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RISQUES
LIES AUX RAYONNEMENTS IONISANTS
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La
radioactivité est un phénomène naturel, provenant du
sol et du soleil. Son utilisation en sources scellées ou non, tant
dans le domaine industriel que médical, est très réglementée.
Si les expositions à des doses massives sont bien connues, les agents
des laboratoires de recherche sont souvent soumis à de faibles doses
dont on mesure encore mal les effets sur la santé. La prévention devra donc être orientée vers la meilleure maîtrise possible des niveaux d'expositions. |
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I . EVALUER LES RISQUES
I . 1. DESCRIPTION DES RISQUES
La radioactivité, tant naturelle qu’artificielle,
est due à l’instabilité des noyaux, lesquels émettent des particules (rayonnements
,ß
ou neutrons) ou des rayonnements électromagnétiques (rayonnements
X ou Y).
On distingue les sources non scellées, les sources scellées, les générateurs
de rayonnements X et les accélérateurs de particules.
I . 1..1. LES RISQUES LIÉS A LA MANIPULATION DE RADIOÉLÉMENTS EN SOURCES NON SCELLÉES
Les sources non scellées sont des sources dont la présentation et les conditions normales d’emploi ne permettent pas de prévenir toute dispersion de substances radioactives.
Selon le radioélément, les utilisateurs sont exposés à deux types d’expositions
:
- l’exposition externe ou irradiation,
- l’exposition interne ou contamination.
La contamination pouvant être :
- cutanée, lorsque le radionucléide est déposé sur la peau,
- incorporée, lorsque le radionucléide a pénétré dans l’organisme par les
voies respiratoire, cutanée ou orale.
I . 1.2. LES RISQUES LIÉS À LA MANIPULATION DES SOURCES SCELLÉES, DES GÉNÉRATEURS ÉLECTRIQUES (RAYONS X), DES ACCÉLÉRATEURS DE PARTICULES
Les sources scellées sont des sources constituées par des substances radioactives solidement incorporées dans des matières inactives ou scellées dans une enveloppe inactive, présentant une résistance suffisante pour éviter dans des conditions normales d’emploi, toute dispersion de substances radioactives.
Les utilisateurs sont uniquement soumis à un risque d’irradiation. Il survient lorsque la personne se trouve sur le trajet des rayonnements et cesse dès lors qu’elle en sort.L’émission des rayonnements est continue dans le cas des sources scellées. Pour les générateurs et les accélérateurs de particules, aucune émission de rayonnements n’est obtenue lorsqu’ils sont éteints.
I . 2. LES UNITÉS UTILISÉES EN RADIOPROTECTION
Becquerel (Bq) : unité d’activité, représente le nombre de
désintégrations par seconde.
(ancienne unité : Curie (Ci).)
1 Ci = 3,7.1010 Bq.
Gray (Gy) : unité de dose absorbée, représente la quantité d’énergie cédée par
unité de matière quel que soit le rayonnement et quelle que soit la matière
traversée.
(ancienne unité : « radiation absorbed dose » (rad))
1 Gy = 100 rads = 1 Joule/kg.
Sievert (Sv) : unité d’équivalent de dose, représente la dose absorbée dans
les tissus biologiques.
(ancienne unité : « radiation equivalent men » (rem)).
1 Sv = 100 rems
I . 3. LIMITES D’EXPOSITION DANS LES CONDITIONS NORMALES DE TRAVAIL
I . 3.1. EXPOSITION EXTERNE EXCLUSIVEMENT
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Partie du corps exposée |
Limite d’équivalent de dose pendant 12 mois consécutifs |
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Exposition globale de l’organisme entier |
50 mSv |
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Peau |
500 mSv |
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Cristallin |
150 mSv |
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Main, avant-bras, pieds, chevilles |
500 mSv |
Un décret relatif à la protection des travailleurs contre les dangers des rayonnements ionisants devrait paraître. Il fixera des valeurs inférieures.
I . 3.2. EXPOSITION INTERNE EXCLUSIVEMENT
La principale voie d’incorporation sur les lieux de travail étant l’inhalation (aérosols ou gaz), on définit la limite dérivée de concentration dans l’air (LDCA) comme la concentration de radionucléide dans l’air respiré, en moyenne sur l’année. Elle est exprimée en Bq/m3.
La limite annuelle d’incorporation (LAI) est l’activité qui, introduite dans l’organisme (inhalation ou ingestion), entraîne à terme pour un individu donné, une exposition égale à la limite de dose annuelle.
Les valeurs des LAI par ingestion ou par inhalation sont définies réglementairement.
Le décret relatif à la protection des travailleurs contre
les dangers des rayonnements ionisants et les arrêtés d’application fixeront
de nouvelles valeurs réglementaires.
II . PRÉVENIR LES RISQUES
La radioprotection nécessite la classification des lieux
de travail, celle des travailleurs ainsi que la mise en œuvre de mesures de
contrôle.
