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Rapport annuel 1999

 
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  LA SYNTHÈSE

Désignés par les arrêtés publiés au Journal Officiel du 30/12/98 pour un nouveau mandat de trois ans, les membres de l'Observatoire ont adopté le rapport annuel lors de l'assemblée plénière du 14 décembre 1999.

OBSERVATIONS GENERALES CONCERNANT L'AMELIORATION DE LA SECURITE

Constatant une nouvelle fois les résistances à transmettre les éléments relatifs à l'état des bâtiments et équipements le rapport 99 rappelle aussi bien aux instances scolaires et universitaires qu'aux collectivités la transparence nécessaire à l'amélioration de la sécurité. Les comités et commissions d'hygiène et de sécurité, les conseils d'administration et les conseils d'école sont encore trop peu mobilisés sur les questions de sécurité. A travers quelques exemples positifs recueillis à l'occasion de déplacements sur le terrain, des pistes sont données en matière de schémas d'organisation de la sécurité associant l'ensemble de la communauté scolaire ou universitaire.
Dans le domaine de la sécurité incendie, les sinistres récents conduisent l'Observatoire à insister sur la priorité absolue de l'évacuation associée à une alarme efficace. Face aux risques de voir parfois tirer des conclusions hâtives du nombre conséquent d'avis défavorables, il est rappelé que leur intérêt premier consiste à dresser un état des lieux devant conduire à fixer les priorités dans les prescriptions et un échéancier des remédiations. L'Observatoire constate des difficultés de communication entre les spécialistes de la prévention chargés d'appliquer les règlements et les maîtres d'ouvrage en attente de diagnostics clairs et opérationnels. Un effort de dialogue est recommandé dans la perspective d'un objectif commun qui est l'amélioration de la sécurité et doit passer par une analyse des risques fondée sur les caractéristiques des bâtiments dans un contexte donné et se prolongeant dans une démarche constante de maintenance préventive.


