L'I.G.A.E.N.R. remet chaque année aux ministres cent à cent vingt rapports dont un grand nombre sont le fruit de travaux menés en collaboration avec d'autres inspections générales. L'éclairage qu'ils apportent sur certaines évolutions positives ou, au contraire, sur des secteurs préoccupants du système éducatif peuvent contribuer à la prise de décisions des responsables concernés.
Il est possible de télécharger l'intégralité des rapports dont les titres apparaissent ci-dessous ainsi que ceux accessibles à partir de la rubrique "rechercher" en bas de page.
Troisième note de synthèse sur la mise en œuvre de la réforme de l’enseignement primaire
[juillet 2009]
La rénovation de la voie professionnelle
[juillet 2009]
Ce rapport présente les constats effectués par l'I.G.A.E.N.R. et l'I.G.E.N. dans un échantillon de quatre académies sur la préparation de la mise en œuvre de la rénovation de la voie professionnelle à la rentrée 2009, rénovation se caractérisant principalement par une réduction du cursus menant au baccalauréat professionnel, la recherche d'une plus grande flexibilité des parcours et une autonomie nettement renforcée des lycées professionnels. Il montre que cette réforme est portée par une dynamique positive et que les structures et les moyens nécessaires ont été globalement mis en place dans les établissements. Néanmoins, la mission a relevé des interrogations ou des difficultés sur lesquelles elle appelle l'attention.
En premier lieu, dans le contexte d'une réforme qui vise la réussite du maximum de jeunes, grâce notamment à une reconfiguration de la carte des formations autour du BAC pro trois ans et d'une offre de C.A.P. renforcée, on doit s'assurer qu'une solution a été trouvée pour le plus grand nombre. Il convient donc d'être attentif dès cette rentrée à l'impact de la rénovation sur l'accueil et les parcours des élèves au L.P. . Des enjeux importants sont en cause : l'équilibre entre les voies de formation, la prise en charge des élèves les plus fragiles, la continuité des parcours.
La seconde priorité est d'accompagner les établissements pour qu'ils utilisent les nouvelles marges de manœuvre dont ils disposent pour organiser les enseignements et mettre en place l'accompagnement personnalisé des élèves, ce qui appelle un nouveau mode de pilotage, notamment de la part des corps d'inspection. En outre, les établissements rencontrent dans l'organisation du cycle BAC pro trois ans des difficultés auxquelles il faut apporter rapidement des réponses, principalement en ce qui concerne la place de la certification intermédiaire.
L’année scolaire 2008-2009 a été une année exceptionnelle de réforme de
l’enseignement primaire, tant par le nombre des mesures nouvelles que
par leur diversité. Le bilan de l’année, dressé par une importante
mission d’inspection générale, est largement positif. Il est d’abord dû
à la loyauté d’une grande majorité d’enseignants. Il est aussi le fruit
de l’engagement de tout l’encadrement territorial de l’éducation
nationale ; les recteurs, les I.A.-D.S.D.E.N. et surtout les I.E.N. et leurs collaborateurs.
Après
l’adoption massive de la semaine scolaire sur quatre jours, la
réflexion sur les rythmes scolaires devra être approfondie. Si le
succès de l’aide personnalisée est réel, son effet sur les
apprentissages et sur les acquis des élèves est plus difficile à
mesurer. Toutefois, l’accord s’avère général sur l’intérêt de cette
forme d’aide. Le défi des nouvelles évaluations des élèves de C.M.2 et de C.E.1 a été relevé et les stages de remise à niveau sont en forte progression cette année.
Il
est nécessaire de poursuivre la mise en uvre de toutes ces réformes,
d’approfondir les nouvelles démarches, en vue de consolider les progrès
dans les pratiques et dans les mentalités, et de mettre en cohérence
toutes les conséquences que les mesures prises induisent, notamment
dans le domaine de l’aide aux élèves en difficultés et dans
l’organisation générale de l’enseignement primaire.
À l'heure de la décentralisation, des nouvelles technologies et de la nécessaire prise en compte des publics en difficulté, quelles missions, quels enjeux, quels modes d'action pour l'établissement scolaire ?
À l'heure aussi de la LOLF et de la révision générale des politiques publiques, comment améliorer la performance de l'appareil universitaire et du dispositif de recherche et accroître, à la faveur de recompositions, leur visibilité ?
À l'heure enfin du dépassement des frontières, quelles actions internationales envisager, en matière éducative, pour une inspection générale ?
Malgré les réformes mises en uvre, la suprématie de la série S ne se dément pas. Elle reste une filière élitiste, qui ouvre toutes les portes pour accéder à l'enseignement supérieur avec les meilleures chances de réussite, mais qui n'oriente pas suffisamment vers les sciences. Cette situation est la conséquence à la fois d'un échec des enseignements de détermination en classe de seconde qui pré orientent les élèves plus qu'ils ne les aident à se déterminer, et de caractéristiques propres à cette série : part importante d'enseignements généralistes, enseignement scientifique perçu encore comme aride, spécialités en terminale dont l'effet n'est pas celui escompté, très (trop) haut niveau d'exigences de la part des enseignants. Pour y remédier, le rapport préconise d'instaurer en seconde une préparation au choix qui permette aux élèves d'aborder tous les grands domaines de formation qui s'offrent à eux en les articulant avec les grands types de débouchés et d'organiser l'enseignement au cycle terminal autour d'un tronc commun et d'enseignements d'approfondissement dont le poids augmenterait entre la première et la seconde afin que les élèves effectuent un choix progressif.
