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[archive] Allocution de Luc Chatel à l'occasion de la première journée des "Rencontres du sport scolaire"
Discours - Luc Chatel - 25/05/2010

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Rythmes scolaires et sport à l'École [communique de presse]

Expérimentation sur le rythme scolaire dans une centaine de collèges et lycées
Le sport à l'école maternelle
Le sport à l'école élémentaire
Le sport au collège
Le sport au lycée

Les rythmes scolaires

  • Organisation du temps scolaire
  • Nombre d'heures hebdomadaires

Les rythmes scolaires

Partenaires dans le domaine du sport

  • Associations sportives et fédérations sportives scolaires
  • Fédérations sportives et clubs sportifs

Partenaires dans le domaine du sport

 

Luc Chatel s'est exprimé lors de la première journée des "rencontres du sport scolaire" en présence de Rama Yade, secrétaire d'État chargée des Sports, à la Maison du sport français le mardi 25 mai 2010. Le ministre a annoncé le lancement à la rentrée 2010 d’une "expérimentation dans une centaine d’établissements : une nouvelle organisation du temps scolaire fondée sur un nouvel équilibre, cours le matin, sports et culture l’après-midi". L'objectif de la relance du sport scolaire est l'amélioration du "vivre-ensemble dans les établissements scolaires, afin que les élèves, vivant mieux leur scolarité, davantage responsabilisés et reconnus dans la communauté éducative, trouvent leur propre voie vers la réussite."

Seul le prononcé fait foi,


Madame le ministre, (Rama Yade)
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Monsieur le Président du Comité national olympique et sportif français, (Denis Masseglia)
Messieurs les recteurs, (Patrick Gérard, Alain Boissinot, William Marois)
Monsieur le directeur de l’Union nationale du sport scolaire, (Laurent Petrinka)
Monsieur le président de l’Union sportive de l’enseignement du premier degré, (Jean-Michel Sautreau)
Messieurs les présidents de fédérations, (Bernard Amsalem, Yvan Mainini, Jacques Rey)
Mesdames et Messieurs les inspecteurs généraux et personnels de direction,
Mesdemoiselles et Messieurs les sportifs, (athlètes et élèves décorés)
Mesdames, Messieurs,

Je suis très heureux d’être aujourd’hui parmi vous, pour cette journée inaugurale des "rencontres du sport scolaire"
Je remercie Rama Yade pour sa présence à nos côtés et son soutien à notre action. Je remercie également  le Comité national olympique et sportif français et son président, Denis Masseglia, de nous accueillir en cette belle Maison du sport français, ce lieu si symbolique où je vais tout à l’heure signer de nouvelles conventions avec quatre grandes fédérations. Nous savons, Monsieur le président combien vos équipes et vous-même  êtes engagés à faire vivre les idéaux olympiques : soyez assurés que le Gouvernement, Rama Yade évidemment la première, vous soutient dans votre noble projet.
Je tiens également à remercier de leur présence les présidents des fédérations françaises d’athlétisme, de basket-ball, de gymnastique ainsi que le secrétaire général de la fédération de tennis, avec qui nous travaillons de concert pour proposer aux élèves des activités diversifiées dans des conditions optimales.
Je remercie encore Laurent Petrinka et Jean-Michel Sautreau, qui fournissent tous deux un travail de très grande qualité pour assurer la vitalité de l’U.N.S.S. et de l’USEP .
Enfin, je tiens à saluer tout particulièrement les trois publics qui sont au cœur de la pratique du sport scolaire, ce sport scolaire que nous célébrons aujourd’hui. D’abord, évidemment, les élèves qui participent, en dehors de leurs heures de cours, à des milliers de compétitions et qui sont ici représentés par quelques-uns de leurs champions. Ensuite, les enseignants et les inspecteurs qui font vivre le sport scolaire dans l’école et dans la cité. Enfin, nos partenaires, sans qui nous ne pourrions assurer autant de diversité dans les pratiques sportives : les prestigieuses fédérations sportives françaises, mais aussi le Comité national olympique et sportif français, dont les idéaux d’échange et de partage imprègnent nos initiatives.

