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[archive] Discours de Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, prononcé lors de la réunion des référents laïcité des académies et des ESPÉ et des correspondants laïcité des préfectures auprès des préfets de région
[Mobilisation pour les valeurs de la République]  - Discours - Najat Vallaud-Belkacem - 04/11/2015

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Najat Vallaud-Belkacem s'est exprimée lors de la réunion des référents laïcité des académies et des ESPÉ et des correspondants laïcité des préfectures auprès des préfets de région, le mercredi 4 novembre 2015 au lycée Jean-Zay, à Paris. La ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a indiqué sa volonté que "l'école remplisse de nouveau sa mission de transmission des valeurs et de creuset de la citoyenneté. C'est un axe essentiel de la refondation de l'École, et un effort exceptionnel a été mis en œuvre pour déployer, à tous les niveaux, une véritable pédagogie de la laïcité".

Seul le prononcé fait foi,

Monsieur le ministre de l'Intérieur, cher Bernard Cazeneuve,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le Préfet, cher Jean-François Carenco,
Monsieur le chef de service du budget, de la performance et des établissements (DGESCO), cher Alexandre Grosse,
Monsieur le Directeur des Libertés Publiques et des affaires juridiques (DLPAJ), cher Thomas Andrieu,
Monsieur, chef du bureau des cultes (DLPAJ), cher Pascal Courtade,
Madame, la référente laïcité auprès du Préfet de Région Ile de France, chère Virginie Sene-Rouquier,
Monsieur le directeur de l'académie de Paris, cher Claude Michelet,
Mesdames et messieurs les référents laïcité,
Mesdames et messieurs les correspondants laïcité,
Mesdames et messieurs,

 

Aujourd'hui est un moment important. Un moment singulier. Pour la première fois sont réunis les référents laïcité du ministère de l'Éducation Nationale et les correspondants laïcité du ministère de l'intérieur.

C'est donc pour moi un réel plaisir et une grande fierté d'être ici parmi vous, avec vous, monsieur le ministre, cher Bernard. Nous nous donnons ainsi les moyens d'élaborer une culture commune de la laïcité dans les services publics dont nous avons la responsabilité, et d'initier une dynamique collective.

Ce qui nous rassemble ici ? Une même volonté : faire de la laïcité un enjeu irréductible à un périmètre ministériel, et forger des réflexes institutionnels communs.

Devant l'instrumentalisation que certains cherchent à en faire, devant les distorsions qu'elle subit, l'État doit parler clair, d'une seule voix, cohérente et ferme pour garantir et promouvoir la laïcité.

La laïcité ne peut être soumise aux évolutions des discours et des motivations politiques. Il n'y a pas des laïcités diverses : il n'y en a qu'une, intangible, comme principe de liberté de conscience, qui permet la cohabitation deux qui ont des convictions religieuses différentes et également de ceux qui n'en ont pas.

Au-delà d'un principe politique et philosophique, la laïcité, est un cadre juridique dont la construction a débuté il y a plus d'un siècle, fruit d'une lente évolution, façonnée par l'histoire et la sagesse du législateur.

C'est l'équilibre ainsi patiemment construit dont nous sommes aujourd'hui dépositaires, avec la pleine conscience que le péril de l'intangibilité, du refus de toute évolution, est aussi attentatoire à l'essence même de la laïcité que la tentation de l'adaptation ou du mouvement permanent.

 

La laïcité qui s'est établie en France tient sa spécificité, de s'être élaborée sur un triple refus.

Le refus d'une laïcité antireligieuse, qui était celle prônée par Maurice Allard. La proposition qu'il soumet lors des débats parlementaires sur la loi de 1905 était, non pas la séparation de l'église et de l'état, mais la suppression des églises par l'État.

Le second refus a été celui de la laïcité autoritaire d'Emile Combes, qui souhaitait voir l'État contrôler les institutions religieuses, et qui ne proposait pas tant une séparation, qu'une subordination de l'église à l'État.

Enfin le troisième refus, a été celui de la laïcité libérale, qui considérait que l'organisation même de la religion devait s'inscrire sur le modèle des associations de 1901, et mettait fin à la singularité de l'organisation des institutions religieuses.

Ces trois refus, dessinent ce qu'aurait pu être la laïcité. Ils nous rappellent surtout aujourd'hui ce qu'elle n'est pas.

