Communiqué de presse
- Luc Chatel
- 04/04/2011
Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, a installé ce matin, le comité stratégique des langues, présidé par Suzy Halimi, présidente honoraire de l’Université de Paris 3.
Ce comité, composé d’experts et de personnalités reconnues dont Claude Hagège, Claude Bébéar et le Sénateur Jacques Legendre, aura pour mission de faire des propositions afin de donner une impulsion nouvelle à l’apprentissage des langues en France.
La maîtrise de langues étrangères, notamment celle de l’anglais, est aujourd’hui une compétence fondamentale pour les élèves, aussi bien dans la poursuite de leurs études que pour faciliter la recherche d’un emploi en France ou à l’étranger et favoriser les échanges.
Le comité stratégique des langues a pour objectif de formuler des propositions concrètes visant à refondre l’enseignement des langues en France, dans une société de la connaissance et de l’information mondialisées. Aussi veillera-t-il à respecter la pluralité linguistique qui constitue une richesse culturelle.
Ce comité se penchera sur la progression de l’acquisition et la maîtrise des langues de la maternelle au baccalauréat et sur d’éventuelles modifications de la répartition du volume horaire à chaque niveau afin de gagner en efficacité.
Il envisagera notamment la question de l’apprentissage précoce des langues ainsi que l’apport des nouvelles technologies dans l’enseignement des langues.
Enfin, la question de la mobilité des jeunes et des enseignants constituera un autre axe de la réflexion du comité.
Un rapport d’étape sera remis au ministre au mois d’octobre prochain ; le rapport définitif est attendu pour la fin 2011 en vue de propositions à la rentrée 2012.
Suzy Halimi, vice présidente de la commission nationale française pour l’UNESCO (CNFU), présidente honoraire de l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
Claude Bébéar, président de l’Institut Montaigne
Claude Hagège, professeur au Collège de France
Béatrice Angrand, secrétaire générale de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ)
Jean-Claude Beacco, professeur en didactique des langues à l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
Tony Bulger, auteur et formateur
Elizabeth Intrator, professeur d’anglais
Lid King, directeur de The Languages Company
Eva-Sabine Kuntz, secrétaire générale de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ)
Jacques Legendre, président de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat, sénateur du Nord
Marie-Christine Lemardeley, présidente de l’université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
Odile Malavaux, inspectrice d’académie - inspectrice pédagogique régionale d’anglais (IA-IPR), académie de Besançon
François Monnanteuil, doyen du groupe des langues vivantes de l’inspection générale de l’éducation nationale
Anna-Livia Susini, chef du département des relations européennes et internationales, DGESCO
Pascale Tempez,inspectrice de l’éducation nationale pour le premier degré (IEN) chargée du dossier langues vivantes, académie de Créteil
Alberto Toscano, journaliste
Anne Trevise, professeur de linguistique, université Paris-Ouest Nanterre la Défense
Lettre de mission du ministre à la présidente du comité stratégique des langues
L’enseignement des langues vivantes s’inscrit, depuis 2005, dans une perspective européenne en prenant appui sur un cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) qui fixe des niveaux à atteindre à la fin de l’école élémentaire (niveau A1), à la fin du collège (niveau A2), à la fin de la scolarité obligatoire (B1) et à la fin du lycée (niveau B2).
L’apprentissage d’une langue étrangère est obligatoire dès le CE1.
L’initiation à une langue étrangère peut commencer dès le cours préparatoire.
Le niveau A1 est validé en CM2 dans le cadre du socle commun de connaissances et de compétences.
Le numérique contribue à l’apprentissage des langues :
700 dispositifs de visioconférences sont implantés dans des écoles pour faciliter les liens avec des établissements étrangers.
Pour la LV1, le niveau A2 du CECRL est validé au diplôme national du brevet (DNB).
Pour renforcer la pratique des langues vivantes, des ateliers d’anglais centrés sur l’oral sont proposés dans le cadre de l’accompagnement éducatif (entre 16 h et 18 h).
En 2009-2010, les langues vivantes ont représenté 6,8 % du temps consacré à l’accompagnement éducatif dans les collèges publics.
Deux langues vivantes sont étudiées dans les filières tertiaires.
L’apprentissage de deux langues vivantes est rendu obligatoire dans toutes les séries.
La mise en place des groupes de compétences en langues permet de mieux prendre en compte les besoins spécifiques des élèves.