Mesdames et Messieurs,
Vous le savez, le Président de la République et le Gouvernement sont très attachés à la pratique du sport. Nicolas Sarkozy l’avait affirmé dès sa campagne, par un message vidéo adressé au CNOSF en mars 2007 : "Le sport porte les valeurs dont nous avons besoin : le travail, le mérite, l'effort, l'esprit d'équipe". Cet attachement, il l’a encore réaffirmé il y a un an, lors de ses vœux au monde sportif à l’INSEP .
Car le sport s’appuie sur des valeurs fondamentales de notre République. Mais ces valeurs, ce sont aussi celles de l’école, bien sûr : le goût de l'effort, la persévérance, la volonté de progresser et de s’accomplir, le plaisir d’être ensemble, etc.
Aussi comprendrez-vous que cette journée s’inscrive pour moi dans le droit prolongement des actions que nous avons déjà mises en œuvre au sein de l’école, comme les États généraux de la sécurité à l’école qui se sont tenus en avril, et où j’ai  déjà précisément évoqué notre travail d’aujourd’hui, ou comme le travail de fond que nous menons actuellement sur la santé, au sujet de laquelle  je présenterai un plan d’ensemble d’ici quelques mois, ainsi que je m’y suis engagé.

Je souhaite profiter de cette première journée des "Rencontres du sport scolaire" pour évoquer avec vous les grands axes de nos projets à venir concernant le sport scolaire.

Réjouissons-nous tout d’abord : le sport scolaire se porte bien, que ce soit dans les écoles ou dans le second degré. Ecoutez plutôt ces chiffres : plus de 800 000 élèves sont licenciés au sein des 10 000 associations sportives de l’Union sportive de l’enseignement du premier degré ; plus d’un million d’élèves, encadrés par 30 000 professeurs d’E.P.S. dans près de 10 000 établissements du secondaire, adhèrent à l’Union nationale du sport scolaire. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes : notre sport scolaire est aujourd’hui vivace. Les premiers concernés, bien entendu, ce sont les élèves.
Ils sont en effet sensibles aux idéaux du sport, aux messages véhiculés par nos associations sportives.

Car le sport, ce n’est pas seulement la pratique d’une activité physique. C’est aussi la possibilité, voire le plaisir de mieux connaître et maîtriser son corps, sujet particulièrement important à un âge, l’enfance puis l’adolescence, où l’on s’interroge souvent sur son apparence.

Le sport, c’est aussi un approfondissement moral, l’exercice de la volonté. C’est l’occasion de savoir ce que peuvent valoir d’efforts, de sueur, la conquête de quelques mètres de terrain ou le gain de quelques dixièmes de seconde. Pierre de Coubertin l’avait du reste magnifiquement dit : "Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre". Et chaque sportif le sait : dans l’effort, cœur et corps sont réunis. Comme le disait Juvénal en son adage bien connu, "mens sana in corpore sano".

Le sport, et d’abord le sport scolaire, c’est encore l’occasion d’adapter son esprit à un autre cadre, s’adapter aux règles ainsi qu’au jeu de l’adversaire. Car en sport, on ne joue pas contre l’adversaire mais avec lui : en sport, il n’y a pas de combat, ou s’il y en a un, c’est uniquement celui que l’on doit mener contre soi-même.

Le sport, enfin, c’est la joie de se retrouver ensemble, de vivre des moments rares de partage. Je sais, Monsieur le Président, combien ces notions de fête et de plaisir dans le sport vous sont chères : soyez assuré que tous ceux qui s’investissent dans les associations sportives partagent votre vision.

Le sport scolaire intègre évidemment toutes ces dimensions. Mais il en ajoute d’autres : celle de permettre aux élèves d’appréhender autrement le lieu scolaire, de changer les rapports qu’ils entretiennent avec leurs enseignants, et donc de faire évoluer leur scolarité ; celle aussi d’élargir le cercle de leurs camarades ; celle encore de faire vivre leur communauté scolaire, d’être fier de représenter leur établissement ; celle enfin de rebattre les cartes de la réussite à l’école.

