Toute l'actualité

[archive] Conférence de presse de Gilles de Robien suite à l'agression d'un professeur du lycée Louis-Blériot à Etampes
Discours - 19/12/2005

Partager cet article
  • Envoyer à un ami
  • Facebook
  • Twitter

Seul le prononcé fait foi


« Indignation », « compassion », « terrible épreuve »¿ Les mots paraissaient encore trop faibles à Gilles de Robien pour qualifier une nouvelle fois, le 19 novembre devant la presse, l'agression dont a été victime, le 16 décembre dans un lycée professionnel d'Etampes, une jeune enseignante d'Arts plastiques. Pour l'avenir, le ministre a souligné la nécessité de réfléchir aux conditions d'un bon exercice de l'autorité dans la mission d'enseignement pour permettre une réelle transmission des valeurs et des savoirs. Le ministre a dégagé un certain nombre d'axes d'action et de réflexion.


Mesdames et Messieurs,

J'ai souhaité, avec le recteur d'académie de Versailles et l'inspectrice d'académie de l'Essonne, vous rencontrer aujourd'hui.

Mes premiers mots seront pour Madame Karen Montet-Toutain, professeur d'arts plastiques qui a été poignardée en plein cours, vendredi matin, par un de ses élèves, au lycée Louis-Blériot d'Etampes.

Je pense au dévouement de cette enseignante, à son travail, à sa passion, qu'un acte odieux est venu mettre en cause.

En ce moment difficile, je veux lui faire part, bien sûr, de mon soutien et du soutien de l'Éducation nationale dans cette terrible épreuve. Les mots me paraissent bien faibles pour dire ma compassion ; ils sont trop faibles aussi pour dire mon indignation devant ce déchaînement barbare de violence gratuite. Je me réjouis que ses jours ne soient pas en danger.

Mais au-delà des mots, il y a la question de la violence dans les établissements, que nous devons traiter.

Je voudrais vous dire aujourd'hui que la sécurité des enseignants et de l'ensemble des agents de l'Education nationale, comme la sécurité des élèves, sont naturellement la première préoccupation du ministre.
On ne peut pas enseigner, on ne peut pas transmettre des valeurs et du savoir, sans un climat de sécurité et de sérénité.
Je l'ai redit aux enseignants du lycée, que j'ai rencontrés vendredi après-midi.

Mais d'abord, je souhaite revenir sur les informations dont disposait sa hiérarchie.

Mme Montet-Toutain avait envoyé le 6 décembre un courrier électronique à son inspectrice pédagogique, faisant état des difficultés qu'elle avait avec une autre classe (classe de CAP).

L'inspectrice a vu Mme Montet-Toutain le 9 décembre, lui a apporté ses conseils et convenu avec elle de la revoir en janvier. Mme Montet-Toutain n'avait pas effectué d'autres démarches ni auprès du rectorat ni auprès de l'inspection académique.

La proviseure du lycée nous a indiqué ne pas avoir été avertie ni par oral ni par écrit par Mme Montet-Toutain.

D'ailleurs, je connais l'esprit de responsabilité des chefs d'établissements, et je leur fais confiance; je n'imagine pas un seul instant qu'un chef d'établissement ayant eu connaissance d'une menace à l'égard d'un enseignant, n'ait prévenu ni sa hiérarchie, ni la police.
Je voudrais rappeler aux enseignants que dès qu'une menace est proférée, ils ne doivent pas hésiter à porter plainte. Le Ministère peut d'ailleurs leur accorder une protection juridique.

En tout état de cause, je demande à mon inspection générale de me faire un rapport administratif sur la situation de cet établissement.

Par ailleurs, le Garde des Sceaux m'a donné son accord pour que nous renforcions les liens entre les inspecteurs d'académies et les Parquets, notamment dans le cas d'agression d'enseignant. Nous allons y travailler.

Sans préjugé, il faut aussi réfléchir avec les ministres concernés et la communauté éducative à l'instauration de permanences au sein même des établissements, permettant aux enseignants de faire part à la police et à la justice de toute difficulté, avant que des drames ne surviennent.

Les liens entre les établissements, la police et la justice doivent être actifs. On voit bien qu'ils sont nécessaires.
Même si, à chaque fois que l'on prend des initiatives dans ce domaine, il faut faire face à une avalanche de critiques, je le ferai. Il faut être cohérent et efficace :

Je vous rappelle tout de même les critiques auxquelles nous avons dû faire face :
- Quand, avec le ministre de l'Intérieur, nous avons voulu une présence visible de la police aux abords des établissements, notamment pour empêcher le racket et le trafic de drogue, il y a eu aussitôt des protestations.
- Quand on a voulu régler le problème des groupes d'élèves perturbant une classe, par une circulaire sur la discipline scolaire, il y a eu des protestations et même un recours devant le juge ;
- Quand mon prédécesseur a proposé que l'on donne aux élèves de 3è une note de vie scolaire, pour tenir compte de l'assiduité et du comportement, il y a eu le même concert de protestations !

La restauration de l'autorité passe par une action d'éducation et d'enseignement ; elle passe aussi par la déclinaison des valeurs de la République, et notamment du respect d'autrui, à travers les programmes de l'enseignement scolaire ; vous savez que j'ai saisi le Haut Conseil de l'Éducation de cette question.

D'autres initiatives peuvent être prises par les établissements sur les conditions matérielles de sécurité ; ces décisions relèvent des régions et des départements. Je me rapproche de ces collectivités.

En outre, tous les enseignants que j'ai rencontrés m'ont dit qu'ils n'ont pas été formés à faire face aux situations de tension, ni à l'exercice de l'autorité dans la classe. Le cahier des charges de la formation des maîtres qui sera soumis au Haut Conseil de l'Education dès le premier trimestre 2006, comportera l'exigence d'une formation professionnelle spécifique pour affronter ces situations.

Enfin, je veux souligner que le devoir d'éducation incombe aussi, et d'abord, aux familles. Les parents doivent soutenir le travail des professeurs, en s'investissant dans le suivi de leurs enfants. L'autorité parentale et l'autorité des professeurs doivent aller dans le même sens, celui du respect des règles et de l'exigence scolaire. Outre le contrat de responsabilité parentale, qui vise les cas de carence de l'autorité parentale, je vais mettre en ¿uvre des mesures pour améliorer l'information des parents, le suivi des élèves par les parents, et le contact entre les parents et les professeurs.

Je prépare un projet de statut des parents d'élèves.
Je rappelle que j'ai commencé dans ce sens, puisque les 200 collèges « ambition réussite » auront une salle de rencontre parents-enseignants.

Mise à jour : août 2006

Partager cet article
  • Envoyer à un ami
  • Facebook
  • Twitter
  • Imprimer
  • Agrandir / réduire la police

C'est pratique

calendrier
 
 
     




Handicap, tous concernés

Le handicap





DISPOSITIF VIGIPIRATE

Consignes de sécurité

Nous suivre

Facebook Twitter LinkedIn Snapchat Youtube lettres d'information

Nous contacter