Les horaires de langue vivante 1 et de langue vivante 2 sont globalisés et harmonisés entre les séries de la voie générale pour permettre la mise en place de groupes de compétences. Ils permettent de regrouper des élèves ayant un profil linguistique similaire. Les cinq activités langagières du cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) sont : la compréhension de l’oral, la compréhension de l’écrit, l’expression orale en continu, l’expression écrite, l’interaction orale.
L’apprentissage de disciplines en langue étrangère (mathématiques en espagnol par exemple) est aujourd’hui possible pour tous. Cet apprentissage était jusqu’ici réservé aux sections européennes et de langues orientales, sections internationales, sections binationales.
La série littéraire devient celle de l’excellence linguistique avec un nouvel enseignement obligatoire de littérature étrangère en langue étrangère. Elle propose, en outre, un enseignement renforcé de la langue vivante 1 ou de la langue vivente 2.
Les séries Sciences et technologies de l’industrie et du développement durable (STI2D), Sciences et technologies du design et des arts appliqués (STD2A) et Sciences et technologies de laboratoire (STL) proposent un enseignement technologique en langue étrangère.
Les lycées français s’ouvrent sur l’international : chaque lycée s’engage à développer un partenariat avec un établissement scolaire étranger. Les échanges entre établissements sont facilités par l’action européenne e-Twinning permettant à chaque lycée français d’entrer en contact avec un établissement européen par voie numérique.
Les langues à l’heure du numérique : chaque lycée s’engage à proposer un enseignement de langue prenant appui sur les outils numériques pour diversifier les situations linguistiques.
Des projections de films du patrimoine mondial, en version originale sous-titrée, sont proposées aux élèves dans le cadre du dispositif Ciné lycée.
Ces stages se déroulent pendant les vacances scolaires sur une durée d’une semaine, à raison de trois heures par jour. Les groupes, de taille réduite, favorisent une pratique intensive de l’anglais oral dans un cadre innovant.
Ces stages gratuits doivent permettre à tous les lycéens d’acquérir plus d’aisance et d’autonomie dans la pratique de la langue. Ils offrent ainsi à ceux qui n’ont pas la possibilité de participer à des voyages linguistiques, l’occasion d’améliorer leurs compétences en anglais.
Ce dispositif est encadré par des intervenants volontaires, recrutés localement par les services académiques et les chefs d’établissement : professeurs, assistants d’anglais, étudiants anglophones.
Développer les échanges et la mobilité des élèves
Les enseignants s’appuient sur différents outils pour généraliser les échanges et la mobilité des élèves en fonction du niveau d’étude :
Ces échanges, naturellement plus fréquents en Europe, s’appuient sur les programmes européens (Comenius, Leonardo, e-Twinning).
Hors langue vivante étudiée par correspondance.
|
Langue vivante 1 |
Second degré |
Proportion |
|---|---|---|
|
Anglais |
4 945 975 |
93 % |
|
Allemand |
288 792 |
5,5 % |
|
Espagnol |
60 122 |
1 % |
|
Autres langues |
12 246 |
0,5 % |
|
Total |
5 307 135 |
100 % |
|
Langue vivante 2 |
Second degré |
Proportion |
|---|---|---|
|
Espagnol |
2 209 409 |
68 % |
|
Allemand |
532 823 |
16,35 % |
|
Anglais |
293 432 |
9 % |
|
Italien |
184 088 |
5,6 % |
|
Chinois |
7 946 |
0,25 % |
|
Portugais |
9 041 |
0,25% |
|
Russe |
4 326 |
0,15 % |
|
Hébreu |
5 019 |
0,15 % |
|
Arabe |
3 706 |
0,1 % |
|
Autres langues |
4 609 |
0,15 % |
|
Total |
3 254 399 |
100 % |
Champ : France métropolitaine + DOM - Public (y compris EREA) + Privé sous contrat du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative.
Source : Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance [Depp].


Validation du niveau A2 du cadre européen commun de référence pour l’apprentissage des langues (CECRL)
La validation du niveau A2 dans une langue vivante est établie en classe de troisième. 91,3 % des candidats ont validé ce niveau à la session 2010 du diplôme national du brevet.
Les élèves sont évalués dans le cadre d’un contrôle continu.
