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ORGANISATION
DE LA PREVENTION
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I
. LES RÈGLES RELATIVES À L’HYGIÈNE
ET À LA SÉCURITÉ
I . 1 LA PRÉVENTION DES RISQUES PROFESSIONNELS
La prévention des risques professionnels dans les établissements publics d’enseignement supérieur est régie par :
- le décret n° 82-453
du 28 mai 1982 modifié,
relatif à l’hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu’à la prévention
médicale dans la Fonction Publique,
- le décret n° 95-482 du 24 avril 1995 relatif aux comités d’hygiène et de sécurité dans les établissements publics d’enseignement supérieur.
Les règles applicables en matière d'hygiène et de sécurité dans les établissements publics, sont celles définies au livre II, titre III du code du travail et par les décrets pris pour son application, sous réserve des adaptations rendues nécessaires par les particularités de l’organisation administrative et qui sont précisément prévues par les autres dispositions de ce décret.
I . 2 LA SÉCURITÉ DU PUBLIC
Par la présence de public (étudiants) et par la nature de certaines de leurs activités, les établissements d'enseignement supérieur sont assujettis entre autres au code de la construction et de l'habitation, et notamment à la réglementation relative à la protection contre les risques d’incendie et de panique dans les établissements recevant du public (E.R.P) et à l'accessibilité aux personnes handicapées.
I . 3 LA PROTECTION DE LA SANTE PUBLIQUE
Les établissements d’enseignement supérieur recevant du public, sont assujettis au code de la santé publique et notamment à la réglementation relative à l'interdiction de fumer dans les lieux affectés à un usage collectif, à l'élimination des déchets d'activité de soins, à la protection de la population contre les risques sanitaires liés à une exposition à l'amiante, aux conditions d’hygiène applicables dans les établissements de restauration collective à caractère social; ils doivent également se conformer aux prescriptions du règlement sanitaire départemental.
I.4 LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENTLes établissements d’enseignement supérieur sont assujettis
au code de l'environnement et notamment à la réglementation relative aux installations
classées pour la protection de l’environnement, au contrôle de l'utilisation
et de la dissémination des organismes génétiquement modifiés (OGM), aux déchets
produits et détenus...
I.5 LA PROTECTION DE LA NATURE
Les établissements d'enseignement supérieur sont assujettis au code rural et
notamment à la réglementation relative aux expériences sur les animaux.
II
. LES ACTEURS DE LA PRÉVENTION AU
SEIN DE L’ÉTABLISSEMENT
II . 1 LES PERSONNELS ADMINISTRATIFS, ENSEIGNANTS ET TECHNIQUES
L'agent doit prendre soin, en fonction de sa formation
et selon ses possibilités, de sa sécurité et de sa santé ainsi que de celles
des autres personnes (collègues et étudiants) concernées du fait de ses
actes ou de ses omissions au travail (Code du Travail art. L.230-3). Il
est impliqué dans la politique de prévention de l'établissement.
Il doit s’informer des bonnes pratiques de travail, des dispositions à
prendre en cas d’accident ou de sinistre et des responsabilités encourues.
II . 2 LES RESPONSABLES
D'ÉTABLISSEMENT ET DE SERVICE
II . 2. 1 LE CHEF D'ÉTABLISSEMENT
Le chef d'établissement (président, directeur, administrateur)
a autorité sur l'ensemble du personnel, et est responsable du maintien de
l'ordre et de la sécurité. (Code de l'éducation, Art. L. 712-2 et décret
n°85-827 du 31 juillet 1985)
Le chef d'établissement doit élaborer et mettre en place une démarche globale
de prévention fondée sur l'application des principes généraux de prévention,
sur l'identification des dangers et l'évaluation des risques, la mise en
place d'une organisation et de moyens adaptés, la formation et l'information
des agents et des actions de prévention des risques professionnels. (Code
du travail article L.230-2)
Il doit transcrire et mettre à jour au moins annuellement dans un document
unique les résultats de l'évaluation des risques de l'établissement. (Code
du travail article R.230-1)
A la suite de l'évaluation et en tant que de besoin, les actions de prévention
mises en oeuvre par le chef d'établissement, et formalisées au travers du programme
annuel de prévention, doivent garantir un meilleur niveau de protection de la
sécurité et de la santé des personnels et des usagers, et être intégrées dans
l'ensemble des activités de l'établissement et à tous les niveaux de l'encadrement.
II . 2. 2. LE CHEF DE SERVICE (directeur d'UFR, d'institut, de service commun, de département, de laboratoire, etc.)
Le chef de service doit veiller, dans le cadre de ses attributions
et des délégations qui lui sont consenties, à la sécurité et à la protection
de la santé des agents placés sous son autorité. Il doit au sein de son service
mettre en oeuvre la démarche globale de prévention, transcrire et mettre à jour
au moins annuellement dans un document unique les résultats de l'évaluation des
risques de son service et établir et mettre en oeuvre un programme annuel de
prévention.
Il doit maintenir les installations en conformité et faire respecter les
lois, règlements et consignes. Il veille aux bonnes pratiques professionnelles;
il vérifie que les personnes placées sous son autorité reçoivent une formation
en matière d'hygiène et de sécurité.
