Question d'éducation numéro 1: septembre octobre 2006

actus ministère

ON DOIT TOUS QUELQUE CHOSE À UN PROFESSEUR. 35secondes pour rendre hommage au plus beau métier du monde

Des prénoms et des noms prononcés par Lilian Thuram, Jean d’Ormesson, Christine Ockrent, Jenifer, Julien Clerc, Gérard Jugnot, Simone Veil… Le panneau final s’affiche : « On doit tous quelque chose à un professeur. » Car derrière chaque nom inconnu évoqué se cache un enseignant. Qui a marqué et aidé une personnalité, alors qu’elle n’était qu’enfant ou adolescent, à devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Un film de 35 secondes au message essentiel. Nadège Maillard, responsable budget de l’agence publicitaire Leg, a suivi l’aventure du film depuis le début. «Tout a commencé avec une série de violences commises contre des professeurs l’année dernière », explique -t-elle. Le cas d’une jeune femme poignardée en plein cours par un de ses élèves avait frappé l’opinion… et la conscience civique de Gabriel Gaultier, fondateur de l’agence. Il imagine un film pour redonner de la fierté à une profession malmenée. Grâce à la complicité de Jacques Séguéla, il rencontre Gilles de Robien au ministère de l’Éducation nationale. L’idée du film séduit d’autant plus que le ministre souhaite mobiliser l’opinion publique sur l’importance du rôle de la communauté éducative, trop souvent décriée. Fort de cet accord, l’agence Leg, le groupe Havas et l’agence de production HKDB se lancent gracieusement dans la fabrication du film. Le ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche adresse alors une lettre à diverses personnalités pour leur demander de bien vouloir soutenir cette initiative et de participer au tournage. Toutes acceptent avec enthousiasme. Chacun se souvient d’un professeur qui l’a marqué, qui lui a révélé une passion. Deux mois plus tard, le film voit le jour et le collectif « Vive l’École de la


République ! » est formé. Il regroupe tous ceux qui veulent défendre une école fondée sur l’égalité des chances et sur les valeurs de transmission. Pour soutenir le collectif, le ministère crée un site Internet sur lequel le film est téléchargeable. Partageant cet état d’esprit, la plupart des chaînes de télévision ont également accepté de diffuser gratuitement « On doit tous quelque chose à un professeur » sur leurs écrans. Elles rejoignent ainsi les valeurs du collectif en n’hésitant pas à clamer «Vive l’École de la République ! »

 

LE RAPPROCHEMENT DES CONJOINTS

Afin de donner aux personnels de l’Éducation nationale les moyens d’être plus épanouis dans leur vie personnelle, l’objectif annoncé par le ministre est de satisfaire neuf demandes de rapprochement des conjoints sur dix dès la rentrée 2007. Le nouveau régime de bonifications entend limiter au maximum à deux ans les durées de séparation, notamment pour les couples avec enfants. La perspective d’une vie de famille normale doit être certes offerte à tous, mais doit d’abord bénéficier à ceux qui ont la charge d’une famille.

CAP SUR LE NUMÉRIQUE

Annoncé en septembre, le plan de développement des technologies de l’information appliquées à l’éducation doit contribuer à faire de ces nouvelles technologies une priorité dans la formation des élèves. Elles doivent, à terme, gagner le statut d’instrument d’accompagnement de la scolarité. Le développement des Espaces Numériques de Travail (ENT) intervient en premier lieu pour faciliter la scolarité de tous les élèves. Déjà utilisés par 300 000 élèves, les ENT doivent être plus largement investis, particulièrement par les élèves qui en ont le plus besoin. Cette sorte de “bureau virtuel” doit devenir une véritable interface entre les parents, les enseignants, les collectivités et l’élève. À partir d’un simple accès Internet, l’ENT permet à l’élève d’accéder à des contenus pédagogiques.

En permettant un lien direct entre les professeurs et les parents, il est aussi fondamentalement le moyen d’impliquer davantage tous les acteurs dans la scolarité de l’enfant. L’utilisation de ces nouvelles technologies doit donc faire partie du savoir-faire de base d’un enseignant, et entrer, parlà même, dans le champ des compétences validées en fin de formation initiale des professeurs stagiaires. Il s’agit aussi de mettre l’outil informatique au service de leur pratique pédagogique. À cet effet, chaque nouvel enseignant recevra une clé USB, enrichie de contenus pédagogiques liés à sa discipline. Elle leur permettra, par la suite, de télécharger des contenus susceptibles d’illustrer leurs cours. Pour cette première année, 6 000 clés seront ainsi produites à titre expérimental.