Notre laïcité, est donc celle soutenue par Aristide Briand et Jean Jaurès, celle qui ne se confond pas avec la neutralité du corps social tout entier ou de l'espace public : c'est la laïcité inscrite dans la constitution de notre République, cette laïcité instaurée dans l'école dès les années 1880, et qui distingue la croyance et le savoir, l'État et le citoyen, le service public et ses usagers.

Elle donne à notre République une assise solide, autour de valeurs communes. Ces valeurs, il est de notre devoir de les partager et de les enseigner. Parce qu'au sein d'un établissement, ce ne sont pas seulement des individus que l'on forme, mais des citoyens.

 

J'ai voulu, avant même les attentats, et de manière accrue depuis, que l'école remplisse de nouveau sa mission de transmission des valeurs et de creuset de la citoyenneté.

C'est un axe essentiel de la Refondation de l'École, et un effort exceptionnel a été mis en œuvre pour déployer, à tous les niveaux, une véritable pédagogie de la laïcité.

Le ministère a conduit, entre mars et avril, un vaste programme de formation de 1 200 formateurs sur le thème de la laïcité, à travers huit séminaires inter-académiques. Ceux-ci doivent former, à leur tour, 300 000 enseignants d'ici à la fin de l'année, et vous êtes les garants de l'aboutissement de ce plan.

Cette formation, c'est aussi celle des élèves des ESPE. La capacité des candidats à "expliquer et à faire partager les valeurs de la République" a été inscrite dans le tronc commun des enseignements, et fera l'objet d'une évaluation systématique dans les concours de recrutement.

Enfin, parce que je veux que la laïcité s'inscrive dans la culture professionnelle de l'ensemble des professeurs, des modules de formation à la laïcité et à l'enseignement laïc des faits religieux ont été élaborés par la DGESCO sur la plate-forme M@gistère, à laquelle l'ensemble des professeurs peuvent avoir accès.

Les enseignants se font alors les relais de cette pédagogie de la laïcité auprès de leurs élèves.

Ils la transmettent naturellement dans des enseignements dédiés, comme l'enseignement moral et civique, mais aussi dans leurs différentes disciplines. Bien sûr, la laïcité ne s'aborde pas de la même façon en histoire ou en mathématiques.

Mais tous ces savoirs sont unis par l'objectivité, le raisonnement, l'argumentation ou la démonstration. Tout ce qui concourt à établir dans tous les domaines, cette distinction cardinale entre le savoir et la croyance.

Et parce que ce savoir doit se prolonger dans un savoir-faire qui est aussi un savoir-être, la pédagogie de la laïcité convoque souvent, notamment dans l'EMC, des projets collectifs, dont les élèves sont les acteurs.

Ainsi se réalise une appropriation par l'élève des valeurs de la République, qui s'inscrivent non seulement dans les enseignements, mais plus généralement dans la vie quotidienne des établissements.

Nous retrouvons ainsi cette relation entre laïcité, faits religieux et "vivre ensemble" sur laquelle vous allez travailler au cours de votre troisième atelier.

C'est un enjeu important, qui interroge notre relation aux autres. Parce que les valeurs de la République ne se vivent pas solitairement, mais à travers une collectivité, qui implique l'ouverture aux autres.

J'ai donc souhaité que la mobilisation pour les valeurs de la République s'élabore à travers des partenariats avec les associations, les collectivités, la réserve citoyenne et les missions de service civique.

Car nos élèves attendent de nous des repères. Nous leur en donnons en parlant d'une même voix, et en présentant un discours cohérent, sans que le changement d'interlocuteur n'entraîne de variations ou de glissements dans le propos.

Cette cohérence a besoin de s'établir sur une référence commune, une assise stable. Tel a été le sens de l'élaboration de documents à la fois pédagogiques et juridiques. Car si nul n'est censé ignorer la loi, il nous appartient de nous assurer que tous nos concitoyens la connaissent.

J'ai ainsi tenu à ce que soit rappelée la place centrale de la laïcité dans nos écoles, en affichant la charte de la laïcité et en la faisant signer par les parents d'élèves.

Cette charte rappelle que la laïcité est un cadre juridique, défini par plusieurs textes successifs. Surtout, à travers les différents articles de la charte, la laïcité se trouve transcrite très concrètement pour l'ensemble de la communauté éducative en termes de droits et de devoirs.

 

Cette charte nous rappelle ainsi que si l'école de la République accueille tous les enfants, sans distinction, c'est parce qu'en franchissant le seuil d'un établissement, ils deviennent des élèves.

La laïcité fonde la singularité de l'école de la République. L'école est un lieu de savoir, et non de croyance. Cette distinction essentielle, nous n'avons eu de cesse de la rappeler et de l'enseigner.