Les appareils de mesure en temps réel de la radioactivité permettent de
s’assurer de la pertinence des mesures de prévention adoptées.
La détention et l’utilisation de sources radioactives nécessitent une autorisation
de la Direction Générale de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (DGSNR).
II . 1 LA PERSONNE COMPÉTENTE EN RADIOPROTECTION (PCRP)
La personne compétente en radioprotection est chargée par le chef de service, de la maîtrise des risques lors de la manipulation de sources, de générateurs X ou d’accélérateurs de particules.
Elle a reçu une formation agréée et validée. Elle propose les mesures à prendre pour prévenir les risques et préconise les mesures à mettre en œuvre en cas d’urgence.
Elle doit s’assurer que les contrôles sont faits et les
recommandations appliquées. Elle doit fournir au service médical la liste
des personnes habituellement exposées et leur classement. Elle assure la distribution
et le ramassage des films dosimétriques. Elle doit être informée notamment
quand des modifications sont réalisées.
II . 2 LA DOSIMÉTRIE
Le port d’un dosimètre (poitrine, poignet,
doigt) permet d’évaluer à posteriori une dose individuelle. Il est inopérant
dans le cas d’émetteurs de rayonnement ß de faible énergie (carbone 14,
tritium, soufre 35, ...).
Pour les personnes pénétrant en zone contrôlée, la dosimétrie doit pouvoir être
lue en temps réel (dosimétrie opérationnelle).
II . 3 LES MESURES GÉNÉRALES DE PRÉVENTION
Tous les manipulateurs appelés à travailler avec des rayonnements ionisants doivent avoir été
déclarés aptes par le médecin de prévention.
En cas d’allaitement, les femmes ne doivent jamais être exposées à un risque d’incorporation.
Afin de prévenir les risques radioactifs, il est nécessaire de :
II . 4 LES MESURES COMPLÉMENTAIRES DE PRÉVENTION DES RISQUES D’EXPOSITION INTERNE (SOURCES NON SCELLÉES)
Les mesures de prévention consistent à éviter la dispersion et la pénétration
dans l’organisme.
Aménager le local (surfaces et plans de travail décontaminables, éviers à commande non manuelle, douches à proximité, vestiaires, …),
II . 5. LES MESURES COMPLÉMENTAIRES DE PRÉVENTION DES RISQUES D’EXPOSITION EXTERNE
Pour limiter ces risques, il faut :
II . 6. CONSIGNES EN CAS D’ACCIDENT
II . 6.1. EXPOSITION EXTERNE
Identifier les personnes victimes de l’incident.
Recenser quelques données :
- Pour un générateur de rayonnements X : les conditions de tension, l’intensité...,
- Pour une source radioactive : la nature et la forme physico-chimique du
radioélément, son activité à la date de l’incident,
- La durée estimée de l’exposition,
- L’emplacement des films dosimétriques d’ambiance et ceux portés par les
personnes présentes.
Demander le développement urgent de l’ensemble des
dosimètres.
Faire une évaluation médicale (médecin de prévention ou IRSN).
D’autre part, il est nécessaire :
La décontamination procède de la démarche inverse de celle du nettoyage en évitant tout étalement. Le bord extérieur de la tache est d’abord traité, la plus forte contamination étant traitée en dernier.
II . 7 CONSIGNES EN CAS DE
CONTAMINATION CORPORELLE
Attention : les valeurs limites ont été fixées réglementairement pour une population de travailleurs sains, étant entendu que toute irradiation peut avoir un effet.
La prévention consiste donc à diminuer voire éliminer toute exposition. L’urgence médicale prime toujours sur le traitement de l’exposition externe, de la contamination externe ou de la contamination interne.
III. GESTION DES DECHETS
Les déchets radioactifs doivent
être triés et conditionnés le plus en amont possible.
Ils sont triés en fonction de leur période radioactive, les déchets de période
courte (inférieure à 100 jours) sont mis en décroissance par la PCRP, les
autres déchets seront confiés à l’ANDRA.
Les déchets sont stockées dans des locaux dédiés, qui devront respecter la
réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement
.
Textes de référence
Décret n°2002-460 du 4 avril 2002 relatif à la protection générale
des personnes contres les dangers des rayonnements ionisants.
Décret n°86-1103 du 2 octobre 1986 modifié relatif à la protection des travailleurs
contre les dangers des rayonnements ionisants.
Circulaire DGS/SD7D/DHOS/E4 n°2001-323 du 9 juillet 2001 relative à la gestion
des effluents et des déchets d’activités de soins contaminés par des radionucléides
POUR EN SAVOIR PLUS
Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs :
www.andra.fr
Ministère, Direction Générale de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection
(DGSNR), sous-direction des activités industrielles et de recherche : www.asn.gouv.fr
Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire : www.irsn.fr