Trois questions à Yves Desjacques, directeur général délégué du Groupe Vedior et Président du Réseau des entreprises au service de l’égalité des chances.
Le rapprochement école-entreprise est-il réellement envisageable sur le long terme ?
Bien sûr. C’est une idée fausse de penser que ces deux mondes ne peuvent pas avancer ensemble. Cette charte vise justement à faire tomber les barrières et à accompagner l’ensemble des acteurs désireux de travailler de concert, notamment au bénéfice de populations en difficulté. Une volonté existe pour inscrire l’éducation dans le réel et la dimension sociale, il s’agit de la concrétiser.
En quoi les entreprises sont-elles séduites par la charte et le réseau ?
Les entreprises considèrent que permettre à des jeunes de découvrir le plus tôt possible leur fonctionnement, leurs métiers, leurs codes est important. Mieux informés, les jeunes auront nécessairement plus de facilité à intégrer ultérieurement le monde du travail.
Que vont y trouver les jeunes des territoires défavorisés ?
Dans les quartiers stigmatisés ou dans les zones rurales, les jeunes n’ont ni perspective professionnelle ni accès aux moyens de découvrir l’entreprise. Et, lorsque leurs parents sont au chômage, le monde du travail est perçu comme lointain et un peu angoissant. Le dispositif leur permet de découvrir la vie en entreprise pour casser les stéréotypes et gagner du temps quand ils se lanceront dans la vie active.
www.education.gouv.fr/reseau: présentation de la charte d’engagement et du réseau des entreprises.
Afin d’ouvrir l’école au monde du travail et de casser les stéréotypes des jeunes sur l’entreprise, l’Éducation nationale et de nombreux groupes français ont signé une charte d’engagement et fondé un réseau unique en son genre. Du coup, jamais les deux univers n’ont été aussi proches… Revue de détail d’un dispositif destiné à promouvoir l’égalité des chances.
Une synergie monde scolaire et monde de l’entreprise
Pour aider les jeunes des quartiers défavorisés à préparer sérieusement leur avenir professionnel, il apparaît nécessaire de rapprocher l’Éducation nationale et l’entreprise. Depuis plusieurs mois, le ministère multiplie les actions pour ouvrir l’école au monde économique. Une logique volontaire qui repose également en grande partie sur la mobilisation des entreprises, de plus en plus nombreuses à s’associer à l’école dans des dispositifs de tutorat, de bourses ou de parrainage des élèves les plus modestes et les plus méritants. Une synergie du monde scolaire et du monde de l’entreprise, désormais encadrée par une « Charte d’engagement des entreprises au service de l’égalité des chances » qui s’appuie sur un « Réseau des entreprises au service de l’égalité des chances ».
Une charte pour cadrer, un réseau pour diffuser
Il s’agit de deux initiatives complémentaires qui visent un même objectif : mieux organiser les échanges entre l’Éducation nationale et les entreprises afin d’apporter une réponse adaptée aux difficultés des jeunes les plus défavorisés en matière d’éducation, d’orientation et d’insertion professionnelle.
Une démarche originale, officiellement lancée le 13 décembre dernier avec une cinquantaine de grands groupes industriels, commerciaux ou de services français. Si la charte fixe un cadre qui permet d’inscrire un engagement entreprise-école dans la durée, le réseau se pose en association destinée à promouvoir les diverses opérations, diffuser la charte et les bonnes pratiques associées, voire labelliser les initiatives. De quoi confirmer les liens qui unissent aujourd’hui l’école et l’entreprise, plus que jamais partenaires de l’avenir...
Une cinquantaine d’entreprises ont déjà signé la charte, parmi lesquelles Vedior, Adecco, L’Oréal, BNP Paribas, Bouygues Bâtiment, La Poste, la SNCF…
Chaque entreprise signataire s’engage notamment à déployer des actions concrètes pour permettre aux élèves de découvrir des métiers ou un environnement professionnel. Elle s’engage également à recruter des jeunes diplômés issus des territoires défavorisés.
Le dispositif est destiné à toutes les classes, du collège à l’université, y compris l’enseignement professionnel.
L’ouverture de l’école au monde économique figure dans les exigences du socle commun de connaissances et de compétences qui prévoit, pour tous les jeunes, au terme de leur scolarité obligatoire, une expérience de l’entreprise.
Dans le même esprit, tous les futurs professeurs doivent désormais effectuer un stage en entreprise au cours de leur formation afin de se confronter aux réalités du monde économique et social.












