AMBIANCES
 
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Les ambiances de travail (bruit, éclairage, ambiance thermique...) sont des éléments essentiels pour la bonne exécution d'une tâche, tant leur impact sur l'individu (fatigue physique, stress, irritabilité) est important. Les surdités professionnelles font partie des maladies professionnelles les plus fréquentes en France.  

I . LE BRUIT

I . 1 . ÉVALUER LES RISQUES

La nuisance engendrée par les ondes sonores est communément appelée bruit.
Celui-ci est plus ou moins gênant selon la source qui est à son origine et selon la sensibilité de celui qui le reçoit (critère de tolérance). Il réduit la perception des dangers (véhicules...).

Les ondes sonores sont caractérisées par leur amplitude (ou niveau de pression sonore) et leur fréquence.
L’amplitude s’exprime en décibels (dB) selon une échelle logarithmique et la fréquence en hertz (Hz).

Deux bruits de même amplitude ne s’additionnent pas mais l’amplitude résultante est égale à l’amplitude individuelle + 3dB.
La perception d'un doublement du niveau sonore correspond, en fonction du niveau ambiant, à une augmentation de l'amplitude de 5 à 10 dB(A).
L’amplitude du bruit reçu dépend du bruit émis mais aussi de la distance et de la réverbération des parois du local concerné.
Les fréquences audibles (pour l’oreille humaine) sont comprises entre 20 Hz et 20000 Hz.
L’oreille ayant une sensibilité variable selon les fréquences, une unité particulière d’amplitude pour la physiologie humaine a été introduite : le décibel pondéré A ou dB(A).

Il est important d’être vigilant vis à vis des risques liés au bruit, car les conséquences physiologiques de ces nuisances (surdité totale ou partielle) sont irréversibles à terme. Des effets somatiques ont aussi été décrits (hypertension artérielle, fatigue,...).

Les effets dus au bruit sont fonction de l’amplitude et de la durée de ce bruit. Ainsi, un bruit de 85 dB(A) supporté pendant 8 heures produit les mêmes effets qu'un bruit de 100 dB(A) pendant 15 minutes.
 

Valeurs réglementaires :

 

Exposition sonore moyenne (8 heures)

Pression acoustique
de crête

Forniture obligatoire des EPI

seuil 85 dB(A)

seuil 135 dB(A)

Port obligatoire des EPI

seuil 90 dB(A)*

seuil 140 dB(A)

EPI : Equipement de protection individuelle
*  Un programme de réduction du niveau sonore doit être mis en place


Bruits de référence :

0 dB (A) : seuil d’audition
15 dB (A) : forêt
40 dB (A) : bibliothèque
65 dB (A) : bureau, salle de cours 
85 dB (A) : restaurant d’entreprise, circulation urbaine
100 dB (A) : marteau-piqueur, menuiserie
110 dB (A) : concert d’un groupe de rock
125 dB (A) : avion au décollage (à 100m)
140 dB (A) : réacteur d’avion (à 25m), seuil de douleur

 

I . 2 . PRÉVENIR LES RISQUES

Les mesures préventives doivent être collectives et/ou individuelles.

LA PRÉVENTION COLLECTIVE

Choisir des procédés et appareils peu ou moins bruyants par construction.
Bien fixer les appareils vibrants (resserrer vis, boulons, écrous et contrôler le bon état des amortisseurs).
Utiliser des capots, écrans, caissons, cabines,... pour obtenir le niveau sonore le plus bas possible.
Utiliser, pour éviter la réverbération des bruits, des matériaux absorbants pour les sols, murs et plafonds.
Limiter le temps d'exposition.
S’isoler si possible des autres personnes lors d'opérations ponctuelle.


LA PROTECTION INDIVIDUELLE

Un équipement de protection individuelle (casque antibruit ou bouchons d’oreilles) contre le bruit doit maintenir l’amplitude sonore en dessous des valeurs réglementaires. Certains permettent un affaiblissement global de 20 dB(A).

II . L'ECLAIRAGE

II . 1 . ÉVALUER LES RISQUES

Les problèmes liés à l’éclairage sont très souvent sous-estimés.
Or 80 % des impressions sensorielles sont de nature optique et 25 % du potentiel énergétique est utilisé pour la fonction visuelle.
Un mauvais éclairage peut donc conduire à une fatigue visuelle et nerveuse, altérant la qualité du travail fourni.