L'ETAT DES BATIMENTS ET DES EQUIPEMENTS
LES CONSTRUCTIONS METALLIQUES
  • L'identification du parc particulièrement complexe en raison de la multiplicité des types de constructions se poursuit. Sur les 495 établissements du second degré recensés, 50 % ont été rénovés et 24 % démolis. Cependant et malgré la recommandation formulée en avril 1994, 8 internats fonctionnent encore dans ce type de construction.
  • Pour ce qui concerne les constructions de type modulaire dites " PAILLERON ", le recensement exhaustif est achevé. Sur les 57 établissements 24 ont été démolis dont 5 à la suite d'un incendie : 33 sont donc encore en service dont 10 en cours ou en programmation de reconstruction, les autres ayant fait l'objet de travaux d'amélioration de la sécurité.
LE CONTROLE DE LA SOLIDITE DES BATIMENTSL'incident survenu en octobre dernier à Marseille avec la chute d'un auvent causant la mort d'un élève conduit au rappel et aux indications suivantes :
  • la solidité des bâtiments qui est en cause n'est pas du ressort de la commission de sécurité (contre l'incendie),
  • elle n'est soumise à aucun contrôle périodique obligatoire,
  • il est souhaitable d'étudier la possibilité d'imposer un contrôle périodique de la solidité des ouvrages.
LA MISE EN CONFORMITE DES MACHINES-OUTILS
  • Dans le second degré
Alors que la directive européenne est applicable depuis trois ans, la mise en conformité est réalisée à 80 % dans les lycées. Le nombre des accidents en atelier demeure préoccupant puisqu'il ne marque pas de diminution malgré la progression de la mise en conformité. 10 % des accidents touchent les membres supérieurs, alors que 60 % concernent les membres inférieurs et posent le problème de l'organisation de l'espace de travail.C'est dans les espaces technologiques des collèges et des SEGPA que la situation est la plus préoccupante. Elle ne mobilise pas encore l'attention de toutes les collectivités concernées et de tous les services académiques et départementaux de l'éducation nationale.
  • Dans l'enseignement supérieur
Si le nombre des machines conformes a augmenté de 50 % en deux ans, plus d'un tiers n'est toujours pas en règle. Et de manière plus générale il est regrettable que la prévention des risques professionnels soit encore trop souvent absente. L'AMENAGEMENT DES SALLES DE PHYSIQUE ET DE CHIMIE DANS LE SECOND DEGREDans les établissements les plus anciens, l'état des paillasses laisse fortement à désirer : manque d'eau, produits dangereux à portée de main des élèves, absence d'armoire de rangement et défaut d'identification claire des flacons. Une note de la DESCO a rappelé opportunément l'interdiction d'utiliser des bouteilles de gaz.LES EQUIPEMENTS SPORTIFS Indépendamment de l'état globalement vieillissant des installations, malgré une prise de conscience accrue, subsistent de nombreux gymnases sur-fréquentés, bruyants, mal aérés, sans locaux de rangements avec des vestiaires et sanitaires insuffisants. Et les gymnases demeurent pour les collèges et les lycées des lieux où se produisent le plus d'accidents représentant à eux seuls 30 % des hospitalisations de plus de 48 H en collège. La création réglementaire d'une commission de contrôle spécialisée pour les équipements sportifs est une nouvelle fois demandée.LA SECURITE DANS LE PREMIER DEGREAlors qu'une sous-utilisation de l'enveloppe de deux milliards et demi de francs du plan sécurité (94-99) avait été relevée l'an dernier, il apparaît que compte tenu de la mobilisation tardive d'un certain nombre de collectivités locales, la totalité des autorisations de programmes aura été utilisée en faveur de plus de 5 000 communes.Du recensement de quelques 8 700 accidents ayant conduit à une hospitalisation en 1998-99, il ressort que la gymnastique est concernée par un cinquième des cas. 2 % des accidents surviennent lors d'uns sortie scolaire.LA MAINTENANCEPour passer d'une logique d'urgence à une démarche de prévention quelques axes se dessinent :
  • élaboration d'une véritable démarche dans la gestion des parcs immobiliers et d'une charte facilitant la répartition des interventions entre les différents acteurs
  • inventaire des métiers de la maintenance dans les établissements scolaires et universitaires avec les qualifications requises et les besoins de formation.
 LES PROPOSITIONSA partir des rapports des commissions un certain nombre de propositions peuvent être dégagées qui s'ajoutent à celles (en italique) du mandat précédent.LES ACCIDENTS SCOLAIRES
  • Un effort doit être réalisé dans la conception, l'aménagement et l'entretien des couloirs et surtout des escaliers des établissements scolaires.
  • Il est indispensable qu'une visite médicale soit réalisée à chaque palier de la scolarité. Certains accidents mortels prouvent la nécessité de déceler des pathologies pour prévenir les risques d'accidents les plus graves. La mise en place d'une véritable politique de prévention en milieu scolaire s'avère indispensable.
LES EQUIPEMENTS SPORTIFS
  • Sécurité de proximité : en cas d'accident, la rapidité des secours est un élément essentiel. Les enquêtes menées par l'Observatoire ont mis en évidence que trop de stades, de gymnases, de piscines ne sont pas dotés de téléphones de proximité. C'est pourquoi, chaque fois que des enseignants sont confrontés à cette situation, ils doivent être équipés d'un téléphone portable.
