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[archive] Évaluations de C.E.1 et C.M.2 : modalités de mise en oeuvre
Discours - Xavier Darcos - 15/01/2009

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Discours prononcé par Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'enseignement scolaire lors de la présentation du dispositif des évaluations de C.E.1 et C.M.2

 Seul le prononcé fait foi,

Mesdames et Messieurs,
Je vous remercie d’être venus pour cette conférence consacrée aux nouvelles évaluations en C.E.1 et C.M.2.

Ce sujet est tout à fait fondamental pour notre système éducatif.
Ces évaluations constituent un élément essentiel de la réforme de l’école primaire. Elles ont d’ailleurs été annoncées dès la circulaire de rentrée de mars 2008.

Vous connaissez déjà les grands axes de cette réforme :

  • l’écriture de nouveaux programmes, en vigueur depuis cette rentrée ;
  • la création d’un nouveau dispositif d’aides personnalisées ;
  • la mise en place de stages pendant les vacances ;
  • l’accompagnement éducatif dans les écoles de l’éducation prioritaire.

Les nouvelles évaluations constituent la clé de voûte de ce nouveau dispositif.
Elles diffèrent des évaluations diagnostiques antérieures qui servaient essentiellement à repérer des élèves en difficulté à l’échelle de la classe.

La conception de ces nouvelles évaluations a mobilisé l’Inspection générale, et je salue la présence de Philippe Claus, doyen du groupe de l’enseignement primaire. Une mission spécifique a d’ailleurs été confiée à l’inspectrice générale, Marie Mégard.
Elle a aussi mobilisé la Direction générale de l’enseignement scolaire, des maîtres de C.M.2, des directeurs d’école, des inspecteurs de circonscription.

Le travail a commencé en janvier de l’an dernier, parallèlement à la phase de consultation sur les nouveaux programmes. Ce travail s’est poursuivi tout au long de l’année 2008.

Les exercices qui vont être soumis aux élèves la semaine prochaine ont été testés à trois reprises par plus de 1 650 élèves, en région parisienne comme en province, en éducation prioritaire et en secteur rural. Nous les avons aussi testés avec des élèves entrant en 6ème.

L’ensemble de ces tests ont permis de nombreux ajustements.
Simultanément les applications informatiques nécessaires ont été réalisées par les services du ministère.
Tout cela a été présenté aux Inspecteurs d’académie et aux Inspecteurs de l’Éducation nationale au cours d’un séminaire spécifique qui a eu lieu les 2 et 3 octobre derniers à l’École supérieure de l’Éducation nationale, à Poitiers. Les Inspecteurs de l’Éducation nationale, chargés des Technologies de l’information et la communication des 100 départements de France, ont été réunis ce lundi sur ce thème.

Ces évaluations correspondent aux grands principes d’organisation qui ont toujours été ceux de l’école de la République : des programmes nationaux, des critères d’évaluations identiques pour tous, et la volonté de construire l’égalité des chances pour tous les élèves.

Ces évaluations sont rigoureusement conformes au cap qui a été fixé par le ministre Xavier Darcos au tout début du mois d’octobre.
Je cite le ministre : « je n’ai jamais été favorable à la mise en concurrence des écoles, et je ne veux absolument pas établir une sorte de marché scolaire ».

En un mot : la mise en concurrence des écoles n’est pas du tout à l’ordre du jour.

Je voudrais maintenant répondre à 5 grandes questions.

 

Pourquoi évaluer les élèves ?

Évaluer les élèves, on dira que ce n’est pas nouveau.
Les professeurs le font depuis longtemps.

Ce qui est nouveau, c’est d’évaluer tous les élèves de C.E.1 et de C.M.2, au même moment, avec des tests identiques, dont les résultats feront l’objet d’un traitement statistique anonyme.

Ce qui est nouveau également, c’est que ces évaluations font un bilan, le plus complet possible des acquis des élèves par rapport aux programmes.

Et j’ajoute : ces évaluations seront reconduites année après année, dans des conditions semblables, afin de mesurer l’évolution des acquis des générations d’élèves.

