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| < primaire > < secondaire > Un nouvel élan pour l’éducation prioritaire |
| "Dès mon arrivée dans ce ministère, a déclaré Gilles de Robien en s’adressant à la presse le 13 décembre 2005, j’ai souhaité revoir le fonctionnement de l’éducation prioritaire. Le Premier ministre m’a conforté dans cette voie en me demandant, il y a quinze jours, de lui donner un plan de refonte. J’ai consulté, réfléchi, travaillé, en particulier sur la base d’une note d’étape qui m’a été remise par les inspections générales sur l’évaluation des ZEP." |
Rappelant
l’histoire des zones d’éducation prioritaire, le
ministre a souligné que "le travail qu’y font les professeurs
doit être reconnu". "Sans les ZEP, a-t-il ajouté, où en
serions-nous ?". La vraie question, selon Gilles de Robien, est de
savoir si la mise en œuvre du principe "donner plus à ceux
qui ont moins" a été optimale. À cette question,
le ministre répond clairement non. "Aujourd’hui,
souligne-t-il, on donne trop peu, à trop de monde.
D’ailleurs, on ne donne pas vraiment à des "personnes",
mais à des "zones", qui sont définies de manière
trop vague, trop hétérogène, pour des effets qui
sont, en conséquence, insuffisants. "Le dispositif des ZEP a
rapidement souffert de plusieurs défauts (extension non pilotée,
saupoudrage des crédits, manque d’évaluation...)
Tel qu’il est, a précisé Gilles de Robien, "le
dispositif engendre un sentiment de relégation ; cela vient
de ce qu’être "classé ZEP" revenait jusqu’ici à reconnaître
un échec, plutôt qu’à fixer une ambition.
Cela doit changer !". Pour redonner un élan à l’éducation
prioritaire, Gilles de Robien a décidé de repenser complètement
le système à partir d’une logique fondée
sur l’aide à apporter aux élèves et d’une
action spécifique ciblée sur les collèges les
plus en difficulté. Ces propositions feront bien évidemment
l’objet d’une concertation avec les organisations
syndicales, les parents d'élèves et les collectivités
locales. Une nouvelle logique La nouvelle logique consiste à ne pas découper des "zones", mais à s’intéresser aux élèves, selon des critères homogènes et plus précis. Il s’agit avant tout d’agir sur tous les leviers disponibles pour améliorer leur situation. Cela implique un nouveau pilotage, mais aussi une action selon trois axes : La réduction des inégalités culturelles Les relations avec les familles La formation et la carrière des professeurs. En redéfinissant le périmètre à partir de critères objectifs plus serrés, il sera possible de donner vraiment plus à ceux qui ont vraiment besoin d’aide. Selon ces critères, 200 à 250 collèges où les élèves sont le plus en difficulté seront labellisés collèges "ambition réussite”. C’est là que les efforts seront concentrés. Quatre critères nationaux seront retenus pour déterminer la liste de ces établissements, qui constitueront le "niveau 1" de l’éducation prioritaire : la situation sociale des familles (plus de deux tiers de catégories socioprofessionnelles défavorisées), la part d’élèves ayant un retard supérieur à deux ans à l’entrée au collège, l’évaluation des résultats à l’entrée en 6e, le nombre d’élèves non francophones. Pour les autres établissements, le ministre souhaite retenir les deux niveaux proposés par les inspections générales : un niveau 2, qui comprendra les zones urbaines moins sensibles, bénéficiant d’une plus grande mixité sociale (ces établissements continueront de recevoir les moyens actuels de l’éducation prioritaire) ; un niveau 3, qui regroupera les établissements appelés à sortir en trois ans du dispositif de l’éducation prioritaire (les personnels en poste conserveront leurs indemnités durant cette période de transition). Pour coordonner ces dispositifs, le ministre nommera un délégué ministériel à l’éducation prioritaire, aux côtés du directeur de l’enseignement scolaire. Pour tous les établissements, la politique d’éducation prioritaire visera à créer un environnement de réussite : Premier axe : la réduction des inégalités culturelles. Il faut en effet que les adolescents des quartiers difficiles puissent poursuivre leurs études et découvrir toutes les filières sans être arrêtés par leur origine sociale : C’est pourquoi un plus grand nombre d’élèves recevra une bourse au mérite (dont le nombre passera de 28 000 à 100 000 en 2006). Pour faire découvrir les filières d’excellence aux élèves motivés, 100 000 étudiants des grandes écoles et des universités s’engageront dans l’accompagnement de 100 000 élèves de collège ou de lycée de l’éducation prioritaire. Deuxième axe : réinvestir les parents dans l’éducation de leurs enfants. L’école ou le collège devront expliquer aux parents le règlement intérieur ; ils organiseront avec eux des rendez-vous trimestriels pour faire le point sur la situation de leur enfant ; ils développeront des actions à l’image des "écoles des parents". Troisième axe : la formation et le métier d’enseignant. Les instituts universitaires de formation des maîtres devront enseigner à tous les futurs professeurs les compétences particulières exigées par l’enseignement dans l’éducation