La constitution de pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES) est un des nouveaux instruments de coopération proposés par la loi de programme pour la recherche du 18 avril 2006. Elle correspond à un besoin ressenti par toute la communauté concernée de mettre fin à l'émiettement territorial de la carte universitaire et de recherche. Sans prétendre mesurer l'impact à terme du dispositif des PRES, ce qui serait prématuré, l'IGAENR procède dans ce rapport à un premier bilan de la mise en place des pôles observables fin juin 2007. Cette analyse nationale s'appuie sur les contributions de tous les groupes territoriaux de l'inspection générale et sur des entretiens avec les principaux acteurs du système de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Ce rapport entend montrer en quoi la question de l'évaluation des étudiants à l'université et des examens, qui a rarement été sous les feux de la rampe, devrait être considérée comme stratégique pour la qualité des études. Mettant en évidence qu'on est loin de toujours savoir quelles compétences atteste un diplôme, le rapport défend l'idée que les examens universitaires devraient clarifier leur modèle d'évaluation, enfermé aujourd'hui dans des règles trop complexes, fluctuantes et discutables.
L'évaluation des étudiants devrait être construite de façon plus méthodique en référence aux objectifs des formations et bénéficier d'un travail collectif des enseignants, d'un contrôle qualité dans les U.F.R. ainsi que d'un pilotage national plus développés.
La mise place de la LOLF a modifié les pratiques budgétaires des universités. Elle induit des modifications d'approche des systèmes d'information et conduit les établissements à s'intéresser plus activement à la production d'indicateurs. Le rapport, à partir d'un échantillon de cinq universités et établissements, fait le point sur les évolutions des processus techniques, ainsi que sur les transformations des modes de pilotage et d'animation des établissements générées par la LOLF. L'analyse de la prise en compte de la dimension performance dans la relation entre l'Etat et les établissements est également étudiée. Au moment où la loi dessine de nouvelles marges d'autonomie, le rapport contribue à l'état des lieux des pratiques de gestion et d'animation des établissements.
L'insertion professionnelle des étudiants constitue un enjeu majeur pour les universités. Comment celles-ci informent-elles les étudiants sur les chances de réussite et les débouchés des formations ? Au moyen de quels acteurs, de quelles instances et de quels processus ? Quel est le rôle des observatoires ? Comment les étudiants sont-ils accompagnés vers leur insertion ?
Le rapport, qui se fonde sur une observation approfondie menée dans cinq universités, montre que les enjeux ont été saisis, que les études d'insertion et les suivis de cohortes existent, que les actions d'information sont nombreuses et diversifiées. Toutefois, une meilleure coordination des nombreux intervenants dans ces domaines, selon un schéma d'organisation arrêté par chaque établissement, ainsi qu'un pilotage plus affirmé, associant davantage les indicateurs construits et l'action des enseignants auprès des étudiants, permettraient une efficacité plus grande de ces dispositifs.
Depuis plus de dix ans, l'enseignement de la philosophie en lycée professionnel a été expérimenté par des enseignants ou des inspecteurs soucieux de faire bénéficier les élèves préparant le bac professionnel d'un enseignement jugé essentiel à la formation des autres bacheliers et de réduire ainsi la distance entre la voie professionnelle et les autres voies du lycée. Des initiatives rectorales ont permis de développer des démarches systématiques dans plusieurs académies, notamment celle de Reims, où le nombre d'établissements et d'élèves concernés a permis de dépasser le stade strictement expérimental.
La mission menée par les inspecteurs généraux s'est donné pour objectif d'en apprécier les effets au bénéfice des élèves, dans le domaine des connaissances, des aptitudes et des attitudes, au cours de leur scolarité et au-delà, et aussi sous l'angle du fonctionnement du lycée.
Leur rapport souligne que l'enseignement de la philosophie en lycée professionnel, tel qu'ils ont pu l'examiner dans l'académie de Reims, a fait la preuve de son opportunité et de sa faisabilité. Ils estiment qu'au-delà même des principes d'équité, les avantages éducatifs, mais aussi culturels et sociaux qu'en retirent des élèves souvent les plus démunis l'emportent très largement sur les coûts collectifs, au demeurant modestes. Aussi son développement doit-il être soutenu et encouragé. Ils formulent également des propositions pour en favoriser, de manière réaliste et responsable, l'extension et pour l'organiser durablement dans les établissements volontaires.
L'université de Belfort-Montbéliard (U.T.B.M.), la troisième des universités de technologie, est née comme celle de Troyes d'une délocalisation de l'université de Compiègne. Créée officiellement en 1999, elle a su réaliser la fusion de deux établissements fort différents (l'institut polytechnique de Sevenans et l'école nationale d'ingénieurs de Belfort) et mettre en place des filières de formations attractives. Celles-ci forment des ingénieurs de qualité, qui trouvent aisément et rapidement un emploi de bon niveau.
Largement soutenue par les collectivités territoriales, l'U.T.B.M. a permis le développement de l'enseignement supérieur dans le nord de la Franche-Comté et elle coopère bien avec le tissu économique local.
Elle doit toutefois progresser dans le domaine de la recherche et dans la qualité de ses recrutements. Aussi des choix stratégiques s'imposent-ils dès cette année afin qu'elle acquière une nouvelle dimension :
- au niveau local, pour régler les problèmes de collaboration avec l'université de Franche-Comté ou celle de Haute Alsace ;
- au niveau national, car le devenir de l'U.T.B.M. réside dans la participation à des réseaux d'établissements du même type, basés sur l'excellence. Il est lié aussi aux choix de coopération qui seront faits dans le cadre d'une politique nationale de réseaux et de pôles de recherche et d'enseignement supérieur ;
- au niveau international, où elle doit sélectionner les partenariats utiles en liaison avec les autres universités de technologie.