Le chef de service doit, compte tenu de la nature des activités du service,
lorsqu'il confie des tâches à un travailleur, prendre en considération les
capacités de l'intéressé à mettre en oeuvre les précautions nécessaires
pour la sécurité et la santé. (Code du travail article L.230-2)
II . 3 . LES AGENTS ET SERVICES CHARGES DE LA PRÉVENTION DES RISQUES PROFESSIONNELS
II . 3. 1. LE SERVICE D'HYGIENE ET DE SECURITE
L’ingénieur d’hygiène et de sécurité, chef du service d'hygiène et de sécurité, assiste et conseille le chef d’établissement (ou directeur de composante), dans la définition et la mise en oeuvre de la politique de prévention de l’établissement ou de la composante.
Il assure notamment à ce titre, les missions suivantes :
- constitution d’une documentation technique et réglementaire,
- évaluation des risques,
- élaboration du programme annuel de prévention,
- suivi de la mise en oeuvre du programme annuel de prévention,
- contribution à la réalisation d' actions de prévention
(formation, information, gestion des déchets dangereux,...).
Il est membre du comité d’hygiène
et de sécurité (CHS) de l’établissement et il peut en assurer le secrétariat.
Il anime et coordonne le réseau constitué par les correspondants d’hygiène et
de sécurité ou agents chargés de la mise en oeuvre (ACMO) placés auprès des
chefs de service.
Il assure sa mission de prévention des risques professionnels en collaboration
notamment avec le médecin de prévention.
II.3.2 LE CORRESPONDANT D'HYGIENE ET DE SECURITE OU L’AGENT CHARGE DE LA MISE EN ŒUVRE DES REGLES D’HYGIENE
ET DE SECURITE (ACMO)
En relation avec l'ingénieur d'hygiène et de sécurité et le médecin de prévention
de l'établissement, l’ACMO ou correspondant d’hygiène et de sécurité, préalablement
formé à sa nomination, assiste et conseille le chef de service dans la mise
en oeuvre des règles d’hygiène et de sécurité visant à :
- prévenir les dangers susceptibles de compromettre la sécurité et la santé
des agents,
- améliorer les méthodes et le milieu du travail en adaptant les conditions
de travail en fonction de l'aptitude physique des agents,
- faire progresser la connaissance des problèmes de sécurité et des techniques
propres à les résoudre,
- veiller à la bonne tenue des registres d’hygiène et de sécurité.
Il concourt à l'élaboration de la politique de prévention et de sécurité de
son service, contribue à l'analyse des causes des accidents et participe à la
formation et à l'information des personnels.
Il est membre de la section d’hygiène et de sécurité (SHS) du service, si elle
existe, et il peut en assurer le secrétariat.
II.3.3 LE SERVICE DE MEDECINE DE PREVENTION DES PERSONNELS
Le service de médecine de prévention se compose de médecins du travail ou médecins
de prévention assistés d'infirmiers et d'infirmières et le cas échéant de secrétaires
médicaux. Il a pour rôle de prévenir toute altération de la santé des agents
du fait de leur travail.
Ce service doit être créé obligatoirement dans chaque établissement ou être
commun à plusieurs établissements. Le cas échéant et sous certaines conditions,
il peut être fait appel aux services de médecine du travail ayant fait l'objet
d'un agrément.
Le médecin du travail ou médecin de prévention, placé aux côtés du chef d'établissement,
est le conseiller de l'administration, des agents et de leurs représentants.
Son action porte sur :
- l’amélioration des conditions de vie et de travail dans les services,
- l’hygiène générale des locaux,
- l’adaptation des postes de travail,
- la protection des agents contre l’ensemble des nuisances et des risques d’accidents
ou de maladies professionnelles,
- l'information sanitaire.
Le médecin est obligatoirement consulté sur les projets de construction ou d'aménagement
et est obligatoirement informé avant toute utilisation de substances ou produits
dangereux.
Il est informé par l'administration de chaque accident de service et de chaque
maladie professionnelle.
Dans chaque établissement, le médecin établit et met à jour, en liaison avec
l'ingénieur hygiène et sécurité ou l’ACMO, et après consultation du CHS, une
fiche collective des risques professionnels.
Il est membre du comité d’hygiène et de sécurité (CHS) de l’établissement.
II.3.4 LE SERVICE UNIVERSITAIRE DE MEDECINE PREVENTIVE ET
DE PROMOTION DE LA SANTE (SUMPPS) DES ETUDIANTS
Le service de médecine préventive et de promotion de la santé assure un contrôle
médical préventif des étudiants. Les soins d’urgence ainsi que le contrôle vaccinal
doivent également être assurés.
Il peut également assurer d'autres missions de prévention et d'éducation sanitaire
telles que conférences, campagnes de prévention, consultations spécialisées
auprès des étudiants, enquêtes et études épidémiologiques,...
III.
LE CONTROLE DES CONDITIONS D'APPLICATION
DES REGLES
L'agent chargé d'assurer les fonctions d’inspection en matière d’hygiène et
de sécurité contrôle les conditions d’application des règles et propose au chef
d'établissement toute mesure qui lui paraît de nature à améliorer l'hygiène
et la sécurité du travail et la prévention des risques professionnels.