prioritaire. Par ailleurs, les équipes dans les établissements d’éducation prioritaire devront être stabilisées, par des dispositifs encourageant les enseignants à y rester au moins cinq ans. Telle est l’architecture d’ensemble dessinée par le ministre. Fer de lance de cette nouvelle action, les 200 à 250 collèges les plus en difficulté seront labellisés collèges "ambition réussite". Quinze mesures pour les collèges "ambition réussite" L’objectif est de faire naître, par la force même de l’exemple, par un effet d’entraînement et par une action massive et concentrée, un nouvel esprit d’ambition chez les élèves en difficulté. Cette nouvelle ambition se décline en quinze mesures : 1) Chaque collège labellisé par le ministre devient un collège "ambition réussite", unité de référence du réseau de réussite créé avec les écoles de son secteur et disposant de moyens renforcés. 2) L’École supérieure de l’éducation nationale (E.S.E.N.) organisera tous les ans une session de formation destinée aux cadres de ces établissements. 3) 1 000 enseignants expérimentés supplémentaires seront affectés dans ces collèges dès la rentrée 2006. Ils auront pour tâche à la fois d’accompagner les élèves dans le cadre des programmes personnalisés de réussite éducative et de participer à la formation des jeunes enseignants. L’affectation de ces enseignants permettra aussi de donner de la souplesse dans l’emploi du temps pour le travail en équipe. 4) 3 000 assistants pédagogiques (étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement) assureront l’aide aux devoirs et participeront au soutien scolaire. 5) Les collèges "ambition réussite" disposeront d’au moins une infirmière scolaire. 6) L’augmentation des dispositifs relais (+ 200 à la rentrée 2006) qui prennent en charge temporairement les élèves les plus perturbateurs avant de les remettre en classe dans leur cursus normal, bénéficiera en priorité aux collèges "ambition réussite". 7) Chaque collège sera reconnu par une spécialité de haut niveau d’ordre culturel, sportif, scientifique, environnemental ou linguistique qui irriguera l’ensemble des enseignements et des activités inscrites dans son projet. Il sera parrainé par une institution culturelle, un centre sportif, un laboratoire d’université ou d’organisme de recherche, une personnalité exceptionnelle… 8) Les réseaux de réussite s’inscriront dans une dynamique de projet qui fera l’objet d’une contractualisation pour 4 à 5 ans entre l’établissement et l’inspecteur d’académie. Cette contractualisation déterminera clairement les objectifs pédagogiques ; elle prévoira des expérimentations. 9) Une évaluation régulière de la progression des résultats sera menée. Elle se fondera sur un "baromètre de la réussite scolaire" : la maîtrise de la lecture, la progression dans l’acquisition du socle commun, l’amélioration des résultats aux évaluations nationales et au diplôme national du brevet, le respect du règlement de l’établissement. 10) Chaque réseau de réussite sera suivi par un inspecteur général de l’éducation nationale. Celui-ci établira un rapport annuel adressé au ministre et la synthèse des rapports sera communiquée au Haut conseil de l’éducation. 11) Un livret de compétences retracera le parcours individuel de chaque élève depuis l’école primaire. Ce livret permettra à chaque élève de connaître son niveau et les objectifs qu’il doit se fixer pour acquérir le socle commun de connaissances. Les établissements mettront en place des groupes de compétences à l’image de ce qui est prévu pour l’apprentissage d’une langue étrangère. L’objectif est de donner confiance aux élèves et de supprimer, grâce à l’aide individualisée, tout redoublement. 12) Dans ce but, tous les collèges et écoles (pour les élèves de C.E.2, C.M.1, C.M.2) des "réseaux de réussite” devront mettre en place quatre soirs par semaine des études accompagnées obligatoires : celles-ci seront encadrées par des enseignants volontaires ou de futurs enseignants (assistants pédagogiques) ou par des associations, dans le cadre des contrats de réussite éducative. 13) Pour donner plus tôt aux élèves des collèges "ambition réussite" une connaissance des métiers et des voies de formation, l’enseignement de découverte professionnelle de trois heures y sera avancé en classe de 4e. 14) Pour favoriser l’accès aux nouvelles technologies, le ministère lancera avec la Caisse des dépôts et consignations un appel à projet en direction des collectivités territoriales dont l’objet sera de mettre en œuvre un accompagnement numérique au profit des élèves en fin d’école primaire. Chaque élève bénéficiera d’un ordinateur et de l’accès à l’internet ainsi qu’à des contenus pédagogiques. 15) Tous les élèves des collèges "ambition réussite" ayant obtenu une mention bien ou très bien au diplôme national du brevet auront le droit de déroger au secteur de recrutement des lycées de leur académie. Cette mesure sera applicable dès la rentrée 2006 et pourra être étendue par la suite aux autres collèges de l’éducation prioritaire.
Pour en savoir plus : www.education.gouv.fr/actu |
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