Si le sport scolaire est donc assurément en forme et porté par ces valeurs, j’ai cependant la conviction profonde que nous pouvons encore faire mieux. Aujourd’hui le taux d’élèves de collèges adhérents à l’U.N.S.S. est de 25 %. C’est à la fois bien, et trop peu. Fixons-nous donc un objectif ambitieux, comme tout sportif qui vise l’excellence. Je souhaite que, dans les trois ans à venir, nous atteignions une barre symbolique : un élève de collège sur deux qui adhère à l’U.N.S.S. . Je ne suis pas présomptueux, je ne lance pas de vains chiffres : en cette maison de l’olympisme, je vise la concrétisation d’un idéal.

Pour atteindre cet objectif, je veux actionner plusieurs leviers.

Le premier de ces leviers est le projet d’établissement. À partir de la prochaine année scolaire, je vais demander aux recteurs et inspecteurs d’académie de veiller à l’inscription du projet de l’association sportive au sein du projet de l’établissement, ou à sa discussion dans le cadre du projet d’école. Car le projet d’école ou le projet d’établissement, ce sont les instruments qui permettent le dialogue et les échanges avec tous  les acteurs et tous les partenaires de l’école. En les discutant, chacun prend conscience de l’importance des activités de l’association sportive. C’est le premier temps du travail : il faut se montrer à soi-même, il faut communiquer en interne.

Mais il nous faut également mieux communiquer vers l’extérieur, et c’est là le deuxième levier dont je veux que se servent les acteurs du sport scolaire. Toutes les  occasions doivent être saisies pour porter vers l’extérieur le dynamisme de l’association sportive, pour rendre accessible et compréhensible son activité. Les parents et les élèves, j’y reviendrai, devront jouer un rôle accru dans cet effort soutenu de communication vers l’extérieur.
Cette communication devra également être menée avec les autres, car communiquer c’est d’abord agir ensemble. Cela, je demande qu’on l’accomplisse, dès la rentrée scolaire 2010, par une généralisation de rencontres :

  • l’organisation de manifestations sportives réunissant élèves du premier et du second degré, USEP et U.N.S.S. pour favoriser la liaison entre le C.M.2 et la sixième, ce moment si important de la scolarité ;
  • mais aussi des rencontres entre grands collégiens et jeunes lycéens, qui aideront  à passer le cap de l’autonomie pour les futurs lycéens ; 
  • des journées d’initiation aux pratiques sportives rassemblant élèves, sportifs locaux et éventuellement champions des disciplines ;
  • l’organisation, en fin d’année, d’une fête de l’association sportive rassemblant tous les acteurs et partenaires, à l’occasion de laquelle seront présentés les résultats et les trophées remportés.

Car le sport est aussi une fête, et nous voulons développer cette dimension au sein de nos associations, notamment par la mise en place d’une journée annuelle du sport scolaire.

Voilà, Mesdames, Messieurs, autant de pistes qui permettront d’inscrire davantage le sport scolaire dans l’établissement, de le faire vivre et d’y diffuser le goût du vivre-ensemble. J’ai confiance en la créativité des élèves comme des enseignants pour lancer cette nouvelle dynamique et pour donner de la force à cette communication.

Pour dynamiser le sport scolaire et atteindre notre objectif, nous allons également engager de nouveaux projets, notamment en direction des publics aujourd’hui moins engagés dans les associations.
Je pense aux réseaux ambition réussite, aux réseaux de réussite scolaire au sein desquels la pratique sportive constitue pour les élèves un moyen de s’insérer dans l’école et, pour l’école, un des outils efficaces pour prévenir les conflits, pour réduire les actes d’irrespect par un rappel constant de l’intérêt et de l’efficacité de la règle. Diffuser le sport, c’est aussi réduire l’absentéisme scolaire en développant l’intérêt des élèves pour la vie de leur établissement. C’est là un enjeu important : je souhaite que nous avancions très vite pour proposer davantage d’activités au sein des associations sportives de ces réseaux.