En cas d’urgence, il peut proposer au chef d'établissement des mesures immédiates.
Il peut participer à l’enquête en cas d’accident grave et assiste avec voix
consultative aux travaux des comités d’hygiène et de sécurité des établissements.
Cet agent peut accomplir des missions de conseil et proposition ainsi que d'expertise
dans le domaine de la prévention des risques professionnels.
Dans certains cas, il peut être faire appel à des inspecteurs externes aux ministères
chargés de l'éducation nationale et de la recherche: inspecteur du travail,
vétérinaire-inspecteur, médecin-inspecteur de la santé,...
D'autres contrôles externes obligatoires liés à l'application des codes de la
construction et de l'habitation, de la santé publique, de l'environnement, rural
peuvent avoir lieu dans les établissements, comme par exemple, la commission
consultative départementale de sécurité et d'accessibilité, l'inspection des
services vétérinaires, l'inspection des installations classées pour la protection
de l'environnement...
IV. LE COMITÉ D’HYGIÈNE ET DE SÉCURITÉ
Chaque établissement d’enseignement supérieur doit disposer d’un comité d’hygiène et de sécurité (CHS).
Le comité d'hygiène et de sécurité est un organisme consultatif
non paritaire. Les organisations étudiantes y sont représentées.
Le CHS contribue à la protection de la santé et à la sécurité des agents dans
leur travail et promeut l’amélioration des conditions d’hygiène et de sécurité
au sein de l’établissement. Il est chargé de faire toutes propositions utiles
au conseil d'administration. Il a un rôle de veille lors de l'évaluation des
risques et de l'élaboration du programme d'actions de prévention sur lequel
il formule un avis.
Il est présidé par le chef d’établissement (ou son représentant)et comprend des représentants de l’administration, des personnels (désignés par les organisations syndicales représentatives), des étudiants (désignés par leurs organisations) et des personnels des services médicaux.
Lorsque l’importance des effectifs, la nature des risques
ou la dispersion des implantations le justifient, des sections d’hygiène et de
sécurité (SHS) peuvent être créées.
Le CHS a à connaître des questions relatives :
- à l'observation des prescriptions législatives et réglementaires,
- aux méthodes et techniques de travail et au choix des équipements de travail,
- aux projets d'aménagements, de construction et d'entretien des bâtiments,
- aux mesures prises en vue de faciliter l'adaptation aux handicapés,
- aux mesures d'aménagement des postes de travail permettant de faciliter l'accès
des femmes à tous les emplois et nécessaires aux femmes enceintes.
Ses principales missions sont les suivantes :
- examen du rapport annuel sur l'évolution des risques
professionnels,
- avis sur le programme annuel de prévention des risques professionnels,
- avis sur tous les règlements et consignes en matière d’hygiène et de sécurité,
- analyse des risques auxquels sont exposés les personnels et les usagers,
- examen des registres d’hygiène et de sécurité,
- enquête à la suite d’accident ou de maladie professionnelle ou à caractère
professionnel et à la suite de tout signalement de danger grave,
- examen des conditions de travail des personnels et/ou des étudiants handicapés,
- examen du rapport annuel du médecin de prévention.
V
. LES DROITS DES AGENTS ET DES USAGERS
V . 1 LE REGISTRE D'HYGIÈNE ET DE SÉCURITÉ
Un registre d’hygiène et de sécurité est mis, dans chaque service, à la disposition des personnels et des usagers. Il permet de consigner toutes les observations et les suggestions relatives à la prévention des risques et à l’amélioration des conditions de travail.
V . 2 LE DROIT DE RETRAIT
Tout agent a le droit de se retirer d’une situation de travail
dont il estime qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa
santé ou s'il constate une défectuosité dans les systèmes de protection. Il
en avise immédiatement son chef de service qui prend les mesures nécessaires
pour remédier à la situation.
V.5. LA FORMATION
Les agents doivent obligatoirement bénéficier d’une formation pratique et appropriée :
- lors de l’entrée en fonction,
- lors d’un changement de fonction ou de technique (risques nouveaux ),
- en cas d’accident de service grave ou de maladie professionnelle,
- en cas d’accidents répétés,
- après un arrêt de travail suite à accident ou maladie professionnelle à la
demande du médecin de prévention.
Cette formation concerne :
- les conditions de circulation,
- les conditions d ’exécution du travail,
- les dispositions à prendre en cas d ’accident ou de sinistre,
- les responsabilités encourues.
V.6. L'INFORMATION
Les agents doivent obligatoirement recevoir les instructions appropriées aux
risques encourus.
Des notices doivent être établies pour chaque poste de travail, notamment lors
d'utilisation de matières dangereuses.
V.7. LES EQUIPEMENTS DE PROTECTION
Sans préjudice des mesures de protection collective qui doivent être prises
préalablement, les agents doivent pouvoir disposer des équipements de protection
individuelle appropriés aux risques et aux conditions dans lesquelles le travail
est effectué.
Textes de références