Résultats de 2 150 lycéens français évalués au Test of english for international communication (TOEIC) en compréhension orale et en compréhension écrite (Il s’agit d’un échantillon. Ces résultats n’ont pas vocation à traduire le niveau moyen d’anglais des lycéens français. Ils constituent cependant un indicateur.) :
|
Niveau du CECRL |
Pourcentage de réussite |
|---|---|
|
C1 |
3,77 % |
|
B2 |
24,74 % |
|
B1 |
43,44 % |
|
A2 |
27,91 % |
|
A1 |
0,14 % |
Parmi les lycéens évalués à ce test :
Source : Depp
Le cadre européen commun de référence pour les langues (CECRL) est le fruit de plusieurs années de recherche linguistique menée par des experts des États membres du Conseil de l'Europe. Publié en 2001, il constitue une approche totalement nouvelle qui a pour but de repenser les objectifs et les méthodes d'enseignement des langues et, surtout, il fournit une base commune pour la conception de programmes, de diplômes et de certificats.
Depuis 2005, le CECRL est devenu la référence pour l’enseignement des langues en France.

L'échelle de compétence langagière globale fait apparaître trois niveaux généraux subdivisés en six niveaux communs.
Ces niveaux jalonnent l'apprentissage des langues étrangères.
CP, CE1, CE2, CM1, CM2 : 54 heures annuelles
Sixième - Langue vivante 1 : 4 heures hebdomadaires
Cinquième - Langue vivante 1 : 3 h
Quatrième - Langue vivante 1 : 3 h, Langue vivante 2 : 3 h
Troisième - Langue vivante 1 : 3 h, Langue vivante 2 : 3 h
- Enseignement obligatoire - Langue vivante 1 et Langue vivante 2 (enveloppe globalisée) 5 h 30
- Enseignement d’exploration ou facultatif - Langue vivante 3 : 3 h
- Enseignement obligatoire - Langue vivante 1 et Langue vivante 2 (enveloppe globalisée) : 4 h 30
- Enseignement facultatif - Langue vivante 3 : 3 h
- Enseignement spécifique - Littérature étrangère en langue étrangère : 2 h
- Enseignement au choix - Langue vivante 1 ou 2 approfondie, Langue vivante 3 : 3 h
Enseignements obligatoires
- Langue vivante 1 et Langue vivante 2 (enveloppe globalisée) : 3 h
- Enseignement technologique en Langue vivante 1 : 1 h
- Enseignement obligatoire - Langue vivante 1 et Langue vivante 2 (enveloppe globalisée) : 4 h
- Enseignement facultatif - Langue vivante 3 : 3 h
- Enseignement spécifique - Littérature étrangère en langue étrangère : 1h30
- Enseignement au choix - Langue vivante 1 ou 2 approfondie, Langue vivante 3 : 3 h
Enseignements obligatoires
- Langue vivante 1 et Langue vivante 2 (enveloppe globalisée) : 3 h
- Enseignement technologique Langue vivante 1 : 1 h
Enseignement obligatoire. Selon les spécialités, les élèves suivent l’enseignement d’une ou deux langues vivantes
- Langue vivante 1 : 181 h sur le cycle de 3 ans
- Langue vivante 1 et Langue vivante 2 (enveloppe globalisée) : 349 h sur le cycle de 3 ans
Au lycée, ces parcours de formation sont réservés aux élèves des séries générales à l’exception des sections européennes ou de langues orientales qui concernent le lycée général et technologique, le lycée professionnel et l’apprentissage.
Les SELO proposent à des élèves motivés par les langues un enseignement fondé sur l'apprentissage renforcé d'une langue vivante étrangère au collège et l'enseignement d'une discipline non linguistique en langue étrangère au lycée.
L’indication section européenne ou section orientale est portée sur le diplôme.
De la quatrième à la terminale : Les enseignements sont dispensés conformément aux horaires et programmes en vigueur et comportent pour chaque niveau les aménagements suivants :
252 380 élèves répartis dans 5 358 sections (dont 30 de langues orientales).
Allemand, anglais, arabe, chinois, espagnol, italien, japonais, néerlandais, portugais, russe, vietnamien.
La formation dispensée dans les sections internationales a pour objet de faciliter l'intégration et l'accueil d'élèves étrangers dans le système éducatif français tout en formant des élèves français à la pratique approfondie d'une langue étrangère, en particulier par l'utilisation de cette langue dans certaines disciplines.
Les élèves obtiennent la mention option internationale au diplôme national du brevet ou au baccalauréat.
De l’école primaire au baccalauréat
Les enseignements sont dispensés conformément aux horaires et programmes en vigueur et comportent pour chaque niveau les aménagements suivants :
14 745 élèves (métropole + DOM), dont environ 6 000 au lycée, dans 240 sections.
Allemand, américain, arabe, britannique, chinois, danois, espagnol, italien, japonais, néerlandais, polonais, portugais, russe, suédois.
