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[archive] Nouvelles mesures pour prévenir et lutter contre la violence en milieu scolaire
Discours - Gilles de Robien - 05/09/2006

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La prévention et la lutte contre la violence

 

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La prévention et la lutte contre la violence en milieu scolaire.

Pour les personnels de l'éducation nationale et les acteurs de la politique de la ville : documentation, textes officiels, sélection de sites, ressources académiques.


Site de l'éducation prioritaire.

 

A l'occasion de la rentrée scolaire, Gilles de Robien s'est rendu au lycée professionnel Louis-Blériot d'Etampes - lycée où une enseignante a été agressée fin 2005 -, afin de faire le point sur l'action menée en matière de prévention de la violence à l'école.
Le ministre a tout d'abord rappelé les principales mesures mises en place au sein du lycée Louis-Blériot : renforcement de l'équipe éducative (on compte désormais 76 adultes pour 361 élèves), plan de sécurisation de l'établissement ou encore construction de nouveaux locaux, etc.
Puis, après avoir évoqué la circulaire interministérielle publiée le 31 août 2006, Gilles de Robien a détaillé les nouvelles mesures engagées au plan national pour combattre la violence à l'école.

Seul le prononcé fait foi,

Monsieur le Préfet,
Monsieur le Procureur,
Monsieur le Recteur,
Madame l'Inspectrice d'académie,
Madame le Proviseur,
Mesdames et Messieurs les personnels du lycée professionnel Louis-Blériot
Mesdames et Messieurs,

En venant aujourd'hui, j'ai tenu à respecter l'engagement que j'avais pris le 16 décembre 2005. Je suis heureux de pouvoir le faire en ce début d'année scolaire.

Pour cette rentrée 2006, j'ai donné à l'Éducation nationale quatre grands objectifs :

1. faire en sorte que tous les enfants acquièrent efficacement les savoirs fondamentaux ;
2. faire en sorte qu'ils aient des chances égales de réussir ;
3. faire en sorte que le rôle et la place des parents à l'école soient mieux garantis ;
4. et, enfin, faire en sorte que les élèves puissent étudier sereinement.

C'est ce quatrième et dernier objectif que je veux vous présenter aujourd'hui.

Pouvoir étudier sereinement, ce n'est pas un luxe. C'est un droit pour tous les enfants et les jeunes de notre pays. C'est une condition fondamentale de leur réussite.

Pouvoir enseigner sereinement, ce n'est pas un luxe. Ce doit être une condition normale du métier d'enseignant.

Pouvoir confier sereinement ses enfants à l'école, ce n'est pas non plus un luxe. C'est ce qu'attendent de l'école tous les parents.

La violence menace la sérénité de l'étude dont l'école doit être le sanctuaire. Nous devons donc lui opposer une détermination sans faille.

Agir avec détermination, cela veut dire agir avec sang-froid, sans céder aux discours alarmistes, ni à l'utilisation simpliste des statistiques. Cela ne fait pas avancer les choses d'un pouce !

J'étais vendredi dernier au collège Condorcet de Nîmes.

J'ai assuré l'équipe éducative de mon soutien total, face à une médiatisation qui ignore les efforts considérables déployés dans un contexte très difficile.

Arrêtons donc de stigmatiser les professeurs et les établissements !

Moi ce qui m'intéresse, c'est l'ambition, les projets. Bref, ce que nous faisons, concrètement, pour que la violence recule.

D'abord, j'aimerais dire un mot de ce que nous faisons pour le lycée Blériot. 

Le 16 décembre 2005, je m'étais rendu ici même, après l'agression dont Karen Montet-Toutain venait d'être victime. Une agression barbare qui avait choqué la communauté éducative du lycée.

Beaucoup d'élèves et d'enseignants ont été profondément marqués, comme je l'ai été moi-même. Il a fallu d'abord réaliser un important travail d'écoute des professeurs et des élèves, souvent traumatisés par cet événement.

Et puis agir, rapidement.

Je suis venu voir ce qui a été fait pour ce lycée : son équipe éducative a été renforcée, avec un proviseur adjoint et une infirmière à plein temps ; trois assistants d'éducation supplémentaires et trois emplois vie scolaire qui ont été engagés.

Ces moyens supplémentaires portent à 76 le nombre d'adultes présents dans cet établissement pour 361 élèves : quasiment un adulte pour cinq élèves !

Grâce aux observations recueillies auprès de la police nationale, un plan de sécurisation de l'établissement a été établi.