Aussi, si certains ont cru lire l'inverse dans le livret laïcité, je ne sais pas ce qu'ils ont cru lire, mais je sais très bien qu'à aucun moment cette distinction du savoir scientifique et du discours religieux n'est oubliée.

Si nous refusons que nos enseignants établissent des comparaisons entre les deux, ce n'est pas par démission ou crainte d'assumer la mission de l'école, mais bien pour rappeler que l'autorité du maître est fondée sur celle du savoir, un savoir qui ne peut être remis en cause dans l'enceinte scolaire, sans relativisme ni comparaison infondée.

Avec la charte et le livret laïcité, c'est un corpus commun, fondé sur la pérennité et la robustesse du droit et non sur la seule orientation politique, qui a été mis à disposition des équipes et des chefs d'établissement.

A l'école, ce sont souvent les enseignants qui doivent répondre aux interrogations mais aussi aux revendications et aux provocations qui peuvent se faire jour, d'ordre identitaire, culturel, voire religieux ou spirituel.

J'ai donc tenu à ce qu'ils soient soutenus et accompagnés dans cette démarche. Aucune équipe éducative ne doit être laissée isolée ou démunie, c'est l'engagement que j'ai pris en janvier dernier.

Vous êtes, en tant que référents laïcités, des acteurs essentiels de cet accompagnement. Vous intervenez ainsi, en amont, dans la formation des enseignants au sein des ESPE pour les préparer sur ces sujets, mais également dans les différents plans de formation mis en place au niveau académique, et toutes les fois que des enseignants ou des équipes pédagogiques font appel à vous.

Il n'y a rien de pire, pour un enseignant, que de se sentir isolé face aux difficultés rencontrées dans une salle de classe.

Avoir un référent laïcité, c'est avoir un interlocuteur privilégié vers lequel se tourner, pour que toute atteinte au principe de laïcité fasse l'objet de réponses adéquates, que guide une double exigence : celle du dialogue et de la fermeté.

La laïcité ne se discute pas, ne se négocie pas. Elle s'apprend, se comprend, se vit. Et il nous appartient de la faire respecter.

C'est pourquoi j'ai posé ce principe simple : aucune atteinte au principe de laïcité ne doit jamais plus être laissée sans suite. Au "ne pas faire de vague", souvent bien intentionné, a succédé dorénavant une culture de l'exigence.

Mais cette fermeté n'empêche pas pour autant le dialogue. Dialoguer, en effet, n'est pas transiger. C'est se donner les moyens d'apporter une réponse adaptée aux situations rencontrées, et de remplir la mission pédagogique de l'école.

Par le dialogue, nous rappelons à chacun que la laïcité est d'abord un principe protecteur des libertés. Nous sommes aussi plus à même d'évaluer le comportement de l'élève et de le sanctionner de manière proportionnée, le cas échéant.

 

Cette fermeté s'étend à un autre sujet qui nous est commun, et que vous allez aborder : la prévention de la radicalisation.

Celle-ci est un processus complexe, et j'ai tenu à ce que l'école puisse y apporter des réponses diversifiées, qui prennent en compte toutes les dimensions du phénomène.

La prévention et la détection de la radicalisation passent autant par la formation des enseignants et des personnels pour repérer les signes avant-coureurs, avec notamment le livret diffusé en février 2015 sur le site internet du Ministère, que par les enseignements, comme l'histoire-géographie, l'histoire des faits religieux, ou l'Enseignement Moral et Civique et l'Éducation aux Médias et à l'Information.

Cette dernière est particulièrement adaptée aux nouvelles formes de radicalisation. Nous devons en tenir compte : si les modalités d'endoctrinement restent les mêmes, la diffusion est beaucoup plus vaste, et s'effectue individuellement.

L'élève se retrouve seul face aux images, seul face aux vidéos, seul face aux forums qui prétendent lui livrer la vérité. Ainsi s'instaure une fascination, qui nécessite, pour être rompue, un certain nombre de compétences et de connaissances.

Cela suppose qu'il fasse l'acquisition, à l'école, d'un esprit critique et d'un recul qui ne sont pas innés, mais qui s'apprennent.
Dans chaque discipline, dans chaque matière, les élèves font l'acquisition de réflexes salutaires, et citoyens, parce qu'ils apprennent à poser sur le monde qui les entoure un regard lucide.

