens de parler et de penser en utilisant toute la gamme de sens dont notre langue est riche.

Quand j'ai réformé l'apprentissage de la lecture, beaucoup m'ont reproché d'ignorer les questions liées au sens des mots.

Eh bien, je voudrais vous faire remarquer aujourd'hui que ce reproche était parfaitement infondé ! Avec l'apprentissage du vocabulaire, je souhaite bien au contraire élargir la sphère du sens chez tous les élèves.

Maintenant, il reste à déterminer les moyens d'enrichir le vocabulaire des élèves.

Dans votre rapport, M. le professeur, vous indiquez très clairement quelles sont les impasses à éviter.

Vous insistez surtout sur l'une d'elles : croire que la simple lecture des textes suffirait à enrichir son vocabulaire, au « fil de l'eau » en quelque sorte, par simple imprégnation.

Eh bien, vous dites avec force qu'il s'agit d'une grave erreur. Et vous soulignez que cette pratique ne fait qu'accroître les inégalités entre les élèves. Car, je vous cite, « seuls les élèves les mieux pourvus en vocabulaire sont capables de découvrir par inférence le sens d'un mot peu ou mal connu ».

Il faut donc un enseignement spécifique du vocabulaire, que vous appelez joliment des « leçons de mots ».

Je note que cette première conclusion rejoint vos analyses sur la grammaire et les instructions que j'ai données en ce sens.

De même que l'observation réfléchie de la langue est inefficace pour l'enseignement de la grammaire, inefficace parce que trop peu méthodique et structurée, de même la seule lecture des textes est inefficace pour faire acquérir par les élèves un vocabulaire suffisamment riche et diversifié.

A cette première conclusion, vous en ajoutez une seconde : l'enseignement du vocabulaire doit être non seulement spécifique, mais aussi méthodique.

Méthodique, c'est-à-dire progressif , en partant des mots les plus fréquents jusqu'aux mots les plus rares.

Sur ce point, vous recommandez de faire appel aux outils les plus modernes pour établir ces listes graduées de vocabulaire, fondées sur des indices de fréquence scientifiquement établis.

Preuve que l'enseignement du vocabulaire peut être aussi moderne que celui du calcul !

Vous préconisez aussi de définir pour chaque classe le fonds commun de vocabulaire que chaque élève ne saurait ignorer.

J'accueille avec plaisir cette troisième recommandation, car il me semble qu'elle est parfaitement cohérente avec l'esprit et la méthode du socle commun de connaissances : définir précisément les connaissances que tous les élèves doivent acquérir, graduer leur acquisition, et vérifier, étape après étape, que ces connaissances ont été acquises.

C'est donc un véritable programme d'apprentissage du vocabulaire dont vous esquissez les contours, depuis l'école maternelle jusqu'à la fin de l'école primaire.

Vous suggérez d'ailleurs que chaque élève possède un cahier de mots qui le suive de classe en classe, et sur lequel il puisse inscrire tous les mots qu'il aura acquis au fil des leçons. Ce sera en quelque sorte, son « trésor de mots », qui permettra aussi à chacun de ses professeurs de vérifier qu'il a bien acquis le vocabulaire qui lui a été enseigné.

Voilà, en quelques mots, les orientations que je voudrais retenir du rapport qui vient de m'être remis.

Selon la méthode que je me suis imposée, une circulaire sur l'acquisition du vocabulaire à l'école primaire, y compris donc l'école maternelle, sera signée et publiée dans les prochains jours.

J'ai par ailleurs l'intention d'adapter rapidement les programmes de l'école primaire à ces nouvelles orientations.

Vous savez que j'ai lancé en novembre dernier le grand chantier de l'adaptation des programmes au socle commun de connaissances.

Le résultat de ce travail sera présenté le 2 avril. Pour ce qui concerne l'école primaire, il comprendra les changements qui découlent des circulaires sur l'enseignement de la grammaire et du calcul ainsi que les nouvelles orientations concernant le vocabulaire.

Mesdames et Messieurs,

Avec le vocabulaire, c'est un cycle de réformes qui se clôt.

Avec l'apprentissage du vocabulaire, je mets la dernière pierre à un édifice qui s'est construit sur la base du socle commun de connaissances.

Et aujourd'hui, j'ai le sentiment que ce ministère, au cours de ces deux ans, a vraiment fait oeuvre utile pour replacer l'enseignement des savoirs fondamentaux au cœur de ses missions.

Je vous remercie.

Mise à jour : avril 2007

Partager cet article
  • Envoyer à un ami
  • Imprimer
  • Agrandir / réduire la police

C'est pratique

Handicap, tous concernés

Le handicap


calendrier
 
 
     





DISPOSITIF VIGIPIRATE

Consignes de sécurité

Nous suivre

Facebook Twitter LinkedIn Snapchat Youtube lettres d'information

Nous contacter



picto accessibilité sourds et malentendants