 II . 2 . PRÉVENIR LES RISQUES

La réglementation établit que le recours à la lumière naturelle et la possibilité de vue sur l’extérieur sont obligatoires sauf dans le cas où l’utilisation des locaux impose un éclairage artificiel.
Les locaux de travail, vestiaires, sanitaires, doivent pouvoir disposer d’un éclairement minimum de 120 lux. Pour les travaux particulièrement difficiles 1000 lux peuvent être requis. Un éclairement de 300 à 500 lux est souvent recommandé.
Lors de l’utilisation d’un éclairage artificiel, outre l’éclairement, la qualité de l’éclairage doit être prise en compte. Cette qualité est définie par les paramètres ci dessous : 

-Indice de rendu des couleurs (IRC ou Ra) : il indique la capacité d’une lampe à restituer les différentes couleurs des objets qu'elle éclaire. Il doit toujours être supérieur à 80 et si possible 90.

-Température de couleur  (Tc) : c’est la couleur apparente émise par une source lumineuse. Une température basse donne une teinte chaude (jaune-rouge) et une température élevée une teinte froide (bleu-vert). La sensation de bien-être implique des températures basses (3000°K) pour des éclairages faibles (300-1500 lux) et des températures élevées (>5000°K) pour des éclairages forts (>2000 lux).

-Fréquence (Hz) : une fréquence élevée (30 kHz) élimine le papillotement des tubes fluos et supprime l’effet stroboscopique.
Le tableau ci dessous précise les valeurs minimales d’éclairement imposées par le code du travail et les valeurs recommandées par le référentiel des constructions universitaires. D'autres valeurs sont proposées par l'Association française d'éclairage.



Locaux affectés au travail
et leurs dépendances

Valeurs minimales  (en lux)

Voies de circulation intérieure

40

Escaliers et entrepôts

60

Locaux de travail, vestiaires, sanitaires

120

Locaux aveugles affectés à un travail permanent

200

 

Espaces extérieurs

Valeurs minimales d ’éclairement (en lux)

Zones et voies de circulation extérieures

10

Espaces extérieurs où sont effectués des travaux à caractère permanent

40

 

Type d ’activité

Valeurs minimales  (en lux)

Valeurs recommandées
(en lux)

Mécanique moyenne, dactylographie, travaux de bureau

200

400

Travail de petites pièces, bureau de dessin, mécanographie

300

40

Mécanique fine, gravure, comparaison de couleurs,
dessins difficiles, industrie du vêtement

400

Mécanique de précision, électronique fine, contrôles divers

600

Tâche très difficile dans l ’industrie ou les laboratoires

800

Halls d'accueil, locaux techniques
200
Amphithéâtres, salles de réunion, archives, reprographie, cafétérias, locaux associatifs, magasins de bibliothèques, restaurants
300
Salles banales, salles multimédia, laboratoires multimédia, salles de TP, ateliers industriels, laboratoires, centres de calcul, espaces de consultation de bibliothèque, cuisines

400
Tableaux de salles et amphithéâtres
500


Des dispositions doivent être prises contre le rayonnement solaire gênant et les risques d’éblouissement (surfaces réfléchissantes, luminaires).
L’efficacité des lampes diminue avec l’usage et le temps. Pour bénéficier d'une bonne qualité d'éclairement, il faut assurer un entretien régulier : nettoyage des vitres, des lampes et luminaires, remplacement des lampes défectueuses...

III . AMBIANCE THERMIQUE

III. 1 . ÉVALUER LES RISQUES

L’ambiance thermique, élément permanent des conditions de travail, est au minimum un facteur de confort physiologique et bien souvent aussi de sécurité. En effet, de mauvaises conditions thermiques dans les locaux de travail peuvent être à l’origine de maux de tête, gêne respiratoire, rhumes, douleurs,...

Il faut notamment veiller à ce que les équipements des postes de travail (photocopieuses, imprimantes,...) ne produisent pas un surcroît de chaleur susceptible de constituer une gêne pour les agents. Des installations thermiques défectueuses ou non entretenues peuvent favoriser le développement d'agents biologiques pathogènes (légionelles,...).

III. 2 . PRÉVENIR LES RISQUES

Les locaux fermés affectés au travail doivent être chauffés pendant la saison froide.

Le chauffage doit être assuré de telle façon qu’il maintienne une température convenable et ne donne lieu à aucune émanation délétère.

La température des locaux annexes, tels que locaux de restauration, locaux de repos, locaux pour le personnel en service de permanence, locaux sanitaires et locaux des premiers secours, doit répondre à la destination spécifique de ces locaux.