Je pense également aux élèves des lycées professionnels, qui ne représentent aujourd’hui que 7 % des adhérents de l’UNSS, alors que beaucoup sont de grands amateurs de sport. Il nous faut construire des associations plus proches de leurs attentes et reconsidérer l’organisation des compétitions afin d’éveiller leur intérêt.

Je pense encore aux filles qui, si elles sont déjà 400 000 parmi le million d’adhérents à l’UNSS, ont cependant vu leurs effectifs baisser en 2008-2009. Seules 11 % des lycéennes adhèrent à l’UNSS. Nous pouvons bien mieux faire : il faut travailler à développer le sport féminin, en proposant une offre d’activités plus adaptées à ce public. Rechercher l’égalité filles-garçons dans le sport scolaire, voilà un bel enjeu de parité que nous devons porter plus haut.

Je pense enfin aux élèves handicapés, pour lesquels nous devons adapter les offres sportives, que ce soit en matière de locaux, de règles, d’encadrement. En ce domaine, de nombreuses initiatives ont déjà été prises : conventionnements, chartes, programmes, etc.

Ces dispositifs, nous allons les déployer davantage et les concrétiser sur l’ensemble du territoire, afin d’assurer l’accessibilité de la pratique sportive aux élèves handicapés. Il en va de leur intégration à la communauté scolaire, il en va aussi de leur épanouissement. Je salue d’ailleurs la présence parmi nous d’un grand sportif handisport, d’un véritable champion : le nageur et cadre technique national Sami El Guederri. Votre parcours, Monsieur, est un modèle, et votre expertise nous est précieuse.

Toutes ces actions, ambitieuses -mais le sport est ambition -, toutes ces actions nous ne pourrons les mener seuls, c’est évident. Il nous faut renforcer nos conventionnements avec les collectivités territoriales pour ce qui est du partage intelligent et raisonné des équipements : c’est justement l’objet des conventions que nous avons le projet de signer avec les associations représentant les collectivités. C’est également pourquoi je vais demander aux recteurs ainsi qu’aux inspecteurs d’académie de veiller à une optimisation de l’emploi des équipements sportifs au sein des districts. Sans partenariats respectueux, nos efforts de développement n’aboutiraient pas.

Nos associations doivent aussi œuvrer de concert avec le monde sportif, et donc avec les fédérations. Les présidents de trois grandes fédérations, le secrétaire général d’une quatrième, le président du Comité national olympique et sportif français sont parmi nous : je signerai tout à l’heure avec eux des conventions qui marqueront notre entente et notre synergie et prolongeront nos partenariats.
Collectivités, fédérations, etc. : le sport scolaire doit s’ouvrir encore davantage à la cité, c’est-à-dire à l’espace de formation du citoyen.

Je l’ai dit tout à l’heure, le sport est une école qui partage les mêmes valeurs que l’Éducation nationale.

L’une de ces valeurs fondamentales, c’est le vivre-ensemble, fondé sur un ensemble de règles. La règle est à la base du sport. Sans règle, le sport n’existe pas. Nos associations sportives ont déjà considérablement travaillé en ce sens.
Je pense par exemple au "Code du sportif" de l’U.N.S.S. , fondé sur le respect des règles,  de ses adversaires et partenaires et des décisions de l’arbitre.
Je pense également au dispositif "Jeunes officiels", qui forme les élèves à l’arbitrage et leur permet d’accéder à la responsabilité. Ce dispositif a fait ses preuves : dans mon rôle de président national de l’U.N.S.S. je demande qu’on veille à le renforcer.

Nous allons encourager toutes ces initiatives qui diffusent les idéaux de notre école.

La relance de nos associations sportives scolaires doit aussi passer par une ouverture de leurs structures. Pour cela, dans chaque association de l’UNSS sera créée une double vice-présidence, l’une occupée par un parent d’élève, l’autre par un représentant des élèves. C’est par ce renouvellement des structures, c’est par l’intégration des représentants d’élèves dans les associations que nous pourrons évoluer au plus près de leurs attentes. Davantage représentés à la tête des associations, les élèves s’y impliqueront davantage et y attireront leurs camarades. Les parents eux aussi, en rejoignant l’association de leur enfant, auront ainsi l’occasion de l’accompagner dans son développement et son épanouissement.

