L'I.G.A.E.N.R. remet chaque année aux ministres cent à cent vingt rapports dont un grand nombre sont le fruit de travaux menés en collaboration avec d'autres inspections générales. L'éclairage qu'ils apportent sur certaines évolutions positives ou, au contraire, sur des secteurs préoccupants du système éducatif peuvent contribuer à la prise de décisions des responsables concernés.
Il est possible de télécharger l'intégralité des rapports dont les titres apparaissent ci-après ainsi que de ceux qui sont accessibles à partir de la rubrique « rechercher ».
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La série scientifique au cycle terminal du lycée : articulation avec le cycle de détermination et orientation vers les études supérieures [novembre 2007]
La mise en place des pôles de recherche et d'enseignement supérieur [septembre 2007]
L'évaluation des étudiants à l'université : point aveugle ou point d'appui ? [juillet 2007]
À l'heure de la décentralisation, des nouvelles technologies et de la nécessaire prise en compte des publics en difficulté, quelles missions, quels enjeux, quels modes d'action pour l'établissement scolaire ?
À l'heure aussi de la LOLF et de la révision générale des politiques publiques, comment améliorer la performance de l'appareil universitaire et du dispositif de recherche et accroître, à la faveur de recompositions, leur visibilité ?
À l'heure enfin du dépassement des frontières, quelles actions internationales envisager, en matière éducative, pour une inspection générale ?
Malgré les réformes mises en uvre, la suprématie de la série S ne se dément pas. Elle reste une filière élitiste, qui ouvre toutes les portes pour accéder à l'enseignement supérieur avec les meilleures chances de réussite, mais qui n'oriente pas suffisamment vers les sciences. Cette situation est la conséquence à la fois d'un échec des enseignements de détermination en classe de seconde qui pré orientent les élèves plus qu'ils ne les aident à se déterminer, et de caractéristiques propres à cette série : part importante d'enseignements généralistes, enseignement scientifique perçu encore comme aride, spécialités en terminale dont l'effet n'est pas celui escompté, très (trop) haut niveau d'exigences de la part des enseignants. Pour y remédier, le rapport préconise d'instaurer en seconde une préparation au choix qui permette aux élèves d'aborder tous les grands domaines de formation qui s'offrent à eux en les articulant avec les grands types de débouchés et d'organiser l'enseignement au cycle terminal autour d'un tronc commun et d'enseignements d'approfondissement dont le poids augmenterait entre la première et la seconde afin que les élèves effectuent un choix progressif.
La constitution de pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) est un des nouveaux instruments de coopération proposés par la loi de programme pour la recherche du 18 avril 2006. Elle correspond à un besoin ressenti par toute la communauté concernée de mettre fin à l'émiettement territorial de la carte universitaire et de recherche. Sans prétendre mesurer l'impact à terme du dispositif des PRES, ce qui serait prématuré, l'IGAENR procède dans ce rapport à un premier bilan de la mise en place des pôles observables fin juin 2007. Cette analyse nationale s'appuie sur les contributions de tous les groupes territoriaux de l'inspection générale et sur des entretiens avec les principaux acteurs du système de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Ce rapport entend montrer en quoi la question de l'évaluation des étudiants à l'université et des examens, qui a rarement été sous les feux de la rampe, devrait être considérée comme stratégique pour la qualité des études. Mettant en évidence qu'on est loin de toujours savoir quelles compétences atteste un diplôme, le rapport défend l'idée que les examens universitaires devraient clarifier leur modèle d'évaluation, enfermé aujourd'hui dans des règles trop complexes, fluctuantes et discutables.
L'évaluation des étudiants devrait être construite de façon plus méthodique en référence aux objectifs des formations et bénéficier d'un travail collectif des enseignants, d'un contrôle qualité dans les U.F.R. ainsi que d'un pilotage national plus développés.
La mise place de la LOLF a modifié les pratiques budgétaires des universités. Elle induit des modifications d'approche des systèmes d'information et conduit les établissements à s'intéresser plus activement à la production d'indicateurs. Le rapport, à partir d'un échantillon de cinq universités et établissements, fait le point sur les évolutions des processus techniques, ainsi que sur les transformations des modes de pilotage et d'animation des établissements générées par la LOLF. L'analyse de la prise en compte de la dimension performance dans la relation entre l'Etat et les établissements est également étudiée. Au moment où la loi dessine de nouvelles marges d'autonomie, le rapport contribue à l'état des lieux des pratiques de gestion et d'animation des établissements.
L'insertion professionnelle des étudiants constitue un enjeu majeur pour les universités. Comment celles-ci informent-elles les étudiants sur les chances de réussite et les débouchés des formations ? Au moyen de quels acteurs, de quelles instances et de quels processus ? Quel est le rôle des observatoires ? Comment les étudiants sont-ils accompagnés vers leur insertion ?
Le rapport, qui se fonde sur une observation approfondie menée dans cinq universités, montre que les enjeux ont été saisis, que les études d'insertion et les suivis de cohortes existent, que les actions d'information sont nombreuses et diversifiées. Toutefois, une meilleure coordination des nombreux intervenants dans ces domaines, selon un schéma d'organisation arrêté par chaque établissement, ainsi qu'un pilotage plus affirmé, associant davantage les indicateurs construits et l'action des enseignants auprès des étudiants, permettraient une efficacité plus grande de ces dispositifs.
