RISQUES LIES AU TRAVAIL AVEC DES ANIMAUX
 
 
 
Le passage par l'expérimentation animale est une étape nécessaire dans de nombreuses disciplines de la biologie.
Le contact avec les animaux présente des risques de contamination et d'allergie, et des risques physiques qu'il faut connaître.
Le travail en animalerie entraîne aussi l'utilisation de produits chimiques exigeant le respect d'un certain nombre de précautions.
Une formation initiale de base et le strict respect du règlement intérieur sont indispensables.

 
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 I . ÉVALUER LES RISQUES

I . 1. LES RISQUES DE CONTAMINATION POUR LE MANIPULATEUR

Les micro-organismes portés par les animaux peuvent être présents dans leur salive, sang, urine, matières fécales, air expiré, différents organes ainsi que dans les litières. Le risque de contamination peut provenir soit de la dispersion du germe étudié (virus, bactérie ou parasite), soit de la transmission accidentelle de l’animal malade ou porteur sain d’un germe transmissible à l’homme (zoonose).
Attention aux animaux sauvages qui peuvent plus souvent présenter ce risque.
Les risques biologiques doivent être analysés à partir de la classification des micro-organismes pathogènes et des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Les voies de pénétration usuelles dans l’organisme sont :
- la voie respiratoire (aérosols, poussières, allergènes…)
- la voie orale (mains sales ou stylo portés à la bouche avec ou sans gants…)
- la voie cutanée ou cutanéo-muqueuse. Une morsure, une griffure, une piqûre due à une seringue ou une plaie provoquée par du verre brisé peuvent très vite se compliquer en cas de transmission à l’homme d’agents pathogènes. Certains micro-organismes peuvent traverser la peau saine (gale, tularémie, teigne).


I . 2. LES RISQUES LIÉS AUX EQUIPEMENTS,  PRODUITS ET APPAREILLAGES

- Risques électriques dans des locaux humides
- Utilisation de matériels spéciaux dont il faut connaître le fonctionnement et les précautions d’emploi : autoclaves, machines à laver, matériel en verre.
- La désinfection aux rayonnements ultra-violets présente des risques d’irritation cutanée et oculaire, voire de brûlure, selon la longueur d’onde du rayonnement. Gare aux coups de soleil !
- Les nombreuses manutentions des matériels, des produits et des animaux sont source de lombalgies.
- Utilisation de produits toxiques : désinfectants, insecticides, anesthésiants, euthanasiques, produits incompatibles (eau de javel et acides)…
- La désinfection n’est pas non plus exempte de risques, en particulier du fait des produits utilisés.
L’eau de Javel contient du chlore qui peut provoquer des troubles chroniques ou réagir avec les produits acides ou le formol. Les anesthésiques (éther, halothane, chloroforme) : une intoxication minime est à craindre avec maux de tête, vertiges, impression d’avoir bu de l’alcool, car ils sont utilisés sous forme gazeuse.


I.3 LES RISQUES LIES AU TRAVAIL ISOLE

Le travail en animalerie implique souvent que l’expérimentateur ou l’animalier se trouve seul dans le local. Il faudra donc prévoir un système d’alerte performant.


II . PRÉVENIR LES RISQUES

Afin d’assurer la protection sanitaire des personnels et des animaux, la réglementation impose des conditions très strictes d’hébergement, d’élevage, de manipulations des animaux et de formation des personnels.
Le respect rigoureux de l’ensemble des bonnes pratiques de laboratoire (incluant les locaux, les matériels adéquats, une gestuelle adaptée aux animaux) diminue considérablement les risques.

II.1 LIMITER LE RISQUE INFECTIEUX

- Veiller à l’état sanitaire des animaux : acquisition d’animaux en provenance d’élevages contrôlés, quarantaine et contrôle sérologique des animaux nouvellement introduits, vaccinations éventuelles, surveillance et soins vétérinaires,
- Avoir une bonne hygiène personnelle : des douches doivent être installées dans les animaleries et les laboratoires travaillant sur les animaux   le lavage fréquent et la désinfection des mains sont nécessaires,
- Ne pas manger, boire, fumer dans les salles d’élevage,
- Eviter le transfert des germes en respectant le changement de vêtement et de chaussures,
- Baliser soigneusement les cages d’animaux en expérimentation,
- Nettoyer et désinfecter régulièrement  le matériel,
- Respecter les procédures autorisées pour l’élimination des litières et des déjections.
- Suivre les vaccinations préconisées par le médecin en fonction des animaux et/ou des microorganismes étudiés.

Mesures techniques de confinement

 

NIVEAU DE RISQUE

BIOLOGIQUE

 CLASSEMENT

DE L ’ANIMALERIE

AMÉNAGEMENT

DES LOCAUX

ÉQUIPEMENTS

BONNES PRATIQUES

GROUPE 2

A2

Sas  en dépression 

PSM II

Matériel à usage unique

Incinération des déchets

après autoclavage

Plans d’urgence

GROUPE 3

A3


Mêmes dispositions,

ainsi que :

Filtration de l’air  (en entrée et à l'extraction)

Isolement des animaux,

Isolateurs en dépression

Possibilité de fermeture

hermétique des locaux

lors de désinfections par

fumigation

Mêmes dispositions

ainsi que :

Lavabos à commande non

manuelle

Autoclaves à double entrée

Cages à couvercle filtrant,

entourées de bains d’huile

ou d’eau

Cages et biberons à usage

unique

Mêmes dispositions

ainsi que :

Vigilance accrue

GROUPE 4

A4

Mêmes dispositions
ainsi que : Filtration contrôlée

Mêmes dispositions
ainsi que : Scaphandre


Mêmes dispositions  ainsi que : Réactualisation
fréquente des protocoles d’expérimentation et des consignes

II.2 LIMITE LES RISQUES LIES A LA MANUTENTION DES ANIMAUX

La connaissance du comportement des animaux et du geste adéquat sont importants pour éviter les morsures, les griffures, voire les risques d’écrasement avec les plus gros animaux :

- être calme, observer le comportement de l’animal
- utiliser des pinces pour les petits animaux et des appareils de contention.
- Respecter les techniques et les protocoles expérimentaux.
- Pour les gros animaux, prendre garde aux agressions, aux chutes de cage.