Pour aider tous ceux qui œuvrent à la dynamique de nos associations, nous allons mettre en place des formations à la gestion associative et à la communication, adressées aussi bien aux équipes de direction qu’aux personnels encadrants et aux élèves.

Dans cette nouvelle donne du sport scolaire, l’autarcie est notre pire ennemie. Aussi allons-nous ouvrir grandes les portes de nos associations scolaires à d’autres intervenants et envisager des actions concertées avec d’autres associations mais aussi avec les volontaires du service civique, afin de mener ensemble nos combats : la prévention de la violence et la lutte contre les discriminations. Je vais en parler au plus vite avec le ministre de la Jeunesse et des Solidarités actives, Marc-Philippe Daubresse : car en conjuguant nos projets, en unissant nos forces, nous décuplerons nos énergies et notre influence.
Oui, le sport peut beaucoup : imprégné des plus belles valeurs humaines, il peut aussi contribuer encore davantage aux réussites scolaires.

Il faut aussi davantage reconnaître la pratique sportive scolaire. C’est déjà en partie chose faite. Le Prix de l’Éducation, par exemple, récompense chaque année les élèves qui conjuguent réussite scolaire, palmarès  sportif et engagement personnel au servie de la collectivité : il reconnaît ainsi leur capacité à s’engager à tous les niveaux, scolaire, sportif et social, au sein et hors de l’établissement.
Je souhaite qu’inspirés de cette initiative, nous allions plus loin. Dès la rentrée prochaine, nous reconnaîtrons  l’engagement de nos élèves dans le sport scolaire. Car un élève qui a pris sur son temps libre pour faire vivre son association sportive, qui a montré son engagement aussi bien par son palmarès sportif que par sa volonté de participer à l’organisation des rencontres, mérite une reconnaissance. Je propose donc qu’une appréciation de vie scolaire soit intégrée au livret de compétences de l’élève, qui prouvera son implication dans la vie de l’établissement et sera la reconnaissance de l’investissement, particulièrement honorable, de l’élève dans son association sportive.

Donner toute sa place au sport, ai-je dit tout à l’heure, mais en relation avec le succès scolaire : c’est là un enjeu fondamental, car le sport peut apporter sa contribution à la construction de la réussite des élèves.
Le film que nous avons vu tout à l’heure montre bien l’efficacité d’une expérimentation innovante, combinant pratique sportive et refonte des rythmes scolaires.
L’expérience qui a été mise en place au lycée Jean Vilar de Meaux n’existe en effet que depuis 3 mois, et elle porte déjà ses fruits : les enseignants ont constaté des progrès dans les résultats scolaires du deuxième trimestre. Les élèves sont plus motivés et heureux de participer au projet. Leurs parents témoignent de leur satisfaction de voir leur enfant se coucher plus tôt, moins regarder la télévision, mieux utiliser l’ordinateur. Les conditions de vie générales dans la classe ont été améliorées.
La mise en place d’une nouvelle façon de vivre le temps au collège et au lycée, combinée à la pratique sportive ou culturelle est donc une solution : elle permet de trouver de nouveaux équilibres en faveur de meilleures réussites scolaires.

Nous devons nous appuyer sur ce qui a montré son efficacité. Aussi, je souhaite que l’on étende  cette solution innovante.
Dès la rentrée 2010, nous allons lancer le même type d’expérimentation dans une centaine d’établissements : une nouvelle organisation du temps scolaire fondée sur un nouvel équilibre, cours le matin, sports et culture l’après-midi. Bien évidemment, pour que cette initiative soit pleinement efficace, il faudra que les équipes éducatives soient volontaires et que toute la communauté scolaire, associée à des intervenants extérieurs, participe au projet. Sur ce point, j’ai confiance : je sais que de nombreux établissements sont déjà prêts à s’engager sur cette voie prometteuse.