Enfin, le plan de reconstruction permettra de donner une nouvelle impulsion au lycée, avec de nouveaux locaux, plus modernes et mieux adaptés aux besoins des élèves, et une offre de formation élargie.

Le combat contre la violence à l'école ne se gagne évidemment pas seulement à Étampes. Partout en France, des établissements scolaires doivent y faire face.

Nous devons les aider tous.

C'est l'objet de la circulaire interministérielle qui a été publiée le 31 août. Elle constitue la nouvelle pierre angulaire de notre action de lutte contre la violence scolaire.

Cette circulaire associe tous les acteurs de la lutte contre la violence.

Avec Nicolas Sarkozy et Pascal Clément, nous avons voulu engager toutes nos forces pour améliorer la coordination et donc l'efficacité de notre action.

Il y a eu 82 000 actes de violence recensés en 2005-2006 (le nombre moyen de faits signalés par les établissements a augmenté de 0,5 % par rapport à l'année scolaire précédente). C'est beaucoup trop ! C'est pourquoi nous devons agir, grâce aux dispositions de la circulaire.

 Je vais détailler rapidement les quatre grandes nouvelles mesures.

- Première mesure : la collaboration entre tous les partenaires (services de l'État et collectivités territoriales) sera fortement renforcée.

Les diagnostics de sécurité partagés qui permettent la protection et la surveillance des lycées et des collèges seront généralisés.
Les rectorats les y aideront, comme c'est le cas ici, dans cette académie.

Chaque établissement devra élaborer un plan de prévention de la violence avec l'aide de ses partenaires locaux (police et gendarmerie notamment).

- Deuxième mesure : les chefs d'établissement auront des rapports plus étroits avec les instances judiciaires.

La circulaire  prévoit par exemple que les procureurs informeront systématiquement les chefs d'établissement des suites réservées aux saisines.

- Troisième mesure : les liens des établissements avec la police et la gendarmerie seront renforcés.

Chaque établissement aura un correspondant clairement identifié au sein des services de police ou de gendarmerie. Il y en a déjà 4 600, pour 7 800 collèges et lycées publics. Le ministère de l'Intérieur s'est engagé à faire en sorte que tous les établissements soient concernés.

S'il le juge utile, et après avoir informé son conseil d'administration, le chef d'établissement pourra demander la permanence d'un policier ou d'un gendarme à l'intérieur de l'établissement.

Ce dernier sera à même de participer à des actions de prévention. Il sera à l'écoute des personnels et des élèves auxquels il apportera toute son expérience. Il pourra intervenir très rapidement en cas de problème.

- Enfin quatrième mesure : la prise en charge des victimes sera améliorée.

Pour les enseignants, les personnels et les parents, chaque académie met en place à la rentrée une adresse internet dédiée. Les permanences téléphoniques académiques vont être généralisées.

Sur ce modèle, l'académie de Versailles, dont dépend le lycée Blériot, propose dès cette rentrée un service spécial d'écoute destiné aux enseignants et aux élèves. Elle met à leur disposition une adresse internet (prevention-violence@ac-versailles.fr).

De façon générale, nous mettons tout en oeuvre pour que les victimes ou les témoins de violence puissent rapidement trouver une écoute et une aide. Nous les incitons aussi à porter plainte, car en matière de violence scolaire, rien n'est pire que le silence. Briser la loi du silence, c'est aussi notre objectif.

Voilà pour les dispositions principales.

Pour aider concrètement tous les personnels de l'Éducation nationale, j'ai souhaité que deux documents accompagnent cette circulaire :

1. un guide pratique à l'intention des personnels qui peuvent être victimes ou témoins de violences. Il est diffusé dans les établissements à partir d'aujourd'hui (à 150 000 exemplaires) et disponible en ligne sur le site eduscol. Ce guide conseille les personnels, les aide dans leurs démarches, et rappelle leurs droits.
Il permet de réagir à des situations concrètes : Que faire face au bizutage ? Un enseignant peut-il s'abriter derrière le secret professionnel ? Faut-il signaler tous les faits ? Comment expliquer aux jeunes la gravité d'un phénomène nouveau comme le « happy slapping » ?

2. Le second document est un mémento intitulé « Conduites à tenir en cas d'infractions en milieu scolaire ». Il est destiné aux chefs d'établissement. Il a été réalisé avec le ministère de la justice et le ministère de l'Intérieur. Chacun pourra le consulter en ligne sur le site eduscol.

Le but est de permettre aux proviseurs et aux principaux de réagir rapidement et efficacement. Pour cela, ils doivent adopter les conduites adéquates et se servir des outils juridiques appropriés.