La formation dispensée dans les sections binationales a pour objet l'acquisition et
l'approfondissement dans la langue de la section, ainsi que l'acquisition de la
connaissance de la civilisation du pays partenaire.
Ce parcours de formation est sanctionné par la délivrance simultanée du baccalauréat général et du diplôme correspondant du pays concerné (Abitur pour l’Allemagne, esame di stato pour l’Italie, bachillerato pour l’Espagne).
Les deux examens sont aménagés dans le cadre d'une concertation avec les autorités éducatives de l'État impliqué. Cette double délivrance ouvre les mêmes droits à ses titulaires dans les deux pays, notamment pour l'accès à l'enseignement supérieur.
Deux disciplines spécifiques : langue et littérature, une discipline non linguistique (histoire-géographie).
Abibac : 3 435 élèves dans 57 lycées (chiffres rentrée 2009)
Esabac : 35 sections (chiffres rentrée 2010)
Bachibac : 26 sections (chiffres rentrée 2010)
Allemand, espagnol, italien.
Au cours de la session ordinaire 2003-2004, Jacques Legendre, sénateur, a présenté un rapport d'information sur l'enseignement des langues étrangères en France, qui a été adopté et rendu public après son examen en commission des affaires culturelles.
Ce rapport d'information a pour objet de faire le point sur l'enseignement des langues étrangères en France, huit ans après la parution d'un précédent rapport de la même commission, intitulé "Vers un nouveau contrat pour l'enseignement des langues vivantes", ainsi que de renouveler l'appel en faveur d'une politique volontariste de diversification des langues étrangères enseignées dans les établissements scolaires.
Le rapport met en évidence une contradiction, qui ne fait que s’aggraver, en matière d'enseignement des langues vivantes : d'une part un rétrécissement de l'offre linguistique autour de l'anglais et de l'espagnol, d'autre part la nécessité pour les citoyens comme pour les États d'élargir leurs compétences linguistiques pour devenir (ou pour rester) des acteurs efficaces sur le marché mondial.
Théoriquement et pris dans son ensemble, le système éducatif français semble garantir la formation initiale en deux langues étrangères ( langue vivante1 et langue vivante2) et offrir un choix diversifié de langues à étudier (44 langues différentes peuvent être présentées au baccalauréat).
La réalité que souligne le rapport du sénateur Legendre est tout autre :
Le sénateur Legendre donne en résumé un chiffre éclairant et inquiétant : pour l'ensemble du second degré (collèges et lycées, publics et privés), seuls quelque 13 000 élèves, soit 2,32 % du total, étudient une langue vivante 1 autre que l'anglais, l'espagnol ou l'allemand.
Devant ce constat alarmant, le rapport se conclut en ces termes : "Aussi est-il devenu impératif et urgent de sensibiliser l'opinion publique aux enjeux de l'apprentissage des langues, passerelle vers la découverte d'autres cultures, et de promouvoir une réelle politique de diversification, en adéquation avec les besoins de notre pays en termes d'échanges économiques, politiques et culturels".
Pour ce faire, M. Legendre préconise d'abord de gagner l'opinion publique à la cause du plurilinguisme, à travers une vaste campagne d'information sur l'intérêt de l'apprentissage des langues étrangères et de leur diversification à destination des familles comme des responsables éducatifs.
Il recommande ensuite une action déclinée au niveau local, qui inscrive l'élaboration de la carte académique des langues dans un débat ouvert aux partenaires extérieurs au système éducatif.
Il propose de rendre l'enseignement des langues étrangères plus attractif, en particulier en proposant aux élèves des parcours d'apprentissage diversifiés, balisés et évolutifs. On remarque à cet égard l'intérêt de la normalisation des examens de langue étrangère, grâce à des outils comme le Portfolio européen des langues du Conseil de l'Europe.
Les autres propositions du rapport insistent sur la nécessité de faire des langues l'affaire de toute une vie, à travers le développement de compétences précises ; d'agir sur la formation initiale (recrutement des professeurs des écoles avec une épreuve de langue étrangère ; maintien du recrutement de professeurs de langues dites rares ; gestion efficace des ressources humaines dans ce domaine) ; enfin, de placer l'ouverture internationale et interculturelle au cœur de l'enseignement des langues, en développant et diversifiant les sections européennes du second cycle, en démocratisant et en favorisant la mobilité des élèves et des étudiants.
Synthèse rédigée par la direction générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF), ministère de la culture et de la communication
Les langues vivantes étrangères à l'école, au collège, au lycée
Mise à jour : avril 2011
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