Cette expérimentation, fondée sur une reconsidération des rythmes scolaires, m’amène tout naturellement à évoquer un projet que je mettrai bientôt en place et qui me tient particulièrement à cœur : la conférence nationale sur les rythmes scolaires.
Nous le savons tous : nous cultivons en France les paradoxes, avec un très grand nombre de jours de vacances mais aussi parmi le plus grand nombre d’heures de cours. Résultat : des journées trop longues, des semaines déséquilibrées. Bref, un système qui génère fatigue, stress et influe sur le climat des établissements scolaires et sur les résultats des élèves.
Sur ce sujet, nous ne pouvons en rester à un statu quo. Tout le monde en est conscient, parents d’élèves comme enseignants : il nous faut ouvrir une véritable réflexion de fond sur les rythmes scolaires, dans le seul but de garantir aux élèves un meilleur apprentissage.
Je sais également que le sujet est complexe, puisqu’il concerne de nombreux acteurs et doit tenir compte du contexte économique et social. J’ai donc décidé d’installer dans le courant du mois de juin une conférence nationale sur le sujet, afin de l’aborder dans sa globalité et d’envisager tout le champ des possibilités.
Cette conférence, qui s’échelonnera sur plusieurs mois, fera place à un large débat et à un processus de concertation avec tous les partenaires concernés. Son seul objectif sera de trouver des solutions pour améliorer les conditions de travail des élèves et ainsi augmenter leur capacité de réussite.

J’ai entendu, à ce sujet des rythmes scolaires, qu’une rumeur sans aucun fondement se répandait, via les réseaux sociaux, selon laquelle l’Éducation nationale souhaiterait amputer les vacances d’été d’un mois. Je veux aujourd’hui être très clair sur ce sujet : la conférence sur les rythmes scolaires n’ayant pas encore été installée, absolument rien n’a été décidé, ni même envisagé. Nous laisserons le temps au débat, à la concertation : ce n’est que par ces moyens que nous parviendrons à des solutions concertées qui pourront obtenir l’assentiment de tous. C’est notre responsabilité, notre devoir d’envisager ce sujet dans tous ses aspects, sans tabou.
Esprit d’équipe, recherche du même but : nous ne sommes pas très loin de la démarche sportive.

Mesdames et Messieurs,
Vous l’avez compris, le nouveau souffle que nous voulons donner au sport scolaire s’inscrit dans une démarche globale, au même titre que les États généraux de la sécurité à l’école qui se sont récemment conclus.
Notre volonté de relancer le sport scolaire s’appuie sur l’ensemble des dispositifs mis en place et embrasse toutes les dimensions du sport : l’effort physique, gage de santé, de maîtrise de son corps, d’affermissement de la volonté ; le plaisir du jeu et du partage, mais aussi de l’accomplissement de soi ; la perspective citoyenne, par le respect des règles et de l’autre ; l’ouverture, par les pratiques croisées et les échanges européens.

L’objectif de notre démarche ? Améliorer le vivre-ensemble dans les établissements scolaires, afin que les élèves, vivant mieux leur scolarité, davantage responsabilisés et reconnus dans la communauté éducative, trouvent leur propre voie vers la réussite. En ce domaine, la panacée n’existe pas : il faut associer les dispositifs, combiner les énergies, construire ensemble tout un réseau de solutions. Le sport, par l’attrait qu’il suscite chez beaucoup, par les idéaux qu’il porte, par la communion qu’il crée, peut être un de ces vecteurs de mieux-vivre et de réussite. Il appelle à l’effort, à l’exercice sur soi, mais aussi au partage des plus belles valeurs. Car pour reprendre une phrase de Pierre Villepreux, ce grand joueur de rugby, cet entraîneur et éducateur de talent, en sport "il n’y a pas de passagers, il n’y a qu’un équipage" : des membres tous volontaires, tous actifs, tous mus vers un même but. C’est cette synergie, cet élan que nous voulons susciter dans nos associations sportives : agir plus fort pour porter nos élèves plus haut et plus loin.

Je vous remercie de votre attention.

Mise à jour : mai 2010

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