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[archive] Un plan de lutte contre la cyber-pédocriminalité
Discours - François Fillon - 18/05/2005

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800 000 tapis de souris d'ordinateur seront distribués aux élèves de CM2 le 25 mai à l'occasion de la Journée internationale des enfants disparus. Cette opération intitulée « Sur la toile méfie-toi des pièges ! » met en avant les Dix commandements de l'internaute prudent. Une plaquette pédagogique, jointe à cet envoi, aidera les enseignants à sensibiliser les jeunes aux dangers qui les guettent sur internet. Cette démarche s'inscrit dans un plan plus large de protection des jeunes internautes que François Fillon a rappelé, le 18 mai : équipement renforcé en logiciels de filtrage de tous les établissements primaires et secondaires avant la prochaine rentrée, désignation dans chaque académie d'un correspondant chargé de la sécurité des systèmes d'information, constitution d'une liste noire (plus de 400 000 sites)…

En généralisant l'usage des ordinateurs et de l'internet dans les écoles, les collèges et les lycées, l'Education nationale met à la portée des jeunes un espace de découverte et d'enrichissement mutuel qu'ils doivent pouvoir explorer sans risque. Le ministère et la Délégation interministérielle aux usages de l'internet se sont joints à diverses associations dédiées à la lutte contre la cyber-pédocriminalité pour renforcer la sécurité des jeunes internautes.


Seul le prononcé fait foi

Mesdames, Messieurs,

Depuis quelques années, nous vivons une formidable révolution : celle du numérique !

Nous sommes bien en peine d'appréhender encore toutes les applications qu'auront demain les technologies de l'information.

Mais d'ores et déjà une certitude s'impose : cette société de la diffusion doit être aussi celle de la confiance. Une société qui trouve un juste équilibre entre la liberté d'expression et le respect de la loi ; une société qui garantisse l'épanouissement individuel et l'intégrité de la personne humaine.

La toile ne doit pas être une « zone de non droit », une zone parsemée de pièges, où la loi du plus fort serait la règle.

Notre ambition est de conserver l'esprit originel qui a présidé à la création de l'internet : celui d'un espace de découverte et d'enrichissement mutuel et non un maquis au sein duquel des "prédateurs chassent leurs proies" !

Parmi celles-ci, il y a nos enfants, c'est à dire ce que nous avons de plus sacré.

Nous le savons, ceux-ci témoignent tous de la même curiosité et de la même agilité face à l'informatique et à l'internet. Notre devoir est qu'ils puissent "surfer" en toute sécurité sur les réseaux… Or le constat est connu : l'internet est devenu le terrain d'action privilégié des « voleurs d'innocence. » Les pédocriminels usent des sites pour tisser leurs sordides filets ; ils profitent de l'anonymat des chats et des forums pour entrer en contact avec leurs jeunes - parfois très jeunes - victimes.

De cet écœurant et révoltant constat est née l'initiative de la « Fédération européenne pour enfants disparus et sexuellement exploités. » Aux côtés de « La Mouette », de « L'aide aux parents d'enfants victimes » et de « La Fondation pour l'enfance », elle s'est engagée dans une large campagne d'information et de sensibilisation sur les phénomènes de cyber-pédocriminalité.

A l'évidence, le ministère de l'Éducation nationale devait s'associer à cette entreprise.

Le 25 mai prochain, lors de la Journée internationale des enfants disparus, chaque élève de CM2 recevra un tapis de souris assorti des dix commandements du jeune internaute prudent… Plus de 800 000 jeunes seront ainsi alertés des pièges de l'internet et responsabilisés à ses règles et ses usages.

Avec cette initiative, c'est un double message que nous voulons délivrer avec force :

- à destination des enfants, nous disons que l'internet n'a rien d'un monde virtuel ; ses risques et ses dangers sont bien réels !

- à destination des parents, nous disons qu'ils ne doivent pas laisser leurs enfants naviguer sans précautions sur les réseaux, pas plus qu'ils ne les laissent déambuler seuls dans les rues la nuit.


Mesdames et Messieurs,

Lorsque Isabelle Barnier m'a présenté cette opération, j'y ai immédiatement apporté un soutien sans faille… Car l'École est un vecteur majeur des technologies de l'information et de la communication. Depuis plus de deux ans, nous avons fait preuve d'une véritable détermination pour généraliser ces technologies dans toutes nos classes.