Lorsqu’un agent est exposé à des températures particulièrement basses, des équipements de protection individuelle adaptés (veste, gants,...) doivent lui être fournis.

Les appareils de chauffage mobiles ne sont pas autorisés dans les locaux recevant du public.

Les installations de chauffage et d'eau chaude sanitaire doivent être conçues et entretenues de manière à éviter le développement des légionelles.
 

IV . AERATION, ASSAINISSEMENT

IV .1. ÉVALUER LES RISQUES

Dans les locaux fermés affectés au travail, l’air doit être renouvelé de façon à :

LOCAUX A POLLUTION NON SPÉCIFIQUE

Il s’agit de locaux dans lesquels la pollution est liée à la seule présence humaine.


LOCAUX A POLLUTION SPÉCIFIQUE

Il s’agit de locaux dans lesquels des substances dangereuses ou gênantes sont émises sous forme de gaz, vapeurs, aérosols solides ou liquides ainsi que ceux contenant des sources de micro-organismes potentiellement pathogènes et des locaux sanitaires.

IV . 2 . PRÉVENIR LES RISQUES

Des règles d’aération et de ventilation particulières existent pour chacun de ces types de locaux.

 LOCAUX A POLLUTION NON SPÉCIFIQUE

Lorsque l’aération est assurée par des ouvrants, le volume par occupant doit être supérieur ou égal à 15 m3 (bureaux, travaux légers) ou 24 m3 (autres locaux).
Lorsque l’aération est assurée par des dispositifs de ventilation mécanique, le débit minimal varie selon le type de local.D’autre part, selon l’INRS, l’humidité des locaux de travail doit être maintenue au-dessus de 40% (optimum 60 à 65%) pour éviter un éventuel dessèchement des muqueuses.
Les installations d’aération et de ventilation doivent être entretenues et vérifiées au moins une fois par an (installations sans recyclage) ou au moins deux fois par an pour les installations avec recyclage.


LOCAUX A POLLUTION SPÉCIFIQUE

Dans le cas d’une pollution spécifique, les polluants doivent être captés au fur et à mesure de leur production, au plus près de leur source d’émission.Des dispositifs de compensation de l’air extrait doivent être installés pour que les dispositifs de captage soient efficaces.
L 'apport d'air neuf doit être de 25m3/h par personne en plus de la compensation des sorbonnes.
Les dispositifs d’extraction sont entretenus et contrôlés périodiquement.
Pour les polluants soumis à valeurs limites réglementaires (amiante, benzène, silice cristalline, chlorure de vinyle monomère, plomb, poussières de bois dur, gaz de fumigation), des mesures de concentration dans l’air du local sont effectuées périodiquement (tous les 6 mois à trois ans) par un organisme agréé.

Le tableau ci dessous précise les valeurs minimales d’air neuf imposées par le code du travail et les valeurs recommandées par le référentiel des constructions universitaires.


Désignation des locaux

Débit minimal d'air neuf par occupant
(en m3/heure)

Débit d'air neuf recommandé en volume de la pièce/heure

Bureaux, locaux sans travail physique
25
Locaux de restauration, locaux de vente, locaux de réunion
30
Ateliers et locaux avec travail physique léger
45
Autres ateliers et locaux
60
Centres de calcul, archives, magasins de bibliothèque, cuisines, locaux techniques
0,5
Ateliers industriels
2
Reprographies, détente cafétérias, espace consultation de bibliothèque, salles à manger de restaurant
3


Ces valeurs peuvent être augmentées en fonction des règlements sanitaires départementaux, ou après une analyse des risques.

 

 

SUIVI MÉDICAL

Les personnels effectuant de façon habituelle des travaux exposant à un niveau de bruit supérieur à 85dB(A) doivent avoir une consultation annuelle et des audiogrammes régulièrement. Les agents exposés à des ambiances thermiques extrêmes doivent avoir une surveillance médicale particulière.

 

 


Texte de référence

Code du travail
Code de la construction et de l'habitation
Code de la santé publique

Décret  n° 96-98 modifié du 7 février 1996 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à l'inhalation de poussières d'amiante

Arrêté du 9 janvier 1995 relatif à la limitation du bruit dans les établissements d’enseignement.

Circulaire DGS n° 97/311 du 24 avril 1997 relative à la surveillance et la prévention de la légionellose proposant des fiches techniques explicitant les mesures d'entretien préventif et curatif dans les différentes installations à risques des établissements recevant du public.

Circulaire n° 2000-218 du 28 novembre 2000 relatif à la protection des agents contre les risques liés à l'inhalation de poussières d'amiante.

 

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