Ces évaluations nous donneront une image objective et fiable des connaissances et compétences de tous les élèves de C.E.1 et C.M.2 en France, sur les domaines essentiels que sont le français et les mathématiques, je le répète, par rapport aux contenus fixés par les programmes.

Cela nous permettra d’atteindre deux objectifs majeurs :

- Mieux communiquer avec les parents, leur permettre de voir les domaines à améliorer, favoriser les échanges avec eux en les informant des progrès de leur enfant. Les résultats qui leur seront communiqués leur permettront de savoir où en est leur enfant, par rapport au programme, mais aussi par rapport à sa classe. C’est la raison pour laquelle le ministre a souhaité que les programmes leur soient personnellement remis.

- Il faut aussi donner aux responsables du système éducatif, aux recteurs, aux inspecteurs d’académie, aux inspecteurs de l’Education nationale, aux directeurs d’école, de meilleurs outils afin d’améliorer les résultats des élèves.

Aujourd’hui, bien sûr, chaque inspecteur, chaque directeur connaît la situation des écoles dont il a la responsabilité. Mais des indicateurs plus précis leur seront d’une grande utilité pour organiser l’aide personnalisée, les stages de remise à niveau, les formations continues des maîtres.

Sans indicateurs précis et objectifs, comment pourrions-nous en effet agir efficacement pour améliorer les résultats des élèves ?

Ces indicateurs portent notamment sur le pourcentage d’élèves en grande difficulté, le pourcentage d’élèves qui maîtrisent le socle commun, le pourcentage aussi d’élèves en grande réussite.

Le grand objectif de ces évaluations est bien de nous aider à améliorer les résultats des élèves, en particulier ceux qui sont en difficulté. Je rappelle que l’objectif fixé par le ministre est de diviser par trois en cinq ans le nombre d’élèves en grande difficulté.

Qu’est-ce qui est évalué ?

Plusieurs points doivent être définitivement établis.
D’abord ces évaluations ne sont pas un examen.
Elles ne conditionnent évidemment pas le passage en classe de 6ème. Cela est évident.
Cela va encore mieux en le redisant.
L’évaluation de CM2 se déroule au mois de janvier, c'est-à-dire six mois avant la fin de la scolarité primaire, c’est-à-dire six mois avant la fin d’un parcours scolaire qui a commencé le plus souvent à trois ans.

C’est donc le bilan de huit années d’école et non celui des trois premier mois de C.M.2.
Les évaluations portent sur des compétences qui ont été progressivement construites bien avant le C.M.2. C’est le cas, par exemple des tables de multiplication, qui sont progressivement acquises depuis le C.E.1.

Cinq mois avant la fin de la scolarité primaire, ces évaluations donnent une photographie des acquis des élèves, permettent au maître d’apprécier les connaissances et les compétences à développer dans le cadre des programmes et lui permettent aussi d’organiser l’aide personnalisée avant l’entrée au collège. En effet, une entrée au collège sans maîtrise des fondamentaux compromet, dès la classe de 6ème, la réussite de l’élève au collège.

Constater des difficultés dans ses connaissances de base, à l’entrée de la 6ème est en effet bien trop tardif.

Il en va différemment pour les évaluations prévues pour la classe de C.E.1, et qui, elles, auront lieu au mois de mai. C’est-à-dire à la fin du cycle, parce qu’il est établi que les compétences en lecture ne sont définitivement acquises qu’à la fin du C.E.1.

Mais j’en reviens maintenant aux évaluations de C.M.2.
Elles portent sur les domaines qui apparaissent dans la fiche transmise aux parents et que vous avez sous les yeux.
Je cite : « lire », « écrire », « vocabulaire », « grammaire », « orthographe » pour le français ; « nombres », « calculs », « géométrie », « grandeurs et mesures », « organisation et gestion de données » pour les mathématiques.
Pour ces 10 grandes compétences, il y a 100 items. L’échec à 1 item n’implique donc pas l’échec à l’ensemble de la compétence.

Ces compétences sont celles du socle commun de connaissances et de compétences.
Elles sont strictement inscrites, et dans les mêmes termes, dans les programmes de l’école primaire.