L'école a donc un rôle à jouer dans la détection en amont des signes avant-coureurs d'un processus de radicalisation et elle entend l'assumer pleinement. Les signalements, la circulation des informations entre les différents services sont essentiels pour empêcher l'issue fatale que recèle toute radicalisation.

Mais en même temps, l'école ne s'exonère pas de son rôle social, et doit donc porter assistance aux enfants en perdition et aux familles désemparées.

 

L'École, sur tous ces sujets, joue son rôle et assume ses responsabilités. Elle peut beaucoup, mais elle ne peut pas tout. Nous avons en effet besoin d'une coopération et d'une unité entre les différents ministères, à l'œuvre dans cette réunion.

Près d'un an après les attentats, notre mobilisation ne doit pas faiblir. L'urgence commande, dans l'intérêt de la jeunesse et de notre pays, d'amplifier nos efforts pour concilier fermeté, aucun incident ne doit être laissé sans suite, et bienveillance pédagogique, ce qui constitue la mission de l'école.

J'attends de vous de la cohérence, de l'engagement, de l'initiative avec nos partenaires. Nous vivons avec la refondation un moment historique de notre école : rarement autant d'actions concrètes n'avaient été engagées pour promouvoir la laïcité.

Et aujourd'hui, avec le cadre interministériel, nous franchissons une nouvelle étape.

Celle-ci doit nous permettre de faire progresser la culture commune, de promouvoir une laïcité qui participe du sentiment d'appartenance à la République, et d'être plus efficaces dans la prévention de la radicalisation et le contrôle des établissements hors-contrat.

Je crois en notre coopération, parce que celle-ci a déjà fait la preuve de son efficacité.

Je tiens, par exemple, à souligner la qualité de la circulaire du 17 juillet 2015 sur le Régime juridique applicable à l'ouverture et au fonctionnement des établissements d'enseignement scolaire privés hors contrat, rédigée en coopération avec le ministère de l'Intérieur.

Il y aura d'ailleurs prochainement une nouvelle circulaire sur les modalités du passage sous contrat d'association et les contrôles pédagogiques.

A travers nos deux ministères, ce sont deux piliers de notre République qui se mobilisent conjointement. Une mobilisation qui s'accompagne d'un changement radical de culture.

Oui, nous avons rompu avec la culture de l'excuse, avec la tentation de regarder ailleurs ou de masquer la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons. Nous ne sommes plus au temps où le rapport Obin était enterré.

Pour autant, l'école de la République ne cèdera aucun de ses principes pédagogiques aux Cassandre qui la peignent en citadelle assiégée, ployant sous les coups de boutoirs des communautarismes ou du repli identitaire.

La laïcité doit être la force tranquille qui tient les passions éloignées du sanctuaire éducatif scolaire, pour reprendre dans ce lycée la belle formule de Jean Zay.

Vous êtes la preuve vivante de cette force, par votre mobilisation et de votre détermination.

C'est à travers vous que la laïcité prend pleinement sa place sur le terrain, auprès des directeurs et des équipes pédagogiques, auprès des familles et des élèves, des élèves des ESPE, et dans les plans académiques de formations.

Dans tous ces lieux où se vit et se transmet la laïcité, depuis un collège de banlieue jusqu'à une préfecture régionale.

Correspondants et référents laïcité, vous avez fait la preuve de votre capacité à créer des liens, à agir en réseau, partout où vos interventions étaient nécessaires. Je suis donc persuadée de votre capacité à agir ensemble, dans une dynamique commune, parce que l'écoute, le respect, et la médiation sont au cœur de vos missions respectives.

Aujourd'hui est décidément un moment important. Deux ministères unissent leurs forces au service de la laïcité. C'est à la fois un motif d'espoir, et une exigence. Nous devons être à la hauteur.

À la hauteur de nos missions, à la hauteur de l'importance de nos ministères respectifs, à la hauteur enfin de la laïcité.

Inscrite dans notre constitution, ferment de notre République, la laïcité nous a été léguée par nos devanciers, et nous la transmettrons à notre tour à nos successeurs. C'est un bien précieux.

Peut-être avons-nous pu, parfois, par le passé, justement parce qu'elle nous était familière, oublier à quel point elle est essentielle dans la vie de notre République.

Gardons-nous de réitérer de pareilles erreurs. Restons mobilisés. Et, ensemble, donnons-nous les moyens d'élaborer une véritable culture commune de la laïcité, qui assure ainsi sa pérennité pour et par les générations futures.

Je vous remercie.

 

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Mise à jour : novembre 2015

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