Depuis plus de dix ans, l'enseignement de la philosophie en lycée professionnel a été expérimenté par des enseignants ou des inspecteurs soucieux de faire bénéficier les élèves préparant le bac professionnel d'un enseignement jugé essentiel à la formation des autres bacheliers et de réduire ainsi la distance entre la voie professionnelle et les autres voies du lycée. Des initiatives rectorales ont permis de développer des démarches systématiques dans plusieurs académies, notamment celle de Reims, où le nombre d'établissements et d'élèves concernés a permis de dépasser le stade strictement expérimental.
La mission menée par les inspecteurs généraux s'est donné pour objectif d'en apprécier les effets au bénéfice des élèves, dans le domaine des connaissances, des aptitudes et des attitudes, au cours de leur scolarité et au-delà, et aussi sous l'angle du fonctionnement du lycée.
Leur rapport souligne que l'enseignement de la philosophie en lycée professionnel, tel qu'ils ont pu l'examiner dans l'académie de Reims, a fait la preuve de son opportunité et de sa faisabilité. Ils estiment qu'au-delà même des principes d'équité, les avantages éducatifs, mais aussi culturels et sociaux qu'en retirent des élèves souvent les plus démunis l'emportent très largement sur les coûts collectifs, au demeurant modestes. Aussi son développement doit-il être soutenu et encouragé. Ils formulent également des propositions pour en favoriser, de manière réaliste et responsable, l'extension et pour l'organiser durablement dans les établissements volontaires.
L'université de Belfort-Montbéliard (U.T.B.M.), la troisième des universités de technologie, est née comme celle de Troyes d'une délocalisation de l'université de Compiègne. Créée officiellement en 1999, elle a su réaliser la fusion de deux établissements fort différents (l'institut polytechnique de Sevenans et l'école nationale d'ingénieurs de Belfort) et mettre en place des filières de formations attractives. Celles-ci forment des ingénieurs de qualité, qui trouvent aisément et rapidement un emploi de bon niveau.
Largement soutenue par les collectivités territoriales, l'U.T.B.M. a permis le développement de l'enseignement supérieur dans le nord de la Franche-Comté et elle coopère bien avec le tissu économique local.
Elle doit toutefois progresser dans le domaine de la recherche et dans la qualité de ses recrutements. Aussi des choix stratégiques s'imposent-ils dès cette année afin qu'elle acquière une nouvelle dimension :
- au niveau local, pour régler les problèmes de collaboration avec l'université de Franche-Comté ou celle de Haute Alsace ;
- au niveau national, car le devenir de l'U.T.B.M. réside dans la participation à des réseaux d'établissements du même type, basés sur l'excellence. Il est lié aussi aux choix de coopération qui seront faits dans le cadre d'une politique nationale de réseaux et de pôles de recherche et d'enseignement supérieur ;
- au niveau international, où elle doit sélectionner les partenariats utiles en liaison avec les autres universités de technologie.
Un nouvel élan est donné au processus de contractualisation des organismes publics de recherche avec l'État, qui repose désormais sur les dispositions de la loi de programme pour la recherche du 18 avril 2006. Par ailleurs, la mise en uvre des principes de la loi organique relative aux lois de finances entre nécessairement en ligne de compte dans les relations entre les organismes publics de recherche et leurs tutelles ainsi que dans les finalités et le contenu de leurs contrats d'objectifs quadriennaux.
Le rapport de l'IGAENR répond donc à deux objectifs : d'une part, la réalisation d'un bilan consacré aux contrats signés par l'État et les organismes publics de recherche depuis 2000 ; d'autre part, une réflexion et des propositions sur les évolutions des opérations contractuelles, tenant compte des nouveaux facteurs d'environnement législatifs et réglementaires. Cette analyse est fondée sur un échantillon de huit grands établissements de recherche. La contractualisation prochaine de l'Agence nationale de la recherche (A.N.R.) fait l'objet d'une étude et de propositions spécifiques.
Dans le cadre de la cinquième vague d'audits de modernisation de l'État, les inspections générales de l'éducation nationale, l'inspection générale des finances et le conseil général des technologies de l'information se sont interrogés sur la part que pouvaient prendre les TIC dans la modernisation du système éducatif, au niveau tant de la gouvernance du système, des pratiques pédagogiques et des apprentissages que du marché des ressources.
Le constat dressé est en demi-teinte. Il souligne que l'institution n'est pas en mesure de définir précisément ses attentes en matière de TICE, sauf à les limiter à l'acquisition du B2i par les élèves. Dès lors il ne saurait tirer un véritable parti de ces nouveaux outils. Les freins à l'usage restent nombreux, les disparités fortes et le marché peine à atteindre son niveau de viabilité.
Il apparaît donc, en premier lieu, nécessaire de reconstituer d'abord un cadre de gouvernance national plus efficace. Celui-ci doit impliquer la direction pédagogique du ministère, chargée de concevoir et d'affirmer une politique d'ensemble, dont la mise en uvre sera servie par des outils et des référentiels adaptés. La convergence des efforts de l'État et des collectivités territoriales est néanmoins décisive pour le développement des TICE et le rapport propose de faire du territoire académique un échelon de cohérence et un lieu de mutualisations de leurs initiatives respectives par le biais de plates-formes territoriales de services. Un troisième axe de propositions recommande à l'éducation nationale de mettre en place la conduite du changement des pratiques pédagogiques adaptée à l'enjeu. Le développement progressif des usages et de la demande devrait enfin favoriser la viabilisation et la structuration du marché des ressources.