L’évaluation porte donc sur des compétences élémentaires, par exemple relever une information dans un texte simple. Mais elle porte aussi sur des compétences plus complexes, comme résoudre un problème de proportionnalité.
Nous avons fixé le seuil de référence correspondant à l’acquisition du socle commun à 50 % de réussite, c’est-à-dire la moitié des items.

L’évaluation fera apparaître les élèves en grande difficulté, mais elle permettra aussi de repérer ceux qui sont en grande réussite.
Je viens de dire que ces évaluations étaient fondées sur les exigences et les progressions des programmes de l’école primaire.

Bien sûr, il s’agit d’une première année : nous savons que les nouveaux programmes de l’école primaire ne sont en vigueur que depuis le mois de septembre ; nous savons aussi que les élèves de C.M.2 n’ont pas bénéficié de ces nouveaux programmes lors des années antérieures.
Mais, encore une fois, c’est tout un parcours scolaire qui est évalué. Le repérage du sujet et du verbe ou du complément d’objet, les tables de multiplication et les accords du pluriel, ne sont pas des nouveautés des programmes de 2008, pas plus qu’elles ne sont des nouveautés du C.M.2, pour les élèves.

Nous vérifierons les taux de réussite des élèves aux items les plus complexes et nous introduirons, s’il le faut, les correctifs nécessaires dans le traitement statistique des données.

Quels sont les critères d’évaluation ?

Les évaluations reposent sur une exigence : les élèves doivent tous acquérir précisément les éléments de base indispensables de la langue et du calcul. Il y a au fondement de tout cela une exigence de qualité.
Prenons un exemple : si on demande à un élève de conjuguer un verbe à l’imparfait, peuton considérer qu’il maîtrise vraiment cette compétence s’il se trompe une fois sur deux ?

La réponse est bien sûr négative.

Prenons un autre exemple : on interroge les élèves sur les tables de multiplication, ils doivent produire 9 bonnes réponses sur 10 pour montrer qu’ils les connaissent.
Je rappelle que les tables de multiplication sont apprises dès le C.E.1.
Dernier exemple : dans la dictée, nous attendons des élèves qu’ils orthographient correctement des mots du vocabulaire simple comme « maison » ou « promenade ». Mais l’orthographe des mots plus difficiles comme « crêpe » (avec l’accent circonflexe) ou « cueille » (avec son « ue ») n’est pas prise en compte.

Comment vont se dérouler les évaluations ?

Je voudrais maintenant vous donner quelques informations sur la façon dont vont se dérouler les évaluations.
D’abord, sur le calendrier.
- A partir du 19 janvier : passation des épreuves puis correction des épreuves par les maîtres et saisie des réponses.
A ce stade utilisation des évaluations par le maître dans sa classe.
- Jusqu’à la fin février : remontrée au niveau national des résultats
- Mars : synthèse nationale

A qui seront communiqués les résultats ?

Vous avez dans votre dossier un tableau qui fait le point de façon claire sur les niveaux de diffusion et de précision de l’information.

Il y a d’abord les résultats de chaque élève.
Ces résultats sont connus évidemment du maître et du directeur d’école. Ils sont communiqués à chaque parent pour son enfant. Ils ne sont donc connus que de l’enseignant et des parents de l’enfant concerné.

Il y a ensuite les résultats de la classe : ils sont également connus du maître et du directeur d’école qui ne les communiquent de manière globale qu’aux parents d’élèves de la classe.
Les résultats de l’école, globaux et anonymes seront connus de tous les pilotes de la politique éducative : I.E.N, I.A, recteurs, moi-même.

Ne seront rendus publics que les résultats au niveau du département, de l’académie, de la nation, parce que ce sont des éléments que nous devons à tous les français et, en premier lieu, à la représentation nationale.

Ainsi, comme vous le voyez, nous en restons à ce qu’avait dit le ministre le 3 octobre dernier : il n’y a aucune information publique concernant les résultats de chaque école et donc pas de mise en concurrence des écoles.
Je suis maintenant à votre disposition pour répondre à toutes les questions que vous pourriez vous poser. Le Doyen du groupe de l’enseignement primaire de l’IGEN est aussi présent parmi nous pour m’y aider.

Je vous remercie.

Mise à jour : janvier 2009

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