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[archive] Intervention de Gilles de Robien à l'occasion du 40è anniversaire de l'Inspection générale de l'administration de l'Education nationale et de la Recherche (I.G.A.E.N.R.)
Discours - Gilles de Robien - 14/09/2005

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A l'occasion du quarantième anniversaire de l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR), Gilles de Robien a rendu hommage, mardi 13 septembre, au « travail permanent de veille » accompli par cette inspection. Pour le ministre, ce travail « demeure aujourd'hui essentiel » pour empêcher « la rupture du principe social et territorial d'égalité des chances. » L'IGAENR, a-t-il rappelé doit « bien sûr » veiller à la « rigueur de la gestion au quotidien », au « respect des règles », mais « au maintien des équilibres » sur tout le territoire, « qu'il s'agisse de l'orientation, des sorties sans qualification, des niveaux de redoublement, de la réussite aux examens, etc. »

Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Chef du service,
Monsieur le Doyen et
Mesdames et Messieurs les Chefs de corps de contrôle des ministères,
Mesdames et Messieurs les inspectrices et inspecteurs généraux,

Merci, Monsieur le Président du Sénat, de nous recevoir dans ce cadre magnifique et symbolique.
Je sais que les inspecteurs généraux sont sensibles, autant que moi, à l'honneur que vous faites, à travers nous, à l'école de la République.

Vous venez, Monsieur le Président de l'Association des inspecteurs généraux de l'Administration, de retracer l'histoire de l'Inspection générale de ce ministère.


Vous avez montré comment, à partir d'un corps unique (comptant à l'origine seulement trois membres !) nous sommes arrivés progressivement à deux corps :
- l'un contrôlant la pédagogie et la dimension scientifique des enseignements,
- l'autre contrôlant l'administration et la gestion des établissements.
Vous avez rappelé comment, l'inspection générale s'étant finalement centrée sur une tâche de contrôle des professeurs et des enseignements, la nécessité d'un contrôle administratif a fini par conduire à la création d'un service spécifique en 1965.

Aujourd'hui, vous l'avez justement souligné, Monsieur le Chef du service, nous assistons à une certaine convergence des fonctions entre nos deux inspections générales.
J'ai eu l'occasion de vous dire récemment à quel point j'appréciais les modes de travail collectif que vous avez récemment mis en place.
Les inspections générales de notre ministère sont distinctes, mais elles travaillent ensemble.
Cette évolution n'est ni forcée ni brusquée.

Au cours de sa récente histoire, l'IGAENR a en effet progressivement élargi ses activités de contrôle dans le domaine administratif et financier, à une pratique d'audit, notamment par sa contribution à l'évaluation de l'enseignement dans les académies.
Pour sa part, l'IGEN a développé depuis une quinzaine d'années sa mission d'évaluation générale du système éducatif, qui prend largement le relais des pratiques traditionnelles d'inspection individuelle des enseignants.
Ce regard sur l'histoire nous permet de donner du sens aux nouveaux modes d'organisation de votre travail.
Il nous autorise aussi à mettre en perspective ce quarantième anniversaire.
A mon tour, permettez-moi de faire une incursion dans le passé de votre institution, en inscrivant les quatre décennies de l'IGAENR dans le temps long de l'inspection générale.
Vous avez rappelé que, lors de sa création en 1802 par la loi du 11 floréal an X (la loi qui créa les lycées) l'inspection générale était polyvalente : « extraordinaire polyvalence », avez-vous dit.
Du point de vue qui est actuellement le mien, je retiendrai les propos de Fourcroy lui-même, tout récent directeur de l'instruction publique en 1802, traçant la feuille de route de ces nouveaux inspecteurs généraux :
« Les inspecteurs généraux seront en quelque sorte l'œil toujours ouvert dans les écoles.
Cette nouvelle institution sera la clé de voûte et tiendra toutes les parties de l'institution studieuse dans une activité soutenue, sans laquelle elles pourraient languir et se détériorer. »

Nous sommes alors au cœur du Consulat et à la veille de l'Empire. Et l'on reconnaît bien au ton utilisé par Fourcroy, l'ancien président du club des Jacobins de 1793, et le futur architecte de l'Université impériale.
Mais intéressons-nous au fond de son propos. L'institution qu'il construit alors sera appelée à devenir l'une des « masses de granit » qui fondent encore notre présent.
La formule clôt en quelque sorte le long débat de l'époque révolutionnaire sur l'instruction publique et sur la nature des contributions des instances locales au fonctionnement de l'Etat.