  • Enseignement de la natation : les textes réglementaires sont très précis : aucune séance d'enseignement de la natation ne peut se dérouler sans la présence d'un maître-nageur sauveteur. Or, il s'avère qu'en métropole et encore plus en outre-mer des carences sont révélées à cet égard. C'est pourquoi il convient de saisir le ministère de l'éducation nationale de cette situation afin que les rappels indispensables de la réglementation soient faits auprès des inspecteurs pédagogiques régionaux, des chefs d'établissement et des enseignants.
  • Contrôle des équipements : il faut créer dans chaque département, dans le cadre du ministère de l'équipement par exemple, une " commission de contrôle spécialisée pour les équipements sportifs ".
  • Maintien des activités extérieures à l'école : au plan pénal, les récentes affaires ont montré qu'en cas d'accident, l'enseignant est souvent désigné comme coupable. Il est urgent qu'une discussion interministérielle soit engagée afin de clarifier ce délicat dossier et pour éviter que les enseignants renoncent aux activités extérieures à l'école (sorties scolaires, classes de neige...).
  • En cas d'accident scolaire, les modalités d'organisation et d'intervention des secours doivent être définies en étroite concertation entre le préfet et l'inspecteur d'académie puis répercutées dans les établissements scolaires.
LA SECURITE BATIMENT ET LE RISQUE INCENDIE
  • La publication des arrêtés du ministère de l'éducation nationale, de la recherche et de la technologie relatifs à l'application de l'article R 123-16 du C.C.H. pour les établissements d'enseignement scolaire et supérieur.
  • L'intégration de la sécurité et de la maintenance dans la formation préalable à leur prise de fonction, des responsables des établissements (directeurs d'école, principaux, proviseurs, gestionnaires, secrétaires généraux,.).
  • La poursuite de la formation des ingénieurs d'hygiène et de sécurité.
  • La clarification à l'échelon national, des principes de traitement vis-à-vis du risque incendie des établissements existants.
  • L'intégration à la vie de l'établissement d'une culture de sécurité pour les personnels et les élèves : définir un projet de sécurité dans l'établissement et dans l'académie.
  • L'identification des réseaux existants ayant à traiter des questions de sécurité dans chaque académie.
  • La définition d'un " relais-ressource " dans chaque académie pour les responsables d'établissement.
  • La modification du règlement de sécurité contre l'incendie applicable aux établissements du type R, dans le cadre des travaux annoncés le 2 décembre 1998 par le représentant de la direction de la défense et de la sécurité civiles au ministère de l'Intérieur.
  • La création de l'obligation réglementaire du contrôle périodique de la solidité des ouvrages.
LES ACTIVITES SCIENTIFIQUES, TECHNOLOGIQUES ET PROFESSIONNELLES DANS L'ENSEIGNEMENT SCOLAIRE
  • Veiller au développement et au bon fonctionnement des CHS car leurs propositions permettent d'améliorer la prise en compte de la sécurité dans tous les types d'établissement.
  • Développer une incitation sur la base : " à chacun sa responsabilité, mais tous acteurs ".
  • Inciter fortement les élèves et les personnels à porter une tenue de travail et les équipements de protection individuelle.
  • Eviter les cours autres que scientifiques dans les laboratoires de physique, de chimie, de biologie et de technologie, car les dégradations sont fréquentes.
  • Réaliser à partir de la bibliographie existante une brochure concernant la prévention des risques dans les laboratoires et les ateliers en liaison avec l'inspection générale.
LES ACTIVITES SCIENTIFIQUES, TECHNOLOGIQUES ET PROFESSIONNELLES DANS L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
  • La nomination d'inspecteurs d'hygiène et de sécurité pour les établissements d'enseignement supérieur.
  • Développer la prise en compte de la prévention des risques professionnels.
SECURITE, SANTE, HYGIENE
  • La constitution d'un "lieu ressources" en informations se rapportant aux questions de sécurité.
  • L'introduction dans les formations des personnels d'un module " sécurité " en l'instituant en premier lieu dans la formation des chefs d'établissement, des gestionnaires et des directeurs d'école puis en l'élargissant progressivement aux autres personnels.
  • La prise en compte de la spécificité de l'éducation nationale pour ce qui concerne la notion d'usagers en raison de leur nombre, de leur présence continue dans les établissements, de leur âge (majoritairement mineurs en primaire et secondaire).
  • La prise en compte de l'hygiène et de la sécurité en amont des discussions techniques avec les services des collectivités concernées, dans les programmes de création, reconstruction ou réhabilitation d'établissements scolaires et d'enseignement supérieur.
  • Le développement du suivi médical régulier des personnels et des élèves.


© Ministère de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche
http://www.education.gouv.fr/syst/ons/rap99.htm