Car chaque cas appelle une réponse à plusieurs niveaux. Prenons l'exemple du racket : le mémento rappelle qu'il faut :
- naturellement rassurer l'élève victime ;
- rencontrer ses parents ;
- les informer de leur droit de porter plainte ;
- il faut aussi alerter les services de gendarmerie ;
- faire un signalement au procureur et au recteur ;
- il faut prendre des mesures disciplinaires ;
- et enfin, être à l'écoute de la parole des élèves dans tout l'établissement.

Le mémento aide donc les chefs d'établissement à apporter une réponse rapide, complète et systématique aux actes de violence, en intervenant à tous les niveaux du problème. 

Par ailleurs, tous les acteurs doivent apprendre à avoir les mêmes références, le même vocabulaire pour qualifier les actes répréhensibles.

C'est pour cette raison qu'un glossaire a été élaboré avec les ministères partenaires et se trouve lui aussi en ligne sur le site eduscol.

Enfin, un site de questions-réponses est aussi disponible dès à présent, toujours sur eduscol. Il permet de répondre aux questions que se posent les personnels et les chefs d'établissement face aux nouveaux phénomènes de violence. Son contenu s'adaptera constamment aux préoccupations nouvelles.

Mais il n'y pas que la violence dans ses manifestations les plus graves. Il y a aussi ce que l'on appelle les incivilités.

Entre les incivilités et la violence, il n'y pas une différence de nature. Juste une différence de degré.

Les incivilités, c'est déjà de la violence, une violence souvent verbale. Et quand on en est déjà au stade de la violence verbale, on n'est pas loin de la violence physique.

Il faut donc agir avant que ne se produisent les actes les plus graves !

Et pour cela, il faut éduquer nos jeunes, pour qu'ils aient un comportement digne de futurs citoyens responsables. Il faut leur faire comprendre qu'être un citoyen, cela veut dire avoir des droits, mais aussi des devoirs !

Voilà pourquoi l'exercice de la citoyenneté, le développement de l'autonomie et du sens des responsabilités font partie des compétences du socle commun de connaissances, qui devient dès cette rentrée la référence pédagogique, de l'école primaire à la fin du collège.

J'ai donc voulu que tous les collégiens aient dès cette année une note de vie scolaire, qui favorisera l'acquisition des compétences civiques inscrites dans le socle de connaissances.

C'est un moyen d'encourager les comportements respectueux d'autrui et de la vie en communauté, et cela dès l'entrée dans l'enseignement secondaire.

Mais pour certains élèves je le sais bien, cette note ne sera pas suffisante.

Il s'agit souvent de jeunes en rupture avec l'institution scolaire et ses exigences en termes de discipline, d'assiduité, de travail. Un seul de ces élèves peut troubler le travail de toute une classe.

Pour ces cas précis, un autre moyen d'action, ce sont les classes relais qui aident ces jeunes à retrouver des repères, à retrouver une motivation. Nous en créons 200 cette année qui s'ajoutent aux 365 classes et ateliers relais existant déjà.

Enfin, pour agir contre les incivilités, il faut aider les professeurs les plus jeunes à acquérir l'autorité nécessaire à la tenue d'une classe. C'est pourquoi j'ai demandé que cet apprentissage soit pris en compte dans le cahier des charges national de la formation des maîtres.

Je sais que les jeunes enseignants ne sont pas bien préparés à affronter des situations difficiles. Nous devons donc mieux les former, dès le départ, dans les I.U.F.M..

Enfin, il faut rappeler les élèves au respect de leurs professeurs et de tous les personnels des établissements.

Une campagne audiovisuelle a été lancée à l'initiative de l'association Vive l'école de la République. Elle rappelle que « nous devons tous quelque chose à un professeur ». Elle rappelle aussi que la mission du corps enseignant doit nous imposer à tous l'estime et le respect.

Les enseignants doivent savoir que je serai toujours à leurs côtés, face à la violence et aux campagnes de dénigrement.

Mesdames et Messieurs,

La violence et les incivilités ne sont pas une fatalité !  Le gouvernement oppose donc sa volonté de faire respecter les règles. C'est ce que nous voulons marquer aujourd'hui.

Je rappellerai, pour finir, un principe fondamental : quand les règles républicaines sont bafouées, les plus faibles sont toujours les premiers à en pâtir.

Mon devoir, celui de tous les agents de l'Éducation nationale, est de défendre ces règles et d'opposer l'attitude la plus ferme aux actes de violence.

Je vous remercie.

© photographies - Philippe Devernay

Mise à jour : octobre 2006

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