Dès lors, il convient d'être irréprochable dans la mise en sécurité des élèves. A aucun moment, ceux-ci ne doivent être approchés par un quelconque racolage, pas plus qu'ils ne doivent être les destinataires de messages de haine ou de violence… Afin de ne pas être pris au dépourvus, ils doivent être éclairés sur les risques, ils doivent être en mesure de les décrypter pour mieux les esquiver.

C'est avec l'intention de relever ce défi que mon ministère a élaboré une politique de sensibilisation des mineurs qui s'articule autour de la protection et de l'éducation. Parmi les initiatives prises en ce sens, je veux insister sur trois d'entre elles :

- en premier lieu, il y a l'équipement en logiciels de filtrage des établissements scolaires. J'avais demandé en septembre dernier que dans un délai de dix-huit mois, les établissements soient équipés de dispositifs permettant de sélectionner et de contrôler l'information destinée aux élèves via internet. Dans les trois quarts des académies, près de 90 % des établissements scolaires disposent désormais de tels dispositifs, et j'ai donné instruction aux recteurs et aux inspecteurs d'académie de veiller à ce que l'ensemble des écoles, collèges et lycées soient définitivement équipés de ce type de logiciel à la rentrée prochaine.

- en second lieu, j'ai souhaité que soit désigné dans chaque académie un correspondant chargé de la sécurité des systèmes d'information. Sa mission est de prévenir, de coordonner et de veiller sur les utilisations « non appropriés » de l'internet.

- enfin, il y a la constitution d'une "liste noire" - disponible pour chaque établissement scolaire - qui répertorie plus de 400 000 sites inadaptés à un usage pédagogique. Mise à jour en temps réel, elle constitue une référence nationale.

Si toutes ces mesures contribuent à tisser un cordon sanitaire autour de nos classes, la manière insidieuse par laquelle la cybercriminalité gangrène les réseaux nous obligent à donner aux élèves les clefs nécessaires pour une utilisation « éclairée » et vigilante de ces technologies.

Voilà pourquoi nous nous sommes attachés à la construction d'un parcours de formation qui permet à l'enfant et à l'adolescent de mieux maîtriser tous les aspects des technologies de l'information et de la communication. Il s'agit d'amener chacun d'entre eux à une réflexion sur l'exercice de la « citoyenneté numérique ».

Nous devons généraliser ces formations. Pour ce faire, la loi d'orientation sur l'avenir de l'Ecole inscrit « la maîtrise des techniques usuelles de l'information et de la communication » dans le socle de connaissances que devra maîtriser chaque élève, à la fin de la scolarité obligatoire. C'est dans ce cadre que l'attestation de compétences du Brevet Informatique et Internet qui comprend un important volet de sensibilisation aux risques, est validée, avec pour objectif que d'ici 2007, la totalité des élèves puissent le présenter.

Les élèves, ainsi familiarisés avec l'outil informatique, devront comprendre que ce qui est techniquement possible n'est pas toujours juridiquement et humainement souhaitable.

Parallèlement à cet effort de formation, nous avons publié en 2004 à l'attention des chefs d'établissement des chartes-types de bonne conduite sur l'internet. Cette charte doit être annexée au règlement intérieur de chaque établissement scolaire au plus tard d'ici la rentrée prochaine. Elle doit recueillir l'adhésion de la communauté éducative et des élèves - ou de leurs parents, s'ils sont mineurs… A ce jour, les deux tiers des 11 300 collèges et lycées, et le quart des 57 000 écoles primaires ont élaboré un tel document. Je suis heureux de constater une nette accélération du processus ces derniers mois. Il est à l'image d'une prise de conscience collective qui est notre meilleure arme face aux dérives potentielles.

Parce que l'internet est une technologie qui chaque jour évolue - et avec elle les problématiques qui se posent à l'institution scolaire - nous devons faire preuve de réactivité et d'adaptabilité… Le récent développement des blogs vient de nous en donner un exemple : la grande majorité des incidents liés aux blogs ont été réglés sans recours à des sanctions grâce aux équipes éducatives. En se référant aux chartes, en informant les élèves, elles ont su recadrer l'usage de cette nouvelle pratique.

Mesdames et Messieurs,

Nos démocraties doivent établir sur internet un socle commun de valeurs fondamentales.

Pour cela la lutte contre la cybercriminalité doit être implacable. Aucune place, aucune justification, aucune tolérance n'est possible à l'égard de ceux qui injectent dans les réseaux le mal et la haine. C'est un combat de longue haleine, un combat collectif. L'opération que nous lançons aujourd'hui ensemble, est le symbole de notre détermination.




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dossier de presse
communiqué de presse

Mise à jour : juin 2006

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