Pensez à utiliser tous les moyens de contention à votre disposition, surtout si vous n’êtes pas sûr de vous.

Plusieurs techniques existent pour immobiliser, de façon partielle ou totale, un animal :
- à mains nues, ou protégées par des gants.
- en utilisant des longes, des liens ou des licols.
- En utilisant l’appareillage spécialisé : cage à panneaux amovibles, boites de contention.
- Au moyen d’anesthésiques ou de tranquillisants.

II.3 LIMITER LES RISQUES LIES AUX EQUIPEMENTS, MATERIELS ET PRODUITS

- Jeter immédiatement les aiguilles et autres instruments piquants ou coupants dans un container spécial, non perforable.
- Ne jamais plier les aiguilles, ne pas les replacer dans leur gaine, ne pas dégager à la main les aiguilles des seringues ou des systèmes de prélèvement sous vide.
- Il faut savoir que les appareils sous pression (autoclaves) doivent être vérifiés chaque année par un service compétent et contrôlés tous les 10 ans par le Service des Mines.
- Porte  des gants, un masque, des lunettes protégeant des UV.
- L’extinction des lampes UV peut être asservie à des minuteries ou à l’ouverture des portes, limitant ainsi les risques. Le port de lunettes ou de masque est  toutefois nécessaire lors du fonctionnement.

II.4 LIMITER LES RISQUES ELECTRIQUES

- Repérer les dispositifs de coupure du courant afin d’intervenir rapidement en cas d’accident ; ils doivent être clairement identifiés et facilement accessibles.
- Protéger les prise basses
- Ne pas utiliser les prises près des points d’eau.
- Eviter de laisser les sols humides.
- Signaler toute sensation de picotement au contact d’un appareil, ou toute odeur de brûlé.

II.5 LIMITER LES RISQUES LIES AUX PRODUITS CHIMIQUES

Au niveau des anesthésiques, l’éther présente essentiellement des risques d’inflammation :il ne faut jamais entreposer des animaux anesthésiés à l’éther dans un réfrigérateur non sécurisé, car il peut exploser à l’ouverture de la porte ou au redémarrage du compresseur. Les anesthésiques chlorés (halothane , chloroforme) sont toxiques et doivent être utilisés sous sorbonne ou avec un système de captage intégré à l’appareillage. Les anesthésiques injectés limitent les risques liés à la présence de vapeurs ( inflammation, intoxication), mais doivent être utilisés avec une bonne contention de l’animal pour limiter les risques de piqûre.
Les produits de nettoyage doivent être utilisés en se protégeant (gants, blouse, lunettes) et en évitant les mélanges de produits incompatibles ; en particulier, l’eau de Javel ne doit jamais être utilisée en même temps qu’un produit détartrant (acide). Bien lire les étiquettes des produits chimiques, se procurer les fiches de données de sécurité, permet d’éviter des actions dangereuses.

II.6 LIMITER LES AUTRES RISQUES

Pour éviter :
- les chutes ou les lombalgies (port de charges lourdes)
- les traumatismes ou blessures occasionnés par la chute des cages lors de leur manipulation :
- Il ne faut pas laisser les locaux encombrés, le sol souillé, humide ou dégradé.
- Apprendre les bons gestes de manutention.


SUIVI MÉDICAL
Une visite médicale préalable, puis annuelle, est obligatoire.
Les vaccinations contre le tétanos,
et éventuellement d’autres pathologies transmissibles,
doivent être mises à jour périodiquement.
Des épreuves fonctionnelles respiratoires ou des tests cutanés
permettent de détecter précocement d’éventuelles allergies dues au contact avec les animaux .
Le dossier médical doit être conservé au moins dix ans après la fin de l’exposition,
40 ans en cas d’expositions à des agents pathogènes des groupes 3 et 4.

FORMATION
Dans le cadre de l’expérimentation animale, il existe 3 niveaux de formation :
- le niveau 1 concerne les personnes responsables de l’expérimentation et leur permet d’obtenir l’autorisation d’expérimenter sur l’animal ;
- le niveau 2 concerne tous les personnels appelés à participer directement aux expériences ;
- le niveau 3 concerne le personnel affecté exclusivement à l’hébergement, l’entretien et au soin des animaux,
à l’exclusion de tout geste spécifique lié à l’expérimentation (injections d’hormones par exemple).
Ces formations doivent être réactualisées tous les 10 ans.
La formation à la conduite d’autoclaves est également indispensable pour tous les personnels effectuant des travaux sur ces appareils.

 

 

 

 

 

Textes de référence

Code du travail

Code rural

Décret n° 87-848 du 19 octobre 1987 modifié relatif aux expériences pratiquées sur les animaux

Arrêtés d'application du 19 avril 1988

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