Dès lors, le travail des inspecteurs généraux se situera sur le « terrain », qu'ils quadrillent étroitement avec pour seule mission l'édification de l'instruction publique nationale. Ils seront donc de véritables missi dominici, mais aussi des missionnaires.
En dépit du décalage de ton et de style, la formule de Fourcroy me semble encore d'actualité car elle traduit un souci qui est toujours le nôtre : celui de l'unité.
Quels que soient nos modes d'organisations, ce souci d'unité nationale est intact depuis deux siècles.

Aujourd'hui, pour moi, ce qui pourrait amener « l'institution studieuse » comme dit Fourcroy à se « languir » et à se « détériorer » serait la rupture du principe social et territorial d'égalité des chances.
Chacun sait parmi vous à quel point nos concitoyens y sont attachés. Vous savez aussi que cette préoccupation constitue l'axe de la politique que j'entends conduire aujourd'hui.

J'en viens donc au présent.
Mon propos ne sera pas ici de revenir sur le contenu des missions que j'ai présenté il y a quelques jours devant les deux corps rassemblés.
J'ai alors insisté sur la nécessité de renforcer la fonction de contrôle avec l'unique souci de l'égalité des chances.
Monsieur le chef du service, je suis heureux de constater que ce renouveau donné à cette fonction, essentielle pour toute inspection générale, correspond à l'une des préoccupations actuelles du corps.

C'est avec la même détermination et le même objectif que j'ai sollicité votre expertise sur deux thèmes fondamentaux :
- le premier concerne l'association des parents à la marche de notre institution. Non seulement dans la volonté de mieux informer les familles face à la complexité croissante de notre système ; mais aussi avec la réelle conviction qu'ils ont un rôle à jouer au sein de l'institution éducative.
- le second concerne l'éducation prioritaire et sa contribution à l'égalité des chances.
La déconcentration et la décentralisation répondent à une exigence d'efficacité gestionnaire ainsi qu'à de nouvelles exigences démocratiques.
Ce mouvement concerne fortement l'Education nationale.
Les échelons déconcentrés de notre institution ont acquis de plus en plus de responsabilités dans la mise en œuvre des objectifs nationaux.
Ils n'ont cependant pas acquis d'autonomie pour la détermination des ces objectifs et c'est en ce sens que, plus que jamais, l'Education demeure nationale.

C'est pourquoi votre travail permanent de veille demeure aujourd'hui essentiel.

Rigueur de la gestion au quotidien et respect des règles, bien sûr, mais surtout veille sur tout le territoire au maintien des équilibres ; qu'il s'agisse de l'orientation, des sorties sans qualification, des niveaux de redoublement, de la réussite aux examens, etc.
Cela vaut aussi pour l'enseignement supérieur où l'autonomie des universités ne signifie pas recul de l'Etat.
Les préoccupations immédiates sont certes bien de notre temps, mais l'objectif central ne change pas de nature.
Il appartient au Ministre de prescrire les orientations nationales et de vous interroger sur leur mise en œuvre.
Mais sachez aussi que les responsables locaux ont de plus en plus besoin de références globales, nationales d'abord, internationales ensuite, pour déterminer leurs choix en matière éducative :
- à quels investissements procéder en priorité ?
- comment orienter le plan régional de développement des formations ?….

Enfin, les dispositions issues de la loi organique sur les lois de finances vont être mises en œuvre. Les responsables de programmes sont donc investis d'importantes responsabilités, et le Parlement entend renforcer son contrôle sur l'utilisation du budget de l'Etat.
Dans ce contexte, loin de voir leurs fonctions se réduire, les inspections générales sont appelées à jouer un rôle essentiel auprès de l'exécutif.
C'est dire si ces dimensions nouvelles doivent s'inscrire au cœur de votre action.
Je n'ai certes pas oublié que nous célébrions le 40 e anniversaire de l'IGAENR !
Cependant, ce regard prospectif montre bien que, si les organisations ont leur pertinence, elles ne sont, eu égard aux missions qui les légitiment, que de circonstance.
Il y a pourtant une spécificité de l'IGAENR sur laquelle je voudrais insister pour conclure.
Il s'agit de ses compétences, récemment développées dans le champ de la recherche.
En quelques années, vous avez su développer une expertise désormais reconnue et j'en vois le signe dans le fait que désormais les organismes de recherche eux-mêmes sollicitent votre concours.
Pour ma part, au moment où le débat sur la recherche a pris une place de premier plan, je tiens à confirmer l'importance que revêtent à mes yeux vos contributions sur ce sujet.
Et ici, plus qu'ailleurs encore, la comparaison internationale doit inspirer tous vos travaux.

Alors en définitive, de quel anniversaire s'agit-il : 40 ans ? 200 ans ?
Pour ma part, je me réjouis de ce que l'IGAENR puise une éternelle jeunesse dans son dévouement à la République.
Je vous remercie.

Mise à jour : juin 2006

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